En étant honnête, cela faisait longtemps que je n'avais pas eu une telle impression face à un long-métrage. "Hurry Up Tomorrow" est probablement l'une des plus grosses déceptions de l'année. Sur le papier, le film était vendu comme un accompagnement au dernier album de The Weeknd, l'objectif étant donc de nous offrir une plongée dans son univers. Malheureusement, au sein du film, je n'ai rien trouver d'autre à part un ensemble particulièrement maladroit. Très sincèrement, si on ne devait retenir qu'une seule chose au sein de ce projet, ce serait sa qualité visuelle. Trey Edwards Shults est un réalisateur de talent et il le prouve sur ce projet. On peut notifier un travail particulier sur le ratio de l'image, chaque changement racontant quelque chose au sein de l'histoire. On peut parler de cette idée de retranscrire les traumatismes de l'artiste à l'écran, notamment dans cette angoissante séquence de rêve. Ou encore, dans la façon dont le film est monté, avec une grande précision en ce qui concerne les coupures brusques. Mais une fois que cela est dit, je n'ai rien d'autre à retenir, The Weeknd ayant simplement voulu proposer un film pour ses fans, sans aller plus loin. On le remarque rapidement avec la manière dont les morceaux sont intégrés à tout cela. Et le problème n'est même pas vraiment le nombre de ceux-ci ou la musique en elle-même, car j'aime bien les morceaux de cet artiste. Le problème va surtout venir du fait que ces derniers sont vraiment dérangeants pour la bonne avancée du scénario. Par moments, on a la sensation que le film se met en pause pour nous diffuser une partie d'un morceau, ou même une chanson complète. Cela ralentit drastiquement le rythme, et on se rend rapidement compte que rien ne se passe. Ça a beau être bien filmé, on sent que ces passages sont là pour combler le vide, car le film ne raconte finalement pas grand-chose. On pourrait me dire que les chansons disent quelque chose, et je serai d'accord avec cela, mais si on a besoin de 3 minutes de chansons pour faire passer une seule information, on aurait pu s'en passer. L'histoire est donc complètement creuse, et on le remarque rapidement du fait que les choses soient très désordonnées. Déjà, car l'acte principal démarre au bout d'une heure, ce qui est extrêmement long. Pendant ce temps, on a la sensation de visionner un clip bien trop long, pendant lequel nous voyons un personnage errer, mais sans qu'il soit développé. On questionne sa vie d'artiste et sa tristesse, mais cela semble très superficiel. Comment voulez-vous comprendre la tristesse d'un personnage si vous ne savez pas d'où vient véritablement celle-ci ?
On a beau vaguement savoir, on ne comprend pas réellement le lien qu'il a avec sa mère ou ce qu'il a fait à son ex-copine.
On sait qu'il souffre, et c'est tout. Le personnage nous paraît donc très peu attachants, car rien ne justifie cela. Mais ensuite, une fois que la première heure est passée et que l'on doit réellement entrer dans le second acte, j'ai vraiment cru que l'on allait enfin développer quelque chose. Le personnage d'Anima arrive, et c'est un petit bol d'air frais. Pour le coup, on comprend rapidement que rien ne sera également développé autour de ce personnage, car on ne va pas très loin sur son histoire, et c'est bien dommage. Mais à côté de ça, Jenna Ortega amène un peu de vie à l'ensemble, car le casting était assez mauvais jusqu'ici. Personnellement, j'ai trouvé qu'Abel Tesfaye manquait réellement de justesse, il se contentait de paraître à moitié triste ou d'élever un peu la voix, mais il n'y a aucun travail supplémentaire. Quant à Barry Keoghan, je l'ai en surjeu constant. Je ne sais pas si le problème vient de la direction d'acteur ou de l'écriture clichée des dialogues, mais cela reste visible. Par conséquent, j'attendais beaucoup de cette deuxième partie, mais elle n'a finalement rien apporté de plus. Encore une fois, le film prend trop son temps, le rythme est toujours ralenti par la diffusion de chansons qui n'apportent pas grand-chose et par une envie de complexifier l'ensemble par des thématiques qui ne seront pas abordées en profondeur.
Le final est censé montrer une sorte de parcours de fin pour l'artiste, mais on ne réussit jamais à y croire. Comment croire que celui-ci a évolué si on n'a jamais traité ses problèmes en profondeur ? Je sais bien que l'une des dernières séquences est importante, car elle censée émettre l'idée que l'artiste n'a pas envie de s'exprimer en vrai, et qu'il utilise la musique pour parler. Sur le papier, j'aime vraiment cette envie et je trouve que c'est un bon moyen de terminer son arc. Malheureusement, et dans un premier temps, on avait déjà compris cela. Je ne comprends pas pourquoi on insiste sur ça à la fin, alors que l'on a déjà vu cette particularité lors la première séquence de musique. Et ensuite, car les paroles de ces chansons ne sont pas si profondes que cela. En vérité, il raconte quelques trucs, mais je trouve ça encore trop léger. Si le texte avait vraiment été puissant et très intime, j'aurais accepté. Mais à mon sens, ce n'est pas aussi fort que cela.
En bref, nous terminons le film là-dessus. Dans sa première partie, le film est un clip bien réalisé, mais très long et ennuyeux. Et dans sa seconde partie, le film est un regroupement de thématiques jamais développées et résolu par un élément que nous avons compris depuis le départ. Rajouter le manque de crédibilité d'une partie du casting et des dialogues mal écrits, et vous avez un ensemble qui n'a rien raconté. Le film a duré 1h45, et je n'ai rien appris de plus sur Abel Tesfaye. Donc, que vous soyez fan de l'artiste, ou non, je ne vous recommande pas de visionner ce projet, car il n'apporte aucun élément intéressant. Pour conclure, un film trop long pour ce qu'il est.