(...)Ce qui est intéressant dans ce film, ce n'est pas tant le sujet, pourtant très fort, mais plutôt tout ce qui le précède, c'est à dire la fabrication de l'émission. En effet, tout au long du film, le présentateur (interprété par Michel Piccoli, qui cabotine légèrement dans un rôle sur-mesure) nous expose les différentes règles du jeu : il ne peut pas rester plus de 5 minutes dans un endroit public, il ne peut pas tuer ses poursuivants ou se servir de leurs armes, il ne peut pas se faire prendre en auto-stop au-delà d'un certain laps de temps etc... Quand on connaît le monde de la télé, on sait par quelles phases de développement passent un projet avant d'être validé et je n'ai pas pu m'empêcher de m'imaginer la teneur des discussions de ces différentes réunions afin d'établir les règles, à pinailler sur le temps imparti, chacun exposant ses arguments, imaginant le déroulement de l'émission qui doit se finir par la mort d'un être humain afin de faire un maximum de profits, de ménager la dramaturgie, de vérifier ce qu'il est possible de faire légalement en consultant leur armée d'avocats et j'en passe. Bref, de mettre au point ce système de mise à mort, cette corrida filmée par des dizaines de caméras dans des rues bondées de gens qui applaudissent au passage du candidat (comme on encourage les coureurs lors du Tour de France) afin de satisfaire la soif de sang et de malheur par procuration que réclame le public. C'est terrifiant. Et c'est la force du film que d'arriver à nous faire pénétrer cet univers en seulement quelques plans. Les acteurs sont par contre un peu rigides mais leurs dialogues ainsi que les débats moraux qui les agitent sont bien exposés mais trop peu développés. En contre-partie, je trouve que l'univers du jeu est bien planté, avec un grand soin apporté à la reconstitution du plateau ainsi que du déroulement du jeu et de la scénographie. Une fois la chasse contre le héros lancée (ce dernier est interprété avec fougue et un peu de maladresse par Gérard Lanvin. A noter que ce dernier remplaçait Patrick Dewaere), le film est encore plus prenant car Boisset est un artisan efficace qui ne reculait pas devant une mise en scène de la violence très frontale et très brutale. Ses cadrages sont bien pensés, son découpage est bien pensé et la tension ne redescend jamais pendant la dernière partie qui s'étale sur 3/4 d'heure ! Voilà donc un film qui mêle anticipation, action, philosophie et critique sociale avec une rare acuité, quand bien même je trouve qu'il passe parfois un peu vite sur certains détails mais il acquiert ainsi plus d'efficacité. Et la fin vous laissera vraiment KO sur votre siège. (...) Plus d'infos sur le film sur
Adapté du roman éponyme de Robert Shekley qui inspirera le Running Man de Stephen King, Le Prix du Danger de Yves Boisset est une dystopie ridée sur la forme mais au combien actuelle sur le fond. Particulièrement violent et criard, ce métrage singulier et qui ose (surtout pour l'époque) est tout simplement une prémisse très avant-gardiste de ce que deviendront d'une part notre triste télé-réalité mais également les médias du monde entier toujours en quête de sang et de sensationnalisme. Alors oui ça a vieilli et c'est loin d'être toujours palpitant mais les comédiens y croient, à défaut d'être toujours justes, et le scénario est vraiment excellent. Certes ça perd un peu de sa puissance lorsque l'on a vu Running Man avant mais si l'on arrive à se remettre dans l'époque, on se rend compte du camouflet que ce film a dû être, d'autant que Boisset est réputé pour mettre les pieds dans le plat et subir plus ou moins la censure assez fréquemment. Un film original au final et qui a beaucoup à dire malgré une réalisation un peu fauchée et datée. C'est à voir au moins une fois.
Moi qui avais adoré Running Man de Bachman/King et détesté l'adaptation avec Schwarzy voilà une version intéressante, en tout cas bien moins ringarde, un film de genre français comme on en voit rarement, anticipant la télé réalité poussée à l'extrême via l'effervescence de la société du spectacle. Très bien rythmé avec Piccoli en génialissime maitre de cérémonie, on se prend au jeu, malgré ses tentatives un brin abracadabrantesque pour justifier la législation du jeu télé, on est dans le pur fantasme, disons que ça aurait eu plus de crédibilité avec des repris de justice par exemple. Après en mettant Lanvin en tant que monsieur-tout-le-monde il y a aussi cette empathie pour le spectateur (dans le film) pour sublimer le cynisme quasi jouissif de la compagnie de télévision, surtout pour apprendre par la suite que la vie humaine est littéralement assimilée à des parts de marché, la fin est d'ailleurs d'une cruauté hallucinante. Quelques maladresses de mise en scène cependant, mais globalement un très bon moment, j'ai bien rigolé.
Réalisé en 1983 par Yves Boisset, ce film d’anticipation dénonce avec beaucoup d’audace le mercantilisme et la manipulation des médias. Participant à un jeu télévisé doté d’une forte récompense, un homme (Patrick Dewaere s’étant désisté, c’est Gérard Lanvin qui tient le rôle) joue avec sa vie devant les caméras. Le propos n’épargne personne, de la bêtise humaine au voyeurisme en passant par l’immoralité des producteurs de l’émission. A ce titre, en tant que présentateur, Michel Piccoli livre une performance ahurissante de cynisme. Malheureusement, sur la forme ce long-métrage vieillit mal en raison d’une mise en scène approximative et de courses-poursuites chaotiques frisant l’invraisemblance. Bref, on retiendra le caractère totalement visionnaire pour l’époque des dérives de la télé-réalité.
Même si la mise en scène est assez loupée le film reste excellent thriller d'anticipation. Piccoli est sublime en présentateur télé arrogant et démago. Les tout début d'un Gérard Lanvin juvénile. D'ailleurs le film à fait l'objet d'un remake américain bien plus connu "The Running Man" avec Schwarzenegger. Et pour finir un film qui montre du doigt la télé poubelle de demain (on est en 83)et pour se rendre compte qu'on en est pas si loin aujourd'hui. Grincant !
Pour un jeu télévisé, 5 tueurs sont lâchés aux trousses d’un volontaire et ont quatre heures pour le tuer. Le film est évidemment une charge contre la téléréalité, déjà en gestation à l’époque. La description des milieux de la télévision est sans pitié, audimat et argent en sont les uniques mamelles. Techniciens uniquement préoccupés par la technique, Directeur (Bruno Cremer) analysant de manière quasi-mathématique les effets de chaque péripétie sur l’auditoire, animateur cynique (Michel Piccoli), jouant de façon éhontée sur les sentiments du public. Les deux principaux acteurs sont excellents, parvenant à faire rire, d’un rire jaune... La poursuite est bien conçue, avec les rebondissements qui conviennent et un final glaçant. Gérard Lanvin se sort à merveille de cette prestation très physique. (Le couple Piccoli-Lanvin se retrouvera dans l’excellent « une étrange affaire »). Ce qu’on peut reprocher au spectacle, comme souvent chez Yves Boisset, c’est l’outrance de la charge, qui nuit à la démonstration. Mais, au vu des développements actuels, peut-on être sûr qu’une telle émission de télévision n’existera jamais ?
Ce film subversif est une grande réussite qui a visiblement inspiré, pour ne pas dire plus , running man. Il lui est cependant supérieur car il développe davantage l'aspect psychologique des personnages en lieu et place de scènes d'actions amoindrissant le propos. Voiçi l'un des meilleurs films de boisset avec le terrifiant dupont lajoie.
Globalement ça a vieilli on retrouve ce kitsch a la Française venu des années 80, entre ringard et charmant . C'est de l'anticipation sur les médias et leur manipulations, leur mensonges et jusqu’où ils sont capables d'aller pour divertir et s'enrichir . Quelques acteurs jouent mal mais Gérard Lanvin est excellent au top de sa forme . Une réflexion intéressante malgré sa dose année 80 a la Française vieillotte, un bon film qui fut aussi un succès au box office avec 1 388 858 entrées .
Un thriller au suspense redoutable et qui donne une vision des médias et de la société que l'on peut qualifier de réaliste voir tristement envisageable . Un jeu télé qui repousse les limites jusqu'au plus cruel : la mort en direct , voila le scénario qui décrit une trame ou l'on reste scotché par l'intense suspense de cette course contre la mort , et en même attentif au message clair que Boisset veut faire passer : il faut faire attention a ce que l'on regarde ! Un Gerard Lanvin prêt a courir pour l'argent , un personnage pousser par son instinct qu'il joue très correctement face a cinq tueurs plus ou moins charismatiques (et importants) mais surtout , surtout , un Michel Piccoli absolument exceptionnel , le parfait présentateur menteur , cynique et sans scrupules : le meilleur rôle de Piccoli sans doute ! Tout en tension , Yves Boisset filme son anti-héros dans un style très rapide , instinctif et réussi un montage sans faille , malgré des faiblesses sur certaines séquences ou les années sont passés... Un film intelligent , tendu et qui peut choquer .
tout simplement génial, les acteurs sont bon même très bon, mention excellent pour gérard Lanvin. Le sujet est Pour un film de 1983, il est très en avance sur son temps, ce genre d'histoire pourrait être réel à notre époque pleine de télé-réalité visant à ce faire de l'argent sur la crédulité des téléspectateurs, c'est un film engagé sur la débilité de certaines émissions de télé qui, poussées à l'extrême, peuvent devenir inhumaine. Bref, ce film qui n'est qu'une fiction est génial.
Ce film est un nouveau souvenir pour moi c ' enfance . Découvert dans mon vidéo club à l ' époque dans les années 80 . Il est édité en DVD depuis quelques années donc facilement trouvable pour ceux qui aimeraient le voir . Film d ' anticipation à la française c ' est une vraie réussite . Michel Piccoli y trouve un rôle formidable . La télé réalité dans ses dérives bien avant son apparition sur nos écrans .
Dans une société futuriste, une chaîne de télévision impose un concept de télé-réalité (terme sans dout inemployé à l'époque du film) d'un genre violent et dégradant. "Le prix du danger", c'est le droit pour quelques candidats armés de pourchasser dans la ville, le temps d'une émission en direct, un autre candidat téméraire autant que cupide. Celui de la semaine, dans le rôle de la cible, du gibier, est joué par le tonique Gérard Lanvin, et draine une audience maximum. Fidèle à son style sans compromis (et sans nuances, tout le problème est là) et à sa pratique pamphlétaire, Yves Boisset dénonce brutalement une société avide de violence, reflet de la nature humaine exploité sans vergogne par un média mercantile et cynique. A revoir le film quelques années après sa sortie, l'oeuvre "coup de poing" de Boisset a mal vieilli (y compris dans son formalisme futuriste), trop démonstratif. Son discours sur la télévision privée est évident. Sur la forme, l'action est complètement irréaliste et la course-poursuite très rythmée entre Lanvin et ses antagonistes accumule les invraisemblances (dont celle d'être intégralement filmée par des caméramen). Les comédiens sont dans le surjeu et leurs personnages, primaires, sont excessifs et peu crédibles. Cependant, et même si Piccoli en fait des tonnes en maître de cérémonie, le présentateur vedette qu'il incarne, sirupeux, hypocrite et répugnant à tous égards, est l'attraction du film grâce à un comédien s'amusant bien à faire de ce Frédéric Mallaire un insupportable cabotin.
acteurs excelent, realisation parfaite, plan de la camera genial. le film veut nous dire qu'il y a des tonnes d'émission débile à la télé. une sorte de fear factor. Bravo, une émission de sadique ! a voir absolument, chef d'oeuvre du cinema français.