Avec L’Ultime Héritier (How to Make a Killing), John Patton Ford propose un thriller qui ne cherche pas à réinventer les codes, mais à les utiliser avec intelligence. Le film s’inscrit dans une tradition bien connue, celle du récit d’ascension sociale mêlé à une soif de revanche, mais il parvient à s’en démarquer par son ton à la fois froid et satirique.
Dès les premières scènes, l’ambiance est posée. On comprend que l’on ne va pas suivre un héros classique, mais un homme en construction, ou plutôt en déconstruction. Glen Powell incarne ce personnage avec une retenue presque inquiétante. Son jeu repose sur le contrôle, sur une façade calme qui laisse deviner une tension constante. Rien n’est surjoué, et c’est précisément ce qui rend le personnage crédible.
Le scénario avance de manière méthodique. Il ne cherche pas l’effet de surprise à tout prix, mais privilégie une montée progressive. Chaque étape franchie par le protagoniste l’éloigne un peu plus de ce qu’il était. Le film prend alors une dimension presque clinique, comme une observation froide d’une transformation morale. Il ne s’agit pas simplement de vengeance, mais d’un processus, d’un glissement lent vers quelque chose de plus trouble.
Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est le regard porté sur le milieu social dans lequel évolue le personnage. Le film ne tombe pas dans une critique caricaturale des élites. Il montre plutôt un univers où tout est déjà corrompu, où les règles sont implicites, et où chacun joue sa propre partition. Cette approche donne au récit une forme de réalisme cynique, presque désabusé.
Visuellement, la photographie accompagne ce propos. L’image est granuleuse, parfois sale, comme si elle cherchait à refléter l’état intérieur du personnage. Les décors luxueux ne sont jamais idéalisés. Ils apparaissent froids, presque vides, ce qui renforce le sentiment de décalage entre réussite apparente et malaise profond.
Le film trouve aussi un équilibre intéressant dans son ton. Il y a une forme d’ironie, parfois discrète, qui vient souligner l’absurdité de certaines situations. Cette touche satirique empêche le récit de sombrer dans un excès de gravité, tout en renforçant son propos.
Côté casting, l’ensemble est solide. Margaret Qualley apporte une énergie imprévisible, presque instable, qui contraste avec le contrôle du personnage principal. Jessica Henwick, quant à elle, s’inscrit dans une présence plus posée, mais tout aussi essentielle à l’équilibre du récit. Même les rôles secondaires participent à cette impression d’un monde où chacun cache quelque chose.
Sans chercher à choquer ou à en faire trop, L’Ultime Héritier s’impose comme une proposition cohérente. Le film repose sur une idée simple, mais il la développe avec sérieux. Il ne révolutionne pas le genre, c’est évident, mais il le maîtrise suffisamment pour proposer une expérience solide, portée par une écriture précise et une atmosphère constante. Une œuvre efficace, qui laisse une impression durable sans avoir besoin d’en faire davantage.
Réalisé par John Patton Ford et plus ou moins adapté de "Noblesse oblige", dont le sujet est le même, je ne m'attendais à rien mais j'en suis quand même déçu. Enfin, ce n'est pas un navet, loin de là, mais disons que le début nous emporte immédiatement pour au final trainer de plus en plus en longueur. Becket est l'enfant illégitime de la grande famille Redfellow mais en est toujours le dernier héritier. Seulement, pour toucher sa part, tout le monde doit mourir avant lui. Bon, ce n'est clairement pas un spoiler, nous allons suivre Becket tuer ses oncles, tantes et cousins les uns après les autres et voir de quelle manière il s'en sort ou non. Ainsi, nous ne sommes pas vraiment devant un thriller car le suspense est inexistant, le film ne cherche jamais à créer du mystère et puis nous n'avons pas les codes ni le ton du genre, tout simplement. Ici , nous sommes davantage dans une sorte de comédie noire dont tous les personnages ou presque sont toxiques et opportunistes ; enfin, c'est à nous spectateurs, de choisir un camp ou non. Car il semblerait que le film ne porte jamais de jugement sur ce qu'il montre et c'est un des plus gros manques du film. En effet, le film nous montre ces personnages, leurs actions, quelques twists et c'est fini. Et c'est tout. Alors, je ne demande pas à que l'on ai à tout prix un scénario moralisateur ou quelque-chose dans ce goût-là mais on a ici davantage l'impression de survoler l'histoire que de vraiment rentrer dedans, comme c'était pourtant le cas au début. Car le personnage était un débrouillard prolétaire qui tentait de s'en sortir par lui-même et puis, plus tard, ses problèmes deviennent des problèmes de riches et l'identification devient alors de plus en plus difficile. Quitte à abandonner le lien avec le spectateur, le film aurait pourtant pu aller, à l'inverse, beaucoup plus loin en développant ce personnage ambigüe façon "American Psycho" mais non, tout est pat. Comme la mise en scène d'ailleurs, très soignée, très académique, mais qui manque cruellement de punch. Et ainsi, même si tous les acteurs, dont Glen Powell, jouent très bien, "L'Ultime Héritier" n'est pas mauvais mais ne convainc pas totalement non plus en étant ainsi aussi vite vu, aussi vite oublié.
C’est pour ça qu’on vous dit de jamais parler argent et héritage avec les gens que vous connaissez pas mdr
En vrai le film est vraiment originale malgré quelques scènes tirer par les cheveux, et par moment presque inutile au récit, le rythme est intéressant et les acteurs jouent trop bien… Margaret Qualley est autant belle qu’elle fait peur…
Double déception avec ce suspense roublard qui lorgne aussi bien sur la comédie tendance humour noir que sur le thriller léger. La première est de voir que le prometteur Glen Powell se loupe une seconde fois à la suite avec un remake, après celui - bien peu mémorable - de « Running Man ». En effet, « L’ultime héritier – Comment faire un malheur » est lui-même le remake d’un très vieux film de 1948, « Noblesse oblige ». La seconde est de voir que le cinéaste John Patton Ford ne transforme pas l’essai après l’excellente surprise du thriller social « Emily the criminal ». Ce dernier, porté par une Aubrey Plaza impressionnante, était un suspense original à couper le souffle qui se parait d’un propos implacable sur la paupérisation. Voir la future belle gueule et étoile montante d’Hollywood se planter comme ça après de nombreuses bonnes surprises (du blockbuster « Twister » au surprenant et génial « Hitman ») en même temps qu’un réalisateur prometteur avec lui est assez triste. Alors bien sûr, le long-métrage n’est pas à proprement parler un navet ou un mauvais film mais il est juste passable, terriblement oubliable et frustrant parce qu’il aurait pu être excellent. D’ailleurs, s’il se laisse regarder, il n’aurait pas fallu qu’il dure plus longtemps.
Comme effrayé par le passage difficile au second long-métrage, Patton Ford loupe toutes les opportunités qui s’offrent à lui d’offrir un bon film. Entre un regard nouveau sur le fossé de plus en plus grand entre riches nantis et petit peuple et le postulat génial qui voit le personnage de Glen Powell devoir tuer sept personnes avant de toucher un héritage mirobolant, l’idée à la base du film était pleine de potentiel. Des promesses malheureusement gâchées par une accumulation de mauvais choix et de ratés. En premier lieu, on dirait que « L’ultime héritier – Comment faire un malheur » a été réalisé dans les années 90 ou 2000. La mise en scène est paresseuse au possible sans aucune idée notable et les multiples possibilités qui s’offraient au cinéaste pour illustrer les sept meurtres se révèlent décevantes au possible. Plus on avance dans les mises à mort plus elles sont bâclées et vraiment pas stimulantes. Il faut le faire quand même! Certes, on n’est pas dans « Destination finale » mais un peu d’originalité et de folie eut été hautement recommandé.
Et puis dès le départ on lève les yeux au ciel. Encore un long-métrage qui commence avec un flash-forward totalement inutile nous amenant à connaître une partie de la fin. Ce tic de plus en plus présent devient insupportable au sein du cinéma contemporain. Du côté d’une éventuelle critique sociale, le scénario botte en touche et reste en surface ou enfonce des portes ouvertes. Les riches sont représentés de manière vraiment clichée tandis qu’au rayon des gens qui galèrent, on a l’impression de vivre dans deux mondes différents. Enfin, Glen Powell en rajoute dans le charme au point que ça en devient presque forcé et Margaret Qualley minaude au possible quand les seconds rôles sont totalement inexploités (pauvre Ed Harris). Ni drôle pour une comédie, ni palpitant pour un thriller, c’est un film terne et triste. Vous l’aurez compris, si « L’ultime héritier – Comment faire un malheur » se regarde poliment c’est grâce à un montage rythmé et ses péripéties soutenues et pas de trop de grosses fausses notes mais c’est clairement dispensable et très loin d’être un bon film.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.