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4,0
Publiée le 9 septembre 2025
« Ça fait trois ans que rien n'est sérieux. » Depuis le décès de son meilleur ami Isma, Anis doute de tout et surtout de lui-même. Alors qu'il veut se prouver quelque chose, il aborde Madeleine, une fille très directe qui est tout l'inverse de lui. À partir de là, ce sont beaucoup de mensonges, certains pour bien se faire voir et d'autres pour se protéger... Cependant, "L'amour c'est surcoté" n'est pas l'un de ces films uniquement basés sur des quiproquos même s'il y en a, c'est une comédie à la fois dramatique et romantique qui est parfaitement équilibrée. C'est probablement la plus grande réussite de Mourad Winter qui arrive à faire un film très drôle, mais aussi touchant quand il parle du deuil et surtout du tabou de la santé mentale chez les hommes ou dans certaines communautés. On ne passe pas d'un extrême à l'autre, ça se fait progressivement sans tomber dans le mélodrame larmoyant. Un juste équilibre à l'image de cette romance qui fonctionne très bien, mais qui n'est jamais envahissante. Ils prennent leur temps et pendant ce temps-là, on profite des proches qui sont une énorme valeur ajoutée et forment une belle-famille. Il n'y a pas un personnage secondaire de raté même si François Damiens et surtout Benjamin Tranié tirent leur épingle du jeu. Ce dernier est vraiment hilarant. Un humour qui fait quasi-systématiquement mouche et tout le monde en prend pour son grade. Ça fait du bien, ça rigole les uns des autres avec légèreté et spontanéité. On dirait parfois que ce n'est pas écrit tellement les échanges sont naturels. Bref, "L'amour c'est surcoté" est une très bonne surprise, un film à la fois tendre, drôle, mélancolique et émouvant.
Au milieu de toutes les comédies sentimentales standardisées, ressemblant plus à des contes de fées qu'à la réalité, "L'amour c'est surcoté" vient contrebalancer un peu le genre, en proposant une histoire plus humaine, mêlant romance et drame en gérant plutôt bien l'équilibre entre les deux.
Dans cette histoire, Anis est un trentenaire qui ne sait pas s'y prendre avec les femmes. Depuis toujours, son meilleur ami était là pour le seconder pour draguer, mais depuis le décès de ce dernier il y a trois ans, c'est le calme plat. Jusqu'à ce soir où il fait la connaissance de Madeleine et prend son courage à deux mains. Malgré sa maladresse, va-t-il réussir à construire quelque chose avec elle ? Hakim Jemili interprète avec beaucoup de justesse un personnage très humain, un garçon qui ne sait pas s'y prendre avec les filles, et qui en plus de ça ne s'est pas remis de la mort de son meilleur ami. Face à lui, Laura Felpin est également très bonne dans le rôle de cette jeune femme déstabilisée face à Anis, et l'alchimie entre les deux acteurs fonctionne très bien. Mais à noter également la performance de Benjamin Tranié, très bon dans le rôle du pote faisant continuellement des blagues et remarques racistes. C'est touchant, mais aussi à certains moments à mourir de rire (certaines répliques m'ont vraiment fait éclater de rire !), et l'équilibre entre les deux est franchement bien géré. On n'échappe pas à la voix off du héros qui commente certains passages du film, mais le scénario a trouvé une bonne raison pour ça, plutôt bien pensée.
Une comédie romantique terriblement actuelle, bien ancrée dans notre génération, sur la naissance d'un couple dans lequel chacun cherche sa place. Sans être pour autant un film qu'on voudra voir et revoir, il est plutôt réussi.
Ennuyeux car jamais crédible et inutilement grossier, ce film nous désole par sa vision d'une France où l'on se moque d'une relation laborieuse entre un maghrébin pauvre et une vietnamienne riche. On ne nous épargne aucun cliché, il se rase les parties intimes avant un rendez-vous, elle aime le riz, ses amies zonent dans la cité et font du trafic, les parents bourgeois font de la chirurgie esthétique, la soeur bourgeoise est un transexuel, et la mère est atteinte d'une paralysie faciale dont tous se moquent. Bref, une film dont l'histoire est sacrifiée sur l'autel du sketch à tout-va.
Très agréablement surprise par ce mélange touchant de thèmes, de pics bien placés, d'humour pas lourd, de douceur, de profondeur. Un melting pot, glou iboulga vraiment bien ficelé pour une comédie française. Assez rare pour être souligné !
Film extrêmement vulgaire et cru du début à la fin. Les personnages semblent n'avoir aucun autre registre à leur disposition que l'invective ou l'insulte. Ça n'est pas gênant dans l'absolu, mais au bout d'un moment, on verse dans une forme de caricature stérile, qui camoufle mal le vide sous-jacent. Le film, brouillon et décousu, n'a strictement rien à dire.
Le "Show don't tell" sacro-saint principe qui sous-tend les œuvres de fiction, exige que l'on prenne le spectateur ou le lecteur par la main en instillant une ambiance, en tissant une atmosphère, en disséminant des indices... pour le happer, lui permettre de s'immerger en déployant son imagination et son intelligence en résonance avec le film.
Ici, c'est Tell don't show. C'est simple, rien n'est suggéré. Même les deux ou trois moments censés constituer l'acmé réflexive du film (mais on peine à quitter le plancher, les envolées restent d'un nouveau qui ne rendrait pas jaloux Donald Trump) sont soulignés à gros traits par la voix off. Aucun implicite. Il ne faudrait surtout pas perdre le spectateur avec des concepts ou des idées trop compliqués.
Certaines scènes viennent de nulle part, dans une forme de patchwork improbable. Parfois simplement vulgaires et sexuelles, parfois grotesques et dérangeantes, elles ne trouvent pourtant aucune cohérence avec le reste du film. Comme des parenthèses douteuses et déconnectées du reste. On ne sait pas vraiment ce que l'auteur a en tête ni là où il veut nous emmener. Peut-être ne le sait il pas lui-même.
Un film qui tire vers le bas. Abêtissant et sans âme.
"L’Amour c’est surcoté" est un film qui voulait jouer la carte du cynisme amoureux, en suivant les déboires d’un trentenaire désabusé. L'histoire souffre d’un cruel manque de rythme. Les scènes qui devraient s’enchaîner avec légèreté s’étirent, les dialogues tombent à plat, et les situations censées provoquer le rire déclenchent au mieux un sourire poli. Le problème tient aussi à un casting trop effacé : les comédiens principaux manquent de charisme et ne parviennent pas à porter le récit. On a souvent l’impression d’assister à une suite de sketches sans énergie, plutôt qu’à un film construit. Même la mise en scène reste sans relief, comme si Winter ne savait jamais sur quel pied danser : satire ? romance déglinguée ? comédie potache ? En cherchant un ton, il finit par n’en trouver aucun.
L’Amour c’est surcoté s’impose comme une comédie française comme on en voit trop rarement : drôle, sincère et profondément touchante. Le scénario regorge de moments d’émotions qui sonnent vrais et d’instants de pure sincérité, où l’humour se mêle parfaitement à la tendresse. Mourad Winter réussit à aborder différents messages avec finesse, sans lourdeur, en trouvant toujours le ton juste entre rire et réflexion. Le duo d’acteurs fonctionne à merveille : Laura Felpin incarne un rôle qui la met particulièrement en valeur, tandis qu’Hakim Jemili livre une performance à la fois drôle et bouleversante, qui surprend par sa justesse.
Si les dialogues tombent parfois dans la caricature et que la mise en scène reste assez banale dans sa forme, le film compense largement par une esthétique visuelle éblouissante et une énergie communicative. On se laisse embarquer par cette romance moderne qui, malgré quelques maladresses, respire l’authenticité et la générosité. Un petit vent de fraîcheur dans la comédie romantique française, qui redonne foi au genre.
Des avis tranchés de part et d'autre font hésiter quant à la démarche de franchir l'entrée de la salle de ciné. Et puis en fin de compte dès que c'est fait, on a une belle surprise et après réflexion , vous êtes amené à dire que c'est un film attachant qui sort des sentiers battus. Et donc, en dépit de quelques qualificatifs négatifs octroyés à la mise en scène (notamment "déroutante" aux yeux de certains). Certes, il y a pléthore de vannes et parfois "du cru"... joyeusement assumé... Ben, c'est ce qui concourt à l'originalité de cet "Amour surcoté".
J'aime beaucoup Hakim Jemili et son sourire ravageur. Beaucoup moins Laura Felpin, ni son personnage que j'ai trouvé plutôt antipathique. Du reste, je suis peut-être mauvais public mais cette comédie romantique n'apporte absolument rien de neuf au genre, hormis que les personnages n'ont toujours pas couché ensemble au bout de deux mois de vie de couple semble-t-il. Je ne sais pas quoi en penser. En fait, elle n'est ni drôle, ni intéressante.