Piégé,
Je crois que jamais un film n'aura aussi bien porté son nom. D'aucun pourrait dire que c'est une œuvre expérimentale, audacieuse et ambitieuse, qui expose parfaitement le concept de mise en abyme tout en brisant le 4ème mur, nous permettant ainsi de souffrir en même temps que son personnage principal.
En effet, sidéré par ce que je voyais, je me suis moi-même retrouvé piégé dans la salle de cinéma et incapable de sortir de l'habitacle, tout comme le protagoniste du film.
Dès le 1er plan, le film ne laisse aucun doute et tue le suspens en dévoilant le principal plot twist de son intrigue :
il est nul, et on a payé pour voir cette daube.
La section qui suit contient les principaux spoilers du film. Aussi, vous pourrez trouver mon avis et ma recommandation concernant ce film en fin de post :
Pour résumer, c'est Antoine Griezmann qui, après avoir encore prouvé à sa fille et son ex-compagne qu'il était un père minable, se retrouve coincé dans la voiture du sosie Wish de Palpatine (version postlogie) après avoir tenté de la lui voler. En retour, ce dernier le torture principalement en racontant sa vie de vieux boomer et en l'électrocutant de temps en temps. La référence au méchant de Star Wars est ici clairement assumée par le réalisateur et ce n'est même pas un bon point.
Rien n'est crédible dans ce film, en voici les preuves :
- Pour commencer, la voiture est moche, personne n'aurait envie de la voler.
- En presque une semaine de captivité, Grigri n'aura pas fait la grosse commission une seule fois.
- Et pour finir, les freins ne fonctionnent pas si le contacteur est débranché. On peut cependant y voir une critique maladroite du tout-électronique, et ce n'est même pas un bon point.
C'est dire la pauvreté du script puisque c'est ce dernier détail qui sauve notre Grizou national et nous libère par la même occasion de notre supplice. Sauf que...
C'était sans compter sur la dernière scène, lors de laquelle Antoine ne rate évidemment pas une ultime occasion de justifier l'existence de l'Aide Sociale à l'Enfance.
Traumatisé par son expérience automobile et sans même avoir pris une douche, il décompense et met en scène son effondrement psychique en allant chercher sa fille à l'école (qui a échappé à la mort la veille devant cette même école, mais en fait ça va) sur un vélo d'enfant, manifestant là son désir de vivre à nouveau ces brèves années d'insouciance tandis que résonnent en nous les derniers mots de feu Palpawish : On ne peut jamais revenir en arrière... A méditer.
N'y allez pas, par pitié.