Yellow Letters
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norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 avril 2026
Beau film sur le dilemme de l'artiste en régime politique autoritaire. Même si un Ours d'or peut sembler excessif, l'œuvre est largement recommandable.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
J’ai découvert Ilker Çatak en 2024 avec « La salle des Profs » qui relevait aussi d’un cinéma efficace, nerveux et haletant…mais qui à vouloir embrasser trop de sujets, harcèlement, culture de l’effacement, fake news, préjugés sociaux, discrimination…en devenait agaçant…. L’idée de tourner « Yellow Letters » lui était venue en Turquie, en 2019, lorsqu’il a entendu parler des 2000 artistes qui, dans ce pays, avaient été suspendus et traduits en justice pour diverses raisons, la principale ayant été d’avoir signé une pétition pour la paix…A Ankara, la comédienne Derya ( Ôzgû Namal) et son mari universitaire et dramaturge, Aziz ( Tansu Biçer) reçoivent leur lettre de révocation, ces fameuses « lettres jaunes » , lui pour avoir encouragé ses étudiants à manifester, elle pour avoir refusé de se faire photographier avec le gouverneur lors de la première d’une pièce dont elle est la vedette… lettres de révocation reçue, en Turquie, par des milliers de fonctionnaires qui avaient osé critiquer l’autoritaire président Recep Tayyip Erdogan. Le couple, privé de revenus du jour au lendemain, est contraint de partir à Istanbul avec sa fille adolescente pour trouver refuge chez la mère d’Aziz. Alors que leur précarité s’accroît, Aziz et Derya se retrouvent face à un dilemme : rester fidèles à leurs idées ou rentrer dans le rang pour retrouver une vie normale ? Aziz trouve un emploi de chauffeur de taxi, tout en reprenant contact avec le théâtre engagé et d’avant-garde, Derya finira par trouver un rôle dans une série télé plutôt people … Au cœur d’une mise en scène qui, habilement, fait monter la sensation d’enfermement, sont décryptés les doutes et la lente dégradation d’un couple actif et complice, désormais condamné à l’immobilisme et à la précarité. Des conditions soudainement favorables à la révélation de malentendus latents, de pensées jusque-là refoulées, de tensions engendrées par ces difficultés, ainsi que les compromissions plus ou moins importantes qu’il faut accepter pour rebondir. Toutes ces incertitudes sont adroitement transmises par l’impeccable duo d’acteurs composé de Özgü Namal et Tansu Biçer auquel il convient d’adjoindre la jeune Leyla Cabas , adolescente perdue, témoin du désarroi de ses parents… Conscient que la présence d’un autocrate comme Erdogan à la tête de la Turquie ne manquerait pas de poser des problèmes si le tournage se déroulait dans ce pays, il a finalement coupé la poire en deux, le tournant en Allemagne, en langue turque, avec des comédiens et des comédiennes venant d’un peu partout en Europe, y compris de la Turquie, un film dont l’action est censée se dérouler en Turquie. Il s’est même payé le luxe d’annoncer dans le générique d’ouverture que Berlin y jouait le rôle d’Ankara, la capitale de la Turquie et Hambourg le rôle d’Istamboul…drame politique inégal et intense, le film a reçu l’Ours d’Or à la dernière Berlinale…
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2026
En offrant un drame moderne et parfois tortueux sur le pouvoir et l'art, CATAK livre une vision noire mais pas forcément toujours claire, d'un combat politique mais surtout humain, en y mêlant des aspects de drame et de mélodrame, qui ont du mal à pleinement s'équilibrer, malgré des performances folles
SYLVIE B.
SYLVIE B.

31 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2026
le couple face à la monstruosité et a l'arbitraire d'un régime autoritaire. magistralement interprété
frederic T.
frederic T.

29 abonnés 255 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2026
Ilker Çatak signe un mélodrame puissant, disséquant les mécanismes insidieux de la dictature, qu’il dénonce par l’épuisement, les compromissions, les renoncements, comme un poison qui peu à peu se diffuse jusque dans les sphères les plus intimes. On pense forcément à "Les graines du figuier sauvage" de Mohamad Rasoulof. Cependant par son propos Yellow Letters a une portée plus universelle, qui ne se limite pas au simple contexte actuel de la Turquie. Ilker Çatak réinterroge autant l’engagement artistique que la solidité d’un couple face à l’oppression politique.
Pour ce propos très militant, il ne renonce pas pour autant à une élégante mise en scène, portée par deux magnifiques interprètes. Et puis ce malin artifice de cinéma qui consiste à faire de Berlin et Hambourg les villes "clones" d’Ankara et Istanbul, nous rappelle que si les systèmes despotiques sont aujourd’hui une réalité dans de nombreux pays, la menace est réelle pour nombre de démocraties qui en étaient jusqu’à présent préservées.
Fathy D
Fathy D

15 abonnés 120 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2026
un film courageux, brillamment interprété par des acteurs talentueux, pour dénoncer les drames et les conséquences familiales d’un autoritarisme d’État.
c'est parallèlement une analyse intéressante sur l'engagement artistique.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2026
Le film traite deux sujets à la fois, certes interdépendants mais dont l’association en augmente la durée (2h08 mn) et en affaiblit la force. La description concernant un régime autoritaire (celui de la République turque, présidée depuis 2014 par Recep Tayyip Erdoğan) qui licencie (par courriers jaunes, d’où le titre) les intellectuels opposants (professeurs d’universités et artistes engagés) pour de faux prétextes, ainsi que le traitement des plaintes des personnes licenciées, par la justice, qui obéit au pouvoir, est la plus intéressante et aurait dû être plus dominante. Le fait que l’histoire, dialoguée en turc, soit tournée en Allemagne (Berlin pour Ankara et Hambourg pour Istanbul) montre bien l’universalité de la situation, se déroulant, aussi, aux Etats-Unis sous la 2e présidence de Donald Trump. Cette situation politique a bien sûr des conséquences pratiques sur les personnes licenciées : spoiler: arrêt temporaire du crédit pour le logement, hébergement d’Aziz (51 ans), professeur de lettres et écrivain de pièces de théâtre, de sa femme, Derya, comédienne, et de leur fille, Ezgi, chez la mère d’Aziz à Istanbul, changement de métier (Aziz devient chauffeur de taxi dans la ville de son enfance), risque de 4 ans de prison pour Aziz
. La partie où le couple se déchire au sujet de l’adéquation entre son idéal et sa mise en pratique, ainsi que la gestion de la fille, adolescente classique, rebelle, butée et amoureuse, manque d’originalité [cf. les adaptations du livre « Le dîner » (2009) d’Herman Koch : « Nos enfants » d’Ivano de Matteo (2014) et « A normal family » » (2023) de Hur Jin-ho, beaucoup plus fortes]. On peut y voir aussi une critique de certains intellectuels, égocentriques et croyant changer le monde par leur œuvre. Étonnant que le film ait obtenu l’Ours d’or à la 76e Berlinale, présidée par Wim Wenders. Le film n’est pas vraiment un brûlot anti-Erdoğan et il évoque un autre film, mollasson vis-à-vis de l’Iran, mais récompensé par une palme d’Or au festival de Cannes, « Un simple accident » (2025) de Jafar Panahi. Y avait-il un film meilleur en compétition à Berlin ?
Pascal l.
Pascal l.

45 abonnés 81 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Je viens d'apprendre, en lisant les critiques laissées par les personnes que je suis sur allociné, que le réalisateur de yellow letters est aussi celui qui avait fait la salle des profs. On retrouve bien la problématique d'un dilemme éthique de choix entre ses convictions et la réalité de devoir vivre, survivre. Extrêmement bien traité par deux acteurs formidables. Quelques longueurs, il faut bien planter le décor, mais l'intrigue est très bien menée et le jeu des acteurs impressionnant.
Krebs
Krebs

37 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 avril 2026
Excellent film, qui nous plonge dans la réalité de personnes limogées pour leurs idées politiques et confrontées au dilemme de conserver leurs valeurs tout en assurant leur quotidien. Belle fresque familiale, les personnages et leurs réactions sont totalement crédibles, le film est magnifiquement joué et la mise en scène rend le film soutenable malgré un sujet qui pourrait être oppressant.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2026
Un film politique fort. En Turquie, un professeur d’université et sa femme, célèbre comédienne au théâtre sont révoqués pour leurs engagements politiques. Comment résister politiquement, et aussi personnellement à une telle épreuve, c’est la question que soulève ce film. Au delà de la censure, le film dénonce la dictature, et le militantisme comme moyen de lutte, l’aspect de l’impact sur la vie privé est ici central. C’est brillant, intelligent et ce malgré quelques longueurs dans le récit.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2026
Compromis ou compromission

L’Ours d’Or de Berlin est arrivé sur nos écrans. Il est turc et signé par İlker Çatak. Mais ce cinéaste germano-turc n’est pas un inconnu depuis 2024 et son excellent La Salle des Profs. Cette fois, ses 128 minutes sont évidemment plus frontalement et politiquement engagées. Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve. Un dilemme d’une force inouïe irrigue ce drame politique de bout en bout. D’une rare intelligence. Du grand cinéma.
D’emblée, on est averti de la force subversive de ce film turc qui n’a pu être tourné en Turquie. Erdogan et sa clique ne l’aurait jamais permis. Donc, au générique, on peut lire Hambourg dans le rôle d’Ankara et Berlin dans celui d’Istanboul. On l'aura compris, Yellow Letters est une œuvre politique engagée dont la force tient, entre autres, aux résonances intimes qu'elle implique pour deux intellectuels, sans oublier leur adolescente de fille qui subit non sans dégât le changement de situation de ses parents et leurs constantes interrogations. Que faire lorsqu'un pouvoir autoritaire fait pression, menace et discrimine ceux qui ont l'outrecuidance de ne pas baisser la tête devant l'arbitraire et la censure ? Tout est ici insidieux, mais on sent presque physiquement l’étau d’un pouvoir inique se refermer sur les protagonistes, qui se débattent dans leurs convictions ébranlées par la nécessité d'assurer le matériel du quotidien. Le film qui fait évidemment référence aux 2 000 artistes qui ont été suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix, captive par la multiplicité des thèmes, la censure et la liberté de créer, les relations parents / adolescente en ébullition, la dépendance matérielle aux proches dans un brutal déclassement. Un film qui fait froid dans le dos.
Le casting, avec les remarquables Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas, Ipek Bilgin… est très convaincant dans sa façon de nous faire partager l'évolution contraire du couple confronté à une réalité qui décape les conforts intellectuels et matériels. Subtilité émotionnelle, authenticité rare, description hors-champ de la véritable purge dans le milieu des « intellectuels de gauche » turc opéré par le gouvernement Erdogan, ivre de son pouvoir, tout cela au service de la dénonciation d’une répression qui s’infiltre dans la cellule familiale, et érode les rapports amoureux et familiaux, un angle finalement peu vu au cinéma. On imagine aisément que nombre de familles États-Uniennes passent en ce moment, par des épreuves similaires après les milliers de licenciements politiques opérés par le gouvernement Trump. A qui le tour ! Un Ours d’Or courageux et mérité.
Totoscope
Totoscope

11 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2026
Après La Salle des Profs, Ilker Çatak revient avec Yellow Letters, Ours d’Or à la Berlinale. À travers l’histoire d’une comédienne de renom et de son mari, universitaire et metteur en scène, soudainement censurés et mis au ban pour leurs positions politiques, le film évoque les purges menées en Turquie sous le régime d’Erdogan et dépeint la lente évolution d’une démocratie qui vire à l’autoritarisme.

L’un des intérêts du film est de prendre le point de vue de personnages privilégiés, installés, des artistes engagés mais pas militants, qui pensaient pouvoir continuer à vivre confortablement jusqu’au jour où le régime leur retire tout. Le moteur du récit est ce basculement dans la précarité et leurs réactions divergentes face à cette situation. Le couple se fissure, tiraillé entre engagement, peur, renoncements et compromissions. Leurs positions évoluent, se contredisent, révélant comment la précarité peut fragiliser l’engagement politique. Le propos est d’une densité remarquable et sublimé par les performances brillantes d’Özgü Namal et Tansu Biçer.

Enfin, le choix affiché de faire de l’Allemagne le décor de cette Turquie autoritaire est très malin. Permettant subtilement de souligner l’impossibilité de tourner un tel film dans la Turquie actuelle mais aussi d’universaliser le propos et d’établir un parallèle avec nos démocraties occidentales qui voient ces mêmes mécaniques se mettre en place. C’est donc aussi un avertissement pour un Occident confronté à la montée de l’extrême-droite qui charrie cette inversion des valeurs et des accusations, mais aussi de la guerre permanente qu’elle mène contre l’art et la culture, ennemis universels des dictatures, et plus largement de la menace qu’elle fait peser sur la liberté d’expression. Un film désespérément juste et flippant.
LaureS
LaureS

20 abonnés 149 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Film très intéressant sur les répercussions de l'autoritarisme arbitraire d’État sur la vie d'une famille artiste et "bobo"
Des qualités fortes : l'imbrication du politique, du social et de l'intime / du théâtre et de la "vraie" vie ; le contexte turc et la dimension malheureusement de plus en plus universelle du propos - et quelle excellente idée d'indiquer que Berlin incarne Ankara et Hambourg Istanbul - ; l'excellence de l'interprétation ; une pointe d'humour
Cependant le film étant très dialogué et comme je ne parle pas turc, la lecture constante des sous-titres finit par être un peu fatigante, d'autant plus que le film aurait gagné à être quelque peu resserré
Martial Bonkoungou
Martial Bonkoungou

12 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2026
Un film politique! Quand la culture et le savoir sont attaqués de façon insidieuse par le pouvoir en place. Résister, contester? Pas le même degré de nuisance; les conséquences personnelles et pratiques. C'est simple, limpide et d'une grande puissance sans être dans un manichéisme béat ou une naïveté confondante
jean-rené
jean-rené

4 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 avril 2026
J’avais adoré la salle des profs . Son nouveau film est encore plus fort . Comment la repression politique va impacter ce couple qui se croyait indestructible mais aussi et paradoxalement libérer cette femme. C’est puissant , c’est haletant, c’est rare ! A ne pas manquer !
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