Cette chronique familiale taïwanaise est une bonne surprise, et pour une fois les critiques positives sont meritées. On découvre avec intérêt certains aspects de la vie taïwanaise, l’interprétation est de qualité (avec une mention spéciale aux 2 jeunes actrices principales qui jouent avec un naturel remarquable), et bien que l’histoire en elle même assez simple n’ait rien d’exceptionnel, on est pris par le film du début a la fin, et on ne s’ennuie a aucun moment . A voir !
La merveilleuse idée de ce film est de montrer le désastre de la vie des adultes (ici à Taipei, mais ce pourrait être n'importe où ailleurs) vu des yeux d'une petite fille. Laquelle est mignonne à croquer, vive, attachante et brillante au point de porter tout le film sur ses frêles épaules. Touchant. Mais insuffisant. Il manque un vrai récit pour que le film accroche et fasse sortir d'une certaine forme d'ennui.
La présence de Sean Baker au scénario et à la production constituait un indice positif à mes yeux, vu que j’adore les films de ce réalisateur, ses drames sans Drame, son affection pour les laissés-pour-compte et les loosers, et sa capacité surhumaine à faire de Anora (par ailleurs, son apothéose filmique jusqu’à présent), personnage pas franchement admirable sur le papier, une vraie princesse de conte de fées…à qui il ne faudrait tout de même pas trop chier dans les pantoufles de verre. Dans ‘Left-handed girl’, son influence narrative se traduit par un film globalement plus accessible que ses alter-égos strictement asiatiques, où les non-dits et l’implicite sont plus fréquents. Le dispositif n’en reste pas moins classique, commun à beaucoup de drames dits “sociaux”, sans qu’on y retrouve le genre de loosers magnifiques si communs dans la filmographie de Baker : Une mère écrasée de dettes s’efforce tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau en préparant à manger sur le marché nocturne de Taipei, labyrinthe de néons qui constitue le principal décor du film, sa fille aînée mène une existence chaotique et la cadette, depuis que son grand-père l’a convaincu qu’être gauchère revenait à accomplir l’oeuvre du diable, chaparde dans les magasins à l’aide de cette main maudite. On s’attache tout de même vite à cette petite famille dysfonctionnelle et à son environnement plus ou moins amical mais, sans vraiment avoir pris la peine de faire monter la sauce, le scénario lâche finalement sa bombe, dans un repas de famille kitsch qui n’a rien à envier à celui de ‘Festen’. Reste un film optimiste, à défaut d’être touché par la grâce ou même touché en profondeur par le style et le ton de Sean Baker.
Un scénario à trois niveaux qui explore les histoires personnelles d'une mère et ses deux filles au sein d'un collectif familial sous tension. Les interprétations soignées des trois actrices principales permettent de cerner leurs émotions et les ambiguïtés de leurs personnages. La mise en scène inventive et colorée, filmée à l'iPhone, donne un rythme certain à l'œuvre et nous transporte au cœur de la ville de Teipei. La réalisatrice parvient à transmettre une satire sociale avec une touche de légèreté, préférant la nuance et la sensibilité. Bref, un excellent film pour se réchauffer avec la météo actuelle. insta : maxfaitsoncinema
Ni bon, ni mauvais, long par moment, émouvant dans d'autres. La petite fille est géniale, incroyable dans ses expressions et son jeu, elle porte le film.
Très bon film sur une petite famille composée d’une mère célibataire et ses deux filles, qui "vivent" comme elles peuvent dans la jungle de Taipei. Le rythme du film est vraiment lent mais bien compensé par une suite d'événements et de révélations qui fonctionnent bien, les personnages sont cohérents et attachants, surtout la petite gauchère. Je n'attendais rien et malgré la longueur du film j’ai passé un bon moment
Avec Left Handed Girl, la réalisatrice Tsou Shih-Ching livre un film d’une grande délicatesse, à la frontière du drame social et du portrait intime, qui capte avec une précision rare les fragilités du lien familial face au déracinement. Ancré dans le tumulte sensoriel des marchés nocturnes de Taipei, le film raconte l’installation d’une mère célibataire et de ses deux filles dans une ville aussi vibrante qu’indifférente.
Dès les premières scènes, le décor devient un personnage à part entière. Les néons, les odeurs de friture, la foule compacte et le vacarme permanent contrastent avec la solitude intérieure des protagonistes. La petite cantine qu’elles ouvrent agit comme un fragile refuge, mais aussi comme un révélateur de tensions enfouies. Chacune des trois femmes affronte cette nouvelle vie à sa manière, entre désir d’émancipation, sentiment d’abandon et besoin vital de rester soudées.
La mise en scène de Tsou Shih-Ching se distingue par sa sobriété. Elle privilégie les gestes du quotidien, les silences, les regards qui s’évitent ou se cherchent. Le récit progresse sans effets appuyés, laissant au spectateur le soin de percevoir les micro-fractures qui menacent l’équilibre familial. Cette approche quasi documentaire donne au film une authenticité bouleversante, sans jamais tomber dans le misérabilisme.
Janel Tsai incarne la mère avec une retenue remarquable. Son jeu, tout en intériorité, traduit la fatigue d’une femme qui porte seule la responsabilité du foyer, tout en tentant de préserver ses filles de ses propres renoncements. À ses côtés, Nina Ye impressionne par la justesse avec laquelle elle exprime les contradictions de l’adolescence : le besoin de liberté face à la peur de trahir les siens. La cadette, plus silencieuse, agit comme un miroir sensible de cette cellule familiale en recomposition.
Au-delà de son récit intime, Left Handed Girl esquisse une réflexion plus large sur la place des femmes dans une société urbaine en perpétuel mouvement, où la réussite économique se paie souvent d’une grande solitude. Le film parle de transmission, de résilience et de cette capacité à réinventer une famille malgré les fractures.
Œuvre discrète mais profondément humaine, Left Handed Girl touche par sa douceur mélancolique et par la justesse de son regard. Un cinéma du sensible, qui s’attarde sur l’essentiel : la difficulté d’aimer et de rester ensemble quand tout pousse à la dispersion.
Nous suivons ici une famille s'installant à Taipei, avec l’espoir d’un avenir meilleur. Mais entre précarité, tensions sociales et adaptation difficile, chacun doit trouver sa place dans cette nouvelle vie. C’est un film écrit intelligemment, mais le récit reste un peu succinct, avec une progression qui se dilue. Un vrai bémol ! Les acteurs portent néanmoins l’ensemble avec beaucoup de justesse, et leur investissement est palpable. Je retiendrai surtout la performance de la petite Nina Ye, qui brille particulièrement à l'écran dans le rôle d’I-Jing, fillette maline et innocente. Artistiquement et techniquement, c'est du beau travail, de quoi immerger le spectateur dans cet univers urbain et intimiste. Par ailleurs, j’aurais apprécié davantage d’émotion, en accentuant les enjeux dramatiques. L’ensemble aurait alors gagné en intensité et en force. Une œuvre cinématographique sociale, sérieuse, et plutôt aboutie.
Toutes mes critiques sont disponibles sur mon site FILMEMENT VÔTRE.
Curieux film que ce "Left-handed girl", réalisé par la taïwanaise-américaine Shih-Ching Tsou, qui a beaucoup travaillé auprès de Sean Baker, réalisateur de la Palme d'or 2024 et qu'on retrouve ici en tant que coscénariste, de monteur et de producteur. Qu'on retrouve aussi dans l'esthétique pop de ce film tourné avec un Iphone, avec la profusion de couleurs saturées qui est la marque de fabrique des films du réalisateur américain. Curieux film car, durant la première moitié du film, on se dit qu'il y avait la matière pour faire un très bon film avec la vie d'une famille taïwanaise et de son environnement à Taipei, la capitale de Taïwan, mais qu'il manque la manière, tellement c'est brouillon, tellement c'est confus. Une impression qui, à notre grand bonheur, disparait complètement dans la seconde moitié du film où tout devient très clair, très précis, très clinique comme on dit de nos jours : le poids des traditions et des superstitions, l'importance pour certaines femmes de donner naissance à des fils, la place donnée aux hommes dans les familles. Au fait, à quoi fait référence le titre du film, "la fille gauchère" en français ? I-Jing, cette petite gauchère de 5 ans, est très perturbée quand son grand-père lui dit de ne jamais utiliser sa main gauche, que ce soit pour écrire ou pour manger, car c'est la main du diable.
Un film qui surprend autant qu’il touche. Sans jamais tomber dans le mélodrame forcé, il propose un regard fin et sensible sur ses personnages et leurs contradictions. Ce qui frappe d’emblée, c’est la délicatesse avec laquelle le réalisateur construit son univers, une mise en scène épurée, presque pudique, qui laisse toute la place aux émotions.
Le récit avance par petites touches, préférant les non-dits aux démonstrations. Cette approche peut dérouter certains spectateurs, mais c’est précisément ce qui rend le film si authentique, on ne nous explique pas tout, on nous invite à comprendre, à ressentir. Le personnage principal, à la fois fragile et déterminé, est superbement interprété, et l’on suit son parcours avec une empathie grandissante.
L’esthétique, entre nuances douces et lumières naturelles, renforce cette impression d’intimité. Certaines scènes restent longtemps en mémoire tant elles sont travaillées dans leurs détails, qu’il s’agisse d’un simple geste ou d’un regard qui en dit plus que des dialogues.
Tout n’est pas parfait : quelques longueurs et un rythme volontairement lent pourront en laisser certains à distance. Mais pour qui accepte de se laisser porter, Left-Handed Girl offre une expérience sincère, subtile et profondément humaine
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2,0
Publiée le 2 décembre 2025
De retour à Taiwan, une mère et ses deux filles sont confrontées à différents problèmes. Chacune d'elles porte un poids, une responsabilité, une insécurité ou un traumatisme. Un portrait de famille qui va au-delà de ce trio puisqu'elles sont le reflet d'une éducation et d'une société. Si les enfants font parfois simplement acte de présence dans ce genre de film, ce n'est pas le cas ici. D'ailleurs, la petite I-Jing, qui perd peu à peu son innocence, est la plus attachante et intéressante. J'ai eu plus de mal avec l'ainée et la mère. Je ne me suis pas intéressé à leurs problèmes. Shih-Ching Tsou ne fait heureusement pas dans le misérabilisme, mais plutôt l'inverse au niveau du style en voulant absolument tout "esthétiser". Ça fausse le propos qui paraît totalement artificiel et superficiel. J'ai trouvé ça surfait, surchargé et sans émotion. Bref, un film très décevant et pas à la hauteur des critiques.