2 points forts à ce film :
D’abord, les frères Boukherma savent filmer, c’est indéniable. Il y a de belles scènes (à moto, direction soirée)
Ensuite Gilles Lellouche est un acteur formidable, très intense qui se bonifie comme un grand cru français.
Passons à ce qui est moins bon :
Ce qui nous amène à l’histoire d’amour. Je ne sais pas pour vous mais pour moi, Anthony, il me fait un peu flippé. Il a pas l’air tout à fait fini. Un type qui me poursuit pendant 6 ans en me répétant « t’es beeelle (rhaaaa). J’suis inquiet… il y en avait un, là où j’habitais qui faisait ça, il avait 45-50 ans et habitait chez ses parents. Un handicap mental, un enfant… Il était gentil, on l’aimait bien.
On se demande bien ce qu’elle lui trouve l’étudiante bourgeoise de sciences politiques. Même physiquement, c’est plutôt capitaine Flam en version fondue.
De tous les personnages, je crois qu’Anthony est le moins séduisant. C’est ennuyeux pour un personnage principal (sauf dans Rain Man). Le cousin ou Hacine, je comprendrai, ils ont un certain charisme. Ils parlent ! Mais Anthony, il est très limité quand même…
En résumé, difficile de se projeter dans cette romance.
Ensuite, je ne me sens pas dans les années 90. L’action pourrait se situer sur n’importe quelle décennie. Dans ce film, la jeunesse dans l’Est de la France sinistrée, ça semble quand même vraiment ron-ron avec ses bals, ses fêtes foraines ou ses soirées bourgeoises. Alors, oui, c’était certainement ça aussi, mais du coup, l’ennui devient un moteur de créativité, surtout en période de crise sociale. Or ce moteur n’est pas activé dans ce récit. Ici, les personnages sont passifs et les jours se succèdent.
D’ailleurs l’aspect social ça n’est pas vraiment un sujet dans ce film. La rébellion est plus tournée vers les pères que vers l’injustice sociale. L’un est alcoolique (l’abattoir de Zola) et l’autre, plus intéressant - le père d’Hacine - questionne superficiellement l’intégration.
Quelque part, tout n’est pas si gris et glauque que cela dans l’Est de la France sinistrée. On a des lacs, entourés de verdure où se baigner en été avec des plateformes de bronzing. On plonge, on les rejoint à la nage- 2 belles jeunes filles sont là - on est trempé de la tête aux pieds - normal, on a plongé - mais comme les choses sont bien faites, sur les plateformes on trouve du matos, un briquet et des feuilles toutes sèches pour se rouler de beaux joints. Pendant ce temps là, les usines ferment, mais on est si bien sur sa plateforme….