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2,5
Publiée le 8 janvier 2024
La mort du propriétaire d'une plantation de sucre plonge une famille néerlandaise dans le chaos. Situé dans les Indes orientales néerlandaises, le film d'Ena Sendijarevic propose un changement de dynamique familial à travers une lutte pour la succession de Jan. Dos au mur, les colons prennent une décision radicale... En dépit d'un premier acte amusant et prometteur, "Sweet Dreams" peine à convaincre, la faute à une histoire sous-développée qui préfère mettre l'accent sur les symboles que sur le concret. La tension accumulée dans la première partie se dissipe au fur et à mesure que le film s'oriente totalement vers la satire absurde avec des scènes ridicules et des éclats de rire sortis de nulle part. "Sweet Dreams" est visuellement irréprochable, la photographie, l'esthétique, les couleurs vives, le cadre, mais l'histoire, qui n'est pas très drôle, ne m'a pas emballé plus que ça en plus de manquer d'enjeux.
Après Take me to somewhere nice, un premier long-métrage prometteur mais frustrant, voyage initiatique dans sa contrée d'origine, la Bosnie, Ena Sendijarević évoque avec Sweet Dreams le passé colonial du pays dans lequel elle a grandi, les Pays-Bas. Pour parler de ce "bon vieux temps des colonies", la cinéaste choisit une palette lumineuse, digne d'un conte de fées et truffe son récit de morceaux de réalisme magique et/ou de grotesque. Cette satire, située aux alentours de 1900, sur une petite île des Indes néerlandaises, se révèle parfaitement efficace, drôle et cruelle, pour ses colons, et tout en nuances pour une population autochtone loin d'être idéalisée et qui se débat entre assujettissement et désir d'indépendance. Le personnage de la servante, en particulier, pétri d’ambiguïtés, montre quels mécanismes met en branle le colonialisme, tant sur le plan physique que mental. Choisi par les Pays-Bas pour la compétition des Oscars 2024, dans la catégorie du meilleur film international, Sweet Dreams est une savoureuse évocation du temps passé, dont le traitement moderne, loin d'être révisionniste, touche à une grande part de vérité, en accentuant, à la manière d'un Greenaway, ses traits les plus haïssables tout en s'en moquant de la plus sardonique manière.
La mort du propriétaire néerlandais d'une plantation de sucre, qui laisse sa ferme à son jeune fils illégitime, le fils de sa femme de chambre indonésienne déclenche un film hypnotique et envoûtant.
D’une beauté formelle et d’une forme et une force narrative exceptionnelle ! Le contraste entre des images inspirées de la peinture hollandaise, du réalisme à la Memling et la noirceur des âmes est saisissant, un chef d’oeuvre .