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Abel
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3,0
Publiée le 8 mars 2026
Yelows letter En tant qu’étudiant en cinéma Yelows letter m’a profondément touché par son histoire, des artistes et professeurs qui se voit remettre leur lettre de démission, des professionnels de l’art et des universitaires qui se voit perdre leur métier par la faute de la politique et des personnes véreuse qui la composent et font tourner le monde. Mais la vraie histoire réside spoiler: dans la destruction du couple de Derya et Aziz qui voit leur vie idyllique passé au cauchemar , deux artistes de premier plan qui se voit obligé de recommencer à zéro et qui doivent laisser leur caprice de Diva sur le côté pour pouvoir tenir le coup. La déchirure et l’implosion d’un couple des plus soudé par la faute d’un bout de papier, la descente aux enfers de figure du théâtre à cause de la politique et du manque de liberté d’expression
Beaucoup de choses dans ce film : l’engagement politique, la culture et son rôle, la parentalité et l’éducation, la famille en général, le tout dans un état policier, la Turquie, pour laquelle les villes sont des personnages joués par d’autres villes (Berlin pour Ankara et Hambourg pour Istanbul). Les acteurs sont convaiquants, les dialogues riches et la photographie réussie. Seul le scénario est à mon avis un peu trop dispersé, la place donnée à l’éducation de la fille unique adolescente prend par exemple beaucoup de place.
Enorme claque, des acteurs extrêmement justes. On se retrouve un peu comme dans les films d'Asghar Farhadi, emportés dans une histoire personnelle, comme dans un thriller intime. Cette fois avec plus de tension, et d'enjeux politiques. Un grand film !
İlker Çatak construit un récit tendu où l’intime et le politique se contaminent en permanence. Le film trouve sa puissance dans la manière dont il montre l’usure progressive des convictions. Les acteurs portent cette tension avec une intensité remarquable.
Film lent dans lequel il ne se passe pas grand chose et qui tourne en rond de façon manichéenne. On s'y ennuie Heureusement sauvé par de superbes acteurs mais on regrette de ne pas avoir passé l'après midi au soleil
Un grand grand film, politique, qui nous enmène dans la Turquie très actuelle d'Erdogan à travers le parcours de ce couple. Une grande mise en scène, on ne s'ennuie jamais dans ce tourbillon entre Istanbul et Ankara. Ours d'Or mérité !
Nous suivons les traces d'un couple d'artistes et leur fille qui passent de l'épanouissement a une situation de crise liée a la situation politique d'un pays qui musele fermement tout un peuple qui veut juste dire,penser,aimer,vivre quoi.... nous sommes fort heureusement loin de tout cela ,délectons nous!! et allons au cinéma lire la vie d'autui, nous nous enrichirons forcément de part nos différences....a bas les lissages de pensées uniques et vive le cinéma....
Un excellent film avec de très bons acteurs. La tension dramatique monte au fur et à mesure du film et la réaction de chaque protagoniste face au danger et à la persécution est intéressante. Les femmes sont fortes et très affirmées, elles n'ont rien à nous envier.
Si tu ne vas pas à la politique, la politique viendra à toi ou comment le contexte politique collectif finira par impacter gravement ton destin privé individuel. Comment l’autocratie finira par te rattraper. Un couple intellectuel engagé est finalement disloqué et rattrapé par son environnement politique (turc même si tourné en Allemagne du fait de la censure). Chacun est dans un sauve qui peut personnel face à un pouvoir intrusif menaçant (les lettres jaunes) et invisible. Un glissement progressif de personnes, depuis des positions de principe jusqu’au renoncement pour s’en sortir. Puissant !spoiler:
Sublime et saisissant d’emotions. Jeux des acteurs fabuleux. Tellement d'actualité ! Ûn sujet politique qui traverse la sphère conjugale, familiale, parentale et professionnelle.
"Yellow Letters" décrit avec une inquiétante précision la façon dont la répression politique peut s’immiscer dans toutes les dimensions de l’existence. Aziz, professeur à Ankara, reçoit une lettre jaune lui annonçant sa révocation. Puis Derya, sa femme, comédienne au Théâtre national, subit à son tour les conséquences de leurs prises de position. Privés de leur travail, ils doivent quitter leur ville et trouver refuge à Istanbul, chez la mère d’Aziz. La fameuse lettre jaune, simple document administratif en apparence, devient ainsi le symbole d’une violence institutionnelle qui n’a pas besoin de s’exercer dans la rue pour produire ses effets. Comment rester fidèle à ses idéaux lorsqu’il faut subvenir aux besoins de sa famille ? Jusqu’où accepter les compromis pour retrouver une vie normale ? Le film évite les réponses faciles et montre combien il est difficile de juger les choix de ceux qui doivent concrètement payer le prix de leur engagement. "Yellow Letters" reste un drame pertinent et nuancé sur le prix de la liberté d’expression.
Ours d'Or à la Berlinale, Yellow Letters est évidemment un prix très politisé (un pamphlet virulent contre le régime autoritaire d'Erdogan) mais qui l'est à bon escient, et se permet même des parallèles assez audacieux avec cette même Allemagne qui lui décerne son prix. Ainsi, le film s'ouvre avec un immense carton en lettres rouges (pas jaunes) : "Berlin dans le rôle d'Istanbul", et la porte de Brandebourg de nous foncer dessus à l'écran, pour appuyer un peu plus le propos. Car oui, Ilker Catak n'a pas pu tourner en Turquie (ça n'étonnera personne), et profite de ses producteurs allemands pour demander un asile de tournage bienvenu pour revendiquer fièrement l'impossibilité d'expression dans son pays natal, mais aussi un lien direct avec l'Histoire du nazisme. L'immense placard en lettres rouges est un symbole fort du film, certainement son meilleur. Ensuite, on suit un couple assez installé (lui : metteur en scène de grandes pièces, prof à ses heures, elle, comédienne reconnue) qui subit de plein fouet l'autoritarisme d'un pays qui n'accepte pas les "trublions pensants". Monsieur a eu le malheur d'inciter ses élèves à aller manifester, voici qu'on lui tend la fameuse "lettre jaune", celle qui vous dépossède de vos droits d'exercer votre métier, qui vous stigmatise comme un paria, qui vous fait craindre pour la vie de votre famille... C'est la fuite, ou la mort. Tansu Bicer et Ozgu Namal sont formidables de vérité dans leur rôle, surtout celui du metteur en scène habitué au caviar et champagne, traité comme un cancrelat à écraser du talon de sa botte en cuir noir, du jour au lendemain, et qui pourtant ne peut se résoudre à abandonner son art. Si l'on ne s'enthousiasme pas plus sur l’œuvre, c'est à cause des trop longues parenthèses conjugales, qui ne sont là que pour souligner qu'une seule lettre "jaune" est suffisante pour détruire une famille, mais sont assez redondantes : ils s'engueulent parce que la fille fume, sort avec un garçon, fugue, puis parce que Madame veut jouer un autre rôle... C'est engueulo sur engueulo, et on finit très vite par en avoir marre, surtout qu'on perd de vue le fond politique, heureusement sauvé par une dernière scène métaphorique (spoiler: la pièce qui dénonce la "mise à poil" des habitants d'un pays sous dictature ). Il n'en reste pas moins que le parti-pris de Catak de ne jamais maquiller Berlin en Istanbul (il nous filme les monuments, places, lieux connus pour nous rappeler où on est) est un symbole ultra osé, rappelant à chaque instant que la bascule dans une "Histoire de la haine" n'est jamais très loin... En fait, la lettre jaune, c'est un carton rouge : hop, on se fait sortir.
Ours d'Ors à Berlin, "Yellow Letters" m'a profondément ennuyé et laissé de marbre. On peut y suivre un couple d'intellectuels qui, à cause d'une prise de position du mari face à ses élèves durant une manifestation, va devoir quitter Istanbul avec femme et fille pour habiter chez sa mère. Même si les enjeux politiques sont énormes dans la Turquie d'aujourd'hui et que la liberté d'expression est remise en cause, ce film est pompeux, s'adressant à un public précis. Les répercussions sur la vie de couple et les tensions que cela peut créer s'avèrent les seuls intérêts de ces conversations interminables. Même si le message passe la plupart du temps, les dialogues relèvent souvent de "la branlette intellectuelle" (pardonnez le terme) de bobos prétentieux. Grosse déception.
Si la Turquie d’Erdogan est ici ciblée ( rien n’est réellement fixé ) , elle ressemble à bien d’autres pays où les artistes et intellectuels sont pris à parti par des pouvoirs autoritaires, voire autocratiques. Un professeur d’université, auteur de pièces de théâtre, son épouse, comédienne adulée se retrouvent du jour au lendemain, sans le sou, ni soutien , quand les portes se ferment, que les interdits tombent. Si l’homme n’entend pas sacrifier ses idéaux pour un confort social et familial immédiat, la femme qui va se battre un moment (une autre exigence , plus d’audace) est maintenant prête à faire des compromis. L’issue fatale qui voit le couple se déchirer sur des principes et sur l’honneur de ne pas faillir à l’engagement premier. Ce qui pose la responsabilité de l’art, de la création, dans les enjeux du quotidien où le réalisateur, après tant d’autres, tente de trouver une résolution à l’équation totalitaire. Renforcée par un système patriarcal que l’universitaire emploie de manière inconsciente en régissant l’ordre de sa maisonnée. Son attitude vis à vis de sa fille, quasiment majeure, parait déraisonnable, voire excessive. Ce qui surdramatise la mise en scène, jusque-là d’excellente facture dans un tel contexte. Özgü Namal et Tansu Biçer l’assument sans faillir . Deux comédiens parfaits, qu’il nous tarde de revoir … AVIS BONUS Le point de vue d’une journaliste
Ai vu « Yellow letters » du réalisateur allemand Ilker Catak qui a été primé de l’Ours d’Or lors du dernier festival de Berlin. J’avais beaucoup aimé son film précédent « La salle des profs » et ce cinéaste a un vrai talent pour mettre en scène les tensions psychologiques. Un sens du timing dans les dialogues, dans le montage fait qu’il sait doser avec une grande efficacité l’électricité ambiante, les pressions intellectuelles, les malaises pernicieux, les tensions impalpables… Aziz (Tansu Biçer) est prof à la faculté et dramaturge et sa femme Derya (Özgü Namal) est actrice au théâtre National d’Ankara. Suite à leurs positions critiques contre le gouvernement d’Erdogan sur les réseaux sociaux, ils reçoivent du jour au lendemain la redoutée « lettre jaune » signifiant leur révocation. Pour subvenir à leurs besoins et à l’éducation de leur fille adolescente Ezgi (Leyla Smyrna Cabas) ils déménagent pour s’installer chez la mère d’Aziz, à Istanbul. Le déclassement social est une épreuve pour les deux d’artistes qui sont exposés à la compromission pour éventuellement retrouver du travail ce qui va mettre en péril l’équilibre du couple. Originalité du film, dans le générique est annoncé que Berlin joue le rôle d’Ankara et qu’Istanbul sera interprétée par Hambourg. Si l'on reconnait les deux villes allemandes, cela ne nuit pas à l’atmosphère et à la compréhension. L’on perçoit bien le message politique puissant de prévention et d’alerte qui nous est proposé en tournant dans une capitale européenne. Un film de mise en scène et de mise en abime puisque les extraits des pièces de théâtre qui sont répétées font références à la condition des opposants au régime. Courber l’échine est impensable pour ces deux artistes reconnus et c’est tout ce dilemme qui est très bien décrit par Ilker Catak dans une mécanique implacable. Un film politique qui bien évidemment n’a pas pu être tourné en Turquie mais qui prévient aussi les autres pays d’Europe de ce qui peut arriver très vite au monde de la culture sous un régime autoritaire. Car le vrai sujet est le bâillonnement, la censure et l’auto-censure, le retrait du droit d’expression qui se dilue tout d’abord dans le monde de la culture avant d’infuser dans toute la société. Un film fort mais qui se perd parfois dans le conflit de génération, les scène entre Ezgi et ses parents sont trop longues, redondantes et pas toujours très justes. Un film urgent et une mise en garde glaçante.