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Au premier visionnage, j’avais trouvé Late Night with the Devil sympa sans plus : une bonne ambiance années 70, un concept original, mais un scénario un peu nébuleux.
En le revoyant, j’ai complètement changé d’avis.
Le film est beaucoup plus travaillé qu’il n’en a l’air. spoiler: The Grove, la First Church of Abraxas, certaines remarques hors antenne, les réactions de Jack, sa relation avec Minnie, certains détails dans le public…
énormément d’éléments importants sont présents dès le départ, mais rarement soulignés. Si on regarde le film uniquement comme une histoire de possession en direct, on peut facilement passer à côté de ce qui me paraît être son vrai sujet : l’ambition, le désir, le sacrifice et surtout la culpabilité.
Et c’est probablement là son plus gros point fort : le film ne nous tient pas constamment par la main. Il donne des indices, crée des liens, suggère énormément de choses, mais laisse une vraie place à l’interprétation. Tout n’est pas expliqué, tout n’est pas confirmé, et certaines conclusions dépendent directement de ce que le spectateur choisit de relier entre les scènes. C’est quelque chose que je trouve de plus en plus rare dans une industrie qui a souvent tendance à sur-expliquer ses intrigues.
Jack m’a également paru beaucoup plus intéressant au second visionnage. Je le voyais d’abord comme un présentateur manipulateur prêt à exploiter n’importe quoi pour l’audience. En y regardant de plus près, il me semble surtout tragique : spoiler: il aime réellement Minnie, mais il est aussi égoïste, ambitieux et obsédé par la réussite. Et ce sont précisément ces failles qui semblent être exploitées par les forces occultes qui gravitent autour de lui.
spoiler: La phrase du chef de la First Church of Abraxas résume presque tout le film : le bien et le mal importent peu, seuls comptent nos désirs et les sacrifices nécessaires pour les réaliser.
spoiler: Je pense d’ailleurs que The Grove et la First Church sont deux organisations différentes mais liées aux mêmes forces : d’un côté une secte fanatique, visible et désorganisée ; de l’autre quelque chose de beaucoup plus discret, élitiste et intégré aux sphères de pouvoir. Deux méthodes différentes pour exploiter la même faiblesse humaine : le désir.
Et puis il y a la forme. Les effets spéciaux, certaines répliques, le médium malaisant, le sceptique insupportable… tout est kitsch. Mais ici, ce kitsch devient une force. Le côté minimaliste colle parfaitement à l’esthétique télévisuelle des années 70 et donne au film une vraie identité. Ce qui aurait pu paraître cheap participe finalement énormément à son charme.
Les acteurs font globalement le travail. Rien d’exceptionnel, mais rien de mauvais non plus, et c’est déjà appréciable dans un genre où certaines interprétations peuvent vite devenir catastrophiques. David Dastmalchian se démarque clairement dans le rôle de Jack : il réussit à rendre le personnage à la fois charismatique, agaçant, vulnérable et progressivement rongé par la culpabilité. Je l’ai trouvé vraiment bon et j’aimerais le voir plus souvent dans des premiers rôles.
N’attendez donc pas une grosse production horrifique calibrée, pleine de surenchère et d’effets spectaculaires. Late Night with the Devil est avant tout un film psychologique à petit budget, construit autour de l’ambition et de la culpabilité.
spoiler: Et c’est peut-être ce qui rend la fin aussi cruelle : Jack veut désespérément devenir quelqu’un qu’on n’oubliera jamais. Au final, il obtient exactement ce qu’il voulait… de la pire manière possible.
Je n’en attendais absolument rien, et force est de constater que c’était une très belle surprise. Surtout, si vous l’avez trouvé un peu confus au premier visionnage, revoyez-le : personnellement, c’est au deuxième passage que j’ai vraiment compris à quel point le scénario était plus malin que je ne le pensais.
En le revoyant, j’ai complètement changé d’avis.
Le film est beaucoup plus travaillé qu’il n’en a l’air. spoiler: The Grove, la First Church of Abraxas, certaines remarques hors antenne, les réactions de Jack, sa relation avec Minnie, certains détails dans le public…
énormément d’éléments importants sont présents dès le départ, mais rarement soulignés. Si on regarde le film uniquement comme une histoire de possession en direct, on peut facilement passer à côté de ce qui me paraît être son vrai sujet : l’ambition, le désir, le sacrifice et surtout la culpabilité.
Et c’est probablement là son plus gros point fort : le film ne nous tient pas constamment par la main. Il donne des indices, crée des liens, suggère énormément de choses, mais laisse une vraie place à l’interprétation. Tout n’est pas expliqué, tout n’est pas confirmé, et certaines conclusions dépendent directement de ce que le spectateur choisit de relier entre les scènes. C’est quelque chose que je trouve de plus en plus rare dans une industrie qui a souvent tendance à sur-expliquer ses intrigues.
Jack m’a également paru beaucoup plus intéressant au second visionnage. Je le voyais d’abord comme un présentateur manipulateur prêt à exploiter n’importe quoi pour l’audience. En y regardant de plus près, il me semble surtout tragique : spoiler: il aime réellement Minnie, mais il est aussi égoïste, ambitieux et obsédé par la réussite. Et ce sont précisément ces failles qui semblent être exploitées par les forces occultes qui gravitent autour de lui.
spoiler: La phrase du chef de la First Church of Abraxas résume presque tout le film : le bien et le mal importent peu, seuls comptent nos désirs et les sacrifices nécessaires pour les réaliser.
spoiler: Je pense d’ailleurs que The Grove et la First Church sont deux organisations différentes mais liées aux mêmes forces : d’un côté une secte fanatique, visible et désorganisée ; de l’autre quelque chose de beaucoup plus discret, élitiste et intégré aux sphères de pouvoir. Deux méthodes différentes pour exploiter la même faiblesse humaine : le désir.
Et puis il y a la forme. Les effets spéciaux, certaines répliques, le médium malaisant, le sceptique insupportable… tout est kitsch. Mais ici, ce kitsch devient une force. Le côté minimaliste colle parfaitement à l’esthétique télévisuelle des années 70 et donne au film une vraie identité. Ce qui aurait pu paraître cheap participe finalement énormément à son charme.
Les acteurs font globalement le travail. Rien d’exceptionnel, mais rien de mauvais non plus, et c’est déjà appréciable dans un genre où certaines interprétations peuvent vite devenir catastrophiques. David Dastmalchian se démarque clairement dans le rôle de Jack : il réussit à rendre le personnage à la fois charismatique, agaçant, vulnérable et progressivement rongé par la culpabilité. Je l’ai trouvé vraiment bon et j’aimerais le voir plus souvent dans des premiers rôles.
N’attendez donc pas une grosse production horrifique calibrée, pleine de surenchère et d’effets spectaculaires. Late Night with the Devil est avant tout un film psychologique à petit budget, construit autour de l’ambition et de la culpabilité.
spoiler: Et c’est peut-être ce qui rend la fin aussi cruelle : Jack veut désespérément devenir quelqu’un qu’on n’oubliera jamais. Au final, il obtient exactement ce qu’il voulait… de la pire manière possible.
Je n’en attendais absolument rien, et force est de constater que c’était une très belle surprise. Surtout, si vous l’avez trouvé un peu confus au premier visionnage, revoyez-le : personnellement, c’est au deuxième passage que j’ai vraiment compris à quel point le scénario était plus malin que je ne le pensais.
Late Night with the Devil reconstitue une émission télévisée américaine diffusée le soir d’Halloween 1977, consacrée pour l’occasion au paranormal et à l’occultisme. J’ai trouvé l’idée de départ intéressante et l’ensemble plutôt agréable à suivre, sans que le dispositif réussisse vraiment à me convaincre jusqu’au bout.
Réalisé par les frères australiens Cameron et Colin Cairnes, le film prend la forme d’un faux document télévisuel inspiré des talk-shows américains des années 1970 et de leur fascination pour l’occultisme. Tourné sur un véritable plateau avec plusieurs caméras, il cherche avant tout à retrouver le rythme et l’esthétique d’une émission de l’époque.
Le récit s’intéresse à l’ambition et aux compromis que l’on peut accepter pour réussir. La recherche d’audience finit par brouiller les limites entre ce qui relève de l’intime et ce qui peut être transformé en spectacle, tandis que le besoin de préserver une image publique laisse peu de place au deuil, à la culpabilité ou aux fragilités personnelles.
Cette logique nourrit sa satire de la télévision, où la souffrance et les croyances deviennent du contenu dès lors qu’elles peuvent retenir le public. Le film joue également avec notre rapport aux images et à ce que l’on choisit de croire, en confrontant scepticisme, illusion et surnaturel tout en plaçant le spectateur dans une position proche de celle du public de l’émission.
Je comprends vraiment l’intention et ce que le film cherche à faire vivre au spectateur. Le dispositif télévisuel est bien exploité, la mise en scène cohérente avec son concept et l’ambiance des années 1970 plutôt réussie. La reconstitution fonctionne dans l’ensemble et je ne me suis pas ennuyé, mais j’aurais aimé douter davantage de ce que je regardais, presque au point de croire à une véritable émission retrouvée.
C’est justement là qu’il m’a un peu perdu. Les effets se voient trop à mon goût et cassent progressivement l’immersion, jusqu’à une dernière partie plus démonstrative dont la surenchère m’a paru assez artificielle. La mécanique devient également assez visible et la satire des médias reste finalement assez simple. J’ai donc eu le sentiment que le film n’allait pas totalement au bout de son idée, malgré une atmosphère réussie.
Late Night with the Devil reste une proposition originale dans sa forme, dont j’ai davantage apprécié le concept et la reconstitution que ce qu’il m’a réellement fait ressentir. Une expérience intéressante, mais qui aurait gagné à pousser beaucoup plus loin l’illusion qu’elle cherchait à créer.
Réalisé par les frères australiens Cameron et Colin Cairnes, le film prend la forme d’un faux document télévisuel inspiré des talk-shows américains des années 1970 et de leur fascination pour l’occultisme. Tourné sur un véritable plateau avec plusieurs caméras, il cherche avant tout à retrouver le rythme et l’esthétique d’une émission de l’époque.
Le récit s’intéresse à l’ambition et aux compromis que l’on peut accepter pour réussir. La recherche d’audience finit par brouiller les limites entre ce qui relève de l’intime et ce qui peut être transformé en spectacle, tandis que le besoin de préserver une image publique laisse peu de place au deuil, à la culpabilité ou aux fragilités personnelles.
Cette logique nourrit sa satire de la télévision, où la souffrance et les croyances deviennent du contenu dès lors qu’elles peuvent retenir le public. Le film joue également avec notre rapport aux images et à ce que l’on choisit de croire, en confrontant scepticisme, illusion et surnaturel tout en plaçant le spectateur dans une position proche de celle du public de l’émission.
Je comprends vraiment l’intention et ce que le film cherche à faire vivre au spectateur. Le dispositif télévisuel est bien exploité, la mise en scène cohérente avec son concept et l’ambiance des années 1970 plutôt réussie. La reconstitution fonctionne dans l’ensemble et je ne me suis pas ennuyé, mais j’aurais aimé douter davantage de ce que je regardais, presque au point de croire à une véritable émission retrouvée.
C’est justement là qu’il m’a un peu perdu. Les effets se voient trop à mon goût et cassent progressivement l’immersion, jusqu’à une dernière partie plus démonstrative dont la surenchère m’a paru assez artificielle. La mécanique devient également assez visible et la satire des médias reste finalement assez simple. J’ai donc eu le sentiment que le film n’allait pas totalement au bout de son idée, malgré une atmosphère réussie.
Late Night with the Devil reste une proposition originale dans sa forme, dont j’ai davantage apprécié le concept et la reconstitution que ce qu’il m’a réellement fait ressentir. Une expérience intéressante, mais qui aurait gagné à pousser beaucoup plus loin l’illusion qu’elle cherchait à créer.
Ce film hybride, entre horreur, émission, et psychologie, sait vous transporter dans son ambiance à la fois vintage et rafraîchissante de ce qui se fait habituellement dans ce type de production. Les acteurs et actrices joue tous bien, il y a une osmose entre eux particulièrement appréciable. À noter quelques longueurs malgré tout, mais qui ne gâche en rien la qualité narrative du scénario.
J'ai franchement adoré, tout est parfaitement dosé, les acteurs et actrices sont parfaitement dans leur rôle.
Flippant, drôle, critique, pertinent, rétro et moderne en même temps.
Flippant, drôle, critique, pertinent, rétro et moderne en même temps.
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