En fanfare raconte la rencontre inattendue entre un chef d’orchestre réputé mais solitaire, incarné par Benjamin Lavernhe, et un jeune homme au parcours cabossé joué par Pierre Lottin. Tout commence lorsqu’un hasard les amène à partager un bout de route ensemble, et de cette rencontre naît une relation fragile, marquée par la musique et par le besoin de trouver sa place.
Le film repose avant tout sur l’opposition entre ces deux personnages. Benjamin Lavernhe, toujours impeccable dans ses rôles un peu pincés, incarne avec justesse ce musicien enfermé dans ses habitudes, tandis que Pierre Lottin apporte une énergie brute, une spontanéité qui tranche avec le raffinement de l’univers classique. Leurs scènes communes sont les plus réussies, car elles équilibrent émotion et humour, et donnent un souffle humain à l’histoire.
La réalisation adopte une mise en scène simple, sans chercher la grandiloquence. Les séquences musicales sont bien intégrées, elles ne sont pas seulement des moments de spectacle mais aussi des respirations qui enrichissent la relation entre les deux protagonistes. On sent que la musique est pensée comme un langage universel, capable de rapprocher deux mondes qui n’auraient jamais dû se croiser.
Cependant, le film souffre parfois d’un scénario prévisible. Les étapes de cette amitié naissante sont assez balisées : rejet, rapprochement, tensions, réconciliation. On devine assez vite où tout cela va mener, et l’ensemble manque de surprise. De plus, certains personnages secondaires n’existent qu’en arrière-plan, sans réelle consistance, ce qui limite l’impact émotionnel global.
En fin de compte, En fanfare est un film sympathique, sincère dans son propos, qui séduit par son duo principal et par l’utilisation de la musique comme lien universel. Ce n’est pas un récit qui bouleverse ou qui restera longtemps en mémoire, mais une petite histoire humaine qui se regarde avec plaisir, sans éclat mais avec une certaine tendresse.