"L'Amour c'est surcoté" est l'adaptation d'un roman de Mourad Winter. Ce dernier, ayant décidé de lui-même réaliser le long-métrage, offre un résultat vraiment surprenant. Même si je n'attendais rien de ce projet, n'ayant même pas prévu de le voir à la base, je suis ressorti vraiment satisfait de mon visionnage. Pourtant, cet ensemble, porté par un duo montrant une vraie alchimie à l'écran (à savoir Hakim Jemili et Laura Felpin), se construit autour d'une romance aux allures de déjà-vu. Bien que cette histoire s'inscrive dans la lignée de cette nouvelle manière d'aborder les relations amoureuses (avec des sujets plus actuels et larges comme thématique principale du récit), le déroulé du scénario est effectivement assez classique. Pour faire simple, on se retrouve face à deux personnages avec des faiblesses, qui vont grandir via leur relation, une approche qui est déjà très connue. Malgré tout, même si les grandes lignes sont donc très prévisibles, l'ambiance et l'esthétique du long-métrage ont rapidement réussi à m'emporter. Dans son style, le film possède une approche réaliste des choses, le rythme étant dicté par un jeu très "improvisé" de la part des acteurs. Ceux-ci ont clairement bénéficié d'une grande liberté au tournage, offrant une ambiance dans laquelle il est facile d'entrer. Que ce soit par la mise en scène, par le jeu des acteurs donc, ou bien par l'humour, le but est clairement de plonger le spectateur dans un cocon très familier, et cela fonctionne. Les dialogues sont ainsi très proches du langage parlé, se permettant même parfois des gags vraiment bas de plafond, bien que cet aspect colle totalement à l'ambiance de ce type de situation. Certes, certaines personnes pourront être décontenancées par cela, mais je trouve que ce n'est jamais vraiment gênant. Il y a bien quelques scènes qui abusent un peu de cet humour gras, mais la grande majorité est acceptable, car, encore une fois, ce ton s'inscrit dans la démarche du film. D'autant plus que, si certaines blagues apparaissent comme étant très dures, elles sont là pour raconter quelque chose sur les personnages qui les disent, et ce n'est évidemment pas toujours très positif, la grande force du récit étant d'amener des héros imparfaits et humains. Par cette démarche, on comprend alors rapidement la thématique qui se dégage derrière. Via l'humour, notre personnage fuit la réalité, et c'est pour cela qu'il utilise et/ou accepte ce genre de gags très moyens autour de lui. Pour notre héros, c'est un moyen de fuir, et toute l'histoire va se concentrer sur son retour à une vie plus terre-à-terre. S'il a subi beaucoup de choses l'ayant amené à cet état, cette romance va le faire évoluer, parfois de manière un peu brusque, mais sans oublier de faire passer une certaine émotion via cette évolution. À ce niveau, je trouve d'ailleurs que les dernières minutes du film sont très efficaces, celles-ci m'ayant vraiment ému par leurs symboliques visuelles. Si la majorité du film est filmée d'un point de vue assez intimiste, les moments qui ont besoin de prendre de la hauteur réussissent à sortir de cette case, sans que cela ne soit jamais de trop. Ainsi, le film réussit à s'inscrire dans un cinéma très humain, tout en apportant une dose de poésie quand la mise en scène prend le dessus, et je trouve que ce mélange est vraiment appréciable. Si on pouvait alors craindre que ces moments soient mal placés, ils réussissent à ne jamais interrompre le rythme global du projet, leur intégration se faisant toujours de façon naturelle. Par conséquent, même si l'ensemble a des défauts, je trouve que cette adaptation fonctionne à merveille. On y rigole, on est touché par moments et on est surtout impressionné par le naturel des deux acteurs principaux. Si tout n'est donc pas parfait, le film est très loin d'être raté. Pour conclure, un moment vraiment touchant.