Leurs Enfants après eux
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394 critiques spectateurs

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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 599 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2024
Une moto et des hommes

Le roman éponyme de Nicolas Mathieu a reçu le Prix Goncourt en 2018. Ludovic et Zoran Boukherma l’ont adapté pour le cinéma. 140 minutes après, on se dit que ce film n’a qu’un handicap, celui d’être sorti dans la foulée de L’amour ouf et ses 4,7 millions d’entrées. Août 92. Une vallée perdue dans l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus. Anthony, quatorze ans, s’ennuie ferme. Un après-midi de canicule au bord du lac, il rencontre Stéphanie. Le coup de foudre est tel que le soir même, il emprunte secrètement la moto de son père pour se rendre à une soirée où il espère la retrouver. Lorsque le lendemain matin, il s’aperçoit que la moto a disparu, sa vie bascule. Un drame articulé autour d'une histoire d'amour de jeunesse – pas si ouf que ça - au cœur des années 1990, contexte social pesant, choc des classes, violence latente… bref du déjà-vu, allez-vous me dire. « Certes » répondrais-je, mais ici, on s’attache essentiellement aux pas du personnage d’Anthony autour duquel s’articulent tous les événements. Ça fonctionne et le très beau casting convainc complètement.
Alors, on arrêtera le fastidieux « jeu des différences » avec le film de Lellouche. Intéressons-nous plutôt à celui des frères Boukherma. La mise en scène évite la stylisation pour rester à hauteur de personnage et en somme, simplement au service de l’histoire et de l’émotion. Un exemple : pas voix-off, pas de commentaires inutiles… un plan fixe sur les hauts-fourneaux à l’arrêt suffit à raconter la fin d’un monde. Nos cinéastes réussissent également la gageure de nous parler beaucoup d’ennui sans pour autant sans pour autant le provoquer – nombre d’exemples nous prouvent que c’est toujours un risque au cinéma -. Je n’ai pas lu le roman qui est à l’origine du scénario, mais je suis intimement persuadé qu’il fallait deux jeunes cinéastes pour emporter le morceau. – les deux jumeaux ont 32 ans -. Même si le film est un peu trop long et, à ce titre parfois répétitif, on se laisse happer par une histoire forte, des personnages incarnés et un casting, je le répète, formidable.
Paul Kircher - Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir au dernier festival de Venise -, avait crevé l’écran dans Le règne animal. Son côté lunaire, fragile et touchant fait à nouveau merveille. Sayyid El Alami, lui aussi, est parfait et ses face à face avec le « héros » font partie des grands moments de ce film. La jeune et jolie Angélina Woreth tire parfaitement son épingle du jeu. Et des accessits bien mérités pour les « parents », Philippe Lellouche et Ludivine Sagnier. Un récit d’apprentissage, une fresque romanesque, une fable sociale… il y a de tout ça dans ce film fulgurant qu’il faut voir.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2024
Si la logique existe, il n'y a aucune raison que Leurs enfants après eux ne connaisse pas un succès comparable à L'amour ouf, tellement on peut y déceler des points communs : la durée, l'aspect social, un amour contrarié, les ellipses temporelles, sans parler de Gilles Lellouche, lequel, pas à la réalisation mais dans un second rôle poignant surpasse largement les autres interprètes du film, bien que Ludivine Sagnier, Angela Woreth et Sayyide El Alami, entre autres, soient des plus convaincants (un bémol pour Paul Kircher, au jeu inégal). Pour les cinéastes, Ludovic et Zoran Boukherma, c'est évidemment un sacré virage, eux qui avaient réussi leurs premiers films de genre, mais leur maîtrise du romanesque n'est finalement pas une surprise. Du livre éponyme de Nicolas Mathieu, Goncourt 2018; on pouvait lire ceci, en quatrième de couverture : "Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments des années 90 pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux." Dans son adaptation plus que fidèle, le film respecte la trame et le décor de l'ouvrage et même si le style de l'auteur ne se retrouve pas vraiment à l'écran, les deux frères réalisateurs inventent leur équivalent, dans une mise en scène sobre mais parfois éruptive, dans une mélancolie prégnante et une B.O très présente (trop ?), capable du plus grand écart, d'Aerosmith à Cabrel. C'est sur la longueur que Leurs enfants après eux gagne son pari de fresque habitée, avec les désillusions qui priment, dans cette vallée de larmes.
Luc Renders
Luc Renders

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2024
Grosse déception en ce qui me concerne. Personnages pas si intéressants que ça, pas mal de clichés, film sensé être dense mais finalement interminable
CinÉmotion
CinÉmotion

220 abonnés 226 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2024
Les frères boukherma régalent de nouveau avec ce nouveau film présentant une fresque générationnelle à la fois magnifique et violente d'un adolescent sur 4 périodes de sa jeunesse, de 1992 à 1998. Scénario adapté du roman du même nom, et qui s'avère très bouleversant. L'adaptation et la mise en image est très réussie. La photographie est somptueuse, les plans road trip en moto, le face à face dans la piscine, les face à face entre Anthony et Hacine, les scènes autour du bal du 14 juillet... plein de plans sublimes en tête. Le casting est aussi une réussite. Angelina Woreth (Stéphanie) est merveilleuse, captivante, Sayyid el Alami (Hacine) confirme son talent et sa progression de film en film, Paul Kircher (Anthony) est lui aussi très poignant,malgré le fait que sa palette d'acting soit légèrement plus restreinte je trouve par rapport au reste du casting, peut-être un peu moins régulier en acting tout le long du film... je dirais qu'il démontre une certaine expressivité dans sa non-expression. Mais le plus surprenant et incroyable reste Gilles Lellouche, quelle prestation de sa part, c'est tellement rare de le voir dans un rôle si dramatique et avec une dimension si poignante, il m'a cueilli !
Le film est évidemment aussi un régal pour les oreilles, avec des BO à foison, passant par tous les gens et les goûts, mais qui sont toujours utilisées de façon pertinentes et qui renforcent les scènes de la meilleure des façons.
Le film est vraiment une réussite, et les frères Boukherma prouve une nouvelle fois qu'ils vont compter dans le cinéma français. Seulement 32 ans... quel talent ! Surement des nominations pour ce film aux prochains Cesars, que ce soit en révélation ou en artistique...
Jackpopopote
Jackpopopote

30 abonnés 144 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 décembre 2024
C’est raté. Malgré de belles images, l’histoire sonne creux. Il manque la dimension sociale. C’est certainement un choix car difficile de le mettre en scène. Dommage car on sent qu’il y avait matière à une œuvre plus profonde. Le scénario semble en conséquence sur courant alternatif.
Chez les acteurs, on regrette que Kircher cache sa dimension dramatique derrière ses cheveux… C’est systématique dès que la scène monte en intensité, ça en devient désopilant. Là encore c’est certainement un choix de mise en scène qui s’avère peu judicieux.
Par contre, Lellouche est la seule lueur de jeu tellement il est bouleversant de vérité.
Simon Bernard
Simon Bernard

205 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 décembre 2024
Dans une ancienne cité ouvrière dont les hauts fourneaux ont fermé, participant à une crise sociale dans tous les quartiers, deux adolescents vivent une jeunesse enchantée des années 90s. Anthony rencontre Stéphanie. Afin de la séduire, il emprunte la moto de son père, étant conscient que les risques sont élevés en cas de problème.

spoiler: "Leurs enfants après eux" m'a fait l'effet d'un mini "l'amour ouf", avec moins de budget. Le film est assez vibrant et clipesque, doté d'une musique solide et l'on suit les deux amants sur plusieurs périodes. J'ai trouvé que le récit se perd à de nombreuses reprises dans les multiples tiroirs qu'il ouvre et referme en permanence : l'amour, la parentalité, l'alcoolisme, la violence, le racisme, les villes ouvrières etc. L'image est ultra-violente à beaucoup de moments et m'a mise mal à l'aise. Il y a une forme de gratuité dans le traitement de la violence.
Cinemadourg

905 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2024
Tiré du roman éponyme de Nicolas Mathieu (Prix Goncourt 2018), ce drame offre des portraits saisissants d'adolescents de 1992 à 1998, dans une banlieue désoeuvrée de l'Est de la France : premiers émois, désillusions et rêves de liberté.
Malgré sa longueur (2h21), on ne voit pas le temps passer tant le film est bourré de peps et de sincérité.
Paul Kircher, ébouriffant de fraîcheur, crève l'écran dans son rôle de jeune en quête de repères.
Gilles Lellouche m'a ému aux larmes dans le costume de ce père alcoolique un peu dépassé par les événements...
Une plongée dans les années 1990 qui vous serre le coeur autant qu'elle vous donne le sourire !
Vivant, poignant, authentique, nostalgique : une belle réussite !
Site CINEMADOURG.free.fr
OLLIMAG
OLLIMAG

20 abonnés 4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 décembre 2024
Vu en avant première, adaptation tentée mais à côté du sujet social, on croit moyennement à tout. Les acteurs sont tous très bons mais on ne retrouve pas les messages et la sensibilité de Nicolas Mathieu.
Claudine G
Claudine G

229 abonnés 518 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 décembre 2024
J'ai eu beaucoup de mal à rester jusqu'au bout de la séance. D'abord les propos des deux adolescents dès le début m'ont choquée, ensuite leur histoire, aucun intérêt. Un film violent, vulgaire avec certes pas de mauvais acteurs mais pas de "quoi se relever la nuit". Un pur navet (apparemment le livre est plus intéressant...).
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 747 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 décembre 2024
Film très dur et pas très intéressant, si c'est l'héritage que nous avons laissé aux enfants pas étonnant qu'ils ont du mal dans la vie, il y a tout, la violence, la drogue, la cigarette, l'alcool et un gros manque d'amour, pas grand chose de positif même si on comprend que c'est en majorité dans un milieu social pas très favorisé, on en sort un peu démoralisé
belavox
belavox

3 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 décembre 2024
Aucun personnage pour sauver l’autre, ils sont tous laids et méchants ! Aucune humanité ! Plombants …
joelle g
joelle g

102 abonnés 945 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 décembre 2024
Je n’avais pas été très emballée par le livre….que j’avais lu parce qu’il se déroulait en Moselle dans cette vallée de la sidérurgie….ma région natale qui m’a nourrie….
Tout naturellement je suis allée voir le film , en pensant qu’il puisse me plaire..eh oui …
Ce ne fut pas le cas …
Pas de scénario ,une succession de scènes , sans lien , et donc impossible de ressentir la moindre compassion pour les personnages …de s’imprégner de l’ambiance…
Seul point positif : les paysages , les hauts fourneaux, les rues….une belle retranscription de la région des années 90
selenie

7 444 abonnés 6 649 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2024
Immersion dans les années 90, Gilles Lellouche, et second sur la ligne de départ forcément ce film va pâtir de la comparaison avec son aîné "L'Amour Ouf" (2024). Et pourtant, s'il manque sans doute un peu de souffle comparé à "L'Amour Ouf" il y a trois paramètres essentiels qui vont faire la différence : d'abord un jeune personnage principal plus touchant et moins antipathique, une violence traitée avec beaucoup moins de complaisance, et puis un Gilles Lellouche acteur qui démontre une fois encore qu'il est un grand acteur. Il y a bien quelques détails qui gênent surtout que le héros a exactement l'âge de mon adolescence à la même période. Néanmoins, la ligne directrice est bien menée jusqu'à une sorte de vendetta corse qui prend des proportions tragiques, tandis que les sous-intrigues enrichissent le récit de la bonne manière, importantes et bien intégrées sans jamais se vampiriser les unes les autres. On apprécie surtout la fin, qui propose des petites et jolies alternatives au destin si il avait été différent. Plusieurs passages sont d'une grâce aussi belle qu'émouvante et on choisira encore toute la partie du bal Un très beau et très bon film qui réussit l'exploit de surpassé "L'Amour Ouf"...
Site : Selenie.fr
Roger D
Roger D

106 abonnés 1 170 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2024
Un très beau film dans la lignée de "L'amour ouf" un des gros carton de l'année avec cette romance "impossible" de deux protagonistes qui n'ont pas grand chose en commun. Lui un peu pataud, pas très beau , sans réel avenir et elle jolie comme un coeur avec l'ambition de partir à Paris faire des études mais l'amour... bien évidement rien n'est simple et le fait d'avoir 3 "histoires" dans le même environnement qui s'entrechoquent donne des évènements aussi bien positif que négatif...félicitations aux 3 "gamins"Kircher/Woreth et El Alami chaperonné par un Lellouche encore une fois très juste. Une belle histoire et en même temps triste , on espère toujours par moment que certaines scènes les changeront bref j'ai beaucoup aimé.
NOTE 8.25/10
Yves G.

1 845 abonnés 4 015 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 décembre 2024
Anthony (Paul Kircher) a quatorze ans. L’été s’étire interminablement à Haillange (sic), une petite ville de Moselle frappée par la désindustrialisation. Pour échapper à un père alcoolique (Gilles Lellouche) et à une mère désabusée (Ludivine Sagnier), Anthony traîne avec son cousin, tombe amoureux de Stéphanie (Angelina Woreth), pique la vieille moto de son père pour la suivre en soirée, se frite avec Hacine (Sayyid El Alami), un voyou d’une cité HLM.
Les années passent. Anthony grandit….

"Leurs Enfants après eux" avait eu, à sa sortie en 2018 un succès mérité. Ce gros bouquin de plus de quatre-cents pages, écrit par un jeune auteur quasi-inconnu, avait décroché le prix Goncourt.

Son adaptation par les frères Boukherma ("Teddy", "L’Année du requin"), qu’on n’attendait guère dans ce registre-là, lui est très fidèle. Trop peut-être. Le livre est en effet feuilletonnesque, qui se divise en quatre parties qui se déroulent chacune à deux ans d’écart durant les étés 1992, 1994, 1996 et 1998. Il se serait peut-être mieux prêté à une mini-série en quatre épisodes qu’à un film, quand bien même la durée de celui-ci dépasse largement les deux heures.

Ce premier reproche n’est pas le seul que j’adresse à ce film qui m’a beaucoup moins plu que le livre dont il est tiré.

Je dois d’abord confesser un sentiment très subjectif. Je déteste Paul Kircher – dont je n’arrive pas à m’ôter de la tête qu’il doit sa carrière à sa parenté (il est le fils de Jérôme Kircher et d’Irène Jacob) plus qu’à son talent. Je n’aime pas son air ahuri. Je le trouve très mal choisi pour ce rôle où il est censé camper un prolétaire déclassé alors que tout exsude chez lui la bonne éducation germanopratine.

Autre reproche lui aussi très subjectif : "Leurs enfants après eux" souffre de la comparaison avec "L’Amour ouf" sorti sept semaines plus tôt (même époque, même structure du récit, même thématique de l’amour de jeunesse face à l’épreuve du temps qui passe) qui le surpasse selon moi sur tous les plans.

Troisième reproche : "Leurs enfants après eux" manque désespérément de rythme. On dirait qu’il est resté prisonnier du roman dont il suit scrupuleusement le récit. Mais ce qui marchait à l’écrit marche moins bien à l’écran. Le film dure, s’étire, interminablement.

Quatrième et dernier reproche : le livre tirait tout particulièrement sa valeur du tableau sociologique qu’il dressait d’une certaine France périphérique (le livre de Christophe Guilluy avait été écrit trois ans plus tôt et l’expression faisait florès), engluée dans la désindustrialisation, le chômage, l’alcool et l’ennui. Ses éléments-là ont été largement gommés du film qui se concentre sur le trio de personnages principaux : Anthony, Hacine et Stéphanie. Les frères Boukherma cèdent à leur penchant et signent un film noir voire un western là où le parti de l’hyperréalisme aurait été sans doute plus approprié.

Quelques bémols – ou plutôt quelques dièses – à cette longue liste de reproches. La BOF, pas bof du tout, qui mélange audacieusement des adaptations de Cabrel, de Johnny, de Goldman avec les Pixies et Metallica. Et Gilles Lellouche – derrière la caméra pour "L’Amour ouf", devant elle dans "Leurs enfants après eux" – dans le rôle paroxystique du père alcoolique d’Anthony.
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