Thriller, coécrit et réalisé par Simon Bouisson, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Drone est un film de bonne facture. L'histoire nous fait suivre Émilie, une jeune femme commençant à Paris une prestigieuse formation d'architecture qui, pour payer ses études, travaille comme camgirl la nuit. Seulement, alors qu'elle n'a confié son secret à personne, un soir, un drone vient se poster devant la baie vitrée de son appartement et l'observe. Les jours suivants, dès qu'elle est seule, il apparaît et la suit même en dehors de chez-elle. Émilie se demande alors qui se cache derrière cette machine avec qui elle noue une relation étrange. Ce scénario nous plonge pendant un peu plus d'une heure et demie dans une intrigue prenante. Cette dernière a le mérite d'être originale et de traiter de la technologie avec cet appareil volant faisant preuve de voyeurisme, en plus d'évoquer un sujet peu commun qu'est l'architecture. Si cela est intéressant, le récit souffre tout de même de quelques défauts. Celui-ci aurait mérité à être plus étoffée et plus profond dans son propos. De plus, il aurait gagné à être raccourci d'une bonne vingtaine de minutes, notamment dans sa première partie un peu trop redondante et qui peine à évoluer. Malgré cela, on est pris dans ce tourbillon ambigu, notamment à la faveur de son ambiance oppressante dû à cet appareil volant embarquant une caméra espionnant les agissements intimes, même si elle aurait pu être encore plus prononcée et davantage anxiogène. Le fait que la grande majorité de l'action se déroule de nuit aide également grandement à rendre la machine inquiétante. L'ensemble est porté par des personnages pas suffisamment développés mais tout de même appréciables, interprétés par une distribution correcte jouant de façon très naturelle comprenant Marion Barbeau, Eugénie Derouand, Cédric Kahn, Stefan Crepon, Bilel Chegrani, Alysson Paradis et Anne Loiret. Tous ces individus entretiennent des rapports ne procurant pas réellement d'émotion. Des échanges soutenus par des dialogues assez neutres. Sur la forme, la réalisation du cinéaste en herbe français s'avère bonne. Sa mise en scène forcément très aérienne est d'un bel effet. Sa caméra est perpétuellement en mouvement et exploite bien sa technologie pour nous offrir des plans créatifs. Ce visuel nocturne est accompagné par une excellente b.o. signée Paul Sabin, essentiellement composée de musiques électroniques à la fois mélodiques et percutantes. Cet espionnage futuriste s'achève sur une fin pas entièrement satisfaisante venant mettre un terme à Drone, qui, en conclusion, est un film méritant le coup d'œil.