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C67
12 abonnés
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5,0
Publiée le 2 septembre 2026
J’ai été particulièrement bouleversé par ce premier long métrage depuis sa découverte à la Semaine de la critique à Cannes. La mise en scène au plus près des corps, les comédiens qui crèvent l’écran, c’est un film qui marque et qui mérite d’etre vu au cinéma !
Un film qui surprend par sa lumière. Alors que le sujet — la violence intrafamiliale — pouvait laisser craindre une œuvre dure, le film fait un choix fort et juste : ne jamais filmer la violence elle-même, mais s’attacher à ses ondes de choc, à ce qui se reconstruit ou se fracture après. Cette pudeur dans la mise en scène rend le propos d’autant plus puissant.
Le casting est remarquable de justesse, chaque acteur portant les silences et les non-dits avec une grande finesse. Mais c’est surtout la mise en scène de Julien Gaspar Oliveri qui marque : une vraie révélation, avec un regard singulier, sensible, qui sait où poser sa caméra et surtout où ne pas la poser. On sent une vraie maîtrise pour un résultat aussi maîtrisé qu’émouvant.
C’est le film coup de poing de la rentrée. Julien Gaspar-Oliveri signe un premier long métrage brillant affrontant le délicat sujet de l’inceste. Enzo et Carla sont frères et soeurs. Lorsque leur père Anthony est libéré de prison, Enzo cherche à rétablir un lien familial. Mais l’illusion ne va pas résister à la réalité des traumatismes. Le film est fort car il parvient à plonger le spectateur dans le malaise des souvenirs. Sans presque jamais aborder frontalement le sujet, on comprend le drame qui a frappé la vie des jeunes personnages, l’emprise, le charisme, le secret, la violence. C’est puissant, impressionnant. Mention spéciale aux compositions de Delphine Malausséna qui apporte au film un élan d’émotions supplémentaire.
le film et le thème m'ont mis mal a l'aise, but rechercher sans doute pour installer l'état d'esprit des deux jeunes personnages. de bonnes scènes, d'autres moins, je pense etre passé a côté du film. ou pas.
La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri plonge dans les ravages de l'inceste et dans cette contradiction psychique terrible qui consiste à continuer d'aimer celui qui a détruit une partie de soi. Enzo (Diego Murgia), 19 ans, et Carla (Romane Fringeli), 20 ans, vivent livrés à eux-mêmes. Lorsque leur père Anthony (Bastien Bouillon) sort de prison, le jeune homme s'accroche à la possibilité de reconstruire une famille. Sa sœur refuse cette illusion et tente au contraire de maintenir celui-ci à distance.
Bastien Bouillon est terrifiant dans ce film de Julien Gaspar-Oliveri. Des micro-expressions, des regards, des silences qui glacent. Le casting réunit deux jeunes talents brutes : Diego Murgia, fragile, hanté et habité par les traumatismes qui n'arrivent plus à rester silencieux. Quant à Romane Fringeli, elle marche sur le fil du rasoir, dit non et tente de tourner la page, mais ce père revient et vient progressivement faire s'effondrer le peu d'équilibre trouvé avec son frère... On retrouve également Héloïse Volle, que nous avions adorée dans Les filles du ciel. Une réalisation minutieuse où la dégradation et l'implosion des êtres se retrouvent filmées comme il est rarement le cas au cinéma !
Le film devient particulièrement dérangeant lorsqu'Anthony retrouve une place presque ordinaire. Enzo ne cherche pas uniquement son agresseur, il cherche encore son père. Reconnaître pleinement ce qu'il a subi signifie dès lors faire s'effondrer la représentation paternelle qu'il tente désespérément de préserver. Carla suit le mouvement inverse, elle pose les limites et refuse cette reconstitution familiale. Deux stratégies psychiques incompatibles face au même traumatisme.
Cette chute libre se lit jusque dans les corps. Un sourire contredit un regard, le silence remplace la parole et les cris ne permettent même plus de réellement communiquer. Le traumatisme n'est jamais réduit à une démonstration spectaculaire. Il affleure dans les gestes, les respirations et cette proximité devenue équivoque. La Frappe place ainsi le spectateur devant une désorganisation progressive, celle d'un garçon dont les mécanismes permettant jusque-là de continuer à vivre finissent par céder.
vu en compétition au FFA 2026. La grande force de ce film est de faire ressentir la violence sans forcément la montrer. L'incapacité à verbaliser les maux de l'enfance est terrible. Interprétations magistrales, Pas forcement toujours agréable à regarder et ressentir du fait de son sujet, mais impecablement mis en scène
On aurait aimé apprécier davantage le premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri,, mais quelque chose résiste au contact de ses personnages qui s'expriment peu et oscillent entre tendresse et animosité. Le film tarde à faire apparaître tous les éléments de compréhension de l'intrigue et en particulier les relations entre un frère et une sœur et celles de ceux-ci avec leur père qui sort de prison. D'emblée, le réalisateur s'attarde en plans très serrés sur la peau de ses deux jeunes protagonistes. Tout le film sera marqué par des gros plans de visages, comme élément essentiel de mise en scène. On sait où cette dernière souhaite nous emmener, au plus près des corps, dans un rapport épidermique qui a du sens par rapport aux traumatismes du passé. Mais cette volonté paraît trop évidente et démonstrative, sans laisser l'espace nécessaire pour prendre du recul et comprendre mieux le déni, la violence ou la haine. Le sujet est important et rarement traité dans le cinéma français, mais davantage de dialogues et beaucoup de gros plans en moins auraient peut-être permis de rendre le film plus poignant. Après, c'est le parti pris de son réalisateur et la chose que l'on ne peut lui reprocher est d'avoir été jusqu'au bout fidèle à la forme qu'il entendait donner à son récit, âpre jusque dans ses anfractuosités.