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Eric Menard
1 critique
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5,0
Publiée le 18 janvier 2026
Un pur chef d'oeuvre, vu il y a moins d'une heure en avant premiére au Royal de Biarritz. Acteurs excellents, prise de vue décors et costumes sublimes. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été transporté comme cela dans un film. Ame sensible prevoir des mouchoirs. Merci..........
Avec Hamnet, Chloé Zhao adapte le roman de Maggie O’Farrell en s’emparant d’un événement minuscule dans l’Histoire, mais immense sur le plan humain : la mort de Hamnet, fils unique de William Shakespeare. Le film ne cherche jamais à expliquer ou à théoriser le dramaturge. Il le dépouille de son statut de monument pour le ramener à une condition profondément humaine, celle d’un père confronté à une absence irréversible. Cette approche intime irrigue chaque plan, chaque silence, chaque respiration du récit.
Située à la fin du XVIᵉ siècle, l’histoire suit un couple pris entre enracinement et éloignement. Agnes, figure centrale du film, est filmée comme une force organique, presque tellurique, en lien direct avec la nature et les cycles du vivant. Face à elle, William apparaît plus fragile, souvent absent, incapable de partager pleinement le même espace de douleur. Chloé Zhao refuse le pathos et préfère laisser le temps s’étirer, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.
L’adaptation cinématographique se distingue par sa manière de traduire l’intériorité sans recours à l’explication. Les paysages, la lumière, les matières deviennent des vecteurs émotionnels. Le deuil n’est jamais formulé, il est éprouvé. Le lien supposé entre la mort de Hamnet et l’écriture de Hamlet n’est abordé que comme une hypothèse poétique, jamais comme une vérité historique. Le film assume pleinement cette liberté, préférant une vérité émotionnelle à toute démonstration factuelle.
L’un des gestes les plus forts de Hamnet réside dans la représentation du théâtre. La scène du Globe Theatre marque un basculement fondamental : la douleur quitte l’espace privé pour devenir expérience collective. Le public, filmé comme une communauté vivante, reçoit et partage l’émotion. L’art cesse alors d’être un refuge individuel pour devenir un acte social, presque spirituel. Le théâtre apparaît comme un lieu de transmutation, où l’amour et la mort coexistent sans se contredire.
Porté par des interprétations d’une grande justesse, notamment Jessie Buckley et Paul Mescal, le film trouve une force rare dans sa retenue. Chloé Zhao filme le vide, l’attente, l’indicible, et parvient à faire vibrer le silence. Hamnet n’est pas un film sur la naissance d’un chef-d’œuvre, mais sur la nécessité vitale de créer pour continuer à vivre. Une œuvre profonde, humble et bouleversante, qui rappelle que l’art n’efface pas la douleur, mais qu’il permet, parfois, de respirer à nouveau.
Une histoire touchante, portée à l’écran de manière majestueuse avec de grands plans plein de nature. Très belle performance des acteurs principaux qui méritent leurs récompenses.
J’ai été super déçu par ce film vu en salle au Brésil. Tout juste un mauvais téléfilm, au scénario faiblard, très mal filmé : champs-contre-champs cadrés très serrés comme dans une sit-com, scènes ultra-mélo enrobées de violons dégoulinants, qualité de l’image très VHS des années 2000. Mention spéciale, toutefois, pour la belle Jessie Buckley, qui mériterait d'être mieux dirigée.
Vu au festival de cinéma WISE Iles britanniques à Nantes ... Un film très émouvant sur le caractère thérapeutique de l'art par la sublimation de la mort de son enfant par William Shakespeare . D'après un roman, donc sans fondement historique "scientifique" mais pourquoi pas ?
Voilà une proposition cinématographique qui risque de diviser et qui ne plaira donc pas à tout le monde. On ne pourra cependant pas lui enlever qu’elle va au bout de ce qu’elle entreprend et qu’elle compte de nombreuses qualités. Malheureusement elles ne nous ont pas assez convaincu et elle pêche sur des aspects essentiels. Néanmoins, elle confirme le talent de Chloë Zhao et la range dans la catégorie des cinéastes rares, essentielles et à la patte de plus en plus reconnaissable. Pour rappel, on lui doit le beau « The Rider », le magnifique et oscarisé « Nomadland » et, il ne faut pas l’oublier, le film issu du Marvel Cinematic Universe le plus original de récente mémoire avec « Thor : Ragnarok » dans un tout autre genre. Il s’agit du tout aussi clivant « Les Éternels » qu’on avait de notre côté littéralement adoré sur tous les points et dont on se désole de l’insuccès et de la haine qu’il a provoqué chez les gardiens/geeks du temple MCU. Ce qui ne lui a pas permis d’avoir une suite. Dans tous ses films (et même ce dernier pourtant un blockbuster calibré), elle insuffle le même parfum de poésie, un goût esthétique prononcé et son don inné pour filmer les décors naturels.
Ici encore, sa science de la mise en scène est présente à chaque plan dans ce registre pourtant nouveau pour elle. Avec « Hamnet », elle adapte le roman éponyme qui revient sur la supposée origine de la création d’une des plus célèbres pièces de Shakespeare : « Hamlet » (le changement d’une lettre est d’ailleurs expliqué en début de film). Et on retrouve toutes ses qualités de cinéaste avec de très beaux plans sur la nature (ici une forêt magnifiée) et des cadrages impeccables mettant en valeur une reconstitution d’époque campagnarde volontairement sobre. Pour rester dans les bons points qui fonctionnent en plus de cette cinématographie impeccable, on ne peut que louer les prestations viscérales du duo en tête d’affiche. Jessie Buckley est impressionnante dans cette incarnation presque animale d’Agnès, la femme de Shakespeare. Elle bouillonne et s’empare de ce rôle de mère meurtrie avec une puissance inouie. Paul Mescal qui incarne le tragédien est presque occulté par cette prestation monstre et plus en retrait, bien que sa sobriété soit une gageure adaptée aux tourments qui habitent sa partenaire.
Et, comme un orgasme cinématographique qui tardait (beaucoup trop) à venir ou une acmé cathartique, le final est d’une force émotionnelle et visuelle incroyable. Comme si tous les astres s’alignaient pour un bouquet final de toute beauté, évident et aussi beau que tragique. La manière dont Zhao le met en scène est comme une évidence. Et elle a le bon gout de s’être entourée de l’un des plus grands compositeurs de ce siècle – si ce n’est le plus grand : Max Richter. Quand débutent les premières notes du sublime morceau « On the Nature Daylight » pour emballer ce final bouleversant, c’est un torrent de frissons qui nous traverse le corps. « Hamnet » se clôt donc de manière admirable et avec une cohérence et une maîtrise rare.
Mais – et ce mais est de taille – que de détours laborieux pour y parvenir. Certaines aimeront ou se plongeront dans ces deux très longues heures pour arriver à ce beau dénouement. Mais d’autres verront le temps passer. La première heure s’étire pour pas grand-chose et on tarde à rentrer dans le vif du sujet. La partie romantique de la rencontre versant dans les silences et le contemplatif abuse des non-dits et de la suggestion, surtout que personne ne peut confirmer la véracité de cette rencontre. Ensuite, le rythme est (un peu) plus soutenu mais la manière dont « Hamnet » se complait dans le dolorisme est excessive et contre-productive à tel point qu’on a du mal à être ému parce qui devrait l’être. Ces moments de douleurs sont étirés, presque acharnés. On a donc un film beau sous toutes les coutures et avec une note d’intention claire mais qui pourra rebuter durant les trois quarts de son déroulement singulier. C’est notre cas et le chemin pour arriver à ce final si marquant est pénible, ce qui occasionne frustration. À tel point qu’on se demande si on n’aurait presque pas préféré que tout le film soit de cet acabit pour éviter ladite frustration
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Sur les traces fondatrices du célèbre dramaturge anglais, le premier film d'époque de Chloé Zhao fait s'écouler les larmes vers un dernier acte mémorable. Vu au festival international du film de la Roche sur Yon.
Première heure très très bonne, la seconde plus classique car on en voit les coutures. Pourtant, Chloe Zhao propose 3 acmés émotionnels complètement dévastateurs dans ce Hamnet, retraçant l'histoire d'amour entre William Shakespeare et sa femme, avant que la tragédie soit catalyseur d'une catharsis par la fiction. Du "Hamlet Origins" en un sens, mais d'une pureté lyrique telle que le film parvient à nous emporter dans cette romance vendue comme contraire à Dieu, tandis que la naissance et la mort dont traitées de manière égale en terme de processus alchimique. Mon regret tiendra peut-être dans le fait que la seconde partie se concentre évidemment sur l'intimité du couple principal, en laissant justement peu de place au reste des personnages ou à l'éventualité d'un discours plus ample sur la naissance du théâtre moderne. Paul Mescal est excellent, la réalisation sobre et maîtrisée, mais c'est Jesse Buckley qui emporte tout dans son passage dans une prestation assez exceptionnelle (j'ai rarement vu une séquence d'accouchement aussi bien jouée).
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Avant tout pour les 2 acteurs fabuleux. Et pour ses messages sur l'influence et l'impact de l'art. certains diront que c'est trop larmoyant, j'ai trouvé ça juste et puissant sur l'émotion générée.