En Fanfare ne peut s’empêcher de fanfaronner, de sonner haut et fort ses intentions mélodramatiques, refuse ainsi le raffinement de la musique classique alors même que l’harmonie municipale disparaît à terme derrière la philharmonie, que les voix singulières porteuses de revendications collectives sont couvertes par d’autres voix et par les instruments. Emmanuel Courcol ne sait sur quel pied danser, partage la condition du personnage de Thibaut : célébrer les valeurs d’un milieu auquel on appartient par sa nature mais non par sa culture, mais feindre l’unisson des cultures, la convergence du populaire et de l’élitiste comme Ravel s’inspire du bruit des machines pour composer son Boléro ou comme le jazz procède par alliance du haut et du bas, du sacré et du profane. En résulte une variation autour d’Un Triomphe (2020) chargée en sentimentalisme facile et en tubes musicaux censée plaire à tous les publics soit par populisme soit par hypocrisie pittoresque. spoiler: La violence des classes sociales en présence n’est que marginale, utilisée par le réalisateur comme un chef divulgue en cuisine la fadeur de son plat par l’ajout d’épices quelconques ; à la place, des révélations sur l’état de santé de l’un ou sur la famille tourmentée de l’autre qui servent à relancer l’intrigue. Le talent des comédiens principaux réhausse légèrement notre intérêt une production impersonnelle, prise en charge par une mise en scène illustrative.
L’orchestre d’harmonie, assimilé malheureusement dans l’esprit populaire à la « fanfare », aurait pu être à l’honneur, mais a contrario il sera alourdi par des faussetés et une absence notable de musicalité. La bienveillance de LAVERNHE chef d’orchestre émérite et compositeur contemporain est forcée et ne rend pas crédible cette mansuétude fraternelle envers LOTTIN le tromboniste à soi-disant l’oreille absolue. La réalisation et la photographie sont dignes d’un téléfilm. Et puis en 10 minutes finales, tout s’accélère : les émotions, la tragédie, le grand concert… Sympa tout de même!
En fanfare est une œuvre délicate et profondément touchante qui explore les liens familiaux avec une sensibilité rare. Emmanuel Courol signe ici une réalisation toute en finesse, qui évite habilement les écueils du pathos pour offrir une expérience émotionelle sincère. Le film repose en grande partie sur l'interprétation remarquable de son trio central, incarné par Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin et Sara Suco. Chacun apporte une nuance particulière à cette fratrie retrouvée, entre blessures enfouies et instants de grâce. Lavernhe, tout en subtilité, et Lottin, d'une justesse bouleversante, subliment les moments clés du récit, tandis que Sara Suco y ajoute une force émotionnelle indéniable. L’alternance de drôlerie et de tristesse est un tour de force maîtrisé, rendant chaque scène imprévisible et profondément humaine. Le film prend aux tripes, naviguant avec aisance entre éclats de rires et larmes retenues, (ou pas....). En fanfare est une petite perle de sensibilité, une œuvre qui marque par sa sincérité et la qualité de ses interprètes. Un grand moment de cinéma à découvrir absolument.
Plusieurs histoires en une seule. Le film est finalement bien maîtrisé. Entre humour et répliques acerbes, conflit social chez les Ch’tis et le Boléro de Ravel (oui encore), Aznavour (oui encore) et deux frères que tout oppose ignorant leur existence, le film puise dans bon nombre de « déjà-vu » aux recettes qui ont déjà fait leur succès.
Sans être véritablement original, le film est une réussite grâce un rythme efficace, des acteurs talentueux et des personnages attachants.
Je m'attendais à plus de comédie, le film était plutôt vendu comme tel dans les bande-annonce. En fait on est plutôt face à une comédie sociale sur l'abandon, l'adoption et l'amour de la musique au sein d'un choc des classes. Le duo Lavernhe/Lottin est parfait. même si Lottin est toujours un peu dans le même genre de rôle, je ne m'en lasse pas (pour l'instant!) car il le fait tellement bien. La scène finale est forte et m'a arraché des larmes d'émotions. Un bon film mais pas aussi bon que je l'aurais espéré.
Le cinéma français en ce moment nous réserve de bien bonnes surprises et ce film en est une. Le scénario certes est assez convenu, mais l'écriture, les thèmes abordés et l'interprétation font de cette comédie un vrai petit bijou.
En fanfare semble tenter de faire le pont entre les comédies sociales britanniques (l’ombre des Virtuoses réalisé par Mark Herman en 1996 plane en permanence) et le légendaire La Vie est un long fleuve tranquille (pour ce qui concerne la juxtaposition de deux milieux sociaux). Notons au passage que tout cela se passe dans le Nord ! Fi de ces références, En fanfare bénéficie à coup sûr d’un scénario cousu main, roublard mais efficace. Il a en effet le mérite de nous éloigner rapidement du schéma attendu du sempiternel et lacrymal film sur la maladie pour faire démarrer le récit où il aurait été tentant de l'arrêter. Ce qui intéresse d’abord Emmanuel Courcol, c’est la question de l’environnement économique et social dans lequel un individu grandit. Selon qu’il est favorisé et ouvert - l’amour n’étant pas ici déterminant - ou contingenté à ses impératifs pécuniaires, le destin peut être différent. C’est une évidence maintes fois répétée, mais un rappel n’est jamais à négliger. De là à y ajouter un éventuel gène de la musique, l’oreille absolue comme don originel, il y a un pas allègrement franchi. Une facilité parmi d’autres, à l’image des nombreuses ellipses qui évitent de complexifier la tâche des auteurs. Néanmoins, En fanfare, feel-good movie par nature, naviguant en marin expert et filou sur les flots du déterminisme social et de la crise économique (l’occupation et la fermeture d’une usine locale) s’avère aussi efficace que touchant. Étrangement, l’émotion naît du personnage incarné par Pierre Lottin (Jimmy), teigneux et blessé, aux souffrances tues et enfouies. L’acteur dont on craignait un instant qu’il reproduise sa prestation de Quand vient l’automne montre ici une profondeur de jeu inattendue. Son alter ego, Benjamin Lavernhe, qui n’a certes pas le beau rôle campe de manière fastidieuse ce chef d’orchestre immodeste et suffisant (un pléonasme ?) avec force moulinets de bras. L’auteur de Un Triomphe réussit à déjouer nombre d’écueils et à ne jamais regarder ses personnages avec condescendance ou mépris, conduisant son récit avec un art consommé du suspens émotionnel. Jamais honteux ni malhonnête, En fanfare possède effectivement tous les ingrédients pour attirer et séduire un large public.
Bon et bien je sens que je vais être très ennuyé pour faire mon top 10 cette année. Car En fanfare vient d'arriver dans la liste. C'est un film qui va là où on l'attend, mais aussi là où on ne l'attend pas forcément. Il y a une réelle intensité émotionnelle en permanence et aussi beaucoup de pudeur dans tout ce qu'il ne dit pas, alors qu'il a tous les atouts pour sortir les violons dans tous les sens du terme. Le trio de tête est très bon (Sarah Suco, Benjamin Laverhne et Pierre Lottin), et l'on croit vraiment à cette histoire de frères séparés à la naissance mais reliés par la musique. Spontanément le public a applaudit à la fin du film, et à raison. C'est plus qu'un signe!
Un film riche en émotions, souvent drôle, avec des acteurs fantastiques et de la musique très présente qui vous emporte. Les deux frères se découvrent progressivement malgré les écarts de classe sociale, ils font vraiment connaissance, ils vont s’apprécier et s’aimer. Ça se termine en vague d’amour teintée de drame. J’ai adoré.
De Emmanuel Courcol (2024). On ne peut qu'être touché par ce film empli de bons sentiments et débordant de fraternité et d'amour envers même des mondes à priori très éloignés . Une humanité avec un gros coeur se dégage de ce film servi par des comédiens vraiment remarquables et communicatifs . Notamment Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin qui sortent le film avec une force , une justesse de jeu et même une pudeur toute en finesse . Plus qu'un film sur la découverte de soi, de ses origines familiales jusqu'à se découvrir un frère, le film traite avec une grande justesse la découverte d'une autre histoire de soi . Le film pose aussi la question sinon du hazard, du déterminisme social . À savoir, qu'un même génie ne se développera pas de la même manière s'il est élevé et éduqué dans un quartier très favorisé en regard à une contrée plus tôt sinistrée socialement et économiquement . Et même si le déterminisme social n'en est pas le thème central le film pose la question sans l'approfondir . Le réalisateur ayant pour notre plus grand plaisir préféré développer les multiples aspects humains de la découverte de son autre histoire familiale . On ressort du film ragaillardi par cette belle histoire . Avec une fin peut e^tre un peu trop belle mais que ça fait du bien . Surtout en ces temps difficiles . Sarah Suco est elle aussi très communicative et emplie d'empathie . La force du film réside aussi dans la façon très proche de filmer les personnages, au plus près pour en l'absence de dialogues faire passer les sentiments au travers des regards, mimiques et autres changements dans les visages . Enfin la musique et la fausse dualité entre la musique dite ''classique'' et la musique dite '' harmonique'' ! Courez et vous en serez heureux .
La musique est un merveilleux instrument pour réparer. C’est tout le message de « En Fanfare ».
Un monde oppose ces deux frères qui vont apprendre à se comprendre, à communiquer et à se découvrir grâce à la force universelle des instruments. Malgré leur passion commune, le gouffre culturel et professionnel est toujours en fond, comme une toile dont on ne peut que rarement se libérer : celle de notre condition.
Ce film est doux, poétique et politique sans jamais être clivant. Au fond, cette œuvre est un bijou que seul le cinéma français peut nous offrir.
Un trésor que ce film.très jolie histoire, scénario émouvant et acteurs idéalement choisis.un grand moment d tendresse avec multiples épisodes mais, et c est la force de ce film, aucun melo,aucune pesanteur. Film réalisé par un musicien et interprete par des musiciens .Lottin et Lavernhe sont complètements dans leurs personnages.beaucoup d émotion dans ces frères séparés ,retrouvés après des destins opposés . La salle d Utopia Tournefeuille a applaudi à la fin de ce superbe film !
En fanfare est une comédie dramatique vraiment très émouvante. Ce duo de frères se rencontrant pour la première fois après des années est improbable. Malgré leurs différences, les deux hommes se rapprochent grâce à leur passion commune pour la musique. Cela donne vraiment envie de se plonger dans leur histoire.
L'histoire sera en trois temps. La première où on se penche plus sur Thibaut, un chef d'orchestre renommé rongé par la maladie. Il est celui qui a tiré la "bonne carte" à l'adoption. Cela le pousse à se questionner sur sa vie, et les regrets de ne pas avoir connu son frère avant. Ensuite, c'est sur Jimmy qu'on se concentrera. Ce passage est plus poussé. Issu d'un milieu populaire, on voit comment il donne tout afin d'atteindre son potentiel pour la première fois de sa vie. C'est aussi l'occasion d'avoir un message social avec cette usine du Nord de la France délocalisé dans les pays de l'Est. En fanfare est d'ailleurs un choc culturel entre Thibaut et Jimmy qui viennent de deux mondes différents. Enfin, leur lien fraternel fait qu'on aura une dernière partie où on sent que la progression de leurs deux personnages se fait dans un même temps.
Cette comédie dramatique nous réserve beaucoup de passages extrêmement émouvant qui donne les larmes aux yeux. On est touché au plus profond par ces deux frères. En revanche, il y aussi une vraie détente à l'image de cette fraternité retrouvée. Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin sont fantastiques. L'aspect musical est aussi primordial. Il mêle classique, jazz et variétés, les notes de musique ont un rôle primordial dans la vie des deux frères, en créant un lien unique par leur complémentarité. Elles vont venir donner du rythme à ce film. Le côté authentique est accentué par le tournage avec une véritable fanfare locale.
Une bien voici un film qui sur sa scène de fin à réussi à me faire humidifier mes noeils!^^ Le film part d'une base somme toute assez classique avec ses deux frères qui n'ont pour seul point commun la musique mais qui fera toute la différence. J'ai aimé de pas être trop dans le cliché du mec du nord et le duo est vraiment bien tout du long. Il y a une touche d'humour qui donne un peu de fraîcheur, des passages musicaux vraiment top et puis le finale... bref j'ai adoré ce film, un de mes films coups de cœurs de l'année assurément. NOTE : 9/10