Aucun long métrage de Naoko Ogigami n'avait jusqu'alors été distribué en France. Le jardin zen pourrait changer la donne et, pourquoi pas, permettre de voir des œuvres antérieures de cette cinéaste qui semble porter un regard particulièrement acide sur la société et la famille japonaises contemporaines. Les personnages du Jardin zen sont plutôt ambivalents, parfois bienveillants mais assez souvent sans pitié pour leurs compatriotes. Tout, en surface, peut sembler lisse et calme mais la férocité se cache derrière les sourires et les remarques acerbes qui abondent, prononcées avec aplomb mais sans agressivité trop marquée, font invariablement mouche. Le jardin zen, réalisé de manière impeccable et implacable, témoigne d'une grande malice et d'une ironie grinçante qui parleront nécessairement aux amateurs d'humour pince-sans-rire, qui sait être fort cruel, à l'occasion. Si le film en dit long sur la frustration dans les relations familiales, il fustige aussi les nouvelles communautés (pour ne pas dire sectes) qui fleurissent partout au Japon, aux méthodes et aux objectifs plus que douteux. La réalisatrice épingle les comportements et les modes de pensée de l'ensemble de ses personnages, tout en leur gardant leur humanité. Avec sa lenteur étudiée, qui ne suscite nul ennui car le Diable se cache dans moult détails, Le jardin zen est moins paisible que son titre semble indiquer et c'est bien son côté piquant (subversif) qui lui donne toute sa saveur et son alacrité.
Le dernier film de Naoko Ogigami, Le Jardin Zen, explore avec subtilité les thèmes de la solitude, de la quête de sens et des pressions sociales dans le Japon contemporain. Ce drame, teinté d’humour noir, suit Yoriko, une femme ayant trouvé refuge dans une secte vouée à l’eau après l’abandon de son mari. Son existence paisible est perturbée par le retour inattendu de celui-ci, révélant les failles de sa quête spirituelle et l’ambivalence de son personnage.
Mariko Tsutsui incarne avec brio cette héroïne complexe, tiraillée entre pureté apparente et pulsions troubles. Déjà remarquée dans Harmonium, l’actrice offre une performance saisissante, donnant vie à une femme en quête d’elle-même dans une société où les rôles d’épouse et de mère parfaites sont encore oppressants.
Naoko Ogigami utilise l’esthétique pour enrichir son récit. Les jardins soigneusement ratissés deviennent une métaphore des apparences que Yoriko s’efforce de maintenir, tandis que les intrusions extérieures symbolisent le chaos intérieur et les bouleversements de son monde.
Le Jardin Zen s’inscrit aussi dans un contexte où les sectes zen, bien implantées au Japon, suscitent débat, notamment après des scandales récents comme celui lié à l’assassinat de Shinzo Abe. Le film questionne la place de ces mouvements dans une société en quête de spiritualité, tout en soulignant l’impact des attentes sociales sur les individus, en particulier les femmes.
Avec cette œuvre riche et nuancée, Ogigami livre une réflexion puissante sur la nature humaine et l'absurdité des conventions, confirmant son statut de réalisatrice incontournable du cinéma japonais contemporain. Le Jardin Zen est à la fois un commentaire social percutant et une méditation émotive sur la quête d’identité.
Après la catastrophe de Fukushima les habitants de la région ont réagi de manières différentes, l’un à quitté sa famille un soir après le repas, l’une a développé le syndrome de Diogene, une autre s’est jetée à corps perdu dans une secte et a transformé son parterre de fleurs en jardin zen. Film étrange ni totalement dramatique, ni totalement comique où l’on parle de la résilience mais aussi de l’assignation et de l’hypocrisie de la société japonaise. Sans en avoir l’air cette œuvre cogne, comme on le ferait avec un marteau empaqueté de feutrine.
Ai vu le film japonais « Le jardin zen » de la réalisatrice Naoko Ogigami dont c’est le premier film a être distribué en France. Des plans magnifiquement cadrés et ordonnancés, une photographie très soignée, « une musique » qui se limite à une goutte d’eau qui tombe dans une flaque et à des jeux de mains frappés, un montage excitant… « Le jardin zen » est une comédie (on y sourit très souvent) dramatique avec une tension qui s’installe de plus en plus du principalement par la description du quotidien d’une famille qui se dérègle étrangement. Yoriko (Mariko Tsutsui) vit très bien toute seule depuis que son mari (Ken Mitsuishi) est parti brutalement sans aucune explication et que son fils (Hayato Isomura) s’est installé loin de Tokyo. Yoriko est caissière dans une supérette, prie beaucoup et l’on comprend petit à petit pourquoi et qui, tout en s’occupant de son jardin japonais uniquement minéral, jusqu’au jour où son mari refait surface sans crier gare. Ce film est ingénieux dans ses ruptures de ton, dans ses trouvailles scénaristiques inattendues, dans la composition de ses personnages tous un peu borderline et attachants, dans ses éllipses fluides et ses parties oniriques frôlant le cauchemar. La réalisatrice joue beaucoup avec la surface des visages qui sont toujours bienveillants en opposition avec les pensées qui peuvent être assez morbides d’où un décalage de ton qui est réjouissant en permanence pour le spectateur. L’ironie et l’humour noir sont maniés avec talent et subtilité. Le jeu des acteurs est puissant et décalé. Mention spéciale à Mariko Tsutsui qui transcende son interprétation dans une scène finale sublime et inattendue. Une très belle surprise cinématographique.
Très intéressant film de Naoko Ogigami moins paisible que son titre ne semble l'indiquer et c'est bien son côté piquant qui lui donne toute sa saveur ! Le film témoigne d'une grande malice et d'une ironie grinçante qui plaira aux amateurs d'humour pince-sans-rire !
Seul le jardin est zen dans cette histoire d'eau imprévisible (et non dépourvue d'humour) dont l'onde vous aspire peu à peu jusqu'à une danse finale incongrue mais libératrice. Un film d'une originalité toute nippone pour aborder nos pour aborder nos petits pètes au kabuto;
Un petit bijou de sensibilité, sur la maladie, la vie, l’amour, la famille, l’amitié, j’en passe, tant ce film aborde de thèmes, tantôt avec une extrême gravité, tantôt avec un humour imperceptible, Les japonais sont de sacrés philosophes, des humanistes, et leur sensibilité s’élève bien au dessus du mont Fuji...cette histoire d’une femme qui accueille son mari, qu’elle déteste, nous fait réfléchir nos propres vies, au monde qui nous entoure, nous pouvons apprendre du cinéma japonais à penser différemment, admirablement filmé et interprété, ce film laisse une empreinte et une émotion des plus rares….un petit bijou à ne pas rater….
Vu en avant-première dans le cadre d'une semaine Japon de mon cinéma. Un film sur l'eau, la famille, l'honneur et la retenue japonaise, la folie, et l'eau. Au début ça m'a pas mal énervé, et puis on comprend ce que le film veut nous raconter. Les minutes passant (lentement) je me suis perdu dans l'ennui, comme mes voisins en salle j'ai trouvé le temps long. l'image est belle, le travail sur le son est notable, mais le tout passe trop lentement pour justifier les 2h. Quelques scènes cocasses voire drôles à noter tout de même, quand les personnages se lâchent.
On m'avait dit qu'il arrivait qu'on rit à la vision de ce film japonais. Franchement, je voulais voir ça car le rire apporté par un film japonais, ce n'est pas très fréquent. En fait, je me souviens juste d'avoir beaucoup ri à un très bon et très drôle un film japonais. C'était il y a très longtemps, au festival de Cannes et ... le film n'est jamais sorti en salle dans notre pays ! Question rire, "Le jardin zen" a été pour moi un fiasco total. Ce film ne m'a même pas arraché un sourire. Seul, un journaliste des Inrockuptibles peut y trouver un humour ravageur. Mais ce premier film de la réalisatrice Naoko Ogigami à sortir en France, s'il ne fait pas rire, a peut-être d'autres qualités, me direz vous. Franchement, je ne vois pas trop lesquelles. Certes, il y a des tentatives esthétiques, certes on sent que la réalisatrice fait des efforts pour ironiser sur la société japonaise, sur ses névroses, sur ce qui s'apparente beaucoup à des sectes, mais à côté, qu'est-ce qu'on s'ennuie ! Et, à la fin du film, o n'a toujours pas compris si le film voulait être féministe ou, au contraire, se moquait des japonaises.
Derrière la lenteur et fausse douceur de ce jardin zen vont révéler petit à petit un passé douloureux, jalonné de départs précipités, déclenchés au moment de grands cataclysmes (tremblement de terre, Tsunami). La trame étonnamment féministe fait voler en éclat les habitudes patriarcales spoiler: (la femme réoriente l'héritage de son beau-père!), mais entre-temps l'héroïne Yoriko était tombée dans les griffes d'une secteur "aqueuse", propre à soigner les âmes perdues. La charge est frontale sur cet environnement mercantile derrière une façade bienveillante. Sa route croise aussi une autre femme perdue, agente d'entretien dans la supérette du quartier. Le retour à la natation traditionnelle va les nettoyer de leurs blessures. spoiler: L'arrivée d'un bébé chez le fils non-marié rappelle combien ceci est encore une exception dans le japon moderne.
En bref, une tonalité pas habituelle, servie par une remarquable Mariko Tsuitsui, dont la danse finale est une réussite esthétique sous la pluie qui réveille la femme endormie et la nettoie des fils qui la retenaient enfermée. cinéma - février 25
Assez déroutante, cette comédie dramatique oscille entre plusieurs genres sans en embrasser totalement aucun, restant sur un rythme lancinant - qui cadre bien avec la routine prétendument spirituelle de l'héroïne. Manifeste critique des mouvements sectaires, le récit évite de blâmer ceux qui se laissent embrigader dans de fausses croyances ou des chimères optimistes; à l'inverse l'hypocrisie, le dédain, l'inconvenance semblent fort répandus parmi une population qui feint le respect et la douceur - sans même parler du mari, parfaitement abject (dont on ne plaindra donc pas l'état - d'ailleurs quel cancer, quel stade?) ou du vieux râleur qui ne change pas de caisse! Ainsi, on apprécie le réveil de la protagoniste, sur un ton de satire pince sans rire, et la présence de son amie au féminisme de bon sens! In fine, il s'agit surtout d'un constat inquiet sur la solitude, sur la vacuité, sur la névrose qui menacent nos existences. La peinture d'une souriante libération...
Film très ironique où tout semble calme en apparence mais certainement pas dans la tête des personnages. C'est une satyre de la société japonaise (mari, famille, amis, voisins, collègues). Excellent moment
dans les environs de Fukushima l'histoire d'une femme abandonnée par son époux trouve un équilibre dans un culte de l'eau au sein de ce qui doit être qualifié de secte. Tout va pour le mieux du monde sa vie est parfaitement réglée, codifiée. Cette équilibre est soudainement rompu par le retour du mari qui a un regard autre sur ce pseudo équilibre.
La relation devient aigre douce, et même dans la société japonaise une femme peut souhaiter se venger ce qui change des films japonais où de manière assez systématique c'est l'ordre social qui prime et triomphe.