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Mélany T
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3,0
Publiée le 15 septembre 2024
C'est dommage, la mise en scène est belle et originale et le propos passionnant. Mais l'ensemble est trop brouillon, manque de continuité et on aimerait en savoir davantage sur l'histoire des statues et sur le Bénin. Les sous titres en écriture inclusive sont un plus. .
Ours d'or à Berlin, " Dahomey" constitue (à mes yeux) une grande déception. En un peu plus d'une heure ( la première demi-heure ne présente - de mon point de vue - aucun intérêt), ce documentaire parvient à distiller un immense ennui.
Au plan formel, l'absence de sous titres dans la partie finalement la plus intéressante, celle du débat entre les étudiants, ne permet pas de surcroît, de suivre confortablement les propos tenus.
On comprend que la restitution par la France d'objets culturels au Bénin ( ex Dahomey ) est considérée comme le geste insuffisant, voire vaguement méprisant, d'une ex puissance coloniale, dont l'influence est déclinante en Afrique.
Il y a de la rancoeur à propos de la France, dans les propos des intervenants. On peut les comprendre, mais on peut aussi s'interroger sur la portée et peut-être les sous entendus qui expliquent le prix prestigieux attribué au dernier opus de M.Diop.
Un vrai sujet ne fait pas forcément un bon film, "Dahomey" ( de mon point de vue) fait figure d'illustration.
Documentaire très bien emmené qui aborde différents sujets sur la colonisation (et non celle uniquement physiques mais aussi éducative. On se laisse prendre par ce format avec fil rouge.
Mati Diop nous revient enfin après son fabuleux premier film « Atlantique », ici avec un documentaire sur la restitution de 26 œuvres royales du musée du Quai Branly à celui de Cotonou. Avec toujours son approche de plasticienne elle fait vivre ces statues qui parlent au spectateur et l’embarquent avec elles dans les caisses qui les ramènent au pays natal. S’ensuit une discussion très intéressante entre étudiants béninois qui tentent de s’approprier l’histoire qui leur a été confisquée. Un beau geste de cinéaste pour un film nécessaire qui ouvre de multiples pistes de réflexions. Une parmi tant d’autres : « 26 œuvres rendues pour 7000 pillées : un début ou une insulte? »
En novembre 2021, vingt-six pièces des collections du musée du Quai-Branly, que le corps expéditionnaire du colonel Alfred Dodds avait ramenées du pillage de la ville royale d'Abomey en 1892, ont été restituées au terme d'un accord conclu entre la France et le Bénin. Mati Diop filme leur départ du Quai-Branly, leur arrivée à Cotonou où elles sont exposées au Palais présidentiel, exceptionnellement ouvert au public à l'occasion et le débat que cette restitution suscite parmi les étudiants de l'université.
La jeune cinéaste Mati Diop a fait des débuts retentissants en ratant de peu la Palme d'or à Cannes en 2019 avec "Atlantique". Son film suivant est un documentaire d'une heure et huit minutes seulement, qui a obtenu l'Ours d'or à la dernière Berlinale.
Son parti pris est poétique. Elle choisit de donner la parole à l'une des pièces restituées, la vingt-sixième, la statue anthropo-zoomorphe (!) du roi Ghezo. Elle utilise pour cela un synthétiseur qui mixe les voix d'hommes et de femmes. La statue récite en langue fon un texte de l’écrivain haïtien Makenzy Orcel. Les sous-titres sont rédigés en écriture inclusive pour souligner peut-être l'universalité de sa parole et ne pas la réduire seulement à celle d'un monarque mâle.
Ce parti pris est discutable. On aurait aimé en savoir plus sur le retour de ces vingt-six pièces. Comment sont-elles arrivées en France ? Pourquoi la France, cent-vingt ans plus tard, a-t-elle accepté de les restituer au Bénin ? Quelles ont été les conditions financières de cette restitution ? Une loi a-t-elle dû être votée par le Parlement français pour ratifier cet accord international et/ou modifier les dispositions de notre législation ? Le Bénin a-t-il dû fournir des garanties sur leurs futures conditions de conservation ? Quelles voix se sont élevées en faveur de cette restitution ? Quelles autres s'y sont opposées ? Nous n'en saurons rien.
La seule place laissée au débat est celle du dernier tiers du film qui se déroule à l'Université. On apprend dans le dossier de presse que ce débat a été organisé pour les besoins du film, ce qui ôte une grande part de son authenticité. Ce qui frappe, c'est la faiblesse des arguments échangés. Les jeunes étudiants béninois se plaignent d'avoir été élevés et éduqués dans l'ignorance de leur culture. Ils regrettent d'utiliser la langue du colon, le français, au détriment de leur langue primaire. Ils voient dans la restitution de vingt-six pièces seulement, alors que des milliers seraient encore conservées en Europe une "insulte" - ce à quoi une oratrice répond très pertinemment que cette restitution ne constitue qu'un début et qu'au lieu de s'en plaindre, mieux vaudrait réfléchir aux moyens d'en préparer d'autres. Ils récusent la notion, occidentalo-centrée de musée et souhaitent que les pièces restituées soient replacées dans leur environnement original.
Dahomey traite un sujet passionnant : les œuvres d'art qui peuplent les musées occidentaux et qui y sont parvenus souvent par des pillages ou, à tout le moins, des spoliations pour des sommes ridicules, doivent-elles être restituées à leur pays d'origine ? Les marbres d'Elgin à la Grèce ? La Joconde à l'Italie ? L'obélisque de la Concorde à l’Égypte ? Mais les choix de sa réalisatrice pour traiter ce sujet-là sont frustrants.
Un documentaire passionnant empreint de nostalgie, porté par une mise en scène originale qui donne vie à ces statues volées et restituées, symbole de l'âme africaine.
Les bonnes intentions décoloninalistes ne font hélas pas les bons films. Ce documentaire, à l'allure d'un reportage scolaire, d'à peine une heure (pourtant ça parait long!) est très mal fichu, entre voix off embarrassantes des objets restitués, mal écrites et un débat final qui laisse sur sa faim, survolant des sujets passionnants mais qui restent en suspens. Beaucoup de maladresses et des volontés d'effets poétiques qui tombent à plat. Dommage, sujet qui méritait mieux.
Un film d’utilité publique, puissant et envoûtant où l’esthétisme et la poésie sont mêlées à la politique et qui nous interroge chacun sur notre histoire. J’y allais par curiosité et j’en ressors grandie : 1h bien utilisée.
Un magnifique film décolonial, essentiel pour les temps présents. (...) Le film ne se fait pas reportage sur une restitution, il la documente, au sens où il en restitue les ressentis et les enjeux. (..) Il épouse la force symbolique chimérique de la statuaire et magnifie la vitalité de son repositionnement dans une Histoire de dépossession, à la lumière de la quête de souveraineté sensible dans tout le continent aujourd’hui. Lire l'analyse du film sur le site d'Africultures : http://africultures.com/dahomey-de-mati-diop-16147
Découvert en avant-première, DAHOMEY de Mati Diop est un voyage cinématographique d'une poésie absolue. Multipliant les idées de montage, d'image et de mise en scène, la cinéaste montre comment, en retrouvant son héritage, un peuple parvient à retrouver son âme. Une odyssée filmique à découvrir absolument sur grand écran.
Reparti avec un Ours d'Or de la derniere Berlinoise, "Dahomey" est un film documentaire essentiel pour qui veut comprendre la violence du pillage des oeuvres africaines par les puissances coloniales. Le film décidé de faire "parler" les statues en route pour leur retour aux sources. Par certains détails , le film démontre que le paternalisme blanc n'a pas encore complètement disparu et que tout cela pourrat être de la diplomatie déguisé pour une France qui perd de son influence sur le continent africain.
On peut ne pas toujours souscrire aux choix de montage mais "Dahomey" est une belle oeuvre qui fait réfléchir et c'est déjà beaucoup.
ocumentaire franco-sénégalais En avant-première fēma - Festival La Rochelle Cinéma
En 2021, restitution de 26 trésors nationaux par la France au Bénin, du musée du Quai Branly à leur arrivée à Cotonou.
Débats houleux chez les étudiants béninois : un bon début, un peu de justice rendue pour certains, insultant pour d’autres avec ces 26 statues restituées par la France sur 7000 pillées.
Documentaire sur les méfaits du colonialisme français, qui se donne ici bonne conscience avec seulement ces 26 œuvres restituées… À voir !
Vu le film au Sénégal où je vis. Propos très intéressant, format de documentaire atypique mais qui nous plonge au coeur de l'action et nous invite à la réflexion.