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Mélanie M.
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3,5
Publiée le 11 février 2025
Un film très inégal selon moi. On sort du cinéma après une scène de clôture sublime : chorégraphie, musique, couleurs,... tout est parfait. Ce moment est à l'image d'une bonne partie du film où le réalisateur nous gâtent de petites idées humoristiques lumineuses. J'ai malheureusement trouvé le temps long entre ces séquences très réussies où j'ai l'impression que beaucoup de remplissage a été laissé au montage.
On m'avait dit qu'il arrivait qu'on rit à la vision de ce film japonais. Franchement, je voulais voir ça car le rire apporté par un film japonais, ce n'est pas très fréquent. En fait, je me souviens juste d'avoir beaucoup ri à un très bon et très drôle un film japonais. C'était il y a très longtemps, au festival de Cannes et ... le film n'est jamais sorti en salle dans notre pays ! Question rire, "Le jardin zen" a été pour moi un fiasco total. Ce film ne m'a même pas arraché un sourire. Seul, un journaliste des Inrockuptibles peut y trouver un humour ravageur. Mais ce premier film de la réalisatrice Naoko Ogigami à sortir en France, s'il ne fait pas rire, a peut-être d'autres qualités, me direz vous. Franchement, je ne vois pas trop lesquelles. Certes, il y a des tentatives esthétiques, certes on sent que la réalisatrice fait des efforts pour ironiser sur la société japonaise, sur ses névroses, sur ce qui s'apparente beaucoup à des sectes, mais à côté, qu'est-ce qu'on s'ennuie ! Et, à la fin du film, o n'a toujours pas compris si le film voulait être féministe ou, au contraire, se moquait des japonaises.
Un petit bijou de sensibilité, sur la maladie, la vie, l’amour, la famille, l’amitié, j’en passe, tant ce film aborde de thèmes, tantôt avec une extrême gravité, tantôt avec un humour imperceptible, Les japonais sont de sacrés philosophes, des humanistes, et leur sensibilité s’élève bien au dessus du mont Fuji...cette histoire d’une femme qui accueille son mari, qu’elle déteste, nous fait réfléchir nos propres vies, au monde qui nous entoure, nous pouvons apprendre du cinéma japonais à penser différemment, admirablement filmé et interprété, ce film laisse une empreinte et une émotion des plus rares….un petit bijou à ne pas rater….
L'humour japonais derrière une histoire dramatique c'est pas si courant donc rien que pour ça j'aime bien ce film qui décrit avec justesse cette culture si différente au travers des émotions des personnages. 異
Le jardin zen dresse le portrait d une femme au bord de la folie qui se réfugie dans une secte. c est japonais, donc c est très feutré, très épuré avec aussi l envie d'un ton décalé et d'un humour noir. ce sont d ailleurs ici les meilleurs moments de ce film inégal, pas toujours abouti et peu trop long.
Luxe, calme et volupté ? Tout va pour le mieux dans la vie parfaitement réglée de Yoriko ? Introduire ainsi ce film n’incite pas à le comprendre : il n’est question ni de luxe, ni de volupté dans la vie de Yokiro et le calme n’y existe que par sa recherche. Si une comparaison est possible avec le tableau de Matisse ainsi nommé, ce serait par la technique du divisionnisme qui peut avoir guidé Naoko Ogigami dans la construction du film : il serait donc son regard par petites touches de couleurs pures porté sur une société japonaise en rupture apparente avec ses traditions et pourtant fortement imprégnée par celles-ci. N’étant pas spécialiste du Shinto, ( une voie du divin qui reconnaît le caractère sacré de la Nature ) le film m’a plutôt fait penser aux vertus théologales : Foi, Espérance, Charité et cardinales : justice, prudence, force et tempérance. Yokiro recherche la paix, le calme, l’harmonie ; la vie en société ne cesse de lui montrer des frontières, des limites. Frontières ténues entre Foi et endoctrinement, entre Espérance et naïveté, entre Charité et faiblesse. Dans sa vie familiale elle est aux prises avec la justice, la prudence, la force et la tempérance. Sa condition de femme la rendant particulièrement vulnérable. Comment être juste quand on a été victime d’injustice, d’abandon ? La prudence est-elle nécessaire ou une forme d’égoïsme ? Faut-il utiliser la force lorsque la situation le permet ? Faut-il appliquer à autrui la tempérance à laquelle on s’oblige ? Naoko Ogigami n’impose aucun point de vue, à chacun de prendre ou pas partie, de relever les indices qu’elle dépose dans le décor par petites touches, indices aussi présents/absents que le jardin zen incolore et inodore qui est peut-être le second héros du film. Mariko Tsutsui qui incarne le personnage principal est toute en subtilité dans une interprétation retenue et pourtant tellement expressive, insaisissable et transparente comme l’eau que Yokiro a choisi de vénérer. Son personnage est-il victime d’une secte ou en recherche d’une voie qui lui permettrait de surmonter sa solitude autant que les multiples questions que pose chaque circonstance de la vie ? Maîtrise-t-elle la violence qu’elle sent parfois en elle, ou la subit-elle autant que les inévitables souillures de la vie ? C’est à chacun de décider la frontière entre Tsumi ( action mauvaise), kegare (souillure ) ou tatari ( châtiment) ; j’utilise les termes d’une culture que je connais peu mais qui sont universels comme le plaisir qu’on peut prendre à voir ce film excellent.
A travers le portrait d'une femme mature, caissière d'un supermarché, séparée, mère d'un fils qui va se marier, la cinéaste N Ogigami propose un regard au scalpel sur une famille de Tokyo dysfonctionnelle.
Si la mise en scène, la photographie sont très réussies, " le jardin zen" péche par une première partie beaucoup trop longue et finalement par un sujet pas vraiment traité.
Pourquoi cette femme a t elle épousé cet homme ( et lui cette femme), origine de ce qui va suivre ? On n'en saura absolument rien.
Le manque de perspective et d'analyse pour tenter d'expliquer ce qui a cloché en amont ( et ce n'est pas rien ) restreint le film à une critique sévère du mariage ( source d'aliénation extrême au regard de ce que nous montre la cinéaste) et par conséquent la joie extrême de son affranchissement et de la connaissance de la liberté ( la dernière scène très réussie est inoubliable).
On voit bien la critique de l'hypocrisie des règles sociales rigides, mais même la seconde partie ( très largement la meilleure) ne parvient pas à compenser les défauts du débuts.
On pourra noter que la traduction du titre original aurait dû être "Ondulations", bien trouvé et beaucoup plus fidèle au contenu du scénario que " le jardin zen" mais probablement plus vendeur du point de vue de la distribution hexagonale.
Enfin, il a été dit qu'on avait dans ce film affaire à une critique du patriarcat. Les rapports, disons contrastés, avec la voisine et la future belle fille du personnage principal, me semblent toutefois limiter la portée de cette interprétation radicale.
Que le cinéma japonais est différent et cela fait le plus grand bien. Le jardin Zen est une réussite d’intelligence et de finesse avec des acteurs au top. La lenteur asiatique est bien là dans son côté très positif avec une réflexion sur la place de la femme imposée par une société d’homme et plus largement, en conclusion, être soi-même malgré les pressions de la société tout cela avec une pointe d’humour bien posée.
Je n'ai pas trop accroché à ce film. Je comprends qu'il cherche à dénoncer différentes choses et en particulier l'univers sectaire dans lequel se retrouve la personnage principale, mais je trouve que c'était fait d'une drôle de manière, des bribes d'intrigues apparaissant ci et là, et le grand gap de temps entre la disparition du mari et son retour n'aidant pas à rentrer dans l'histoire.
Superbe film à l’humour grinçant, à la poésie plastique mais ravageuse, qui pose avec grâce et ironie la question de la place des femmes dans le Japon moderne.
Derrière la lenteur et fausse douceur de ce jardin zen vont révéler petit à petit un passé douloureux, jalonné de départs précipités, déclenchés au moment de grands cataclysmes (tremblement de terre, Tsunami). La trame étonnamment féministe fait voler en éclat les habitudes patriarcales spoiler: (la femme réoriente l'héritage de son beau-père!), mais entre-temps l'héroïne Yoriko était tombée dans les griffes d'une secteur "aqueuse", propre à soigner les âmes perdues. La charge est frontale sur cet environnement mercantile derrière une façade bienveillante. Sa route croise aussi une autre femme perdue, agente d'entretien dans la supérette du quartier. Le retour à la natation traditionnelle va les nettoyer de leurs blessures. spoiler: L'arrivée d'un bébé chez le fils non-marié rappelle combien ceci est encore une exception dans le japon moderne.
En bref, une tonalité pas habituelle, servie par une remarquable Mariko Tsuitsui, dont la danse finale est une réussite esthétique sous la pluie qui réveille la femme endormie et la nettoie des fils qui la retenaient enfermée. cinéma - février 25
Film très attachant avec de multiples portes d’entrées et points d’accroche, à une époque où en Occident comme au Japon se multiplient les discours sur la sérénité, le renoncement à l’ego etc… les percussions/claquements de main qui viennent par moment rompre l’absence de BO du film ne sont pas sans rappeler la philosophie au marteau de Nietzsche.
Tous les personnages sont très attachants malgré leurs innombrables failles et défauts, car humains jusqu’à la moëlle.
On notera au passage que les poudres de perlimpinpin peuvent prendre de multiples formes, être dans tous les cas coûteuses, et sans plus d’efficacité les unes que les autres
Yoriko vit une vie plutôt classique de femme au foyer, préparant les repas pour son mari et son fils. Alors que survient le terrible incident de Fukushima, son mari décide brutalement de disparaitre de sa vie. Quelques temps plus tard, Yoriko a repris le cours de sa vie et s'est dangereusement rapproché d'une secte vénérant une eau miraculeuse. Son mari revient subitement à la maison. En salle le 29 janvier.
spoiler: "le jardin zen" commençait bien. Même si je n'ai pas très bien compris le démarrage de l'intrigue, notamment les motivations de la disparition du mari, j'ai apprécié que le film pose une sorte de dilemme moral au personnage de Yoriko : s'effacer pour l'absolution ou prendre sa revanche face à l'homme qui l'a abandonnée. Malheureusement, l'histoire qui nous est contée part dans des dédales inintéressants : la belle-fille sourde, l'amie qui vit dans une porcherie etc. Je sens qu'on essaie de me montrer de belles métaphores à base de gouttes d'eau et d'ondes mais la mayonnaise ne prend pas et je me sens extérieur à la séance très rapidement.
Le mari de Yoriko a quitté le domicile conjugal après l’accident nucléaire de Fukushima. Mère d’un adolescent devenu adulte parti vivre sa vie à l’autre bout du Japon, Yoriko s’est installée dans une routine dont chaque détail lui est dicté par les règles de la secte à laquelle elle a adhéré. Son train-train quotidien est remis en cause par le brusque retour de son mari, atteint d’un cancer en phase terminale, puis par celui de son fils qui lui présente sa fiancée.
"Le Jardin zen" est un film étonnant. Il hésite entre plusieurs genres. Il emprunte parfois à la comédie grinçante mais semble plutôt loucher du côté du thriller : on se demande si Yoriko ne va pas chercher à se débarrasser de son mari et on cherche avec elle le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Il s’agit aussi peut-être d’un film de société sur les mouvements sectaires, le désespoir qui conduit ses membres à y adhérer, les inquiétantes dérives qu’ils accréditent.
Tout bien considéré, Le Jardin zen relève plus banalement du drame intimiste. Yoriko en est l’héroïne solitaire, autour de laquelle l’histoire s’organise, qu’on appréhende exclusivement de son point de vue. Elle est interprétée par l’excellente Mariko Tsutsui, déjà tête d’affiche chez Kōji Fukada ("L’Infirmière", "Harmonium") qui réussit dans le même plan à être simultanément pathétique et effrayante. "Le Jardin zen" raconte la folie dans laquelle elle menace de sombrer à force de solitude et contre laquelle elle tente de se prémunir en réglant chaque détail de sa vie. Son ultime scène rappelle celle qui clôt "Un amor".