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Yasujirô Rilke
272 abonnés
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4,0
Publiée le 1 mars 2025
Tout en délicatesse (sans verser ni dans le raffinement maniéré ni dans la déférence à l'égard d'Ozu), Wenders trouve l'équilibre parfait pour célébrer les petites grâces du quotidien, malgré les ombres et en pleine lumière !
spoiler: C'est l'histoire du jour de la marmotte mais c'est pas fantastique.
- Cette critique contient des spoilers -
On comprend rapidement que le scénario sera minimaliste. J'ai d'ailleurs été surpris par l'irruption de la nièce mais elle ne sera pas plus porteuse de changement que la partie de morpion, conclue sur un échange de numéro de téléphone. Mais alors on s'ennuie devant Perfect days ? Pas du tout ! On enrage devant ce film qui se prétend chronique sociale poétique.
Perfect Days c'est du bourgeois gaze esthétisant la vie d'un "bon pauvre" tel que le rêve le capitalisme : du genre avec un boulot de m., une vie sans lien avec d'autres êtres humains qu'une politesse effacée, il ferme sa mouille, accomplit son taf avec zèle et se convainc même qu'il est heureux en appréciant l'instant présent et s'émancipant par l'art. Un parfait rouage du système.
L'auteur prétend filmer la vie et la répétition de nos quotidiens, ok sauf que rien n'est réel sous sa caméra. Tout est esthétisé et "cool" sous une BO feel good : l'appart Ikea bien rangé, les ampoules orangées, la mini forêt intérieur, les cassette audio à 120$. Qui y croit ? Il s'agit d'un procédé scénaristique foireux visant à valoriser notre héro. Tout comme la demande de la copine de rejouer la cassette dans sa camionette. Ou le mépris de la maman ayant égaré son moutard. Ou le caricatural de son jeune collègue, artefact scénaristique à l'objectif unique : démontrer le vain de la vie des jeunes d'aujourd'hui : obsédé qu'ils sont par les filles et leur smartphone. Et en plus il ose démissionner de son boulot ! Même au Japon les jeunes veulent plus bosser, elle est où la valeur travail ?
Aussi, surtout, c'est le quotidien du job qui est fantasmé. Je veux bien qu'on soit au Japon mais Hirayama semble ne nettoyer que des chiottes déjà reluisantes, caresser des cuvettes déjà immaculées. Ce travestissement constant du réel trouve son paroxysme dans le personnage principal. Probable ex-bourgeois (burn out ?), ce mythe personnifié de l'intellectuel semble avoir choisi ce métier mais n'en subit aucunement les conséquences : on ne le voit jamais transpirer après avoir frotté ou souffrir d'un mal de dos, lot quotidien des femmes de ménage. Non cet artiste photo, généreux, philosophe a en plus la gueule à dentition parfaite de son emploi : fantasmée. Probablement que pour Mendès, un mec avec une éducation limitée, fan de séries tv et buveur de coca aurait été indigne, moins digne de notre empathie en tout cas, moins humain à ces yeux peut-être.
Après avoir constamment célébré les quelques transclasses pour nous prouver la possibilité d'une ascension sociale, Mendès va plus loin et nous propose désormais le mythe selon lesquels les bourgeois CHOISIRAIT une descente sociale dans laquelle il resterait plus pur et noble qu'un trisomique 21.
Tout ceci étant dit, je vais tenter de regarder le ciel et m'en réjouir demain matin.
Eloge de la simplicité, "Perfect Days" suit un homme habitué à une routine précise, en harmonie avec son environnement. C'est un film sans prétention mais une belle réussite qui doit beaucoup au charisme de son acteur principal, anti-héros wendersien par excellence chez qui l'auteur projette malicieusement sa passion pour la musique des années 60 et 70. En effet, Hirayama écoute des cassettes des Animals et des Kinks dans sa camionnette, créant une dimension quelque peu anachronique. On retrouve les goûts du cinéaste chez un Japonais d'âge mûr, ce qui donne au récit une épaisseur aussi surréelle que mélancolique. Le meilleur moment de l'oeuvre n'est-il d'ailleurs pas cette scène, dans un minuscule restaurant où Hirayama a ses habitudes, et où la patronne chante une émouvante version nippone de "House Of The Rising Sun" ?
un film sur l errance signé wim wenders comme au bon vieux temps. si on retrouve une bande son nostalgique, si les images sont léchées, si l acteur principal est attachant, on ne peux que ressentir un certain ennui , certes respectueux. a ce jeu l élève jarmush avait dépassé son maître avec le très beau Patersen , il y a quelques années sur un hymne au quotidien et à la rêverie.
Il ne se passe rien, c'est l'écoulement de la vie, sans beauté particulière à première vue, pas une image trafiquée, pas une lumière spéciale dans tous les plans, c'est la vie assez crue, assez naturelle. Et pourtant après un moment cette mélodie douce commence à vous embobiner, la douceur de la vie à vous ramollir les sens et vous lui trouvez une beauté finalement insoutenable à cette vie de rien, à nos vies de rien. Il n'y a pas d'artifice et c'est une véritable émotion qui nous attrape le ventre et se le met à le serre tout en douceur.
Porté par un Koji Yakusho bouleversant, Perfect Days nous offre une parenthèse dans la vie simple d'un homme simple dont on saura peu de choses, laissant place à notre imagination. La mise en scène et la construction des cadre sont prodigieuses et ajoutent à la poésie du film. Mais la répétitivité des séquences et la longueur de l'œuvre plombent totalement le dispositif. De plus, le message délivré par Wim Wenders semble flou, que ce soit sur le monde du travail ou sur la société japonaise.
Un très beau geste artistique, indéniablement, mais auquel je n'ai pas été particulièrement sensible, pour les raisons suivantes.
- En se cherchant entre le ton poétique qu'il souhaite se donner et l'approche quasi documentaire pour témoigner du quotidien de cet homme, le film ne propose pas une image particulièrement esthétique : la caméra n'est jamais stable, le grain est marqué pour renforcer l'aspect naturaliste et les couleurs sont peu travaillées. Le rythme étant assez lent, l'on aurait aimé se délecter d'images encore plus belles et contemplatives.
- L'acteur principal a beau être excellent et parvenir à rendre son personnage très attachant, l'on peut finir par trouver agaçante cette façon de le dépeindre ainsi, d'humeur toujours égale, heureux en toutes circonstances, se contentant de si peu, sans jamais se plaindre (tout en nettoyant la merde des autres). Ainsi le film interroge sur une certaine propension à sublimer un réel certainement peu enviable dans les faits : les tâches ingrates, à la symbolique dévalorisante, voire humiliante, ne sont jamais vraiment mises en avant; la pression, à la fois des employeurs et des utilisateurs, est à peine suggérée ou à chaque fois traitée avec la même légèreté que le reste, sans que cela impacte le personnage. Il semble clair que le film ne prétend pas être un drame social mais il eût été préférable d'injecter quelques aspérités permettant de garder un certain contact avec la réalité. L'impact émotionnel n'en aurait été que plus fort et le film aurait moins donné cette impression d'asséner ce message quelque peu moralisateur et paternaliste : "Arrêtez de vous plaindre, regardez comme l'on peut être heureux avec si peu !".
Il reste tout de même des moments d'une très belle poésie qui surgit à chaque coin de scène (spoiler: la partie de morpions à distance, le danseur dans le parc, les rêves sur fond de rayons de soleil qui filtrent à travers les feuilles des arbres... ), la découverte de toilettes toutes aussi propres et originales les unes que les autres et un beau personnage, qui se révèle inspirant.
Egal à lui même, Win Wenders fait encore dans l'oeuvre contemplative avec "Perfect Days", un film empli de nostalgie des années 70 avec sa musique Rock et ses vieilles cassettes audio. Hirayama le personnage que l'on suit est presque mutique et s'exécute avec soin au lavage des toilettes publiques de Tokyo, sa vie est millimétrée, redondante. Malgré tout, l'existence de ce japonais apparaît comme une ode à la simplicité de la vie, il suffit d'être curieux et d'apprécier ce qui nous entoure (musique, littérature, nature). Un joli film qui peut tout de même être ennuyeux, certaines scènes se répètent et nous lassent.
Il y dans ce film la lenteur habituelle de Wenders qui peut par moment confiner à l’ennui. C’est un beau portrait d’un homme qui à visiblement traversé des épreuves et s’est organisé une vie simple et très ritualisée. J’ai regretté qu’on n’en sache pas plus. Le positif est que l’on s’attache au moment en observant le visage de l’homme notamment. Le négatif est qu’on frôle parfois le cliché. L’acteur principal contribue au plaisir de suivre le quotidien se son personnage.
On suit le quotidien de Hirayama (Koji Yakusho) qui travaille au nettoyage des toilettes publiques. Il semble très épanoui par son métier et satisfait de son quotidien très routinier. Le début du film est agréable, il permet de connaître le personnage, son quotidien, son métier, sa manière de l’exercer… En revanche, ça dure, ça s’étire, c’est donc assez monotone. Je n’aurais pas eu de problème avec ça si cela avait abouti à un dernier tiers de film avec des révélations un peu plus spectaculaires, ou un événement majeur. Finalement j’ai trouvé que tout restait assez mou et c’est dommage.
Un peu long, je ne le regarderais peut-être pas deux fois et pourtant c'est une petite perle ce film, j'aurais tout autant pu mettre 5 étoiles. Une oeuvre en deux temps, un avant, un après et tout change. La banalité du quotidien, tour à tour légère et pesante.
Ce film est probablement l’un des films les plus surprenant que j’ai vu de ma vie et pour cause, car certes le sujet apport dans ce film pourrait être probablement des plus banal s’il n’avait pas été traité de cette façon est aussi bien et aussi bien réaliser que c’est le cas ici, car se dire que le film raconte le quotidien de quelqu’un qui nettoie les toilettes publiques de la vie de Tokyo et peut-être pas intéressant mais la façon dont s’est traité et raconter c’est juste incroyable on arrive à faire de cette histoire, un film passionnant, intéressant intéressant et qui nous captive du début à la fin sans lacer une seule fois. On éprouve de la sympathie et de la bienveillance envers le personnage principal. la réalisation plutôt intimiste permet de mettre en avant ce métier au combien important pour notre société et notre monde ainsi que son acteur de qualité. Un film que je recommande vivement.
C'est un beau film mais pas un grand film. Le 4/3 donne une petite touche surannée au film, et le tour de force c'est d'avoir réussi à faire oublier la nationalité du réalisateur, on se croirait vraiment face à un film tourné par un japonais. L'histoire n'apporte pas grand chose et si un français avait filmé la même chose en France je pense que la critique n'aurait pas été aussi tendre.
un film ovni, à mi chemin entre Gerry de Gus Van Sant et Lost In translation. Il est beau, il est merveilleusement interprété et il ne peut laisser personne indifférent. Mais je comprends qu'on déteste car on marche sur un fil : un film quasi muet sur un nettoyeur de chiottes à Tokyo qui ne vit pas d'aventure particulière, sinon la vie elle même et l'expérience de la beauté.