Belle illustration du proverbe, « On n’est jamais mieux servi que par soi-même », car Dean DeBlois a déjà réalisé, en animation, le même film (en 2010, avec Chris Sanders, qui a travaillé pour les studios Walt Disney Pictures puis DreamWorks Animation) ainsi que les suites 2 (2014) et 3 (2019), adaptations de la série pour enfants, « Harold et les dragons » (11 volumes, entre 2004 et 2015) de la Britannique Cressida Cowell (38 ans lors du 1er tome). Le film, en prises de vue réelles, est, certes, un conte pour enfants, mais sans mièvrerie, car il bénéficie d’une trame narrative solide qui a fait ses preuves : Harold, orphelin de mère (
tuée par un dragon
), élevé par un père autoritaire, Stoïk (Gerard Butler, 55 ans et qui a doublé déjà son personnage dans les versions animées) et chef de l’île de Beurk (tournage en Islande), ayant des difficulté à transmettre des valeurs guerrières (la haine des dragons, tuant des habitants et pillant le bétail, constituant le ciment des Vikings habitants de l’île, notamment à travers le rite d’initiation des jeunes), à son fils unique, maladroit mais ingénieux et se liant d’amitié avec Krokmou, un Furie nocturne, dragon très dangereux que personne n’a vu. Il est magnifié par de superbes effets spéciaux, ce qui a abouti à une œuvre mêlant les qualités des franchises « Jurassic Park » et « Jurassic World » (les dragons remplaçant les dinosaures et la reine des dragons faisant office de tyrannosaure), Godzilla (proche d’un T-rex et au souffle de feu) et Avatar (Na’vis chevauchant des dragons volants). Le réalisateur a gardé son compositeur, John Powell (62 ans, 4e collaboration). La comparaison et hiérarchisation entre film d’animation et film en prises réelles n’a pas lieu d’être (cf. « Le livre de la jungle » de Wolfgang Reitherman, en 1967 et de Jon Favreau en 2016, et « Le roi lion » de Rogers Allers et Rob Minkoff en 1994 et de Jon Favreau en 2019) : chaque version a ses qualités, l’animation et la prise de vues réelles étant complémentaires.