Yellow Letters
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Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
J’ai découvert Ilker Çatak en 2024 avec « La salle des Profs » qui relevait aussi d’un cinéma efficace, nerveux et haletant…mais qui à vouloir embrasser trop de sujets, harcèlement, culture de l’effacement, fake news, préjugés sociaux, discrimination…en devenait agaçant…. L’idée de tourner « Yellow Letters » lui était venue en Turquie, en 2019, lorsqu’il a entendu parler des 2000 artistes qui, dans ce pays, avaient été suspendus et traduits en justice pour diverses raisons, la principale ayant été d’avoir signé une pétition pour la paix…A Ankara, la comédienne Derya ( Ôzgû Namal) et son mari universitaire et dramaturge, Aziz ( Tansu Biçer) reçoivent leur lettre de révocation, ces fameuses « lettres jaunes » , lui pour avoir encouragé ses étudiants à manifester, elle pour avoir refusé de se faire photographier avec le gouverneur lors de la première d’une pièce dont elle est la vedette… lettres de révocation reçue, en Turquie, par des milliers de fonctionnaires qui avaient osé critiquer l’autoritaire président Recep Tayyip Erdogan. Le couple, privé de revenus du jour au lendemain, est contraint de partir à Istanbul avec sa fille adolescente pour trouver refuge chez la mère d’Aziz. Alors que leur précarité s’accroît, Aziz et Derya se retrouvent face à un dilemme : rester fidèles à leurs idées ou rentrer dans le rang pour retrouver une vie normale ? Aziz trouve un emploi de chauffeur de taxi, tout en reprenant contact avec le théâtre engagé et d’avant-garde, Derya finira par trouver un rôle dans une série télé plutôt people … Au cœur d’une mise en scène qui, habilement, fait monter la sensation d’enfermement, sont décryptés les doutes et la lente dégradation d’un couple actif et complice, désormais condamné à l’immobilisme et à la précarité. Des conditions soudainement favorables à la révélation de malentendus latents, de pensées jusque-là refoulées, de tensions engendrées par ces difficultés, ainsi que les compromissions plus ou moins importantes qu’il faut accepter pour rebondir. Toutes ces incertitudes sont adroitement transmises par l’impeccable duo d’acteurs composé de Özgü Namal et Tansu Biçer auquel il convient d’adjoindre la jeune Leyla Cabas , adolescente perdue, témoin du désarroi de ses parents… Conscient que la présence d’un autocrate comme Erdogan à la tête de la Turquie ne manquerait pas de poser des problèmes si le tournage se déroulait dans ce pays, il a finalement coupé la poire en deux, le tournant en Allemagne, en langue turque, avec des comédiens et des comédiennes venant d’un peu partout en Europe, y compris de la Turquie, un film dont l’action est censée se dérouler en Turquie. Il s’est même payé le luxe d’annoncer dans le générique d’ouverture que Berlin y jouait le rôle d’Ankara, la capitale de la Turquie et Hambourg le rôle d’Istamboul…drame politique inégal et intense, le film a reçu l’Ours d’Or à la dernière Berlinale…
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 avril 2026
Certainement un instantané de la société turque avec toutes ses espérances de liberté d'expression et a contrario tous ses codes moraux ou religieux. Le film lui est bien réalisé et les acteurs pas mal.
LaureS
LaureS

20 abonnés 150 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Film très intéressant sur les répercussions de l'autoritarisme arbitraire d’État sur la vie d'une famille artiste et "bobo"
Des qualités fortes : l'imbrication du politique, du social et de l'intime / du théâtre et de la "vraie" vie ; le contexte turc et la dimension malheureusement de plus en plus universelle du propos - et quelle excellente idée d'indiquer que Berlin incarne Ankara et Hambourg Istanbul - ; l'excellence de l'interprétation ; une pointe d'humour
Cependant le film étant très dialogué et comme je ne parle pas turc, la lecture constante des sous-titres finit par être un peu fatigante, d'autant plus que le film aurait gagné à être quelque peu resserré
Domvill
Domvill

34 abonnés 206 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 avril 2026
je n'ai pas été convaincu par ce couple de bobos : scénariste, actrice, intellectuels engagés qui sont un jour éjectés de leur travail et doivent repartir à zéro en se faisant heberger par la mère. crise conjugales, familiales, avec les tourments de leur fille adolescente, tout ceci est extrêmement bavard. rien n'avance dans ce film et à l'issue des deux heures de projection on cherche encore l intérêt de ce scénario.
Bodou11
Bodou11

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Nous suivons les traces d'un couple d'artistes et leur fille qui passent de l'épanouissement a une situation de crise liée a la situation politique d'un pays qui musele fermement tout un peuple qui veut juste dire,penser,aimer,vivre quoi....
nous sommes fort heureusement loin de tout cela ,délectons nous!! et allons au cinéma lire la vie d'autui, nous nous enrichirons forcément de part nos différences....a bas les lissages de pensées uniques et vive le cinéma....
Pascal l.
Pascal l.

45 abonnés 82 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Je viens d'apprendre, en lisant les critiques laissées par les personnes que je suis sur allociné, que le réalisateur de yellow letters est aussi celui qui avait fait la salle des profs. On retrouve bien la problématique d'un dilemme éthique de choix entre ses convictions et la réalité de devoir vivre, survivre. Extrêmement bien traité par deux acteurs formidables. Quelques longueurs, il faut bien planter le décor, mais l'intrigue est très bien menée et le jeu des acteurs impressionnant.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2026
Aziz est professeur à l'université d'Ankara. Il est aussi dramaturge. Sa femme, Darya, est l'actrice principale de ses pièces. L'un et l'autre sont hostiles au gouvernement d'Erdogan et à sa politique autoritaire. L'un et l'autre sont brutalement mis à pied : Aziz reçoit une lettre "jaune" de licenciement, la pièce que jouait Darya est retirée de l'affiche et Darya est écartée de la distribution de celle qui est programmée pour la remplacer. Le couple et Ezgi, leur fille adolescente, quittent Ankara pour Istanbul et s'installent temporairement dans l'appartement de la mère d'Aziz.

İlker Çatak est un réalisateur allemand d'origine turque né en 1984. Il a réalisé l'excellent "La Salle des profs" sorti il y a deux ans sur les dilemmes d'une professeure de lycée. "Yellow Letters" creuse la même veine éthique. Il pose une question universelle : jusqu'à quel point sommes nous prêts à sacrifier notre confort personnel pour défendre les valeurs auxquelles nous sommes attachés ? La question n'est pas binaire. Ceux qui vertueusement répondent qu'aucune concession n'est admissible n'ont pas de tête ; ceux qui pragmatiquement répondent qu'il faut savoir s'adapter n'ont pas de cœur.

La question posée par "Yellow Letters" est passionnante. Elle est de celle sur laquelle on peut construire un grand film.
Mais, hélas, celui-ci souffre de deux défauts. Le premier est qu'en mettant deux personnes face à cette situation, on sait, depuis le départ, que chacun y apportera une réponse différente, l'une plus intransigeante, l'autre plus accommodante. Ce reproche est en partie bien sévère ; car le scénario est suffisamment riche et inventif pour nous réserver plusieurs surprises.
Le second est d'avoir lesté l'intrigue principale d'une intrigue secondaire avec le personnage de l'adolescente frondeuse du couple d'intellectuels bannis. Le film aurait gagné en cohérence à faire l'économie de sa fugue inutile qui nous distrait de l'enjeu principal du film : la décision des parents.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
Un homme professeur et metteur en scène de théâtre et sa femme comédienne se retrouve mis du jour au lendemain au ban de la société, du fait du prince.
Comment désormais jongler avec une relative précarité et un engagement politique.
Comme dans tous les films des acteurs jouent des personnages mais ici une ville en joue une autre, le film qui se passe à Ankara (puis Istanbul) â été tourné à Berlin. La capitale allemande endosse donc le rôle de la capitale turque.
Elle est créditée en tant que telle au générique.
C’est plutôt inédit et c’est la seule originalité de ce film, après le Lion d’Or je ne comprends pas non plus l’attribution de l’Ours d’or cette année.
Ufuk K

617 abonnés 1 723 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
"Yellow Letters" Ours d'Or à la dernière Berlinale est un drame qui se regarde. Ilker Çatak, réalisateur turc, signe un film en trois chapitres. L'histoire suit un couple d'artistes turcs d'Ankara dont l'existence bascule suite à des révocations administratives surnommées "lettres jaunes". Le jeu des acteurs Özgü Namal et Tansu Biçer m'a particulièrement plu, tout comme les deux premiers actes qui traitent de la dictature, de la censure et de la répression politique en Turquie. La troisième partie, à mon sens moins captivante, se concentre sur le théâtre et la place de la femme et de l'homme dans la société turque. Une fin moins réussie.
Alicebannon
Alicebannon

6 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2026
İlker Çatak construit un récit tendu où l’intime et le politique se contaminent en permanence. Le film trouve sa puissance dans la manière dont il montre l’usure progressive des convictions. Les acteurs portent cette tension avec une intensité remarquable.
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
Plutôt bon film mêlant dénonciation politique et "comédie dramatique" et familiale.
S'il penche progressivement du deuxième côté ( spoiler:
l'altercation entre le dramaturge et un collègue universitaire licencié lui aussi au tribunal en est un beau symbole spoiler:
), l'action reste prenante tellement elle est tout à fait crédible et sensible ( vécu du réalisateur exilé lui aussi en Allemagne ?).
spoiler:
Ceci dit, la fixation chez la mère pour l'école privée pour sa fille et son choix de jouer le premier rôle dans une série, en blonde décolorée ( ! ) bascule vers la satire involontaire ou la facilité d'un dénouement faiblard. spoiler:
Krebs
Krebs

37 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 avril 2026
Excellent film, qui nous plonge dans la réalité de personnes limogées pour leurs idées politiques et confrontées au dilemme de conserver leurs valeurs tout en assurant leur quotidien. Belle fresque familiale, les personnages et leurs réactions sont totalement crédibles, le film est magnifiquement joué et la mise en scène rend le film soutenable malgré un sujet qui pourrait être oppressant.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mai 2026
Pour une raison qui m’échappe, on n’est pas très en empathie avec notre couple de beaux parleurs ( lui auteur elle actrice) qui se frotte à la censure d’Etat et pourtant rebondit en s’imposant finalement sur scène ou sur les écrans. Est-ce qu’ils ne sont pas spécialement sympathiques ? Ou trop conformistes bobos? Sans doute un peu des deux… Bref ils s’en sortent et même pas on fait «ouf! »
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 avril 2026
Puisque l’affiche nous présente ce film comme « un thriller politique » (saisissant est-il précisé) on aurait sans doute voulu une exploration plus profonde des mécanismes et des raisons – seulement effleurées - avec lesquels le régime autoritaire tient ici en respect ou place sous contrôle l’élite culturelle et le corps enseignant universitaire à coup de limogeages. Suspension des fonctions privant ipso facto les cibles (classes moyennes ici) de leurs revenus. Une peine qui remplace de fait tout ce que l’appareil judiciaire et sécuritaire aux ordres pourrait imaginer. Le spectateur d’ici n’étant pas forcément très rompu au régime politique turc contemporain et son président somme toute élu au suffrage universel il y a des trous dans la grille de lecture. Et puis c’est long (deux heures). Inutilement, faute d’alimenter le contenu politique, de n’en garder que le contexte et de lui substituer une crise de couple alimentée par les circonstances.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 414 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2026
Nettement moins réussi ( à mon goût ) que son film précédent " la salle des profs " , " yellow letters " ( our d'or Berlin 2026 ) d'ilker catak évoque les conséquences quotidiennes et le délitement intime d'une famille, victime de la répression de la liberté d'expression en Turquie.

Desservi par un scénario et des dialogues qui ne parviennent pas de façon systématique à donner une véritable profondeur à son propos, " Yellow letters " m'a toutefois beaucoup plus plu lors de mon seconde visionnage, effectué deux mois après le premier.

Certaines scènes sont un peu trop lisses, comme si le(s) sujet(s) se suffisait(aient ) à lui-même (eux-mêmes). La liberté d'expression d'un côté, les implications personnelles de ses choix politiques et par conséquent la difficulté concrète de leur mise en pratique

Il reste ( et ce n'est pas rien ) une maîtrise de la mise en scène et une actrice principale formidable, dans une interprétation en apesanteur, totalement incarnée, aux faux airs des prestations produites par Anna Magnani.

J'attendais le thriller annoncé, c'est malheureusement cette tension qui manque jusqu'au bout.

Les comparaisons que j'ai pu lire parfois entre cet opus, avec les titres de la filmographie de l'iranien Farhadi ou celle de Mohamed Rassouloff sont ( à mes yeux du moins ) un peu usurpées.

Vu au MK2 Hautefeuille ( 1er visionnage) puis au Denfert ( pour le second ).
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