Yellow Letters
Note moyenne
3,7
511 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

65 critiques spectateurs

5
5 critiques
4
21 critiques
3
30 critiques
2
6 critiques
1
2 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
traversay1

4 552 abonnés 5 505 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2026
Compromis ou compromissions, tout le dilemme est là pour le couple qui occupe le devant de la scène dans Yellow Letters d'İlker Çatak, digne successeur de l'excellent La salle des profs. Dans ce nouveau film, que le réalisateur n'aurait jamais pu tourner en Turquie, deux actrices inattendues figurent au casting : Berlin, en lieu et place d'Ankara, et Hambourg, pour Istanbul. On l'aura compris, Yellow Letters est une œuvre politique engagée dont la force tient, entre autres, aux résonances intimes qu'elle implique pour deux artistes, une actrice et son mari, écrivain de théâtre, mais aussi professeur d'université, sans oublier leur adolescente de fille qui subit non sans dégât le changement de situation de ses parents et leurs constantes interrogations. Que faire lorsqu'un pouvoir autoritaire fait pression, menace et discrimine ceux qui ont l'outrecuidance de ne pas baisser la tête devant l'arbitraire et la censure ? Comme dans son film précédent, İlker Çatak ne relâche jamais la pression, poussant à bout ici le fragile cocon familial, à l'aide de dialogues cinglants dans un engrenage étouffant, selon un dispositif que ne renierait pas Asghar Farhadi. Du cinéma façon autocuiseur qui laisse ses personnages se débattre dans leurs convictions ébranlées par la nécessité d'assurer le matériel du quotidien. Ours d'or à Berlin mérité.
Cinememories

607 abonnés 1 695 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2026
"Après le très maîtrisé et tendu La Salle des profs, İlker Çatak était attendu au tournant. Yellow Letters confirme un cinéaste capable d’instiller une terreur souterraine dans des espaces fermés — salle de classe hier, foyer familial aujourd’hui. Ours d’Or à la Berlinale 2026, le film raconte des choses essentielles sur notre époque où l’effacement des voix dissidentes n’est plus l’apanage des régimes autoritaires. Mais là où son précédent long métrage maintenait une pression quasi hitchcockienne jusqu’à son dénouement, celui-ci laisse parfois échapper la tension qu’il avait lui-même convoquée."

"Le mécanisme déclencheur est d’une sobriété glaçante : des enveloppes au papier jaune, d’un banal administratif consternant, signifiant une rupture de contrat irrévocable. Pas de procès spectaculaire, pas d’arrestation — juste une lettre, et la vie d’avant qui s’effondre sans bruit. C’est la signature d’un État turc qui maintient le contrôle sur toute forme d’opposition en la condamnant non à la prison, mais à ce que Çatak appelle lui-même une « mort civile » : physiquement en vie, juridiquement et socialement effacé."

"Ce qui rend le film particulièrement retors, c’est qu’il ne se contente pas de dénoncer l’arbitraire de l’État — il interroge aussi la sincérité de ceux qui lui résistent. Derya et Aziz sont des intellectuels progressistes, laïcs, convaincus de leurs convictions. Mais sous la pression, une question s’insinue : jusqu’où tenaient-elles vraiment, ces convictions ? Çatak tend un miroir assez cruel sur la notion même d’engagement — politique, marital, familial — comme si ces trois dimensions étaient en réalité la déclinaison d’un seul et même problème. S’engager, c’est accepter le coût de ses choix. Et le film observe, sans complaisance, comment des êtres qui se croyaient prêts à en payer le prix découvrent qu’ils ne l’étaient pas tout à fait."

"C’est peut-être là que Yellow Letters trouve sa vérité la plus âpre : dans la tension permanente entre deux êtres qui se croyaient alignés et découvrent, sous la pression, qu’ils ne l’ont jamais été tout à fait. Derya et Aziz ne s’affrontent pas frontalement — ils s’effritent. Elle, comédienne habituée à incarner des résistances sur scène, porte la révolte dans le corps, dans l’instinct. Lui, universitaire rompu aux arguties intellectuelles, tend davantage vers le calcul, la prudence, la négociation avec le réel. Quand la situation les dépouille de leurs rôles sociaux, ces différences de nature, longtemps masquées par le confort et le statut, remontent à la surface."

"La performance des deux comédiens est impressionnante, et c’est Özgü Namal qui porte les séquences les plus intenses — capable de faire tenir dans un seul regard la fierté blessée et la peur qui ne dit pas son nom. Paradoxalement, le film manque de tension dramatique à plusieurs instants clés, même dans les disputes. On peine à retrouver l’énergie du début, qui annonçait une terreur sourde depuis les coulisses du théâtre. [...] Çatak souhaite un film universel dans son propos, retors dans son dispositif — et il y parvient souvent. Mais à vouloir trop embrasser, il perd en subtiliser. Yellow Letters reste une œuvre fascinante à intellectualiser, portée par des intentions sincères et une mise en scène rigoureuse. Ce qui lui manque, c’est peut-être simplement la rage sourde que son sujet appelait."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 364 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2026
En offrant un drame moderne et parfois tortueux sur le pouvoir et l'art, CATAK livre une vision noire mais pas forcément toujours claire, d'un combat politique mais surtout humain, en y mêlant des aspects de drame et de mélodrame, qui ont du mal à pleinement s'équilibrer, malgré des performances folles
Abel
Abel

1 abonné 80 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mars 2026
Yelows letter
En tant qu’étudiant en cinéma Yelows letter m’a profondément touché par son histoire, des artistes et professeurs qui se voit remettre leur lettre de démission, des professionnels de l’art et des universitaires qui se voit perdre leur métier par la faute de la politique et des personnes véreuse qui la composent et font tourner le monde. Mais la vraie histoire réside spoiler: dans la destruction du couple de Derya et Aziz qui voit leur vie idyllique passé au cauchemar
, deux artistes de premier plan qui se voit obligé de recommencer à zéro et qui doivent laisser leur caprice de Diva sur le côté pour pouvoir tenir le coup. La déchirure et l’implosion d’un couple des plus soudé par la faute d’un bout de papier, la descente aux enfers de figure du théâtre à cause de la politique et du manque de liberté d’expression
miketbrijou
miketbrijou

3 abonnés 145 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2026
Beaucoup de choses dans ce film : l’engagement politique, la culture et son rôle, la parentalité et l’éducation, la famille en général, le tout dans un état policier, la Turquie, pour laquelle les villes sont des personnages joués par d’autres villes (Berlin pour Ankara et Hambourg pour Istanbul).
Les acteurs sont convaiquants, les dialogues riches et la photographie réussie. Seul le scénario est à mon avis un peu trop dispersé, la place donnée à l’éducation de la fille unique adolescente prend par exemple beaucoup de place.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse