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Padovani
4 critiques
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3,0
Publiée le 12 décembre 2024
Le livre m'avait vivement emballée. Le film m'a profondément ennuyée. Le personnage principal est exaspérant de débilité, le contexte social est quasi inexistant, les musiques synchronisées, de Goldman à Iron Maiden, qui marchaient si bien dans l'amour ouf, font ici l'effet d'un catalogue 90's.. et puis c'est long, très long... quelle déception.
Leurs enfants après eux. Film des jumeaux BOUKHERMA. Pour ma part, émotions en cascades, kleenex en chapelet ! Le jeune excellent Paul Kircher en ado dégingandé romantique et ...BEAU !!! Gilles Lellouche magistral, émouvant, topissime comme d'habitude d'ailleurs! Ludivine Sagnier qui transmet si justement cette position difficile au coeur du foyer ! Sans parler de l'ambiance générale du errement qui induit tous les maux et méfaits, dans un tourbillon vintage à souhait pour se régaler de notre jeunesse et réécouter les titres rock fabuleux Heureusement que je voie d'abord les films, avant qu'ils ne soient descendus par les analyses techniques dépourvues de sensibilité
Le roman éponyme de Nicolas Mathieu a reçu le Prix Goncourt en 2018. Ludovic et Zoran Boukherma l’ont adapté pour le cinéma. 140 minutes après, on se dit que ce film n’a qu’un handicap, celui d’être sorti dans la foulée de L’amour ouf et ses 4,7 millions d’entrées. Août 92. Une vallée perdue dans l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus. Anthony, quatorze ans, s’ennuie ferme. Un après-midi de canicule au bord du lac, il rencontre Stéphanie. Le coup de foudre est tel que le soir même, il emprunte secrètement la moto de son père pour se rendre à une soirée où il espère la retrouver. Lorsque le lendemain matin, il s’aperçoit que la moto a disparu, sa vie bascule. Un drame articulé autour d'une histoire d'amour de jeunesse – pas si ouf que ça - au cœur des années 1990, contexte social pesant, choc des classes, violence latente… bref du déjà-vu, allez-vous me dire. « Certes » répondrais-je, mais ici, on s’attache essentiellement aux pas du personnage d’Anthony autour duquel s’articulent tous les événements. Ça fonctionne et le très beau casting convainc complètement. Alors, on arrêtera le fastidieux « jeu des différences » avec le film de Lellouche. Intéressons-nous plutôt à celui des frères Boukherma. La mise en scène évite la stylisation pour rester à hauteur de personnage et en somme, simplement au service de l’histoire et de l’émotion. Un exemple : pas voix-off, pas de commentaires inutiles… un plan fixe sur les hauts-fourneaux à l’arrêt suffit à raconter la fin d’un monde. Nos cinéastes réussissent également la gageure de nous parler beaucoup d’ennui sans pour autant sans pour autant le provoquer – nombre d’exemples nous prouvent que c’est toujours un risque au cinéma -. Je n’ai pas lu le roman qui est à l’origine du scénario, mais je suis intimement persuadé qu’il fallait deux jeunes cinéastes pour emporter le morceau. – les deux jumeaux ont 32 ans -. Même si le film est un peu trop long et, à ce titre parfois répétitif, on se laisse happer par une histoire forte, des personnages incarnés et un casting, je le répète, formidable. Paul Kircher - Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir au dernier festival de Venise -, avait crevé l’écran dans Le règne animal. Son côté lunaire, fragile et touchant fait à nouveau merveille. Sayyid El Alami, lui aussi, est parfait et ses face à face avec le « héros » font partie des grands moments de ce film. La jeune et jolie Angélina Woreth tire parfaitement son épingle du jeu. Et des accessits bien mérités pour les « parents », Philippe Lellouche et Ludivine Sagnier. Un récit d’apprentissage, une fresque romanesque, une fable sociale… il y a de tout ça dans ce film fulgurant qu’il faut voir.
Il est difficile de ne pas comparer LEURS ENFANTS APRÈS EUX à L’AMOUR OUF, sorti il y a quelques semaines. Tous deux adaptent des romans racontant l’histoire d’amour entre deux adolescents, sur fond de violence et de vengeance. L’AMOUR OUF déroulait son intrigue dans les années 80, ici, ce sont les années 90 qui servent de toile de fond, chacune illustrant une époque différente tout en explorant la fracture sociale qui sépare les classes. Dans les deux cas, la musique joue un rôle primordial. Et comble de l’ironie, alors que Gilles Lellouche réalisait le premier, il campe ici un rôle secondaire.
Mais le constat est sans appel : tout ce que Lellouche a raté dans son film, les frères Boukherma le réussissent brillamment dans LEURS ENFANTS APRÈS EUX.
Ils évitent la démonstration maladroite et les excès d’effets qui plombent L’AMOUR OUF (je ne me suis toujours pas remis de ces baisers sur fond de couchers de soleil ou bien ce chewing-gum transformé en cœur battant la chamade…). Leur mise en scène reste épurée, mais n’oublie jamais de faire du vrai cinéma.
Le film flirte parfois avec les codes du western. Il offre aussi de très beaux moments, comme ce plan magnifique lors d’un bal qui raconte énormément de choses par l’image. La démesure et le côté hollywoodien vont ici laisser place à plus de pudeur et de retenue. Et ça fonctionne, car même si on a plutôt affaire ici à « l’amour flou », on s’attache aux personnages et on y croit.
Et on en arrive à un deuxième point qui fait toute la différence : quand tu n’écris pas tes personnages à la truelle, réussissant la prouesse de ridiculiser un casting quatre étoiles, ça fait toute la différence.
Le film repose principalement sur un trio de jeunes acteurs. Et même si j’ai toujours du mal avec le jeu « effacé » de Paul Kircher, sa relation avec Angelina Woreth s’avère d’une justesse désarmante, apportant une authenticité rare à leur histoire.
Ce duo est complété par un brillant Sayyid El Alami qui forme avec Paul Kircher deux faces d’une même pièce, avec la violence et l’humiliation qui vont dicter leur vie. Il livre un personnage complexe qu’il aurait d’ailleurs été intéressant de voir plus développé.
On notera d’ailleurs la toile de fond du contexte social de l’est de la France dont la désindustrialisation fait des ravages. On suit ces adolescents en quête de repères, d’avenir et cherchant à échapper à leur destin.
Mais forcément, le spectateur retiendra surtout un Gilles Lellouche bluffant dans un rôle sombre et ambigu. Il réussit par moments à être terrifiant pour finalement s’avérer très touchant.
Après, le film aurait peut-être mérité de passer sous la barre des deux heures pour réussir à maintenir sa tension tout du long. On pourra aussi lui reprocher son côté film jukebox et c’est vrai qu’il abuse un peu des standards musicaux des années 90. Mais il le fait plutôt bien et apporte un côté nostalgique à tous ceux qui ont traversé cette époque. Puis moi, tu me mets « Where Is My Mind » dans un film, forcément je perds un peu mon objectivité…
Inspiré par le roman éponyme de Nicolas Mathieu, couronné par un Prix Goncourt, "Leurs enfants après eux" se concentre sur une romance adolescente délicate tout en explorant avec une acuité remarquable la lutte des classes, la désindustrialisation et la misère sociale dans une France des années 1990. Ce choix permet de sublimer l'esthétique du film, qui brille par sa photographie ensoleillée, ses décors délicieusement nostalgiques et sa capacité à capturer l'insouciance d'un été qui change tout. Les ambiances des années 1990 sont recrées avec un soin méticuleux, des couleurs aux objets, en passant par les sonorités musicales et la bande son extra... Côté interprétation, les acteurs, à commencer par les deux jeunes protagonistes, livrent des performances justes et nuancées. Leur maladresse, leur fragilité, et cette incapacité à mettre des mots sur leurs émotions résonnent avec authenticité, et surtout, surtout, une interprétation fabuleuse de Gilles Lellouche en père alcoolique , déphasé, raté et malheureux . Le film prend son temps, tissant une histoire simple mais touchante, qui trouve son charme dans les silences, les regards volés, et les non-dits. Ces instants suspendus donnent toute sa profondeur à cette romance qui, bien que discrète, laisse une empreinte durable. Grace a la présence des thèmes sociaux , "Leurs enfants après eux" se révèle être une œuvre plaisante et profondément esthétique. Il invite à une forme d'évasion, privilégiant la douceur de l'émotion à la dureté de la réalité. Un bel hommage, à une époque et à ces instants fugaces qui marquent à jamais l’adolescence.
Un très beau film dans la lignée de "L'amour ouf" un des gros carton de l'année avec cette romance "impossible" de deux protagonistes qui n'ont pas grand chose en commun. Lui un peu pataud, pas très beau , sans réel avenir et elle jolie comme un coeur avec l'ambition de partir à Paris faire des études mais l'amour... bien évidement rien n'est simple et le fait d'avoir 3 "histoires" dans le même environnement qui s'entrechoquent donne des évènements aussi bien positif que négatif...félicitations aux 3 "gamins"Kircher/Woreth et El Alami chaperonné par un Lellouche encore une fois très juste. Une belle histoire et en même temps triste , on espère toujours par moment que certaines scènes les changeront bref j'ai beaucoup aimé. NOTE 8.25/10
J'ai trouvé ce film déprimant du début à la fin...
On comprend que ces régions sinistrées (bassins houliers ou sidérurgiques...) , Nord, Lorraine, etc... ont connu des drames à la suite de ces grandes mutations de la fin du 20ème siècle: chômage, alcoolisme, familles désunies, etc...
Mais il me semble qu'il y a dans ces représentations une sorte de plaisir morbide de ces pauvres gens qui survivent, en somme, beaucoup avec dignité, certains dans la débine. La jeunesse ne pense qu'à se tailler, mais plus facile à dire qu'à réaliser...
Je reconnais la grande justesse de l'interprétation, jeunes et vieux.
Mais c'est tout ! je ne peux pas dire que j'ai aimé cet étalage de tristesse et de malheur...
Très bon film qui nous plonge dans le quotidien d'une région économiquement sinistrée du début des années 90 et d'une jeunesse désœuvrée. Il y a une réelle tension dans ce film et le jeu de ces jeunes acteurs y est authentique. Une fresque sociale à voir portée par une bonne BO.
J’attendais beaucoup de ce film et je ne suis pas ressorti déçu. On y évoque le grand amour, l’ennui, le déterminisme social à travers une fresque en quatre temps. La photo et la musique y sont magnifiques. Une pièce sur le César du meilleur second rôle pour Gilles Lellouche. Et quel bonheur de voir l’éclosion et la confirmation de jeunes talents : Paul Kircher, Louis Memmi ou encore Angelina Woreth.