Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre avec une “Rom’com française” en 2025, genre éminemment anglais ou américain, qui n’a donné lieu en France qu’à quelques imitations, correctes mais pas ouf, à la fin des années 2000, avec Virginie Efira ou Louise Bourgoin. Faut dire que autant le cinéma français aime décrypter les relations entre les êtres, autant si on lui demande de le faire en mode “Bulle de savon”, légère, cliché et inconséquente, accessible aux lecteurs et lectrices de Psychologies plutôt qu’à ceux de Jean-Paul Sartre, ça devient tout de suite très compliqué…mais franchement, ‘L’amour, c’est surcoté’ se situe pile là où il faut, ni trop prise-de-tête (malgré les intermèdes chez la psy), ni trop caricatural. Si on analyse les termes séparément, “Romantique”, ça veut dire que le film est capable de prendre la température de son époque, sans être trop au taquet sur les dernières tendances et modes qui risqueraient de le ringardiser en même pas deux ans, que l’amour triomphera à la fin après quelques secousses sans grande gravité et qu’on y parle sans arrêt de ken mais que rien ne prouve que ça kenne vraiment…et malgré tout, le résultat ne doit quand pas être trop neuneu. “Comédie”, ça veut dire que ça doit être drôle. Mais vraiment drôle, comme dans ‘Love actually’, pas comme dans un quiproquo avec des cadeaux de noël façon série Netflix. ‘L’amour, c’est surcoté’ fait tout bien comme il faut dans les deux catégories mais c’est évidemment du côté de l’humour que je l’attendais de pied ferme. Et là, dans une pure logique “Tir de barrage” qui n’est pourtant pas toujours synonyme de qualité (voir les films du fiston Hollande, par exemple), on tient quelque chose de complètement irrésistible où ce qui tombe à plat disparaît complètement derrière ce qui fonctionne et cartonne. Peut-être parce qu’en dehors de son Altesse la Princesse d’Italie venue s’encanailler dans le rôle de la psychologue, tous les autres sont issus du standup -, ou d’un génération d’humoristes arrivée très récemment au premier plan - et apportent donc un rythme très spécifique, ultrarapide, absurde, tchatcheur et en quête permanente de punchlines, parfois beauf pour le meilleur et pour le pire, avec des références à la fois françaises et américaines. Je ne dis pas que je m’y suis habitué facilement - il y a une dizaine d’années, les “comédies ” comme je les appelais me laissaient de glace - mais aujourd’hui, on y trouve ce que la comédie française a de plus percutant à offrir. Alors, n’hésitez pas : le fait qu’il s’imposer comme un des films les plus drôles de l’année écoulée permet à ‘L’amour, c’est surcoté’ de désarmer ceux qui manifestent une hostilité sourde envers les bluettes, en plus de tenir un discours assez juste et sans mièvrerie sur les traumas qu’on a la mauvaise habitude de refouler. Et puis, Laura Felpin est irrésistible…mais ça, c’est le cas à chaque fois, non ?