Assurément il est compliqué d'adapter une oeuvre aussi dense et hétérogène que ce roman de Dumas: récit initiatique, drame romantique, comédie picaresque, parodie farcesque, vaudeville, récit d'aventures, réécriture historique. Dans cette itération, les partis-pris sont assumés, privilégiant l'humour (avec gestes outranciers, types, comiques théâtraux), l'action (avec des chorégraphies proches de numéros de danse), l'amour (avec coups de foudre, déclarations enflammées, passions d'antan). Si l'on adhère à ce type de cape et d'épée ainsi qu'à la lourdeur de certains seconds rôles ou gags, admettons que le rythme ne faiblit pas et que la technique contribue à la réussite de ces desseins. En outre, le casting se fait aussi flamboyant que le Technicolor entre la pernicieuse Lana Turner, le retors Vincent Price, le complexe Van Heflin ou le sautillant Gene Kelly (au jeu manquant de subtilité). Cependant, à vouloir condenser un maximum d'événements, l'intrigue ne laisse guère le temps de s'attacher aux personnages, de développer une véritable nervosité ou d'installer des enjeux consistants; ainsi quand arrive le drame on peut être surpris, mais non ému. Cela reste un incontournable dans son genre.