Terrassé. Même en ordonnant à mes glandes lacrymales d'arrêter de fonctionner sans que cela ait le moindre effet sur elles (300 hectolitres de larmes ont été versées au point d'évacuer la salle avant que, mêlées à celles des autres spectateurs, elles ne nous noient tous dedans), rien n'y fait, "Hamnet" m'a submergé émotionnellement comme très peu de films arrivent à le faire, au point que je vais utiliser avec lui le terme tant galvaudé de chef-d'œuvre. Oui, c'en est un à mes humbles yeux encore gonflés et rougis.
Il y a déjà un truc, ce truc indicible et inexplicable, unissant au diapason de ma sensibilité à celle que Chloé Zhao exprime pour porter visuellement la narration de ses œuvres, elle est l'une de mes cinéastes contemporaines préférées et pour laquelle, je le sais, je ne pourrais jamais être totalement objectif. Le coup de foudre a eu lieu sur "The Rider", s'est confirmé avec "Nomadland" et s'est même prolongé avec "Les Éternels" (un Marvel à jamais à part car doté d'une vraie vision). Ici, il m'a suffit des quelques minutes d'ouverture, portée par la partition de Max Richter, sur la "naissance" d'Agnès à nos yeux de spectateurs parmi la/sa Nature, un monde à part -et en faisant un être elle aussi à part via toute sa perception unique des choses élémentaires- pour m'emporter avec elle.
La rencontre mouvementée avec ses évidences l'un vis-à-vis de l'autre, la passion instantanée, les revers imposés par des éléments extérieurs dont l'ignorance ou les certitudes seront amenées à évoluer, l'ambition insatiable de l'un qui nécessite l'éloignement, des instants de bonheur procurés par les retrouvailles partagées avec la plus pure innocence qui les habite... Et puis la tragédie. Exprimée avec une virtuosité dramatique où une notion de sacrifice et de sa représentation confinent à un génie absolu pour laisser à terre n'importe quelle âme bien portante (encore plus si vous êtes parent je pense, ce n'est pas mon cas).
S'ensuit une fracture, paraissant immuable, un traitement du deuil où rien ne paraît réconcilier les chagrins terriblement profonds de ceux qui les vivent... Jusqu'à cette découverte finale, en dents-de-scie éprouvantes certes à ses débuts par un des personnages qui la voit s'incarner par la fiction devant elle, mais qui atteint sur sa progression une apothéose incommensurable à travers une osmose parfaite entre les êtres qui en sont les douleurs vivantes incarnées. Et de tous ceux qui en sont dévastés et touchés par l'onde de choc universelle qu'ils produisent par la manière de manifester leur deuil et de l'exorciser sur des planches de théâtre.
Le film démarre bien, puis s’étire inutilement dans une noirceur monotone et stérile. Ni poésie, ni subtilité : juste une ambiance sombre et sinistre. Pourtant plutôt sensible, je suis restée indifférente à cette tragédie familiale, qui est longuement étalée dans la dernière partie sous forme de piece de théâtre. Reste un point positif : les acteurs sont remarquables.
Magnifique évocation de la vie de shakespeare, ce film est juste magnifique, avec une actrice à la performance sublime. Les enfants sont excellents. À voir
En 2021, la chinoise Chloé Zhao avait fait une entrée fracassante avec Nomadland, son 1er film, qui avait tout de même raflé 3 Oscar – sans compter 3 Bafta Awards et 2 Golden Globe -, dont celui du meilleur film et de la meilleure réalisation et, pour clore la liste, le Lion d’Or à Venise. Pas mal pour une débutante… Son incursion dans le domaine des super-héros à la mode Disney avait été plutôt concluante. Nouveau changement de genre avec ces 125 minutes absolument éblouissantes. Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel. Tragédie fascinante de beauté, de force et d’émotion. Peut-être le meilleur film de ce début d’année. Rares sont les films qui nous parlent de Shakespeare. Depuis 1998 et le Shakespeare in Love de John Maidden, je n’ai pas souvenir d’une autre production ayant pour sujet l’auteur lui-même, sans oublier les très nombreuses adaptations de ses pièces pour le grand écran. Certes, on ne sait pas grand-chose de la vie réelle de l’auteur. – Certains même doutent de son existence… c’est vous dire ! -. Ce film est basé sur un livre écrit par l’autrice nord-irlandaise Maggie O’Farrell, dont le projet était de mettre en avant le jeune fils de Shakespeare décédé de la peste bubonique, et largement ignoré dans les livres d’histoire. Elle a donc effectué des recherches sur la vie à la fin du XVIe siècle en Angleterre, et sur, bien entendu, le célèbre Globe Theater où les pièces du grand William furent jouées pour la première fois, mais, sachons-le, une grande partie de l’histoire sur lequel le scénario est construit est purement fictionnelle. Et alors !!! L’histoire est ici centrée sur Agnès, Madame Shakespeare herself, et non sur celle de l’auteur célèbre. En aucun cas, il ne s’agit d’un biopic. Chloé Zao a donc pu se débarrasser des conventions souvent empesées de la reconstitution historique pour évoquer l’amour, le deuil et le pouvoir réparateur de l’art. Cela nous donne une œuvre viscérale, âpre et bouleversante. Le casting est entièrement dominé par l’incarnation flamboyante de la magnifique Jessie Buckley, favorite des Oscar. Paul Mescal, pour sa part, parvient à humaniser celui qu’on ne perçoit que comme une sorte de monstre de la littérature et du théâtre. Citons encore Emily Watson, Joe Alwin, et surtout le jeune Jacobi Jupe dont on reparlera à coup sûr. Et ce n’est pas tout. Quand on s’intéresse aux génériques, on y découvre des choses passionnantes. D’abord que la musique splendide est signée du grand Max Richter et que le film est coproduit par Sam Mendes et Steven Spielberg… excusez du peu ! La cinéaste fait de la première partie du film, une sorte de chant primitif célébrant la nature, les sens et les passions humaines. Dans la deuxième partie, le film tente avant tout – et réussit – à matérialiser l’intolérable douleur du deuil, d’une manière très physique. Enfin, le final culmine dans un paroxysme émotionnel irrésistible qui contribue pleinement à la réussite magistrale de ce film comme on n’en voit peu. Magistral, je le répète !
Hamnet est une oeuvre bouleversante, poétique et profondément humaine qui transcende le simple cadre historique pour toucher à l’universel. Est-ce un film ou une pièce de théâtre ? La réalisation est impeccable. Le jeu des acteurs et actrices est parfait. Mention spéciale à Jessy Bucley qui nous livre une magnifique prestation.
Perdre un enfant est sûrement la pire chose qui pourrait nous arriver. Comment nous reagirions face à cette situation ? Le film nous montre justement deux types de réactions tellement différentes. Mais à la fin on comprend que la douleur est la même et que la façon de la surmonter est propre à chaque individu.
Hamnet de Chloé Zhao s’enferme dans un cinéma du mirabilisme un peu creux, porté par une vision clairement bourgeoise et déconnectée du réel. Cette relecture très libre de Hamnet étire inutilement son propos : trop longue, plombée par des scènes de remplissage qui confondent lenteur et profondeur, elle finit par perdre ce qui faisait la force du matériau d’origine. À force de vouloir sublimer chaque plan, le film dilue l’émotion et transforme le drame intime en exercice de style contemplatif, joli mais franchement vain.
Un film magnifique, très émouvant qui m'a ému aux larmes à de nombreuses reprises. C'est un formidable film sur le deuil, sublimé par une réalisatrice exceptionnelle. Le rythme du film, les choix des plans, la direction des acteurs, tout est incroyable. C'est un film que je recommande chaudement. Jessie Buckley, que je ne connaissais pas, est une fabuleuse actrice. Elle transmet une émotion folle tout en étant toujours juste. un chef-d'oeuvre selon moi.
Très belle adaptation d’un roman , original , poétique, parfaitement joué . Bel accompagnement musical . On plonge peu à peu dans la tragédie et le lien avec William Shakespeare et sa fameuse pièce Hamlet . Bien fait ! Bien joué ! Beau moment !
Un drame fictif filmé à la Terence Malick des acteurs qui surjouent les scènes d'émotions une magnifique photographie ne boudons pas notre plaisir. La course aux Oscars est lancé même pour le crawl qui n'aurait été en Angleterre connu qu'en 1840?
Les dernières 20minutes sont très puissantes bien que très (trop) pathos. Le problème c’est qu’avant ce final il faut se coltiner 1h30 de scènes poussives avec des acteurs qui en font des caisses pour avoir leur statuettes. Cela reste malgré tout bien cadré et mis en scène avec notamment une certaine maîtrise sur les effets qui jouent avec la profondeur de champs.
Ce film et non ce biopic, est un « must see », c’est le cinéma que j’aime : beau décor, acteurs et actrices excellents, du rire, des larmes. Ce film émouvant est une ode aux femmes, à l’amour, il interroge avec finesse sur le pire des deuils : la perte d’un enfant. Jessie Buckley est magnifique de vérité.
Très étonnée par les critiques dithyrambiques des spectateurs. On n’est loin des excellents film d’Elmodovar , Bergman and so on . On s’ennuie , les accouchements meublent la faiblesse du scénario . Rien qui peut vous faire vibrer ,les acteurs récitent leur texte , c’est un film ou du théâtre ?? Décevant , attendre qu’il passe sur Arté .