L'affiche est très réussie, le film moins. Le scénario, un peu court est étiré comme pour tenir la durée classique d'un long métrage. On ne va pas déranger Vincent Lindon pour rien ! Le long prologue dans la nuit le long d'une voie de chemin de fer a peu d'intérêt, à mon sens. Ensuite, la quasi-obscurité dans laquelle sont filmées de nombreuses scènes de ce film s'explique mal et n'a pas vraiment de signification dramatique ou bien celle-ci m'a échappé. Quand, enfin, on distingue la véritable intrigue (j'ai eu peur, à un moment, d'être tombé sur un reportage à propos de la SNCF), un conflit entre un père veuf et l'un de ses deux adolescents qui est tombé sous le charme d'un extrémisme politique vivement combattu par son père, on finit par s'intéresser. La peinture de cette ville de l'est en décrépitude du fait de la disparition de ses industries minières et métallurgiques, les loisirs qui se partagent entre foot-ball et combats de MMA, bières et castagnes, paraissent bien montrées comme l'arrière plan du drame qui va déchirer cette famille déjà meurtrie par la décès de la mère et épouse. On avait déjà vu la jeunesse en recherche d'idéal dans les Leurs enfants après eux (2024), par exemple, et l'émotion ressentie était beaucoup plus intense.
Très bon film, qui retrace la vie et les incohérences de beaucoup de familles. La mise en scène est très efficace et réfléchie, les acteurs sont excellents.
une nouvelle fois, Vincent Lindon se pose en défenseur de la bien pensance actuelle. un hymne à la tolérance défendue par ceux qui sont le moins tolérants en refusant toute discussion avec ceux qui ne pensent pas comme eux même s'il s'agit de leur propre fils.
une chose évidente à la vision de ce film, c'est que les deux réalisatrices savent filmer les corps masculins. Mais la vraie force de leur film est la prestation des trois acteurs principaux : Vincent Lindon donne, comme toujours, toute sa force et son charisme à son rôle de père mais ce sont les deux jeunes acteurs qui nous épatent, notamment Benjamin Voisin, à mille lieues de son rôle dans "Illusions perdues". Le film, prenant au début s'émousse un peu au fil du récit, un peu trop manichéen. Ce qui séduit, surtout au début du film, c'est la succession de scènes de complicité malgré la gravité du sujet.
Je n’ai pas aimé. Beaucoup de clair obscur, de sylouettes, d’obscurité, de gros plans sur les visages silencieux… de flou. L’histoire est un peu confuse. Qui a attaqué le fils pourquoi se trouve t il torse nu blessé sur le canapé ? Pourquoi a t il été attaqué ? Qui est le personnage qui danse sur lequel on aperçoit des traces de balles ? Des longueurs sur les matchs de foot et sur la lutte. Bon, y’en a qui aime..
J'ai lu "Ce qu'il faut de nuit", et fatalement, je me devais de voir le film. Impression globalement positive. Le film est poignant comme l'est le livre, mais les écarts du film et du scénario par rapport au livre vont dans le sens d'une simplification qui me semble confiner parfois à la caricature, sans doute sous emprise excessivement gauchiste. Dans le film bien davantage que dans le livre, me semble-t-il, la gauche est présentée comme le camp du bien. En outre, le film fait l'impasse sur la petite amie de Fus, laquelle jour un rôle dans l'enchaînement tragique des événements qui s'emballent au la fin du récit. Les réalisatrices ont-elles cherché à ne pas paraître incriminer et rendre responsable l'un des rares personnages féminins ? Difficile de ne pas envisager cette hypothèse. Quoi qu'il en soit, on ne peut que recommander d'aller voir ce film qui réussit au moins à être aussi poignant que le livre à défaut d'être aussi subtil. Ceux qui auront lu le livre, avant, ou après, bénéficieront en outre d'une vision moins simplificatrice, et ainsi, pourront davantage s'ouvrir sur les dangers du manque de communication entre parents et enfants que sur les généralisations politiques à l'emporte-pièce. Autre raison d'aller voir le film : l'interprétation magistrale des 3 acteurs principaux. Chapeau bas ! J'ai beau être un Messin pur sucre et fan du FC Metz depuis la petite enfance, j'ai trouvé ces 3 personnages absolument crédibles (malgré l'absence de l'accent lorrain) au point d'y reconnaître parfois mon père ou moi-même. Je finis sur un coup de gueule, pourquoi une photographie aussi sombre, où l'on peine à distinguer décors, personnages, expressions...? Feignantise du directeur photo ? Parti pris néfaste des réalisateurs ? Économie ? Écologie ? Les réalisateurs pensent-ils que leurs personnages n'allument jamais chez eux, qu'ils ne paient pas leur facture d'électricité ? Au secours ! Que la lumière soit ! S'il-vous-plaît !
Un film dans la ligné de "L'amour ouf", "Leurs enfants après eux", "Vingt dieux" ... Lorsque l'adolescence dérape, lorsque certaines rencontres conditionnent le reste d'une vie. Lorsque l'amour inconditionnel d'un père, d'un frère ne suffit pas à reprendre le bon chemin. La Lorraine post industrielle, le FC Metz, en toile de fond. Un père courage (rôle sur mesure pour Vincent Lindon) qui élève seul deux fils dont l'un se radicalise... le destin d'une vie gâchée. Énormément de gros plans, de plans serrés, de contre-jours, d'images en reflet dans une maison sombre participent à entretenir un sentiment d'oppression, d'enfermement. Tout cela est bien entendu voulu mais pour moi trop c'est trop. Cela reste un bon film sur un sujet plus que jamais d'actualité.
Une histoire d'hommes et d'amour d'un père pour ses deux fils qu'il élève seul. Dans le bassin lorrain sidérurgique, on ressent la dureté de la vie au quotidien. Son travail de nuit lui permet de mieux veiller sur ses fils au quotidien. A la fin de l'adolescence, l'un d'eux, Félix, peu intéressé par les études, entretient de mauvaises fréquentations et se laisse gagner par une idéologie fasciste qui le galvanise et le conduit à une violence qui va le perdre. A l'inverse, son frère, le fils parfait qui suit des études prometteuses. Malgré ses efforts de contrôle, ce père solo, ne parvient pas à éviter le pire. Au travers de cette histoire personnelle, on constate ici les difficultés à être parents tout au long de la vie de l'enfant. Vincent Lindon incarne parfaitement ce père volontaire et impuissant. Benjamin Voisin et Stefan Crepon sont des acteurs prometteurs.
Un bien triste film même si plus que réussi que la tentative désespéré d'un père tentant de retenir son fils qui dérive totalement dans le racisme...pourtant pas en réel difficulté dans la vie (tout est relatif évidemment) le faut de côtoyer des gens qui te retourne le cerveau à une vitesse fait que certains cèdent à la facilité. En tous cas Lindon et Voisin nous livre un film déchirant sur la relation père/fils où l'amour entre eux réside mais écraser par la haine qui s'insinue dans la tête du fils. Cela donne des scènes très forte et même choc par moment. On suit ce drame en espérant toujours une fin positive...bref dur mais très bien. Est-ce le fait que j'ai aussi deux garçons qui fait que....possible... NOTE : 9/10
Vu Jouer avec le feu ce dimanche... Du point de vue de l'image (cadrage, lumière, couleurs, gros plans, plans larges) : très belle réussite ! Vincent Lindon fidèle à lui-même sachant s'effacer derrière le personnage, Traitement du sujet : priorité donnée aux émotions d'où l'importance de l'image par rapport aux dialogues... Film surprenant au final, des réalisatrices à suivre.... ♥️
Magnifique récit familial sur un sujet incroyablement d’actualité. Lindon brille en père de famille tiraillé entre l’amour pour son fils et sa conscience politique et sociale.