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LaureS
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3,5
Publiée le 1 octobre 2025
J'ai aimé ce film très attachant centré sur 3 générations de femmes... et la ville de Taipei, très bien rendue. Les hommes sont peu présents, on aurait envie de dire "heureusement" tellement ils n'ont pas le beau rôle, mis à part le "camelot" comme il se décrit lui-même, peut-être pas le plus intelligent mais assurément le plus humain C'est énergique, pop, intéressant, on s'attache aux personnages, la petite fille est vraiment bien Je n'ai pas du tout aimé le montage qui coupe les scènes pour passer à une autre, phénomène que l'on voit hélas de plus en plus au cinéma et qui parait calqué sur l'univers des séries
Une merveille. Deux heures d'absolu bonheur. Avec un mélange d'énergie et d'émotion... Je ne la connaissais pas, cette jeune femme taiwanaise qui avait auparavant collaboré, pour la réalisation et la production, avec Sean Baker. Quel talent. Comme on s'attache à ces trois personnages féminins, une mère et ses deux filles, qui reviennent à Taipei pour y travailler, plus précisément pour travailler dans un immense marché de nuit. Shu-Fen (Janel Tsai) pour y tenir un petit restaurant de rue; sa fille I-Ann (Shi-Yuan Ma), chez un vendeur de betel. Ben oui, ça existe, et on n'est pas au bout de notre dépaysement. C'est en même temps dépaysant, et comme chez nous. Le dépaysement, c'est cette ville de Taipei, avec ses couleurs criardes -surtout sur le marché, dont les rouges, les roses sursaturés sous les néons vous font mal à la tête, sa circulation démente même dans des rues étroites. Comme chez nous, c'est l'histoire classique d'une mère et d'une fille qui s'entendent pire que chien et chat et que les réalités financières obligent à cohabiter. I-Ann a une tête de cochon. comme une ado (qu'elle n'est plus vraiment) et des facons de vivre qui déplaisent à ses grands-parents très traditionnalistes La douce, la courageuse Shu-Fen doit tout supporter. La mauvaise humeur de sa fille; les relances du placeur du marché qu'elle n'arrive pas à rembourser à temps. Et elle prend en charge les frais d'hospitalisation et d'obsèques du mauvais mari qui l'a abandonnée après l'avoir brutalisée. Mais elle est encore très jolie, et Johny, son voisin du marché (Brando Huang), un camelot qui vent des petites bricoles, dont des éponges magiques... lui ferait bien la cour. Et puis il y a la petite dernière, I-Jin, adorable, bouille toute ronde... Ou l'ont-ils trouvée, cette petite Nina Ye, tellement juste, tellement drôle, tellement expressive (et une future étoile de la K-pop...) ! Toujours affairée, elle court partout, aide sa mère, traverse le marché de toutes parts -tous les commerçants le connaissent, mais parcours aussi les rues du quartier. Quel âge peut elle avoir? Moins d'une dizaine d'années! Mais voilà: un jour son grand père va lui dire une chose terrible. Vous verrez, le couple de grands parents est aussi pittoresque, entre la grand mère affairiste qui se croit encore séduisante à soixante ans, et le pépé amorphe et touché par le gâtisme. Quand il comprend que I-Jin est gauchère -jusque là ça ne gênait personne, il se met très en colère car la main gauche c'est la main du diable! spoiler: Elle est perturbée, la petite. La main du diable! elle envisage un moment de la couper, puis se dit que la main du diable peut servir à faire de mauvaises choses, comme faucher des bricoles aux étalages..
Donc, pendant une bonne partie du film, nous vivons les péripéties du marché avec les trois femmes, nous sommes immergés dans cette vie trépidante, avec un peu l'impression d'être dans un documentaire sur Taipei. La trame du film -car il y en a une!! ne se développera vraiment que dans le dernier quart, et là, il s'en passera des choses! A la fin, on a même l'impression d'être dans Festen...
Pas facile d'évoquer Lefthanded girl, un film profondément sincère, participant d'un mouvement de fond de réalisatrices émergentes mettant en valeur des personnages féminins, mais qui secoue un peu trop rudement son public. Le film est une immersion dans le Taipei d'aujourd'hui, avec son agitation urbaine. On y découvre des mœurs assez inconnus ici, comme la permanence de superstitions concernant les gauchers chez des gens de 60 ou 70 ans, ou encore la préférence inconditionnelle pour l'héritier mâle, quoi qu'il arrive. Le récit est bien rythmé et les révélations nous amènent vraiment à changer de regard sur les personnages. Tourné selon un point de vue féminin, le film met au premier plan exclusivement des femmes, sur quatre générations, ce qui renouvelle une histoire du cinéma trop centrée sur les hommes. La difficulté tient au fondement du récit qui s'appuie sur des personnages pour certains très antipathiques et surtout, qui démultiplie les problèmes. Le scénario par sa structure même nous impose un personnage arrogant et pénible, et est rythmé d'un nombre incalculable de faits de vie heurtant la trajectoire de cette petite famille. Les problèmes d'argent s'ajoutent aux problèmes de couple, qui s'ajoutent aux problèmes judiciaires, et les problèmes du présent s'ajoutent à tous les problèmes du passé. Le film est donc rapidement éprouvant et le reste longtemps. Mais reconnaissons que quand on en sort, on a l'impression d'un cinéma utile pour saisir la réalité du monde qui nous entoure, et pour nous faire découvrir un pays lointain.
Le marché de Taipei vu à hauteur d’enfant où la vie quotidienne, transposition faite des coutumes, n’est finalement pas si différente de la nôtre : travailler, payer ses notes, s’occuper de ses proches, assumer ses erreurs et en faire encore. Les trois femmes de cette histoire nous font découvrir un Taipei flamboyant de couleur et trépident de vie. C’est une douce immersion dans la société active de Taiwan et de ses traditions familiales chinoises où, malheureusement, comme presque partout ailleurs, les hommes sont rois et dans lequel ces trois infatigables combattantes, merveilleusement filmées par la main et l’Iphone de Shih-Ching Tsou, nous montrent un chemin solidaire de résistance. Les couleurs à la limite de la saturation et les halos de lumières agressives de la citée, transcendent le réalisme du décors. Des plans inattendues, comme celui pris à hauteur des baskets de la petite, nous cramponnent à la course effrénée des trois femmes. Les éléments de leur histoire sont adroitement distillées dans un récit ponctué de retournements de situation. Le jeu des acteurs est parfait, compris les seconds rôles, à voir plutôt et VO pour capter le souffle des émotions. Un film totalement réjouissant.
« Un petit bijou» J’ai été totalement séduit par cette petite « gauchère » à qui sont grand père dit que la main gauche est la main du diable et qui du coup fait ses bêtises de la main gauche. Bien au-delà de cela, c’est l’histoire d’une mère et de ses deux filles qui reviennent à Taïpeh pour refaire leur vie et sont dans la galère. Un tas de rebondissements, et de l’humour parfois au milieu d’un monde dur. La manière de filmer parfois à hauteur d’enfant nous emmène vraiment dans l’histoire où l’espoir est toujours présent.
Le film remplit efficacement son rôle, pour nous, de "cinéma d’ailleurs" en nous livrant des aperçus furtifs de la vie à Taïpei : paysages urbains, hiérarchies sociales, relations avec la Chine, avec le USA, poids des traditions chez les anciens. Il ne nous donne pas les clés sur certains points : raison des changements de noms semble-t-il décidés par leurs porteurs, origine des migrantes clandestines accompagnées par la grand-mère vers les USA, taïwanaises ou chinoises ? Le drame a deux ressorts qui se conjuguent : • les relations toxiques au sein d'une famille modeste entre la mère l-Jing, sa fille post ado I-Ann, difficile et mal à l'aise, et la petite dernière, Jing-Nina, gamine joyeuse qui n'a qu'un seul défaut, celui d'être gauchère, • le déclassement social de ce trio par rapport à la famille de l-Jing, plus aisée. La clé du film apparaît lors du dîner d'anniversaire de la grand-mère (référence à Festen de Thomas Vinterberg ?). Bien joué, excellent casting. I-Ann est excellemment incarné par Shih-yuan Ma, post-ado d'abord invivable puis charmante, gentille et jolie... Tours CinésStudio 24 septembre 2025
Left-Handed Girl signe les débuts en solo de la réalisatrice taïwanaise Shih-Ching Tsou, collaboratrice de longue date de Sean Baker, lauréat de la Palme d'Or, au festival de Cannes 2024, pour son film Anora (c'est d'ailleurs ni plus ni moins ce dernier qui s'est occupé du montage du film dont il est question ici).
Trois générations et trois portraits féminins qui naviguent dans un environnement social rude, peu enclin à leur faire des cadeaux.
Une mise en scène colorée, portée par une esthétique pop. Un trop plein de couleurs qui vire parfois à la saturation mais qui donne au film une vraie énergie et qui permet d’éviter toute forme de misérabilisme.
Loin d’un naturalisme sombre, la réalisatrice choisit d’injecter des teintes fluo, des décors saturés pour accompagner un récit de survie et de débrouille dans un environnement social hostile, mais filmé avec légèreté, fantaisie et malice. L’utilisation de l’iPhone pour filmer confère une proximité et une immersion sensorielle.
L’énergie du film vient de cette capacité à mêler insouciance et gravité, à transformer de petits épisodes du quotidien en événements chargés d’émotion et de tension.
Une œuvre débordante d’énergie, au ton unique, qui séduit autant par sa tendresse que par son regard acéré sur une société urbaine inégalitaire et qui, malgré ses thèmes graves, cherche à transmettre avant tout un souffle d’élan vital.
L’action de ce film assez féministe se déroule à Taipei, capitale de Taiwan en Asie du Sud-Est avec une famille en assez sérieuse difficulté financière où les hommes sont particulièrement fautifs: car souvent distants ou carrément absents, ou très malades en phase terminale, ou inconstants et dangereux car demeurant sempiternellement ancrés à de très anciennes traditions éculées et absurdes…! Ah … le mâle asiatique est lui aussi un gros soucis dans le monde actuel… Un peu facile comme analyse, mais bon c’est l’option développée par la réalisatrice. Dont acte. De telle sorte qu’il ne restera d’espoir et de futur viable que par l’action des femmes de cette famille, de toutes générations, qui ne cesseront de se battre comme elles peuvent pour s’en sortir et survivre. Ainsi c’est autour de la toute petite dernière enfant, qui se trouve être gauchère, que va se révéler le noeud du problème central de cette famille aboutissant à de terribles tensions intergénérationnelles à priori insolubles. Sans trop de surprise, à la dernière partie du film, la vérité douloureuse mais libératrice sera superbement et habilement révélée. Une belle réalisation pour un cinéma asiatique encore assez peu connu ici en Europe et avec d’excellents interprètes.
Un beau film avec des vrais parti pris de cinéaste pour Montrer un pays , dévoiler des personnes sans mièvrerie , avec un mélange de douceur et de cruauté… un film sur la survie au quotidien …
Plongée dans les marchés de Taipei avec trois générations de femmes, toutes attachantes à leur façon. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce film où les histoires familiales s’entremêlent avec des questions politiques et révèlent le poids des traditions avec beaucoup d’humour. C’est un drame social, avec son lot de précarité, mais on en ressort paradoxalement léger.
Franchement, un film qui fait super plaisir à voir. L'immersion dans Taipei est superbe, avec par ex les plans à hauteur de la plus petite des soeurs qu'on suit dans le marché nocturne, le tout avec une musique très sympathique et joyeuse. Mais surtout on ne s'ennuie pas une seconde, les trois personnages composant cette famille sont très attachants, et on oscille entre des scènes drôles et émouvantes, et des scènes plus "dramatiques" comme celle de l'anniversaire de la grand-mère (qui mêle aussi des moments marrants). Bref je conseille vivement et je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.
L'un des films de l'année, plusieurs sujets superbement bien abordé au sein de la société Taïwanaise. Rarement vu une actrice aussi jeune bourré de talent. On ne décroche pas une seconde du récit tout s'enchaîne parfaitement bien.
Une très belle histoire de famille mouvementée avec des personnages très attachants, très bon scénario et jolies interpretations, de belles vues de Taïwan, un bon moment de cinéma