Difficile d’évaluer le film de Chloé Zao tellement le début du long-métrage s’oppose diamétralement à son final. En effet, l’épilogue est aussi exceptionnel que le commencement est laborieux. Cela offre certes un récit qui possède un crescendo dramatique plaisant. Mais la première heure du film à l’ambiance terne et au rythme apathique est difficile à avaler. C’est seulement quand les personnages sont enfin bien introduits que le rythme s’accélère, que les drames frappent la petite famille et que le secret paternel, révélé dans l’épilogue final, nous cloue sur place. La séquence terminale est un moment de grâce, un tour de force visuel et un sommet d’émotion. La réalisatrice s’est appuyée malignement sur la musique iconique de Max Richter pour enjoliver ce final transcendant. Le film a le mérite de nous faire apercevoir le talent d’interprète de Paul Mescal, qu’on n’avait guère pu voir dans la suite de Gladiator. L’acteur irlandais excelle en peu de mots et son charisme naturel fait merveille. Mais c’est la prestation de Jessie Buckley qui fait surtout sensation. La révélation du film est cette actrice irlandaise qui incarne la femme de William Shakespeare avec une intensité peu commune. Les aspirations ésotériques de son personnage en début de film sont oubliables, mais ses combats pour sa famille s’avèrent ensuite déchirants. Dans une époque où la mort rodait partout, les épidémies étaient ravageuses, elle incarne une femme qui fait front avec une foi contagieuse.
Excellent film , y a pas d'autre mot ! C'est un Drame intime, d'une immense poésie qui adopte le point de vue d’Agnès Shakespeare , dans la réalité elle se prénomme Anne Hathaway , mais passons ça relève du détail , et se concentre sur son deuil à elle . Jessie Buckley est magistrale dans le rôle ! Le film revisite la tragédie fondatrice , “Hamlet” , de Shakespeare interprété par un époustouflant Paul Mescal .
Si la première partie du film n'avait pas été si ennuyeuse et tant déconnecté du cœur de l'histoire, nul doute que ce film aurait pu gagner les Oscar. Les deux favoris de l'édition 2026, Sinners et Une bataille après l'autre, avaient un rythme survitaminé, un style totalement différent de ce Hamnet. Si la seconde partie de l'œuvre n'emballe pas le rythme cardiaque, il nous plonge tout de même en apnée une fois le drame survenu dans la famille. Attristé comme jamais avec ce deuil, nous découvrons comment ce décès a eu pour conséquence la mise en place de la pièce légendaire de Shakespeare. Tout d'un coup, tout prend sens, les différentes pièces du puzzle s'assemblent et on découvre comment tout les évènements vécus ont permis l'élaboration de cette pièce et comment l'hommage à l'être perdu est célébré comme jamais sur les planches. Que dire d'ailleurs de la prestation MAGISTRALE de Jessie Buckley, qui retranscrit si bien la peine et la joie qu'elle ressent.
J'y suis allé suite aux avis dythirambiques. Et alors là. Mais là. Je suis tombé de haut. Il y a le personnage féminin ésotérique, un peu druide, un peu devin, cette histoire d'accouchement au milieu des racines dans la forêt et puis la mort d'un enfant. Et c'est cette mort qui va inspirer à Shakespeare Hamlet. Euh... Peut-on réduire encore un peu plus le degré de lecture d'un film, la compréhension d'une oeuvre aussi riche et complexe que Hamlet ? EN vérité, je me demande ce que les gens qui adorent y ont trouvé, dans cet Hamnet ? Hormis la posture un peu sundance, ciné indé de la réalisatrice. Qu'est-ce qu'il y a à admirer dans cette oeuvre ? La lecture psychologique est ténue, presque gênante. On avance sans quête. Les débuts de Shakespeare au théâtre sont emmêlés, nébuleux. On se focalise sur la femme, d'accord. Mais elle est fortement réduite cette vision de cette Agnès. A part ses enfants, à part la mort, qu'est-ce qui la définit ? Les plantes ?
Après avoir visionné « Shakespeare in love » que j’avais adoré et qui traitait de l’empêchement des femmes de jouer au théâtre vers 1600 (et accessoirement d’amours supposés du grand dramaturge), j’ai voulu voir Hamnet de la réalisatrice chinoise Chloé Zaho, tiré d’un roman de Maggie O’Farrell. On est ici dans un tout autre registre que dans le film précédent. L’histoire se concentre en effet sur la famille de William Shakespeare, depuis sa naissance jusqu’à la création au théâtre à Londres du drame « Hamlet ». Le dramaturge s’est marié avec une « sauvageonne » rencontrée en forêt, avec laquelle il aura 3 enfants, dont un jumeau prénommé Hamnet. Ce dernier décédant de maladie à l’âge de 11 ans. Cet évènement bouleversera profondément la vie du couple, et le dramaturge, empli de douleur, en tirera sa pièce mondialement connue. Pour interpréter la « sauvageonne », l’actrice irlandaise Jessie Buckley délivre une prestation hallucinante de naturel et de sensibilité, son mari étant interprété plus sobrement par un autre acteur irlandais Paul Mescal. Les acteurs et actrices interprétant les enfants à diffèrent âges ont également été particulièrement bien choisis. A noter une reconstitution d’époque absolument somptueuse, avec photos extraordinaires, notamment en clair-obscur en intérieur. La musique n’est pas en reste, et le final reflète un grand moment d’émotion. Une très belle oeuvre.
tout simplement pas pour moi je me suis ennuyée tout au long. jai pas ete conquise ni spécialement touché c'est avant tout pour moi un film a prestation d'acteur mais complètement oubliable
Du grand cinéma comme on aime. Écriture soignée. Décors et costumes d'époque remarquablement reconstitués. Réalisation impeccable et interprétation magistrale de l'actrice principale notamment capable de jouer vraiment toute la palette des sentiments et des états d'âme.
De l’étincelle amoureuse dans la campagne élisabéthaine à l’abîme creusé par la perte d’un enfant, Chloé Zhao tisse une fresque intime et dévastatrice sur l’amour qui unit et le deuil qui fracture. Le parcours d’Agnes et William traverse toutes les nuances de l’humain : l’émerveillement des premiers regards, la fureur impuissante face au malheur, la lente remontée vers une forme de paix fragile. Peu importe si certains passages flirtent une émotion trop insistante, le récit emporte tout sur son passage. Zhao, fidèle à son regard naturaliste hérité de "Nomadland", capte la beauté brute des paysages et des visages, tandis que Jessie Buckley et Paul Mescal livrent des performances d’une intensité rare, presque physiques. On sort de la salle un peu secoué, mais étrangement apaisé par cette catharsis shakespearienne. Un grand film sur ce qui nous brise et nous relève.
Le bouquin est là, la présence de l'écrivaine Maggie O'Farrell en coscénariste y est pour quelque chose, on retrouve la forêt mystérieuse des alentours de Stratford, du début à la fin, en fond de décor de la scène du Globe, où se joue Hamlet! Qu'importe que le récit soit en partie une fiction, la vie du grand William étant en partie méconnue. La parabole qu'un écrivain majeur, sensible, aimant, ait pu être marqué profondément par la perte d'un enfant, "his boy", tient la route et nous emporte au final. La peste rode, imprévisible et injuste, les remèdes de sa femme ne peuvent pas tout guérir. On pardonnera quelques longueurs, tant les images sont belles, passant de la forêt profonde pleine de plantes connues d'Agnès, aux intérieurs sombres, mais correctement aménagés, les deux familles ayant pignon sur rue. Agnès, interprétée par une Jessie Buckley organique, viscérale, envoutante, est le centre de l'histoire. Femme indépendante, elle s'appuie essentiellement sur son frère pour résister aux pressions de la belle-famille, le mari étant parti faire carrière à Londres. Will et Agnès sont tous les deux hors normes, complémentaires et fusionnels malgré la distance. Avec cette évocation de la vie en Angleterre profonde, il y a quatre siècles, et de la conjointe d'un génie universel de l'écriture et de la poésie, la réalisatrice C. Zao, dans un genre complètement différent de ses précédentes créations telle Nomadland, réussit son pari. La bande son de Richter est à la hauteur des images, lorsque le sublime de la pièce révèle à la mère ce que le père n'avait jamais réussi à se pardonnerspoiler: - son absence quand son fils était à l'agonie-, mais qu'il a sublimé dans une tragédie qui traversera les siècles. cinéma vo - février 26
C’est bien plus un drame familial qu’un drame shakespearien , mais cette visite de l’époque, de ses mœurs et vissicitudes est plutôt bien rendue en dépit de quelques longueurs
Oeuvre singulière qui s'intéresse aux sources de l'inspiration des oeuvres théâtrales de William Shakespeare. Une bonne idée ne fait pas nécessairement un bon film. Si le tout est de bon niveau, la mise en scéne reste répétitive et le casting a tendance à surjouer. Or thêatre n'est pas cinéma et l'ennui finit par s'installer. Mais surtout l'émotion reste absente. Un comble pour un drame !
Le film est classique, la photographie est belle, l'ensemble donne une impression de sécurité ,compréhensible vu le sujet de la perte, mais bien peu incarné.
Si la première partie du film brille par sa mise en scène sobre et envoûtante dans laquelle une fresque familiale nous est présentée au cœur d’une charmante campagne anglaise, la 2ème paraît malheureusement plus faiblarde. Chloé Zhao arrive à capturer parfaitement l’essence de cette famille idyllique dont le bonheur irradie l’écran si fort qu’on se surprend à sourire, frissonner et pleurer avec eux. Le duo Jessie Buckley et Paul Mescal crève l’écran et rendent cette fresque familiale ultra crédible. Malheureusement pour moi, le film perd un peu de son intérêt dès lors que le bonheur familial qui fait la force du film est rompu par la tragédie de la perte de Hamnet. L’enchantement s’envole, le bonheur se brise et le film traîne légèrement en longueur et finit par une séquence qui ne m’a personnellement pas touché. Malgré tout, Chloé Zhao confirme son indéniable talent qui, je l’espère, continuera de la faire briller.