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Regis
3 critiques
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5,0
Publiée le 12 décembre 2024
A ceux qui ont trouve le film long et ennuya t c'est qu'ils n'ont pas compris l'essence de ce film. Oui il n'est pas sans rappeller l'amour ouf, donc si vos ne l'avez pas aimé ne tenter pas celui ci. Une BO incroyable qui nous replonge dans les années 90. Un mal de vivre de ces ados qui est sublimé par leur coté naïfs, soumis partiellement au patriarcat potentiellement violent. Des tetes baissées sans paroles qui expriment tout le desarroi de l'ennui et du besoin d'être véritablement aimé comme on pouvait l'avoir à l'epoque. Ce père meurtit par ce fils absent . Oui ces longueurs sont intenables, c'est pour mieux vous prendre aux tripes, mieux vous ramener au temps où on avait le temps. Ce temps perdu aujourd'hui à zapper sur votre téléphone qui fait que certains disent que ce film est lent. Les tensions dans les regards dans la nonchalance fait que ce film est beau touchant. Le jeu de l'ensemble des acteurs de cette nouvelle génération est tellement sincère et authentique. Ce film aurait pu durer 1h de plus et justement cultiver ces scènes de vie d'une famille malheureusement semblable à notre enfance
Malgré quelques incongruités scénaristiques spoiler: (comme Hocine qui veut sauver Patrick juste après l'avoir suivi pour lui faire sa fête, le football qui rapproche les hommes, même ceux qui s'en veulent à mort) , certains anachronismes lexicaux spoiler: (je suis désolé, mais dans les années 90 on ne disait pas "bipolaire" mais plutôt "maniaco-dépressif", pas plus qu'on utilisait le mot "cassos", tous deux venus plus tard) , ce film dramatique est une belle photographie de la jeunesse désœuvrée de l'Est de la France dans les 90's avec ses joies, ses rêves et ses peines. De plus, il est porté par des acteurs superbes, aussi bien pour les premiers (quelle fraîcheur chez ce Paul Kircher en jeune homme qui se cherche !), que pour les seconds rôles (Gilles Lellouche n'a jamais été aussi touchant en père à côté de la plaque !). Nostalgique et émouvant, ce long-métrage est également sublimé par une bande originale qui propose tout ce qui se faisait de bien à l'époque ! Une œuvre bien agréable à visionner qu'on pourrait rapprocher de "L'amour ouf" mais en nettement mieux !
J’attendais beaucoup de ce film et je ne suis pas ressorti déçu. On y évoque le grand amour, l’ennui, le déterminisme social à travers une fresque en quatre temps. La photo et la musique y sont magnifiques. Une pièce sur le César du meilleur second rôle pour Gilles Lellouche. Et quel bonheur de voir l’éclosion et la confirmation de jeunes talents : Paul Kircher, Louis Memmi ou encore Angelina Woreth.
Le film montre sur plusieurs années le devenir d'un petit groupe de personnes dans un petit village de l'est de la France dans les années 1980-90 : les jeunes qui zonent, se droguent et ont leur première expérience sexuelle, un père qui boit et a des accès de violence, des règlements de compte. Pas grand intérêt. Les relations entre les différents personnages de ce film sont assez dures : de la violence, de la haine (en avant les doigts d'honneur), du désespoir. Une bonne bande son adaptée à l'époque et bien filmé dans l'ensemble.
Après deux premiers films intrigants mais inégaux, les frères Boukherma réalisent avec cette adaptation d un prix Goncourt un film magnifique sur l adolescence. J ai été pris, touché, ému, par cette manière de montrer cette période de la vie faite d échecs, de malaise, de moments gênants parfois minables mais où les sentiments sont exacerbés. Avec en toile de fond l est de la France dans les années 90, il montre une région qui souffre de la désindustrialisation qui fait exploser le tissu social et fracture la société. La mise en scène est soignée, ainsi que la direction artistique et on a le droit à des moments de cinéma de toute beauté. Le casting est formidable, les jeunes acteurs sont très justes et Ludivine Sagnier et Gilles Lellouche trouvent des rôles parmi les plus remarquables de leurs carrières. Je ne reprocherais au film que son côté Juke Box pour évoquer ces instants de cette décennie, mais ce n est qu une broutille face aux qualités indéniables dont il fait preuve.
Adaptation du prix Goncourt de Nicolas Mathieu réalisé par les frères Boukherma que j'ai bien aimé dans sa globalité même s'il ressemble à un autre film récent avec un point commun Gilles Lellouche, réalisateur de "L'amour Ouf", comédien et producteur ici, les deux longs métrages sur plusieurs années et celle de la décennie 90's, l'atmosphere de cette époque, que ce soit musicale , accessoires de modes ou évènements, puis les enjeux dramatiques de l'histoire sont passionnantes. Tout commence l'été 92 dans le nord de la France ou deux adolescents , pour impressionné une jolie fille, vont à une soirée et empreinte la moto du père auquel ils vont se la faire voler par des gens de banlieue dangereux. Commence dès tensions sur plusieurs années, une mère bipolaire, un père alcoolique violent, des flirts, des 400 coups, mais on suit de façon intéressante l'évolution des personnages. Je me suis un peu identifier à cette œuvre car je suis de la même génération que les personnages de cette période là, époque bien retranscrite à l'écran par les frères Boukherma. Jolie bande originale de l'époque qui évoque des souvenirs. Le casting est impeccable avec Paul Kirscher , Gilles Lellouche, Ludivine Sagnier en-têtes. Pas mal.
Le film est beaucoup trop long et les deux intrigues, l’amoureuse et la conflictuelle, restent hermétiquement parallèles, ce qui nuit à la fluidité du film. Les acteurs sont très bons et il y a de belles scènes lyriques mais la musique est trop présente et on aurait pu couper une bonne demi-heure au montage. Bref une déception surtout après toutes ces critiques élogieuses.
Comédie adapté du roman de Nicolas Mathieu, prix Goncourt s'il vous plait, par les frères Zoran et Ludovic Boukherma. J'ai laissé quelques jours "infuser" cette suite d'images bouleversantes à plus d'un titre. En effet, que ce soit le lieu sinistré des anciens hauts fourneaux de Moselle, ou la qualité de la photographie des jeunes désœuvrés à moto, à la fête foraine locale, ou face à de simples bières le plus mal installés possible, le tout dans une misère sociale dont le tableau est particulièrement bien brossé ! Le scénario nous promène sur une vingtaine d'années, avec des musiques aussi fabuleuses qu'entrainantes, et dégage une noirceur rare, à travers les regards, les comportements et attitudes de personnages entiers, tels Gilles Lellouche impeccable, ou Ludivine Sagnier ( Hélène ), mais surtout les enfants absolument émouvants et déterminés... La tension atteint des niveaux rarement vus, voire simplement suggérés. Paul Kircher ( Anthony ) est parfait dans un rôle improbable, passant littéralement par tous les stades possibles d'ado des années 90'. Pour moi le timing qui peut sembler long, est justement dosé pour tenter de digérer un film dense et puissant, pour aller au delà du drame lattant.... !!**
Violence sociale, amour impossible, poids de l'hérédité... Tout cela a déjà été tant écrit et tant filmé qu'il fallait une approche originale pour étonner le spectateur. Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Le sentiment de déjà vu l'emporte, avec des pointes de caricatures de-ci de-là. On s'ennuie ferme et ce n'est pas le jeu (ou plutôt l'absence de jeu) de Paul Kircher qui réveillera le spectateur. Oubliable.
Adapté du roman multi-primé de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux brosse le portrait d’une jeunesse en suspens, dans une vallée industrielle de l’Est de la France. Anthony, 14 ans, grandit dans un monde figé, entre espoirs flous et colères sourdes. En quatre étés, sa vie va doucement basculer, entre désillusion sociale, premiers amours et perte d’innocence.
Les frères Boukherma signent une mise en scène d’une grande finesse : la lumière d’été, les silences entre deux fêtes, les regards perdus dans les champs – tout participe d’un réalisme poétique et mélancolique. Les choix musicaux – Nirvana, Metallica, Pixies – renforcent l’inscription dans les années 90, tout en nourrissant une tension sourde.
Paul Kircher est d’une justesse bouleversante. Il incarne Anthony avec une intensité retenue, déchirante. À ses côtés, Sayyid El Alami livre une performance magistrale, tout en failles et en non-dits. Angelina Woreth complète ce trio avec grâce et subtilité. Ensemble, ils donnent corps à une adolescence brute, loin des clichés, pleine de désir, de maladresse et de rage contenue.
Si le film ne reprend pas toute la richesse chorale du roman, il opte pour une ligne plus sensorielle, centrée sur Anthony. Ce choix resserre le récit autour du corps, du regard, de la pulsion. Moins politique que le livre, l’adaptation n’en demeure pas moins profondément sociale – mais par la forme, plus que par le discours.
Beaucoup d'émotions sur cette tranche de vie adolescente dans une France en mutation. Du presque Ken loach tricolore, ce n'est pas si fréquent, goûtons donc notre plaisir.
Dans la même veine que "L'amour ouf". Un film hyper surcoté, trèèès ennuyeux et long, au scénario bidon, avec des acteurs peu convaincants (en particulier les 2 protagonistes qui ne laissent passer aucune émotion). Comme pour tous les films se déroulant à cette époque, le film se raccroche à une bande-son des années 90 avec quelques bons titres mais cela ne suffit pas à faire un bon film, ça se saurait ! Je n'accroche décidément pas à Paul Kircher qui ferait mieux d'éviter les tirages de langue et les sourires niais (ainsi que de répéter à tout bout de champ "t'es belle"). L'actrice Angelina Woreth est totalement dépourvue de charisme. spoiler: Histoire de vengeance cliché à laquelle on n'adhère pas du tout : pourquoi n'y a-t-il pas de dépôt de plainte après le vol et l'incendie de la moto ? Après les bagarres ? A la fin les 2 jeunes semblent réconciliés : aucune crédibilité ! Histoire d'amour tirée par les cheveux : Anthony fait une fixette sur une fille plus âgée que lui qu'il n'a vue que 3 ou 4 fois. Quand il la surprend en train de coucher avec son pote, juste après, il lui donne un petit papier pour lui fixer un rendez-vous amoureux (???), ensuite il se fait étrangler et frôle la mort mais il se rend quand même à ce rendez-vous (où il n'est pas du tout sûr qu'elle sera), et évidemment elle vient de partir et il se met à pleuvoir des cordes... Cliché et mélo à souhait. Cette famille elle-même est peu crédible, absolument aucune ressemblance physique entre les différents membres, et que dire du cousin qui parle avec l'accent corse ! Un problème également d'anachronisme avec l'emploi d'expressions inusitées dans les années 90 (entre autres, "grave", "cassos", "il va me défoncer", "je vais te fumer", "un ouf"...) et des câbles internet sur les murs des maisons.
La grande force du roman résidait dans son style littéraire dingue pour évoquer l'adolescence, l'ennui, le désir. Aucun film n'est évidemment capable de reprendre cela à son compte. Pour le reste les frères Boukherma restituent assez fidèlement le propos du livre : la reproduction des milieux sociaux et comment échapper à son environnement d'origine. Surtout, ils parviennent à conserver deux éléments clés du roman: la sensualité décuplée propre à l’adolescence et la restitution sensible des années 90 par Nicolas Mathieu. Les plans sont soignés. L'image, toujours proche des corps, avec son rendu façon "pellicule" (grain et couleur) participe à rendre cette chronique sociale charnelle, à fleur de peau. Je trouve que les clins d'oeil nostalgiques aux années 90, les évocations du contexte socio-économique, sont justement dosés et évoqués juste ce qu'il faut pour servir de décor au déploiement de l'histoire. Le gros bémol, selon moi c'est Paul Kircher, qui plombe chaque plan par son absence de charisme, trop amorphe et sans expression. On peut y voir un choix artistique mais vu ses précédents films j'en doute. C'est d'autant plus dommage que le reste de la distribution est remarquable de justesse. Voilà sans doute pourquoi j'ai eu du mal à rentrer dans ce (trop ?) long métrage. Et néanmoins, passé la première moitié, plus on avance et plus on est happé par cette histoire d'une évasion impossible. Et la film s'avère bouleversante de mélancolie, notamment autour de la trajectoire de Gilles Lelouche. Un samedi soir sur la terre... 3.5/5