La saga Dragons de DreamWorks Animation a récolté quatre nominations aux Oscars et a rapporté plus de 1,6 milliard de dollars de recettes dans le monde. Outre les trois longs-métrages d'animation sortis entre 2010 et 2019, plusieurs séries animées dérivées ont vu le jour, parmi lesquelles Dragons : Cavaliers de Beurk, Dragons : par-delà les rives et Dragons : Les neuf royaumes.
Dragons est une adaptation en prises de vues réelles du long-métrage d'animation éponyme sorti en 2010. Dean DeBlois, réalisateur du film original, est aussi aux commandes de cette nouvelle version : "J’ai décidé de revisiter Dragons car c’était une opportunité remarquable de réaliser un film en prises de vues réelles, tout en renouant avec un univers qui m’a profondément manqué. Ce sont des personnages et un monde qui m’ont profondément marqué, et la technologie est aujourd’hui assez avancée pour les faire revivre de façon plus réaliste et concrète."
Il tenait à ce que le film soit aussi spectaculaire qu'émouvant : "J’ai toujours été attiré par les histoires qui génèrent du sens grâce à des moments d’émerveillement. Dragons nous invite à trouver le courage de surmonter la peur et les conventions. Le cheminement d’Harold nous incite à remettre en question ce qu’on nous enseigne afin de mieux se dépasser et progresser."
Le comportement des dragons a été calqué sur celui des animaux de compagnie. "En nous inspirant des chats, des chiens, des chevaux et d’autres animaux, nous avons créé des créatures qui paraissent totalement réelles, alors qu’elles sont issues de l’imaginaire. Chaque dragon a une personnalité unique et évolue dans un monde concret avec un réel ancrage naturaliste", explique Dean DeBlois, qui espère que les spectateurs croiront autant à ces dragons qu'aux dinosaures de Jurassic Park.
Le producteur Marc Platt renchérit : "Les progrès technologiques ont rendu ce niveau de réalisme possible. Les dragons dans leur version animée étaient époustouflants, mais la technologie actuelle nous permet aujourd’hui d’atteindre un ‘‘photoréalisme’’ d’une précision inégalée, que ce soit dans la manière dont ils bougent leurs muscles, à la texture de leurs écailles ou à la subtilité des détails de leurs yeux".
Désireux de mêler grand spectacle et émotion, le producteur Marc Platt cite Top Gun : Maverick comme source d'inspiration, car le film de Joseph Kosinski "générait exactement le genre de frisson que nous voulions provoquer. Cette euphorie, cette sensation d’apesanteur… mais avec des dragons au lieu d’avions. [...] Nous voulions que le public ait l’impression d’y être, et de planer dans le ciel sur le dos de ces créatures incroyables."
Pour trouver des acteurs qui prêteraient leurs traits aux personnages emblématiques de Dragons, la production n'a pas cherché des copies conformes qui chercheraient à imiter les doubleurs du film d'animation, mais plutôt des comédiens capables de retrouver l'essence des personnages.
Harold, le jeune viking qui se lie d'amitié avec Krokmou, est interprété par Mason Thames, révélé par le film d'horreur Black Phone. "S’il a su apporter très simplement une belle vulnérabilité doublée d’un humour solide au personnage d’Harold, il a aussi su exploiter la force tranquille qui est le cœur de notre héros. Son évolution au fur et à mesure du tournage nous a donné l’impression de voir Harold prendre vie d’une toute nouvelle manière", déclare à son sujet le réalisateur. Pour le jeune acteur, il s'agit d'un rêve qui devient réalité : enfant, Harold était son héros, et il aspirait lui aussi à chevaucher un dragon après avoir vu la bande-annonce de Dragons 2, alors qu'il avait sept ans.
Gerard Butler reprend son rôle de père d’Harold et redoutable chef de Beurk, un personnage qu'il doublait dans les films d'animation : "J’adore cette franchise, je m’y investis à fond. J’ai travaillé dessus durant la majeure partie de ma carrière d’acteur, je l’ai vu grandir, passer d’embryonnaire à un résultat totalement abouti et reconnu". Pour lui, revenir dans cette adaptation en prises de vues réelles était "un honneur et une responsabilité". Il développe : "Il allait falloir réussir à transposer l’essence de mon interprétation originale sur un nouveau support. Mais Dean n’a pas son pareil en matière de direction d’acteur ou de réalisateur. Son intelligence, sa créativité et sa profondeur émotionnelle transpirent à travers chacune de ses histoires".
Pour Dean DeBlois, il était inimaginable d'envisager un autre acteur : "Il a créé ce personnage avec nous dans les versions animées, et quand j’ai su qu’il acceptait de reprendre le rôle, cela a incroyablement augmenté la confiance que j’avais vis-à-vis du projet d’adaptation."
Dans la version animée, Gueulfor n’a plus de jambe droite. Dans la version live, la jambe manquante est la gauche. Il s'avère que l'interprète du personnage, Nick Frost, a dû subir une arthroplastie du genou une semaine avant le tournage : "Quand j’en ai parlé à Dean, il m’a répondu : 'Parfait, de toute façon, Gueulfor n’a qu’une jambe'. [...] Si les fans cherchent un coupable, ils peuvent blâmer mon genou gauche."
Ruth Codd incarne Phlegma, l’une des guerrières les plus féroces et les plus compétentes de Beurk. Ce rôle avait une résonnance très personnelle pour l’actrice, qui a dû être amputée d’une jambe à 23 ans, suite à des complications d'une blessure au pied qu'elle s'est faite à 15 ans en jouant au foot. Depuis, l'actrice milite pour la représentation des personnes handicapées dans les médias : "Le fait qu’on me caste dans le rôle d’une guerrière signifiait beaucoup pour moi. Phlegma est une femme puissante et compétente, qui prouve que la force peut prendre n’importe quelle forme. J’ai eu la chance de m’entraîner au combat pour lui donner vie et ça a été une expérience incroyable."
Le tournage s’est déroulé aux studios Titanic de Belfast, en Irlande du Nord, où l'équipe du chef décorateur Dominic Watkins a utilisé plusieurs plateaux de tournage et d’immenses décors extérieurs. Les îles Féroé, l'Islande et l'Écosse ont été des sources d'inspiration pour concevoir les paysages de Beurk.
L’authenticité historique a joué un rôle clé dans la conception de ces décors. Le chef-décorateur Dominic Watkins et son équipe se sont appuyés sur des recherches approfondies sur l’artisanat, l’architecture et les cartes de routes commerciales de l’époque viking. Ainsi, la conception de Beurk mêle des éléments nordiques traditionnels aux influences asiatiques de la Route de la Soie :
- Le bois utilisé pour le village a été traité avec la technique japonaise du shou sugi ban, qui consiste à carboniser la surface extérieure des planches.
- L'équipe de production a créé 22 tapisseries de l'époque viking, certaines mesurant près de 3,5 mètres, illustrant les récits historiques et mythologiques de Beurk. Elles ont été teintes avec des pigments naturels en Inde.
- Les matériaux bruts et la plupart des objets proviennent du Maroc, d’Inde et d’autres régions afin de faire référence aux routes commerciales vikings.
- Cinq versions distinctes de la queue de Krokmou ont été fabriquées pour représenter son évolution tout au long du film.
- L’équipe des accessoiristes a créé plus de 200 épées, 200 boucliers et diverses autres armes pour équiper 230 figurants, cascadeurs et acteurs.
- Le tunnel de l’Île du Dragon, qui mesure 25 mètres de long, 12 mètres de large et 7,6 mètres de haut, a été reproduit à l’échelle à partir de petites maquettes suivant un système de grillage très précis.
- Un navire viking de 21 mètres a été placé sur une plateforme hydraulique de 12 tonnes, reproduisant le balancement des vagues pour les scènes maritimes.
Les dragons sont nés de la combinaison entre effets visuels, effets spéciaux, et marionnettes. Des têtes en mousse grandeur nature ont été fabriquées pour chaque espèce de dragon, offrant aux acteurs des points d’interaction réalistes et tangibles pendant le tournage. Il a fallu une équipe de cinq marionnettistes pour donner vie à Krokmou et contrôler ses mouvements : un pour la tête, un autre pour le torse, et trois autres pour les pattes et la queue.
Inspirées par les technologies utilisées dans la franchise Fast & Furious, l’équipe a créé des installations hydrauliques dynamiques pour simuler le vol des dragons, ce qui permettait aux acteurs de faire l’expérience réaliste du vol à dos de dragon.
Les acteurs ont suivi une formation dans un élevage de chevaux afin de se familiariser avec l’interaction avec de grandes créatures, ce qui les a aidés à établir des relations convaincantes avec les marionnettes de dragons sur le plateau. Ils ont aussi suivi des séances d’initiation aux cascades aux côtés de leurs doublures, où ils ont ensemble été formés à des disciplines essentielles telles la boxe, l’art de la chute ainsi que le combat à l’épée.