Avis : N’attendez pas trop de la fin du monde - Page 2
N’attendez pas trop de la fin du monde
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Marc L.
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3,5
Publiée le 2 avril 2025
Du précédent film de Radu Jude (“Bad luck banging or loony porn”), on retrouve le dispositif de surface : une longue errance dans un Bucarest étouffant, des considérations philosophiques ou triviales sur la société roumaine d’aujourd’hui et une conclusion, absurde et consciemment étirée, en apothéose, le tournage d’un spot de conscientisation lénifiant sur les normes de sécurité avec les ouvriers qui ont été victimes de leur propre présumée négligence, en remplacement de la réunion de parents d’élèves. Le réalisateur y adjoint d’autres échappées belles qui témoignent de son affranchissement des pratiques normatives du 7ème art : le parallèle permanent entre la frénésie d’une journée de travail dans la Bucarest contemporaine, en noir et blanc, et les extraits d’un classique seventies du cinéma roumain aux couleurs vintage, dont on ne sait s’il vise à démontrer une ressemblance entre les deux époques ou une préférence pour l’une d’elles ou les grotesques vidéos TikTok enregistrées par Illinca, tellement déconsidérée et exploitée par ses employeurs que son unique exutoire est de déverser des tombereaux d’obscénités sous l’identité d’un avatar masculiniste. Au passage, on a droit à des considérations à la volée sur l’alcoolisme, le racisme envers les roms et le pessimisme envers un pays à la dérive et à vendre à l’encan, qui vit au rythme des investissements occidentaux et où les gens ne croient plus à grand chose et certainement pas à l’avenir. Répétitif mais dynamique, grossier mais lettré, auterisant mais fantaisiste, jouant sur la réalité sociale comme sur la fiction poétique, le film de Radu Jude donne une leçon de vitalité créatrice à pas mal d’autres cinématographies européenne : même sa longueur largement excessive (mais sans doute nécessaire pour épuiser et irriter le spectateur autant que le sont les personnages) se trouve compensée par son énergie débordante.
Fillm long et clivant mais dont on peu reconnaître une vraie liberté filmique et un côté punk et rentre dedans. C'est parfois monté de manière bordélique avec des dialogues et des rebondissements étonnants et un peu désarconnants mais le film suit son film qui est de choquer et gêner le spectateur Un OVNI....
J'avais vu le précédent film de ce réalisateur Roumain, "Bad Luck Banging or Loony Porn", et cela m'a motivé pour découvrir sa nouvelle œuvre. J'ai été conquis par ce film qui foisonne de plans incroyables, de mouvements de caméra assez délirants, de musique diffusée en permanence, de fulgurance évidente et de multiples références mais très bien assimilées. La scène finale, un plan fixe de 45 minutes et répétitif où une équipe tente de tourner une pub est jubilatoire. Ce film est un pur OVNI de 2h45 qui demande un minimum d'attention et de concentration.
Une jeune assistante de tournage, punkette à paillette double ceux qui l'exploitent et dont elle s'émancipe par la production de shots sur TikTok (ou similaire) en parallèle du taf. Elle y exprime avec un dynamisme contagieux et réjouissant son point de vue récalcitrant et radical. Et les followers suivent l'insaisissable en attendant la prochaine parenthèse numérique explosive. Elle opère masquée derrière un avatar numérique masculin à gros sourcils en projetant harassée de fatigue ses propos exaspérés et comiques. Réjouissante par la provocation et l'énergie fulgurante des ces apartés, elle court derrière sa survie. Pour le reste difficile à expliquer alors embarquez dans la R12 roumaine et foncez avec cette pépite d'actrice au très grand talent pour 2h30 d'outrances!
Une course épuisante à travers une ville embouteillée de discours et d’absurdité managériale. N’attendez pas trop la fin du monde observe le présent avec une lucidité féroce, au risque de s’y enfermer.
Le film adopte une forme volontairement éclatée et instable, pensée comme un miroir direct du monde qu’il observe. Radu Jude délaisse toute narration linéaire au profit d’un enchevêtrement de régimes d’images et de temporalités, mêlant fiction contemporaine, vidéos grotesques destinées aux réseaux sociaux et références à l’histoire audiovisuelle roumaine. L’action s’ancre dans le présent, celui des smartphones, des multinationales et du langage managérial, tout en convoquant une imagerie héritée des années 1980. Cette collision temporelle ne relève pas de la nostalgie, mais installe un malaise constant en brouillant les frontières entre violence autoritaire passée et domination contemporaine plus policée.
Cette construction chaotique dépasse le simple exercice formel. Elle met en scène un monde saturé de discours et d’images, où le sens se dissout dans la répétition et l’ironie. Le film avance par accumulation plutôt que par progression, donnant une impression de piétinement assumé. Ce choix s’inscrit dans la continuité du cinéma de Radu Jude, cinéaste frontal et politique, attentif à la responsabilité collective, à la manipulation des images et à la violence sociale produite par le langage. Si la forme épouse efficacement l’épuisement qu’elle décrit, elle maintient aussi le spectateur à distance, enfermé dans un dispositif très démonstratif.
Les thématiques abordées sont claires. Le travail contemporain apparaît comme un lieu central de violence, non par la contrainte physique, mais par la parole managériale et la dilution permanente des responsabilités. Le capitalisme tardif est montré comme un système capable d’absorber la souffrance, de la transformer en contenu et de neutraliser toute critique en l’intégrant à son propre discours. Le corps devient un simple support, exposé et instrumentalisé. En filigrane, le film suggère une continuité des mécanismes de domination entre la Roumanie des années 1980 et notre époque, sous des formes renouvelées et plus lisses.
Mon ressenti reste contrasté. J’ai trouvé le film stimulant dans ses idées, dans la radicalité de son regard et dans sa critique frontale de nos modes de vie imposés. En revanche, la durée et l’accumulation de références très ancrées dans le contexte roumain ont freiné mon adhésion sans toujours enrichir l’expérience.
Les limites tiennent à la lourdeur du dispositif. À force de répétitions et d’empilement de discours, le propos finit par se diluer. La saturation, pensée comme un outil critique, devient un frein, donnant l’impression que le film martèle son constat au lieu de le laisser infuser. Le refus de toute progression narrative ou émotionnelle installe une distance constante, qui se transforme peu à peu en lassitude. Les personnages existent davantage comme vecteurs de discours que comme figures incarnées.
N’attendez pas trop la fin du monde demeure ainsi un film lucide, ambitieux et politiquement fort, mais dont la radicalité formelle et l’insistance démonstrative en limitent l’impact. Une œuvre stimulante sur le plan des idées, plus éprouvante que réellement engageante sur le plan du cinéma.
Le film est éprouvant, physiquement et mentalement, mais que cela fait du bien de croiser un réalisateur qui va jusqu'au bout de ses esthétismes. Dans une ambiance post-punk, ce film est une critique radicale du capitalisme, de la corruption, de l'exploitation, de l'humiliation que l'on subit et fait subir.
Film le plus moderne, le plus déjanté et le plus subversif. Mon oscar de cœur du film le plus punk de l’année. Après l’avoir vu tous les autres films sont ringards, fades et dérisoires.
Serieux, je suis tres tolerante, mais là, j en pouvais plus, je suis sortie avant la fin!!! Oui il y a des bonnes idées dans ce film, mais c est lonnnnnnnnnnnnggggg. La scene sans fin sur les croix!!!!! Interminable. Il pouvait pas se concéntrer sur 2 h???