Gennadiy à 21 ans, il est né “garçon” en 1999 à Magadan, à l’extrême Est de la Russie. Mal dans sa peau (rejeté par ses grands-parents, ceux qui l’ont élevé) et préférant s’assumer tel qu’il est plutôt que de refréner ses envies (et ses idées), au point de changer d’identité et devenir “elle”, une artiste queer répondant au nom de Gena Marvin.
Sa silhouette androgyne, crâne et sourcil rasés, lui donne une apparence d’alien, surtout lorsqu’il se transforme et parade dans les rues de Moscou à travers des performances surréalistes. Dans la Russie de Vladimir Poutine, son combat ne passe pas inaperçu pour contrer la croisade anti-LGBTQIA+ menée par le Kremlin (il se fait régulièrement arrêter par la police et finit par se retrouver devant le juge).
Agniia Galdanova met en lumière la difficulté pour Gennadiy de pouvoir se sentir libre dans le pays qui l’a vu naître et de pouvoir ainsi être ce qu’il a toujours voulu être, à savoir Gena Marvin, une artiste queer. Son quotidien sinistre (et de plus en plus répressif) transforme son art et son esthétisme en un acte politique et assume pleinement son activisme identitaire, à ses risques et périls (raison pour laquelle il finira par demander l’asile en France, à la fois pour se protéger, mais aussi pour fuir la guerre puisque la Russie avait au même moment décidé d’envahir l’Ukraine et qu’il était désormais interdit d’afficher son opposition à "l’opération militaire spéciale" au risque de finir en prison).
Queendom (2023) est un magnifique portrait sur cet artiste queer militant, devenu à la fois un symbole de la communauté LGBTQIA+ russe et de la résistance face à la répression et à la censure du Kremlin. Le quotidien des jeunes russes, déjà très bien documenté dans le documentaire How to Save a Dead Friend (2022), vient nous rappeler à quel point la liberté d’expression n’existe pas et qu’il est impossible pour la communauté LGBTQIA+ de pouvoir disposer librement de son corps et de pouvoir mener une vie un tant soit peu normale. D’ailleurs, à la fin du film, on nous rappelle très justement qu’au moment du tournage, le parlement russe venait de voter une loi interdisant "la propagande LGBTQIA+” et les relations homosexuelles.
De fait, depuis longtemps, Gennadiy qui ne connait pas la notion de genre, est devenue une artiste qui performe en drag quasiment en permanence. Cette artiste ne s’exprime pas verbalement, elle apparait, elle marche et ses tenues exubérantes et d’une grande beauté poétique font qu’elle attire les regards, parfois amusés, parfois réprobateurs, des personnes qu’elle est amenée à croiser. Autant dire que sa vie n’était pas des plus facile dans la Russie de Poutine, un pays devenu de plus en plus obscurantiste sur de nombreux sujets, un pays dans lequel les autorités multiplient les mesures conservatrices contre les personnes LGBT+, un pays dans lequel porter un pin’s avec le drapeau arc-en-ciel peut vous envoyer en prison. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-queendom/
Lire sur son accueil à Marseille lors du Ze Festival sur le site LeGlaneur.info :
"Cette belle édition marseillaise proposée par Brigitte et Sophie de l'association Polychromes (Nice) avait commencée ce Mercredi 10 Janvier 2024 par "QUEENDOM"(film "Queer") avec la présence de la magnifique Gena Marvin et de la réalisatrice de ce documentaire Agniia Galdanova.
On la suit depuis l'extrême Est russe dans sa famille jusqu'à Moscou dans ses performances aussi artistiques que politiques ; comme celle de déambuler nue recouvert que d'un fil de fer barbelé au début de l'agression Russe contre l'Ukraine, puis la nécessité de son exil urgent. Une salle pleine et diverse, russophone, anglophone et participative."
À ÉVITER ! Queendom (2025) se veut un documentaire coup de poing, mais échoue largement à convaincre. Le film sacrifie tout au visuel : plans léchés, mises en scène outrancières, mais sans fond ni réflexion. Derrière l’esthétique tape-à-l’œil, aucun fil narratif solide, aucun éclairage réel sur son sujet, Gena Marvin. Le propos reste creux, les enjeux survolés. C’est une œuvre prétentieuse, vide, qui confond l’art avec l’apparat. Un bel emballage, mais rien à l’intérieur.
Un documentaire éblouissant. Le portrait sensible et profond d’une artiste russe qui fait de son corps une œuvre politique malgré le conservatisme ambiant et la répression. Si vous avez la chance qu’il passe près de chez vous, ne le manquez pas !
Film incroyable, très très beau tant au niveau images, couleurs et originalité de la caméra, que par sa force, sa sincérité. La juste ton. Il faut courrir le voir !
Un film nécessaire ! Le documentaire va au-delà du simple témoignage et met en lumière un engagement profond pour défendre la liberté d'expression et les droits LGBTQIA+. La réalisatrice Agniia Galdanova dresse le portrait de Gena Marvin, artiste queer, qui fait de son parcours un véritable acte de courage et de fierté face à l’oppression russe. A voir !
Queendom est un documentaire très fort, particulièrement bien réalisé, notamment en termes de photographie. Les images sont à la fois belles, puissantes et profondément poignantes, ce qui renforce l’impact émotionnel du film. Le choix esthétique n’est jamais gratuit, chaque plan semble pensé pour servir le propos et mettre en valeur la réalité vécue par les personnages. Le fait que la réalisatrice ait eu l’audace d’aller tourner certaines scènes en pleine guerre apporte une dimension supplémentaire au documentaire, rendant le récit encore plus intense et sincère. L’histoire de Jenna est particulièrement touchante. C’est une artiste à part entière, une véritable personnalité qui ose s’affirmer et défendre son identité, même lorsque personne ne la comprenait ou ne la soutenait. Son parcours est inspirant, car il montre une grande force de caractère et un courage constant face à l’adversité. Le spectateur peut facilement s’identifier à elle, que ce soit dans sa quête de liberté, son besoin d’expression ou son refus de se conformer. Jenna devient ainsi un véritable symbole de résistance et d’affirmation de soi, et son histoire donne au documentaire une portée humaine et universelle.