Loveable
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390 abonnés 521 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2025
Loveable – Et si s’aimer était plus difficile qu’aimer l’autre ?
Lilja Ingolfsdottir signe un premier long-métrage d’une justesse renversante, où l’intime devient politique, et où chaque silence résonne comme un cri qu’on n’a jamais osé pousser.

Pas besoin de scènes spectaculaires pour bouleverser. Loveable raconte ce qu’on vit tous un jour ou l’autre : l’érosion douce et cruelle d’un lien, ce moment où l’on se regarde à peine et où le quotidien devient un champ de ruines émotionnelles.

Maria et Sigmund, couple en apparence solide, voient leur relation s’effondrer. Lui part, elle reste. Mais c’est justement ce vide qui déclenche une tempête intérieure. Ici, pas de héros, pas de coupable : juste deux âmes fatiguées de se porter, de s’inventer encore une raison d’y croire.
Car parfois, aimer ne suffit pas. Et ce n’est pas un manque d’amour, mais un excès d’ombres.

Helga Guren (Maria) offre une performance bouleversante, tout en retenue et en creux. Son regard dit plus que mille lignes de dialogue. Elle est cette femme qu’on croise tous les jours sans voir sa détresse, cette mère qui assure, cette compagne qui plie sans rompre… jusqu’au jour où ça casse.
Oddgeir Thune (Sigmund) campe un homme désarmé face à la complexité de ses propres émotions. Il ne fuit pas par lâcheté, mais par saturation. Leur couple est crédible parce qu’il est ordinaire — et c’est là que ça fait mal.

Lilja Ingolfsdottir filme au scalpel. Chaque plan respire l’authenticité. Les décors sont réels, habités, sans filtre ni mise en scène clinquante. Elle capte les gestes minuscules, les tensions invisibles, les silences coupants. On pense à Bergman, forcément. Mais aussi à la tendresse d’un Joachim Trier ou au réalisme cru de Marriage Story.

Le motif du miroir revient souvent : reflet de soi, double piégé, image figée. Maria se regarde, se confronte, se cherche. Et dans un moment fort, brise le quatrième mur.
Elle ne regarde plus la caméra. Elle nous regarde, nous. Et nous demande, en creux : “Et vous, vous vous aimez ?”

Le film parle aussi de charge mentale, de ce « troisième shift » que les femmes connaissent bien : celui d’organiser la maison, les émotions, la mémoire familiale. Loveable dépeint ce fardeau sans discours, juste par les faits. Et c’est encore plus puissant.

Le choix des prénoms n’est pas anodin non plus : Maria, archétype maternel par excellence ; Sigmund, écho limpide à Freud.
Deux figures symboliques, deux inconscients qui se percutent après s’être trop enlacés.

Mais ce qui fait la force de Loveable, c’est que la rupture n’est pas une fin. C’est une mue. Maria plonge dans ses blessures pour en ressortir entière. Pas plus forte. Juste plus vraie.
velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2025
Ce film réalisé par une femme et qui nous parle d’un couple qui va mal, va-t-il se montrer manichéen en se rangeant systématiquement du côté de Maria, en imputant inéluctablement tous les torts à Sigmund ? Que nenni ! Quand bien même c’est bien Maria qu’on accompagne dans le film, il devient vite évident qu’elle n’est peut-être pas une femme incontestablement « adorable », qualificatif auquel le titre cherche à faire croire, et que Sigmund peut faire valoir des excuses face aux reproches que lui adresse son épouse. Par exemple, lors de cette fameuse communication téléphonique, c’est Asa, l’institutrice de Mikael, qui avait appelé alors que Maria était absente. Par ailleurs, ce n’est pas seulement avec Sigmund que Maria est très souvent en conflit : les relations qu’elle entretient avec Alma sont souvent particulièrement mauvaises, sa fille la traitant de « soulante, nulle et chiante » et faisant un scandale, parlant haut et fort, de la honte qu’elle ressent lorsque Maria vient la chercher à la sortie du collège. Quant à la mère de Maria, elle reproche vertement à sa fille le comportement qu’elle avait dans sa jeunesse qui consistait à rester assise comme une princesse, à attendre d’être servie, à avoir tendance à demander aux gens de lui obéir, à avoir en fait des caprices de diva. Mais alors, Maria serait-elle plus proche d’être une mégère ingérable que d’une épouse adorable ? Que nenni, une fois de plus, les reproches de la mère de Maria et ceux d’Alma étant probablement injustes, et, en tout cas, exagérés. Frustré(e) de n'avoir ici qu'une partie de la critique ? Si c'est le cas, rendez-vous sur le site où il y a critique et film dans l'intitulé, avec le tiret du 6 entre les deux.
jobreaker
jobreaker

4 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juin 2025
excellent film sur l'amour et la féminité contemporaine, qui se déploie toute en finesse à la façon d'un Joachim Trier
FaRem

10 595 abonnés 11 634 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 avril 2025
« Voilà comment c'était... » Un constat amer pour Maria, dont le couple avec Sigmund s'est progressivement effrité avec les années. La passion, les étreintes et les regards amoureux ont été remplacés par des tensions et des engueulades. Le temps fait son œuvre, ça arrive, mais ça ne veut pas dire qu'on doit l'accepter. Maria sait ce qu'elle veut, et on s'en est rendu compte dans l'introduction, et elle sait aussi ce qu'elle ne veut pas à savoir la fin de son mariage. Lilja Ingolfsdottir nous place dans l'intimité d'un couple sur la fin et surtout au plus près d'une femme qui n'est pas consciente de son propre comportement. Plus qu'un film sur ce mariage, c'est une introspection, une découverte de soi qui demande beaucoup de travail. Un parcours émotionnel trop souvent facile qui m'a tenu à distance et le caractère de Maria n'aide pas. De plus, je trouve que les personnages secondaires manquent de personnalité comme s'ils avaient simplement été écrits pour les interactions avec elle. L'approche est sincère et authentique, mais il y a plein de petites choses qui font que je n'ai pas été vraiment convaincu par ce film, et ce même s'il est bien incarné.
traversay1

4 502 abonnés 5 400 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 avril 2025
La Norvège, c'est tout près de la Suède et on a ainsi tôt fait de se sentir en terrain familier, car bergmanien, dans Loveable, premier long métrage de Lilja Ingolfsdottir. Mais après 7 ans de réflexions, et quelques scènes houleuses de la vie conjugale, c'est du côté féminin du couple que penche le film, dans une veine très psychologique, assez cruelle au demeurant, spoiler: avec une héroïne, Maria, qui cherche à comprendre ce qu'elle a pu bien faire pour avoir d'aussi mauvaises relations avec son proche entourage, à commencer par son mari et sa fille aînée. Au bout d'un certain temps, Loveable n'est pas loin de tourner en rond et Maria parait bien plus agaçante qu'adorable.
Sauf que la réalisatrice ne la lâchera plus et va pousser assez loin sa déconstruction vers des rives psychanalytiques. Tout cela pour aller vers une conclusion que l'on a le droit de trouver trop facile, voire peu crédible, eu égard à la finesse générale du portrait de femme, mais l'on a, en contrepartie, une belle bouffée d'émotion, presque inattendue, qui surgit soudain. Pour nous faire passer par tous les états, vis-à-vis du comportement de ce personnage pas toujours aimable, il fallait une interprète d'exception et la cinéaste ne s'est pas trompée en confiant ce rôle très complexe à la bluffante Helga Guren.
Clemence
Clemence

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2024
Magnifique film découvert aux festivals du film des Arcs ! Il touche parfaitement là où il faut. Partant d'un vécu la réalisatrice sait nous emmener avec elle et nous faire partager les émotions de son héroïne ! Je ne peux que recommander d'aller voir ce film dès sa sortie en salle !
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