Le Coup de sirocco
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dougray
dougray

274 abonnés 1 904 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2011
Pour son premier film, Alexandre Arcady a décidé de nous raconter son enfance en Algérie et le départ forcé de sa famille en France lors des événements de 54. Même si le réalisateur a eu depuis l’occasion de revenir, plus ou moins directement, sur cette période et sur ses conséquences (du "Grand Pardon" à "Là-bas mon pays" en passant par "Le Grand Carnaval"), "Le coup de sirocco" reste le film qui traite du sujet de la façon la plus frontale en insistant sur le choc culturel subi par ses Pieds Noirs, chassés de leur terre pour se réfugier dans un pays dont il ignore tous et qui les méprise. Le déracinement, les problèmes de logement et d’emploi ainsi que l’attitude des Français sont au centre de l’intrigue sans pour autant être traité avec manichéisme, la famille Narboni n’étant pas à l’abri de quelques remarques désobligeantes envers leur terre d’accueil. Certes, l’intrigue et l’interprétation ne sont pas forcément des modèles de subtilité (à l’instar de l’ensemble de la filmographie du réalisateur) mais on retrouve dans ce premier film tout le charme du cinéma d’Arcady, avec ses personnages chaleureux et braillards, ses dialogues hauts en couleur, ses scènes de famille touchantes, l’importance de la communauté toujours plus forte que l’individu, sa nostalgie et sa BO magnifique signée Serge Franklin. Arcady prouve également, dès son premier film, son amour pour les acteurs qu’il dirige avec un talent certain. On retrouve ainsi l’affable Roger Hanin qui n’a jamais été meilleur que devant la caméra du réalisateur et qui campe ici un chef de famille déboussolé. A ses côtés on retrouve l’inévitable Marthe Villalonga dans son rôle de prédilection de mère juive caractérielle et possessive, le tout jeune Patrick Bruel dans son premier rôle au cinéma, Michel Auclair en escroc, Marie-Anne Chazel et Gérard Jugnot dans de petits rôles sans oublier les futurs fidèles du réalisateur (Philippe Sfez, Lucien Layani, Jean-Claude de Goros…). "Le coup de sirocco" souffre malheureusement d’un rythme inégal et surtout d’une voix off, assurée par Arcady lui-même, maladroitement utilisée (diction inappropriée, dialogues frisant parfois le ridicule…). Reste que, malgré ses défauts, on se laisse porté par le charme de ce premier film qui sera suivi par le chef d’œuvre du réalisateur "Le Grand Pardon".
kray
kray

68 abonnés 1 266 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2011
Véritable porte drapeau de la communauté pieds-noirs , arcady commence sa carrière plutôt brillamment avec ce film relatant la destinée de certains membres cette communauté devant apprendre à changer de vie avec les avantages mais aussi et surtout les inconvénients que cela comporte. On sent clairement que arcady se livre dans ce film , ce qui le rend d'autant plus attachant. A voir.
Gonnard
Gonnard

288 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 octobre 2010
Film clé dans la thérapie cinématographique d'Alexandre Arcady, le coup de Sirocco étonne par sa légèreté. Cela en devient même gênant. Avec une telle voix-off, on a l'impression d'assister au "Rapatriement des pieds noirs expliqué aux enfants par Oui-Oui". Le jeu des acteurs accentue cette impression de second degré : Roger Hanin et son accent caricatural, Marthe Villalonga qui fait des esclandres à tout va, ... Même la musique contribue à créer une atmosphère potache et bon-enfant. Pourtant, la douleur qu'Alexandre Arcady veut faire ressentir est touchante. On sent qu'il s'agit d'une déchirure. La volonté pédagogique est elle-aussi évidente. A coups d'images d'archives, d'extraits des discours du général de Gaulle, de sous-titres indiquant les dates-clés de l'intrigue (correspondant évidemment aux dates-clés de l'histoire algérienne), Alexandre Arcady enfile sa robe de professeur pour nous expliquer le pourquoi du comment. Bien sûr, ça reste superficiel. La question des droits politiques des Algériens est totalement absente. La guerre d'Algérie semble n'avoir jamais existé. Les harkis n'ont même pas droit à 20 secondes, comme si leur sacrifice était un héritage trop encombrant. Au-delà de ces défauts spécifiques, il faut aussi évoquer la mollesse du scénario. La seconde partie, à Paris, manque cruellement de sel. On assiste par obligation aux jérémiades continuelles de Marthe Villalonga, toutes aussi pénibles les unes que les autres. Bref, "Le coup de Sirocco" est une œuvre bien imparfaite même si nécessaire et cinématographiquement importante.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 avril 2010
film si bien fait qu'on on oublie qu'on vit en 2010
Bruno65
Bruno65

60 abonnés 825 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 mai 2009
Militante de la cause pied-noir,cette chronique douce-amère se laisse regarder,et est bien jouée.Mais Hanin et Villalonga surexploite les travers des rapatriés ce qui par moment agace.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 novembre 2019
Le premier opus de la trilogie hommage d’Arcady à son Algérie natale. Il a choisi de nous narrer le difficile retour vers le pays d’origine des pieds noirs qui n’étaient plus chez eux « là-bas » et qui furent des étrangers « ici ». Ce film a permis à Roger Hanin au creux de la vague de donner une seconde impulsion à sa carrière en abordant des rôles plus en rapport avec son physique et ses origines. Ici il est confondant en chef de famille qui voit tout son monde s’écrouler et qui doit malgré tout continuer à conserver son énergie pour nourrir sa famille. Arcady a choisi de traiter un sujet grave sur le mode de la comédie douce amère et c’est sans aucun doute ce qui a fait le succès du film. Car la vie n’est pas toujours qu’une succession de malheurs et les moments de joie viennent heureusement au secours des périodes difficiles. Malgré ce parti pris apolitique, Arcady à plusieurs reprises nous montre bien que la situation n’était pas tenable pour les algériens qui étaient qu’on l’admette ou non sous le joug des colons. Cette famille un peu perdue mais unie arrivera à se faire une place dans la métropole des trente glorieuses. Il aura pour ça fallu faire face aux à priori des autochtones qui voyaient d’un mauvais œil l’arrivée de ces Français d’Algérie qui en plus d’avoir pris la vie des appelés du contingent se voyaient octroyer des emplois réservés dans les administrations et entreprises publiques. Cette vision est un peu simpliste mais c’est pourtant comme ça qu’a été vécue la situation par la majorité des « Pieds noirs ». Arcady tenait à apporter son témoignage sur cette période de sa jeunesse et il l’a fait avec brio et sincérité. Les acteurs principaux sont à l’aise dans des rôles taillés sur mesure. Arcady profite de l’occasion pour donner des apparitions aux débutants du « Splendid » comme Jugnot ou Chazel. Il donne aussi au regretté Michel Auclair un rôle d’aigrefin que n’aurait pas renié Jules Berry.
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