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Lynebonnaud
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4,0
Publiée le 26 novembre 2025
PERFECT DAYS
On voit à l’image un homme qui se lève. Il range son lit dans un coin de sa pièce sur tatami, va prendre sa douche, se rase, égalise soigneusement sa moustache avec des ciseaux et enfile une combinaison bleue de travail avec l’inscription « Tokyo Toilet ». Il sort de chez lui, prend un café dans un distributeur et monte à bord d’un petit véhicule pour entamer sa tournée des lieux d’aisances publics à nettoyer.
Ces lieux sont un symbole d’hospitalité de la culture nippone. Hirayama travaille dans l’arrondissement de Shibuya, dans lequel ils sont des prouesses architecturales, véritables œuvres d’art réalisées par des créateurs du monde entier. Le titre Perfect Days, clin d’œil non dissimulé à la chanson de Lou Reed, est ici au pluriel. Le réalisateur malicieux indique de suite son projet de cinéma. Les jours sont pluriels, et c’est dans la répétition que les journées d’Hirayama deviennent parfaites. Une galerie de portraits se dessine alors, des hommes, des femmes et des enfants ; si vite arrivés pour un besoin pressant aussi vite repartis. L’homme à la posture professionnelle adaptée, s’efface courtoisement pour contribuer au bien être de ses concitoyens. A travers cette vie d’homme solitaire qui devrait apparaître monotone dans une société moderne d’hyperstimulation, le regard est porté sur l’essentiel de ce qui peut rendre un être humain heureux. On le découvre par la présence au monde d’Hirayama, par sa manière d’exister pleinement dans l’instant présent. Regarder les arbres, les prendre en photos, écouter de la musique, éprouver des sensations à vélo ou dans les bains publics, faire plaisir à ceux qu’il croise sur son chemin ; sont autant de moments vécus pleinement.
L’acteur principal, Koji Yakusho, habite son personnage d’une manière bouleversante, et a bien mérité la récompense du meilleur prix d’interprétation masculine à Cannes. Son personnage taiseux et quasi mutique, parvient à nous émouvoir par d’infimes nuances d’expressions de son visage. L’envergure de son jeu est proportionnelle à une pudeur extrême, c’est sublime à regarder.
Wim Wenders est un grand cinéaste qui n’en finit pas de se réinventer. Il réalise avec Perfect Days, un film épuré d’une infinie douceur, à voir et à écouter. La bande son réjouira les amoureux des années 70 et 80, de ceux qui partagent la passion de la musique d’Hirayama.
Perfect Days (All. Japon - 2h04) de Wim Wenders avec Koji Yakusho, Tokio Emoto, Arisa Nakano...
Ce qu’il y a de remarquable dans le cinéma de Wim Wenders, c’est toujours sa capacité à nous faire adopter ce point de vue qui révèle la beauté des choses (que n’aurait pas reniée Socrate) dans leur simplicité et la poésie dans les actes les plus anodins de la vie, sans effusion ni sentimalisme. Et il a le talent de montrer ce qui peut rendre nos vies moins difficiles et douloureuses, où le personnage principal évolue avec un détachement adéquat mais sans résignation. . En ce sens, les multiples scènes dans les toilettes sont presque encore plus belles que celles du sanctuaire.
Un film d'une grâce, élégance et sensibilité assez hors du commun ou l'on suit la vie d'Hirayama, un agent de service des toilettes publiques de Tokyo. On sent tout le poids de ce métier qui semblerait chronophage pour tout un chacun à travers l'écran, mais à travers Hirayama c'est tout à fait différent. C'est un homme qui chaque matin s'émerveille d'avoir la chance de pouvoir regarder le ciel et semble apprécier chaque détails de sa routine quotidienne et des personnages qui la ponctuent. On s'attache très rapidement à ce personnage taciturne qui apprécie les choses simples de la vie et semble avoir traversé différentes épreuves dans sa vie personnelle l'ayant mené à désormais profiter de l'instant présent comme il le dit lui même à un moment donné vers le milieu du film. Très contemplatif et sensoriel, Perfect Days est une petite bulle de réconfort très agréable à visionner qui nous fait découvrir la ville de Tokyo de la plus belle des manière en bénéficiant d'ailleurs d'une magnifique bande originale. Alors attention c'est très lent, et il ne se passe pas grand chose en terme d'intrigue et de suspense, mais en terme de sensations et d'émotions c'est très fin et délicat. Avec une scène finale à couper le souffle, j'en profite pour tirer mon chapeau à Koji Yakusho qui campe ce rôle principal à merveille avec une justesse implacable.
Une chronique poétique et contemplative de la vie simple d'un humble nettoyeur de toilettes à Tokyo, qui parvient à rendre presque fascinant ce quotidien bien réglé où transpire la culture japonaise du beau, du travail bien fait et de l'humilité. Un film élégant, original et inattendu.
Perfect Days est une véritable leçon de vie, une expérience philosophique et introspective qui invite à reconsidérer notre rapport au monde et aux biens matériels. En un peu plus de deux heures, le réalisateur nous plonge dans la routine d’Hirayama, un homme qui mène une existence d’une simplicité désarmante, mais qui incarne la clé du véritable bonheur.
Sa vie semble monotone : il travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Pourtant, chaque geste est exécuté avec une précision méticuleuse, presque chirurgicale. Cette propreté matérielle devient le miroir de sa propreté intérieure : une âme pure, sans haine, qui ne juge personne. Même face à la méchanceté ou aux comportements déplacés, Hirayama reste immuable, le sourire aux lèvres, protégé par une forme d’ignorance volontaire de la haine et de la laideur que le monde extérieur a parfois à offrir, comme s'il en faisait abstraction pour en tirer que le positif, ce qui rend la mise en scène finalement poétique puisqu'un simple lever de soleil suffit à illuminer sa journée avec sourire.
À travers ce personnage, Perfect Days montre qu’Hirayama possède ce que même les plus riches d'entre-nous n’atteignent pas : un bonheur authentique, lumineux, né de l’humilité et d’une acceptation totale de la vie telle qu’elle est. Chaque moment du film devient alors un rappel silencieux que le vrai bonheur se trouve dans la simplicité, la patience et l’attention aux gestes du quotidien.
Plus qu’un film, Perfect Days est une méditation sur la beauté de l’ordinaire et un miroir tendu à notre monde moderne obsédé par la vitesse et la possession. Il nous force à ralentir, à observer, et à reconsidérer nos priorités face à cet homme qui, dans sa modestie extrême, incarne une forme de plénitude absolue.
1 ère scène , ou l'on voit le personnage principal ramasser des papiers et autres dans les toilettes . et moi qui pensais que les japonais étaient très respectueux ... sinon , ce film ne tient que par Koji Yakusho . personnage simple , empathique , charismatique , humain . pour le reste ... ce film aurait pu être un documentaire sur la vie d'un homme de ménage . a voir une fois .
Wim Wenders pose ses bagages au Japon pour un long métrage à l'esprit... justement très japonais. Ambiance contemplative dans ce "Perfect Days". Un esprit presque bouddhiste puisque l'on suit le quotidien d'un agent d'entretien. Ce dernier trouve son épanouissement dans les petites choses de la vie : de son travail à la contemplation d'un arbre en passant par ses cassettes rock. Les journées se répètent, les scènes aussi. Seules quelques variations vont troubler ce quotidien solitaire.
Je suis habituellement friand de ce genre d'ambiance d'autant que cela se passe au Japon. Mais, pour le coup, je suis resté au bord de ce chemin poétique et introspectif. Et n'étant pas rentré dedans, je me suis ennuyé une bonne partie du film. Dommage car "Perfect Days" présente de réelle qualités visuelles et Koji Yakusho livre une belle prestation.
C’est un film racontant le quotidien d’un agent d’entretien japonais chargé du nettoyage des toilettes publiques. Comment d’un tel sujet le réalisateur Win Wenders a su livrer une œuvre touchée par la grâce est un miracle en soi. Cela tient de la simplicité d’un homme vivant d’une routine éclaircie par ses passions pour la lecture et la musique. D’une infinie délicatesse et porté par l’interprétation subtile de Koji Yakusho « Perfect Days » reflète la beauté existentielle résidant dans la simplicité.
Perfect Days est un film modeste, contemplatif, où chaque geste devient une forme de langage. Wim Wenders y filme Hirayama, nettoyeur de toilettes à Tokyo, comme un moine moderne : un homme en retrait, apaisé, presque effacé.
Chaque jour, il se lève, nettoie, écoute du rock sur cassette, lit Faulkner… et recommence. Rien ne semble changer, et pourtant tout vibre. Le film fait de cette routine un art de vivre. Hirayama semble être un homme qui a tout quitté, ou tout perdu, et qui a appris à mieux voir. Une figure post-capitaliste, détachée de la réussite, de l’agitation, du besoin de performance.
Le message est limpide : l’accomplissement n’est peut-être pas dans l’exceptionnel, mais dans le calme, l’humilité, la répétition. Le titre Perfect Days n’est pas ironique : ces jours sont parfaits justement parce qu’ils sont simples, vécus sans attente.
C’est beau, épuré, sincère. Hirayama ne parle presque pas, mais tout passe par ses gestes, ses silences, ses regards. Le film nous invite à ralentir, à regarder le monde autrement. Mais cette épure a ses limites.
À force de retenue, Perfect Days devient abstrait. On devine un passé, un choix de rupture, mais le film n’y revient jamais. Et surtout, une fois qu’on a saisi l’intention – rendre hommage au quotidien – il ne reste pas grand-chose de plus. La structure cyclique finit par lasser. Certains plans reviennent, les situations se répètent, et l’émotion s’efface. Heureusement, la bande-son (Lou Reed, Patti Smith…) redonne un peu d’élan.
La scène finale, très sobre, résume ce trouble. Hirayama, seul dans sa voiture, laisse enfin filtrer une émotion. Mais laquelle ? Douleur, joie, fatigue ? On ne sait pas vraiment. Et c’est à la fois la force et la limite du film.
Perfect Days évoque un peu Candide. Non dans la satire, mais dans l’idée qu’après les illusions, il ne reste qu’à cultiver son jardin – ou, ici, nettoyer ses toilettes et écouter sa musique. Le bonheur n’est peut-être pas dans le bruit du monde, mais dans ce qu’on fait de ses petits gestes.
Un film délicat, sincère… mais un peu frustrant. On comprend ce qu’il veut nous dire. Mais on aurait aimé l’aimer plus fort.
il faut entrer dans ce film, lui laisser le temps, moi qui suis toujours impatient, j'ai eu du mal au debut, mais cela vaut la peine car ce film est une petite merveille de sobriété et de poésie. Connaitre un peu le Japon aide aussi, mais sinon c'est aussi une invitation à découvrir ce pays et sa culture. Un très grand film.
Hirayama est un univers organisé, riche de musique et de littérature, de rigueur et de poésie… Malgré son mutisme, d’autres petits mondes créent des liens, plus ou moins évidents, avec le sien. Sa simplicité réconfortante apaise, d’abord Haya, perdue dans sa quête de sens, puis sa propre nièce, désorientée face au monde brutal et exigeant de sa mère. Lui-même ne résiste pas mieux à la rugosité de sa sœur, laissant paraître les cicatrices du passé, qu’il parvenait jusque là à maintenir enfouies. Alors qu’une brèche s’est ouverte, sa rencontre avec l’homme atteint d’un cancer achève de le déstabiliser, comme un rappel de la fin promise à tous ces petits mondes, sans ordre ni exception…
Un superbe film et un moment de cinéma qu'on n'oublie pas. Il est bon de voir des êtres qui choisissent la liberté contre le gage de la performance et l'excellence. A voir.
Film exceptionnel, beaucoup de sensibilité, une lenteur constructive ! Une relation spectateur acteur bouleversante ! Bravo j’ai passé un très bon moment et je le ré-regarde tj avec autant d’émotions