Ce film est un petit bijou de tendresse et d’intelligence, ancré dans l’air du temps et pourtant intemporel. Dès les premières notes, la musique s’impose comme personnage à part entière, unissant deux univers : celui du chef d’orchestre renommé, Thibaut (Benjamin Lavernhe), et celui de son frère biologique, Jimmy (Pierre Lottin), simple employé de cantine-tromboniste dans une fanfare du Nord. 
Benjamin Lavernhe est incroyable ici : subtil, émouvant, d’une présence qui ne surjoue jamais. Il réussit à faire passer par le silence, par le geste, par la baguette, autant que par la parole. Le film est tendre, intelligent, et ne se contente pas de raconter une histoire de frères ou de musique ; il interroge aussi les déterminismes sociaux, la transmission, la différence des origines et la puissance unificatrice de l’art. 
Ce que j’ai vu ici, c’est un des meilleurs films de ces dernières années à mes yeux. Je l’ai vu et revu, tant il donne envie de retourner dans cette salle, de replonger dans cette fanfare, dans ce défi populaire versus élitiste, dans cette énergie de groupe et ce souffle de vie. Il parvient à mêler l’humour léger, l’émotion sincère, sans jamais tomber dans la plainte ou la facilité. Le décor du Nord, la fanfare municipale, la confrontation entre orchestre symphonique et harmonie locale : autant de motifs visuels et sonores qui donnent au film un relief authentique. 
En résumé : une réussite. Le type de film qui rappelle pourquoi on aime aller au cinéma — parce qu’il fait du bien, parce qu’il lance des idées, parce qu’il donne envie de participer (et pourquoi pas de rejoindre une fanfare). Je le recommande chaudement à tous ceux qui aiment la musique, les histoires de lien social, et les instants de cinéma qui restent après l’écran