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tuco-ramirez
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3,0
Publiée le 26 mai 2026
Ours d’Or à Berlin Lui, prof à l’Université d’Ankara ; elle, comédienne au théâtre national ; tous deux reçoivent un jour une lettre jaune ; la lettre de révocation immédiate émise de manière arbitraire par le Régime autoritaire turc en place. Erdogan avait usé de ce même process pour faire taire tous les opposants potentiels ; Ilker Catak, le réalisateur allemand d’origine turc remarqué avec « La salle des profs », livre donc ici un pamphlet politique doublé d’un récit intime. Il met à jour les mécanismes insidieux de la dictature, qui viennent empoisonner la société, et les individus, jusque dans les sphères les plus intimes. Dans le couple, on voie de dessiner le dilemme entre eux provoquant des choix opposés ; entre courber l’échine et se révolter, chacun son chemin. L’autoritarisme fait qu’il devient un luxe d’user de sa pleine liberté d’expression, que la vie est faite de renoncement et de compromission ; çà fait froid dans le dos. Une des idées phare du film est de l’avoir délocalisé en Allemagne avec Berlin dans le rôle d’Ankara et Hambourg dans le rôle d’Istanbul. Pour nous occidentaux, c’est aussi l’occasion de prendre conscience que la poussée autoritaire est bien présente aussi chez nous et que ce qui est une critique du régime turc est aussi une dystopie politique à portée de fusil pour nos démocraties. Après, mon regret dans ce film est qu’il ne sonde pas assez en profondeur les questionnements politiques et qu’il ramène trop souvent le propos à des considérations essentiellement individuelles et conjugales. Les dialogues et les situations sont aussi parfois bien trop explicatives et démonstratives. Film militant fort utile mais pas indispensable
Yellow Letters confirme l’intérêt d’İlker Çatak pour les individus confrontés à des institutions qui les dépassent. Après avoir exploré les mécanismes de suspicion et de pouvoir dans La Salle des profs, le cinéaste déplace son regard vers la Turquie et fait de la répression politique le point de départ d’un drame conjugal particulièrement intime. Cosigné avec Ayda Çatak, le film observe moins le pouvoir lui-même que les dégâts qu’il provoque dans la vie de ceux qu’il décide de marginaliser.
Aziz est professeur à l’université d’Ankara lorsqu’il reçoit une « lettre jaune » lui annonçant arbitrairement sa révocation. Sa femme Derya, comédienne reconnue du théâtre national, subit bientôt le même sort. En quelques décisions administratives, le couple perd son statut, ses revenus et une grande partie de l’existence qu’il avait construite.
Contraints de rejoindre Istanbul et de s’installer chez la mère d’Aziz, ils découvrent une précarité à laquelle rien ne les avait préparés. Mais l’épreuve matérielle n’est que la première conséquence de leur exclusion. Le véritable conflit apparaît lorsqu’il devient nécessaire de déterminer jusqu’où chacun est prêt à aller pour rester fidèle à ses convictions.
İlker et Ayda Çatak ont l’intelligence de ne pas transformer leurs personnages en symboles. Aziz et Derya partagent certaines valeurs, mais ne vivent pas leur mise à l’écart de la même manière. Lorsque travailler, créer ou simplement préserver une vie familiale impose des compromis, les certitudes idéologiques deviennent beaucoup plus difficiles à défendre.
C’est précisément dans cette confrontation entre le politique et l’intime que Yellow Letters trouve sa plus grande force. La répression ne s’exprime pas seulement à travers une décision officielle. Elle pénètre progressivement le foyer, modifie les rapports de pouvoir dans le couple et transforme chaque choix quotidien en question morale.
Özgü Namal livre une interprétation remarquable de Derya. Son personnage refuse progressivement de n’être défini que par ce qu’on lui interdit de faire. L’actrice traduit avec beaucoup de finesse la colère, la frustration mais également le besoin de continuer à exister comme artiste.
Face à elle, Tansu Biçer compose un Aziz plus intérieur, dont les convictions se heurtent progressivement aux conséquences très concrètes de leur nouvelle situation. Leur complémentarité donne au film sa véritable tension : derrière le combat politique se joue également la survie d’un mariage. Leyla Smyrna Cabas complète avec justesse cette distribution dominée par les non-dits et les rapports familiaux.
La mise en scène d’İlker Çatak demeure précise et contenue. Le réalisateur évite les grandes démonstrations et laisse la violence institutionnelle apparaître à travers ses conséquences : appartements trop étroits, dépendance financière, conversations interrompues, humiliations quotidiennes. Istanbul n’est pas filmée comme une échappatoire, mais comme le décor d’un exil intérieur.
Le rythme volontairement mesuré pourra sembler austère, mais cette retenue évite au film de devenir un manifeste. Yellow Letters demeure avant tout l’histoire de deux personnes qui découvrent que partager des convictions ne garantit pas de savoir comment en payer ensemble le prix.
Sobre, politique et profondément humain, Yellow Letters réussit à faire de la répression institutionnelle une expérience intime. İlker Çatak observe avec une grande finesse la manière dont la perte du travail, du statut et de la liberté artistique finit par contaminer l’amour lui-même. Özgü Namal et Tansu Biçer donnent une remarquable densité à ce couple confronté à une question douloureuse : jusqu’où rester fidèle à ses principes lorsque toute une existence menace de s’effondrer ?
Film édifiant (une fois de plus) sur la puissance du pouvoir autoritaire d'un pays impliquant la vie d'une famille. L'interprétation est dynamique et on n'a pas le temps de souffler. Un excellent moment
Malgré un sujet déjà souvent traité et un sentiment de déjà vu, j’ai apprécié ce film. Les acteurs sont tous très bons, le thème reste bien mené. La délocalisation n’est pas vraiment gênante dans la mesure où elle est annoncée. Même si « Yellow letters » marquera probablement moins les esprits que « la vie des autres », il permet de se rappeler que encore aujourd’hui la liberté s’expression et de vivre n’est pas acquise.
Première déception lorsque j'ai découvert que le film censé se dérouler en Turquie était tourné à Berlin. Pour le dépaysement, c'était raté... Ensuite, tout m'a rappelé les films allemands soporifiques des années 70 : dénonciation de l'Etat policier, des interdictions d'exercer pour les intellectuels et artistes "engagés". Mêmes personnages, mêmes visages de "martyrs portant sur leurs épaules le poids du monde". Ennuyeux au possible. Le film "Lolita à Téhéran" était plus convaincant.
Tout est dit ici en considérant les autres commentaires en 4**** () ce réalisateur a beaucoup de talent mais si je me donne la peine d’écrire ici c’est pour déclarer ma flamme, virtuelle bien sûr, à cette actrice belle et talentueuse : « Derya » …….
"«Arbitraire turc» Film turc tourné en Allemagne compte-tenu de la dénonciation du régime autoritaire d’Ankara qui met sous pression un couple metteur en scène-actrice qui ne veulent pas se plier au diktat des autorités. Ils en payent le prix, ainsi que leur fille ado qui doit s’adapter aux changements de lieu de résidences de ses parents et de la restriction de leurs moyens. Bien que trop long de 30 mn sur 2h08 à mon sens, ce film est courageux et nous questionne sur l’engagement versus la soumission à la (ré)pression. Ours d’Or à Berlin"
Le film dépasse largement le seul cas du "contrôle politique" que l'État turque entend imposer aux intellectuels. Les circonstances révèlent les failles des "victimes" Aziz et Derya au premier titre leur autosatisfaction égocentrique qui leur cache les problèmes de leur fille ado, qui nourrit leur "mépris de classe" vis-à-vis du frère de Derya, petit commerçant musulman pratiquant de surcroît et, même vis-à-vis d'autres théâtreux du... secteur privé. La chute de leur couple ne peut être donc totalement imputé à Erdogan, mais quand même...
J au bien aimé même si j attendais mieux Finalement l intrigué politique sert de prétexte et de décor à l évolution compliquée d une relation facile dans une atmosphère de boboisme. Confronté à la vie plus difficile les convictions sont mises à l épreuve Les 2 acteurs sont formidables Les péripéties autour de l éducation de leur fille n amènent rien si ce n est qques minutes de trop et un élan de masculinisme mis à l epreuve par la personnalité de sa femme
Très intéressant Film original , très bien joué, très bien écrit Cette approche de la vie d’un couple d’intellectuels et sa fille ado sous un régime autoritaire est très pertinente . Le réalisateur aborde à nouveau l’enseignement, universitaire, dans ce film . Transposer la censure dans notre monde moderne m’a paru très passionnant, avec la BO en turc, des tournages en Allemagne au lieu de la Turquie et mentionnés tels quels, quelle bonne idée nouvelle, l’utilisation des téléphones portables incontournables dans notre société moderne À découvrir
Yellow Letters est un film très intéressant, à la fois par sa description du système politique turc et par la façon dont il en montre les répercussions sur la vie de couple des deux personnages principaux. Entre enjeux géopolitiques et intimité, il parvient à relier les deux avec justesse et tension.
Malgré quelques petites longueurs, qui ne génèrent cependant pas d'ennui, ce film est très réussi. La transposition des villes turques en Allemagne est curieuse mais ne fait finalement que montrer que le risque d'élimination de toute opposition est partout. Film très bien interprété autant par les 1ers rôles que par les autres, toutes et tous tout à fait à leur place. Les caractères des personnages sont bien campés, avec toutes leurs ambiguïtés individuelles, morales et culturelles dès que l'ambiance politique instaure un facisme rampant, avec qqs incursions très orientalistes... Côté cadrage et montage, l'alternance des vues d'ensemble et des gros plans est agréable pour cerner l'atmosphère et ne pas être soi-même étouffé.e par le rétrécissement subi par les protagonistes dans leur vie sociale.