Le bouquin est là, la présence de l'écrivaine Maggie O'Farrell en coscénariste y est pour quelque chose, on retrouve la forêt mystérieuse des alentours de Stratford, du début à la fin, en fond de décor de la scène du Globe, où se joue Hamlet!
Qu'importe que le récit soit en partie une fiction, la vie du grand William étant en partie méconnue.
La parabole qu'un écrivain majeur, sensible, aimant, ait pu être marqué profondément par la perte d'un enfant, "his boy", tient la route et nous emporte au final. La peste rode, imprévisible et injuste, les remèdes de sa femme ne peuvent pas tout guérir.
On pardonnera quelques longueurs, tant les images sont belles, passant de la forêt profonde pleine de plantes connues d'Agnès, aux intérieurs sombres, mais correctement aménagés, les deux familles ayant pignon sur rue.
Agnès, interprétée par une Jessie Buckley organique, viscérale, envoutante, est le centre de l'histoire. Femme indépendante, elle s'appuie essentiellement sur son frère pour résister aux pressions de la belle-famille, le mari étant parti faire carrière à Londres. Will et Agnès sont tous les deux hors normes, complémentaires et fusionnels malgré la distance.
Avec cette évocation de la vie en Angleterre profonde, il y a quatre siècles, et de la conjointe d'un génie universel de l'écriture et de la poésie, la réalisatrice C. Zao, dans un genre complètement différent de ses précédentes créations telle Nomadland, réussit son pari.
La bande son de Richter est à la hauteur des images, lorsque le sublime de la pièce révèle à la mère ce que le père n'avait jamais réussi à se pardonner
- son absence quand son fils était à l'agonie-,
mais qu'il a sublimé dans une tragédie qui traversera les siècles.
cinéma vo - février 26