Leurs enfants après eux marque, dès le début, par sa mise en scène minutieuse et toujours élégante. Le soin accordé à la reconstitution historique témoigne, là encore, d'un travail soigné et d'un amour évident pour la période dans laquelle les évènements se déroulent. Dès lors, le spectateur est plongé au coeur des années 90 sans la moindre difficulté et l'ambiance chaleureuse et nostalgique parvient à nous happer très rapidement. D'autant que, rappelons-le, les cinéastes nous offrent, visuellement, du vrai cinéma. Bien que guère très originale, l'histoire est plutôt plaisante à suivre et l'évolution des personnages parvient à nous intriguer tout le long. Malheureusement, c'est dans l'écriture de ces derniers, assez désagréables dans l'ensemble, que le premières limites de la réussite de ce film commencent à être atteintes. Si l'intention des réalisateurs est limpide en nous proposant des personnages écorchés, en résulte surtout un sentiment d'indifférence quant à leur sort tant ils sont incapables de susciter l'attachement. Toutefois, le principal frein qui rend le visionnage pénible et provoque le détachement du film, à mes yeux, est l'interprétation de son acteur principal, à savoir Paul Kircher. Je le trouve systématiquement en décalage avec son rôle, mais aussi du ton du film et il me semble soit, en surjeu, par moment, tout en étant paradoxalement, souvent impassible, ce qui peine à convaincre. Ce constat est problématique car le personnage d'Anthony est le coeur du récit et si on ne s'attache pas à lui, le film semble alors vain. C'est dommage, vu les thématiques abordées, le récit poignant et l'ambiance très travaillée, Leurs enfant après eux aurait pu être film fort et générationnel. Je recommande quand même de le regarder car l'interprétation de Kircher représente un obstacle purement subjectif.