Justin, juré d’un procès pour meurtre, se rend compte qu’il est sans doute impliqué dans cette affaire. Commence alors un procès douloureux où il va sans cesse hésiter entre avouer et masquer la vérité.
J’aime beaucoup Nicolas Hoult (Warm Bodies), ainsi que JK Simmons (Whiplash), même si on le voit peu à l’écran. Cependant, Nicolas Hoult m’a déçu dans ce dernier Clint Eastwood, il passe son temps à faire la moue, à froncer les sourcils, mais rien n’évolue, il reste passif face au déroulement du tribunal. Ce n’est pas vraiment de sa faute, puisque l’écriture du rôle, totalement passive, l’empêche d’interagir de façon intéressante avec le reste du jury et du procès.
Aimant le casting, aimant le film-tribunal (La Faille, Anatomie d’une chute, Le Procès Goldman), je ne peux que tomber des nues face à tant de neutralité, tant de paresse narrative, c’est bien simple : rien n’évolue pendant deux heures. On a bien des petits rebondissements, mais je reproche une absence de mouvement majeur dans le scénario qui rendrait l’intrigue marquante. Pas si étonnant quand je vois que Gran Torino, du même réalisateur, m’a laissé la même impression d’indifférence.
Je salue tout de même l’angle choisi autour du jury, et non l’opposition classique de l’accusé contre la défense. Seulement, il y a bien un film qui s’en occupe aussi, et à merveille : 12 hommes en colère. Et c’est là que le bât blesse. Juré N°2 s’en inspire, au bas mot, s’en gargarise même, et les rares moments intéressants du débat du jury sont en fait des moments de 12 hommes en colère. On se retrouve donc avec un mélange de problématiques, puisque 12 hommes en colère traite de l’accusé, mais Juré N°2 traite du conflit intérieur d’un juré, et les deux se mélangent pour se niveler, sans travailler la profondeur de l’un ou l’autre. Dommage que le film n’assume pas son identité, et que la référence soit aussi criarde.
Ce dernier Clint Eastwood est donc l’occasion d’en apprendre plus sur le procédé de sélection et de vérification du jury, mais je suis abattu par le scénario plat et dépourvu d’ambition, d’autant que le format d’1h54 n’aide pas à rattraper cette lenteur.