Yellow Letters
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2026
Compromis ou compromissions, tout le dilemme est là pour le couple qui occupe le devant de la scène dans Yellow Letters d'İlker Çatak, digne successeur de l'excellent La salle des profs. Dans ce nouveau film, que le réalisateur n'aurait jamais pu tourner en Turquie, deux actrices inattendues figurent au casting : Berlin, en lieu et place d'Ankara, et Hambourg, pour Istanbul. On l'aura compris, Yellow Letters est une œuvre politique engagée dont la force tient, entre autres, aux résonances intimes qu'elle implique pour deux artistes, une actrice et son mari, écrivain de théâtre, mais aussi professeur d'université, sans oublier leur adolescente de fille qui subit non sans dégât le changement de situation de ses parents et leurs constantes interrogations. Que faire lorsqu'un pouvoir autoritaire fait pression, menace et discrimine ceux qui ont l'outrecuidance de ne pas baisser la tête devant l'arbitraire et la censure ? Comme dans son film précédent, İlker Çatak ne relâche jamais la pression, poussant à bout ici le fragile cocon familial, à l'aide de dialogues cinglants dans un engrenage étouffant, selon un dispositif que ne renierait pas Asghar Farhadi. Du cinéma façon autocuiseur qui laisse ses personnages se débattre dans leurs convictions ébranlées par la nécessité d'assurer le matériel du quotidien. Ours d'or à Berlin mérité.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mai 2026
Pour une raison qui m’échappe, on n’est pas très en empathie avec notre couple de beaux parleurs ( lui auteur elle actrice) qui se frotte à la censure d’Etat et pourtant rebondit en s’imposant finalement sur scène ou sur les écrans. Est-ce qu’ils ne sont pas spécialement sympathiques ? Ou trop conformistes bobos? Sans doute un peu des deux… Bref ils s’en sortent et même pas on fait «ouf! »
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2026
Nettement moins réussi ( à mon goût ) que son film précédent " la salle des profs " , " yellow letters " ( our d'or Berlin 2026 ) d'ilker catak évoque les conséquences quotidiennes et le délitement intime d'une famille, victime de la répression de la liberté d'expression en Turquie.

Desservi par un scénario et des dialogues qui ne parviennent pas de façon systématique à donner une véritable profondeur à son propos, " Yellow letters " m'a toutefois beaucoup plus plu lors de mon seconde visionnage, effectué deux mois après le premier.

Certaines scènes sont un peu trop lisses, comme si le(s) sujet(s) se suffisait(aient ) à lui-même (eux-mêmes). La liberté d'expression d'un côté, les implications personnelles de ses choix politiques et par conséquent la difficulté concrète de leur mise en pratique

Il reste ( et ce n'est pas rien ) une maîtrise de la mise en scène et une actrice principale formidable, dans une interprétation en apesanteur, totalement incarnée, aux faux airs des prestations produites par Anna Magnani.

J'attendais le thriller annoncé, c'est malheureusement cette tension qui manque jusqu'au bout.

Les comparaisons que j'ai pu lire parfois entre cet opus, avec les titres de la filmographie de l'iranien Farhadi ou celle de Mohamed Rassouloff sont ( à mes yeux du moins ) un peu usurpées.

Vu au MK2 Hautefeuille ( 1er visionnage) puis au Denfert ( pour le second ).
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 avril 2026
Puisque l’affiche nous présente ce film comme « un thriller politique » (saisissant est-il précisé) on aurait sans doute voulu une exploration plus profonde des mécanismes et des raisons – seulement effleurées - avec lesquels le régime autoritaire tient ici en respect ou place sous contrôle l’élite culturelle et le corps enseignant universitaire à coup de limogeages. Suspension des fonctions privant ipso facto les cibles (classes moyennes ici) de leurs revenus. Une peine qui remplace de fait tout ce que l’appareil judiciaire et sécuritaire aux ordres pourrait imaginer. Le spectateur d’ici n’étant pas forcément très rompu au régime politique turc contemporain et son président somme toute élu au suffrage universel il y a des trous dans la grille de lecture. Et puis c’est long (deux heures). Inutilement, faute d’alimenter le contenu politique, de n’en garder que le contexte et de lui substituer une crise de couple alimentée par les circonstances.
Cinememories

583 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2026
"Après le très maîtrisé et tendu La Salle des profs, İlker Çatak était attendu au tournant. Yellow Letters confirme un cinéaste capable d’instiller une terreur souterraine dans des espaces fermés — salle de classe hier, foyer familial aujourd’hui. Ours d’Or à la Berlinale 2026, le film raconte des choses essentielles sur notre époque où l’effacement des voix dissidentes n’est plus l’apanage des régimes autoritaires. Mais là où son précédent long métrage maintenait une pression quasi hitchcockienne jusqu’à son dénouement, celui-ci laisse parfois échapper la tension qu’il avait lui-même convoquée."

"Le mécanisme déclencheur est d’une sobriété glaçante : des enveloppes au papier jaune, d’un banal administratif consternant, signifiant une rupture de contrat irrévocable. Pas de procès spectaculaire, pas d’arrestation — juste une lettre, et la vie d’avant qui s’effondre sans bruit. C’est la signature d’un État turc qui maintient le contrôle sur toute forme d’opposition en la condamnant non à la prison, mais à ce que Çatak appelle lui-même une « mort civile » : physiquement en vie, juridiquement et socialement effacé."

"Ce qui rend le film particulièrement retors, c’est qu’il ne se contente pas de dénoncer l’arbitraire de l’État — il interroge aussi la sincérité de ceux qui lui résistent. Derya et Aziz sont des intellectuels progressistes, laïcs, convaincus de leurs convictions. Mais sous la pression, une question s’insinue : jusqu’où tenaient-elles vraiment, ces convictions ? Çatak tend un miroir assez cruel sur la notion même d’engagement — politique, marital, familial — comme si ces trois dimensions étaient en réalité la déclinaison d’un seul et même problème. S’engager, c’est accepter le coût de ses choix. Et le film observe, sans complaisance, comment des êtres qui se croyaient prêts à en payer le prix découvrent qu’ils ne l’étaient pas tout à fait."

"C’est peut-être là que Yellow Letters trouve sa vérité la plus âpre : dans la tension permanente entre deux êtres qui se croyaient alignés et découvrent, sous la pression, qu’ils ne l’ont jamais été tout à fait. Derya et Aziz ne s’affrontent pas frontalement — ils s’effritent. Elle, comédienne habituée à incarner des résistances sur scène, porte la révolte dans le corps, dans l’instinct. Lui, universitaire rompu aux arguties intellectuelles, tend davantage vers le calcul, la prudence, la négociation avec le réel. Quand la situation les dépouille de leurs rôles sociaux, ces différences de nature, longtemps masquées par le confort et le statut, remontent à la surface."

"La performance des deux comédiens est impressionnante, et c’est Özgü Namal qui porte les séquences les plus intenses — capable de faire tenir dans un seul regard la fierté blessée et la peur qui ne dit pas son nom. Paradoxalement, le film manque de tension dramatique à plusieurs instants clés, même dans les disputes. On peine à retrouver l’énergie du début, qui annonçait une terreur sourde depuis les coulisses du théâtre. [...] Çatak souhaite un film universel dans son propos, retors dans son dispositif — et il y parvient souvent. Mais à vouloir trop embrasser, il perd en subtiliser. Yellow Letters reste une œuvre fascinante à intellectualiser, portée par des intentions sincères et une mise en scène rigoureuse. Ce qui lui manque, c’est peut-être simplement la rage sourde que son sujet appelait."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
selenie

7 444 abonnés 6 651 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 avril 2026
Le film est trop souvent vendu comme un thriller, mais il en est rien. Ni thriller, ni polar, ni même film à suspense, il demeure un drame familial et conjugal avec un couple dans la tourmente. Des artistes de la scène qui ont du succès mais qui sont aussi trop critiques envers le pouvoir, des artistes qu'il faut donc museler comme dans toute bonne dictature, mais, en repensant à quelques films sur une famille ou un couple face à la tyrannie comme "La Vie des Autres" (2006) ou "Je suis Toujours Là" (2025) et pourquoi pas "Le Quatrième Mur" (2025), on se dit que Ilker Catak reste sur une certaine mesure, délaissant finalement le sujet de l'arbitraire, de la censure et de la corruption pour se focaliser sur une crise conjugale d'une grande banalité finalement. Ainsi la lutte sociale pour la liberté d'expression reste en filigrane, mais la ligne principale et directrice est bel et bien le couple, comment il va gérer et comment il va s'en sortir. Pas de grand suspense, mais une description précise, crédible, authentique et sincère d'une crise conjugale avec le soucis d'ado en prime (évidemment). Les convictions qui soudaient le couple autant dans leur art que dans leur opinion politique vacillent, plus ou moins et pas de la même façon pour elle que pour lui, entre pragmatisme, compromis, lâcheté, chacun chacune place son curseur et le tout est de savoir comment tout ça va se terminer.
Site : Selenie
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2026
Aziz est professeur à l'université d'Ankara. Il est aussi dramaturge. Sa femme, Darya, est l'actrice principale de ses pièces. L'un et l'autre sont hostiles au gouvernement d'Erdogan et à sa politique autoritaire. L'un et l'autre sont brutalement mis à pied : Aziz reçoit une lettre "jaune" de licenciement, la pièce que jouait Darya est retirée de l'affiche et Darya est écartée de la distribution de celle qui est programmée pour la remplacer. Le couple et Ezgi, leur fille adolescente, quittent Ankara pour Istanbul et s'installent temporairement dans l'appartement de la mère d'Aziz.

İlker Çatak est un réalisateur allemand d'origine turque né en 1984. Il a réalisé l'excellent "La Salle des profs" sorti il y a deux ans sur les dilemmes d'une professeure de lycée. "Yellow Letters" creuse la même veine éthique. Il pose une question universelle : jusqu'à quel point sommes nous prêts à sacrifier notre confort personnel pour défendre les valeurs auxquelles nous sommes attachés ? La question n'est pas binaire. Ceux qui vertueusement répondent qu'aucune concession n'est admissible n'ont pas de tête ; ceux qui pragmatiquement répondent qu'il faut savoir s'adapter n'ont pas de cœur.

La question posée par "Yellow Letters" est passionnante. Elle est de celle sur laquelle on peut construire un grand film.
Mais, hélas, celui-ci souffre de deux défauts. Le premier est qu'en mettant deux personnes face à cette situation, on sait, depuis le départ, que chacun y apportera une réponse différente, l'une plus intransigeante, l'autre plus accommodante. Ce reproche est en partie bien sévère ; car le scénario est suffisamment riche et inventif pour nous réserver plusieurs surprises.
Le second est d'avoir lesté l'intrigue principale d'une intrigue secondaire avec le personnage de l'adolescente frondeuse du couple d'intellectuels bannis. Le film aurait gagné en cohérence à faire l'économie de sa fugue inutile qui nous distrait de l'enjeu principal du film : la décision des parents.
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 avril 2026
Dans de nombreux pays du monde, les mondes de la culture et du savoir sont de plus en plus entravés dans leur fonctionnement que ce soit par des dispositions juridiques liberticides ou par des coupes budgétaires plus ou moins drastiques. Autant dire que l’histoire que raconte "Yellow letters" a, malheureusement, un caractère universel très prononcé, d’autant plus que les résultats d’élections à venir risquent de produire les mêmes effets dans des pays qui, actuellement, ne sont pas encore trop touchés. C’est son 4ème long métrage, "La salle des profs", qui avait donné une notoriété internationale à İlker Çatak, le réalisateur de" Yellow letters", né à Berlin dans une famille d’immigrés turcs. Ce film allemand, qui a représenté l’Allemagne lors de l’édition 2024 des Oscars, a comptabilisé près de 250 000 entrées dans notre pays. L’idée de tourner Yellow letters lui étant venue en Turquie, en 2019, lorsqu’il a entendu parler des 2000 artistes qui, dans ce pays, avaient été suspendus et traduits en justice pour diverses raisons, la principale ayant été d’avoir signé une pétition pour la paix, İlker Çatak a longtemps hésité entre un tournage en Turquie et un tournage dans un autre pays. Conscient que la présence d’un autocrate comme Erdogan à la tête de la Turquie ne manquerait pas de poser des problèmes si le tournage se déroulait dans ce pays, il a finalement coupé la poire en deux, le tournant en Allemagne, en langue turque, avec des comédiens et des comédiennes venant d’un peu partout en Europe, y compris de la Turquie, un film dont l’action est censée se dérouler en Turquie. Il s’est même payé le luxe d’annoncer dans son film que Berlin y jouait le rôle d’Ankara, la capitale de la Turquie, et Hambourg le rôle d’Istanbul. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Ufuk K

617 abonnés 1 718 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
"Yellow Letters" Ours d'Or à la dernière Berlinale est un drame qui se regarde. Ilker Çatak, réalisateur turc, signe un film en trois chapitres. L'histoire suit un couple d'artistes turcs d'Ankara dont l'existence bascule suite à des révocations administratives surnommées "lettres jaunes". Le jeu des acteurs Özgü Namal et Tansu Biçer m'a particulièrement plu, tout comme les deux premiers actes qui traitent de la dictature, de la censure et de la répression politique en Turquie. La troisième partie, à mon sens moins captivante, se concentre sur le théâtre et la place de la femme et de l'homme dans la société turque. Une fin moins réussie.
Domvill
Domvill

34 abonnés 206 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 avril 2026
je n'ai pas été convaincu par ce couple de bobos : scénariste, actrice, intellectuels engagés qui sont un jour éjectés de leur travail et doivent repartir à zéro en se faisant heberger par la mère. crise conjugales, familiales, avec les tourments de leur fille adolescente, tout ceci est extrêmement bavard. rien n'avance dans ce film et à l'issue des deux heures de projection on cherche encore l intérêt de ce scénario.
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
Plutôt bon film mêlant dénonciation politique et "comédie dramatique" et familiale.
S'il penche progressivement du deuxième côté ( spoiler:
l'altercation entre le dramaturge et un collègue universitaire licencié lui aussi au tribunal en est un beau symbole spoiler:
), l'action reste prenante tellement elle est tout à fait crédible et sensible ( vécu du réalisateur exilé lui aussi en Allemagne ?).
spoiler:
Ceci dit, la fixation chez la mère pour l'école privée pour sa fille et son choix de jouer le premier rôle dans une série, en blonde décolorée ( ! ) bascule vers la satire involontaire ou la facilité d'un dénouement faiblard. spoiler:
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 avril 2026
Si vous cherchez de l’action ou de la poésie, éloignez vous….ce sont des dialogues pendant deux heures, dialogues concis, pragmatiques et plus ou moins politiques…..Le réalisateur règle ses comptes avec l’intelligentsia, l’oligarchie turque….Ankara ou Istanbul, il faut choisir ses souffrances, politiques ou artistiques…..Il y a une certaine efficacité dans le scénario, du réalisme à la Orhan Pamuk ( prix Nobel turque que je conseille vraiment en lecture)….Bref ça tient la route avec un petit côté cérébral, où un couple cherche le salut dans l’art (le théâtre)….Où le couple essaie de retrouver sa place dans la société ( tous deux ont été bannis)…..Il faut aimer ce genre de cinéma, où l’émotion est rare, mais le verbe est prolixe….à réserver à un public plus littéraire que cinéphile…..cela demande une certaine immersion….
lionelb30

535 abonnés 2 903 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 avril 2026
Certainement un instantané de la société turque avec toutes ses espérances de liberté d'expression et a contrario tous ses codes moraux ou religieux. Le film lui est bien réalisé et les acteurs pas mal.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 480 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
Un homme professeur et metteur en scène de théâtre et sa femme comédienne se retrouve mis du jour au lendemain au ban de la société, du fait du prince.
Comment désormais jongler avec une relative précarité et un engagement politique.
Comme dans tous les films des acteurs jouent des personnages mais ici une ville en joue une autre, le film qui se passe à Ankara (puis Istanbul) â été tourné à Berlin. La capitale allemande endosse donc le rôle de la capitale turque.
Elle est créditée en tant que telle au générique.
C’est plutôt inédit et c’est la seule originalité de ce film, après le Lion d’Or je ne comprends pas non plus l’attribution de l’Ours d’or cette année.
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2026
Très intéressant film d'İlker Çatak , réalisateur du très bon "La salle des profs" , qui réalise là un pamphlet politique doublé d’un récit intime et démontre comment ce couple d'Artiste se retrouve victime de l'Oppression Politique et malheureusement l’explosion du mariage face à un Régime Autoritaire étouffant ! C'est là une réflexion passionnante sur l'Engagement Artistique !
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