Silent Friend
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Pascal
Pascal

254 abonnés 2 414 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2026
Faut il voir dans ce dernier opus de la cinéaste hongroise Idilko Enyedi un regard sur les plantes, leurs ressentis ou s'agit il d'une nouvelle réflexion sur la difficulté de communiquer, de se comprendre ( c'est peut-être les deux à la fois ) ?

Plusieurs pistes laissent entendre que la difficulté de communication, de se comprendre, de se connecter émotionnellement ( seule connexion qui vaille réellement, derrière les discussions de surface reposant sur les faux semblants matériels ) est au cœur des interrogations de la cinéaste.

Ses deux opus précédents ( " Corps et âmes " et " l'histoire de ma femme" ) et certains éléments tirés du scénario de " The silent friend " le laissent supposer.

Traductrice qui ne parle pas le cantonais, logiciel pour permettre de se comprendre, évocation de la solitude des personnages principaux ( H ou F ) dans les trois histoires, le gingko biloba mâle est lui aussi seul dans son jardin et l'arbre féminin trop éloigné pour permettre la reproduction naturelle.

A l'écran après une première heure qui laisse entrevoir le meilleur, " the silent friend" se fige dans un essai contemplatif qui manque de substance jusqu'à son terme ( à mon goût du moins ).

J' ai, pour ma part, préféré ( et de loin ) les deux opus antérieurs de la réalisatrice cités plus haut. " The silent friend " reste à voir - malgré ma petite déception.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 778 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 mai 2026
Tree of life
« Et si les plantes nous observaient, tout comme nous les observons ? »
Le personnage principal du film est un arbre bicentenaire trônant dans le parc d’un campus universitaire allemand. Témoin de la vie du lieu, à travers lui, on suivra trois personnes à trois époques différentes, mais trois personnes fascinées par le lien entre l’homme et la nature. 1908, Grete la première femme a intégré l’université, passionnée de botanique comme Hannes en 1972 et pour finir par un neurologue de renom enfermé seul dans l’université lors du confinement de 2020 qui creusera à cette occasion les modes de communication avec le monde végétal. La réalisatrice hongroise repartie avec le Lion d’Or à Berlin pour ce film en profite déjà de manière formelle pour jouer avec ces trois époques : netteté froide du numérique (les scènes en 2020), les contrastes du 35mm en noir et blanc (les scènes en 1908) et un 16mm granuleux, strié de teintes chaudes et ensoleillées (les scènes dans les années 70). Et la beauté esthétique qui contamine tout le film ne se limite pas à cela ; par ses plans, on ressent le regard de cet arbre sur ces humains qui grouillent à ses pieds, on adhère au message métaphysique de la communication Homme-Végétaux ; par son fond sonore et musicale, on a bien conscience de vivre une expérience bien particulière ; une sorte de fable animiste et poétique autour de ce qui nous lie. L’Homme ne peut que prendre conscience de son passage éphémère en ce bas monde ; ce film appelle à l’humilité envers d’autres formes de vie et envers notre qualité de mortels à l’existence si courte sur Terre.
Attention tout de même, on peut facilement rester en dehors d’un film contemplatif durant 2h30 et parsemé de théories scientifiques parfois touffus et abscons. Même si la séquence dans l’amphithéâtre avec le professeur de neurologie et la lanterne est d’une écriture stupéfiante mais le film avançant ce n’est pas toujours comme cela et cela peut se révéler conceptuel. J’aurais bien un peu raccourci pour éviter de sortir du film à intervalles réguliers dans sa seconde moitié.
Une expérience sensorielle métaphysique
BLS Moviedebrief
BLS Moviedebrief

33 abonnés 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2026
"« Eloge de la lenteur »
J’ai crû que ce film avait duré 4 heures tant il prend son temps, sans que cela m’ait pesé. Et bien non, il ne dure « que » 2h27, comme quoi la théorie de la relativité est une réalité !
On parle ici de la communication et du ressenti des plantes et arbres (et au détour, aussi entre humains) à travers trois histoires de scientifiques à 3 périodes différentes.
Certaines images sont splendides, la musique à l’unisson.
spoiler: Voir un géranium ouvrir un portillon à distance grâce à des signaux électriques relève de la magie !"
Jean-Luc Macé
Jean-Luc Macé

18 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2026
Cette relation entre cet arbre immobile mais témoin discret de la vie des scientifiques qui travaillent à côté de lui. Quelle belle leçon de vie écologique !
philippe prudhomme
philippe prudhomme

13 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2026
Un film somptueux, organique, aux acteurs magnifiques (ginkgo compris). Excellent montage entre les 3 époques qui s'entremêlent. Photo superbe. J'ai vu ce film comme un film initiatique, sur les découvertes, les premières fois. Initiation de la jeune étudiante du XIX à la photographie, initiation du jeune étudiant à l'amour et à la botanique, initiation du prof, expert en neurologiedu cerveau, à l'intimité des végétaux et a leurs communications.
Un film bienvenue dans cette période de violences sociale et politique.
Philippe Sony
Philippe Sony

5 abonnés 56 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 avril 2026
J'avais été enchanté par "l'histoire de ma femme" et on retrouve la même touche ici : une réalisation ultra-léchée, des images magnifiques, un art de faire passer des sentiments juste par des regards ou des plans. C'est une des rares réalisatrices qui peut se permettre de faire des films longs avec des scénarios courts (mais très cohérents) tant elle injecte de beauté, d'intelligence et une communication intense au delà des dialogues. On ne voit pas passer les 2 heures 30 même si on ne sait pas expliquer complétement ce que l'on a vu on en ressort comblé. Une réalisatrice qui mériterait une diffusion bien plus large..
Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 131 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2026
Trois histoires se succèdent, dans trois temporalités différentes. Elles ont en commun de graviter autour d’un être central : un immense ginkgo biloba planté en 1832 dans le jardin botanique de l’université de Marbourg.
Grete, jeune étudiante en botanique, est en 1908 l’une des premières femmes scientifiques à s’émanciper dans sa discipline grâce à la photographie. Hannes, étudiant lui aussi, explore dans les années 70 les ondes ondulatoires émises par les plantes, tout en découvrant la passion amoureuse dans un contexte de liberté. Enfin, à l’époque actuelle du confinement, le Dr Tony Wong, éminent professeur chinois, cherche à entrer en connexion avec l’arbre par le biais d’ondes cérébrales.
Le film est hors norme : c’est un film de sensations. Dès les premières images, nous embarquons en immersion aux côtés des personnages, dont les histoires finissent par s’entrelacer, comme une mémoire qui passerait du coq à l’âne. La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi filme à hauteur d’arbre à travers des images somptueuses. C’est lui qui semble raconter, témoin silencieux traversant le temps.
Et, étrangement, ce voyage en lévitation captive : aucune longueur malgré ses 2h30. La beauté saisissante des images confère au film un onirisme métaphysique troublant. À chaque époque, Ildikó Enyedi utilise une esthétique différente : un noir et blanc aux nuances très douces pour Grete, des couleurs chaudes pour les années 70, et un numérique plus froid qui sublime l’élégance de Tony Leung, dont la présence n’a rien perdu de sa beauté avec l’âge.
Chacune des histoires est profonde et nous happe par l’intensité émotionnelle que chaque protagoniste met à être pleinement là, présent au monde, au pied du grand arbre.
Justine Critique
Justine Critique

2 abonnés 43 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2026
Silent Friend est une pépite, un film magnifique et enchanteur qui laisse une empreinte. Le film esquisse une réflexion sur notre rapport au vivant qui nous échappe et invite le spectateur à percevoir l’imperceptible, à tendre l’oreille à l’invisible.

Le film explore avec ce majestueux ginkgo comme témoin ayant traversé les siècles plusieurs destins au fil des époques tous animés par cette obsession de comprendre les plantes, décrypter leurs signaux, entrer en communication avec un monde invisible. À l’image de cet arbre solitaire dans son parc, les scientifiques que l’on suit sont souvent perçus comme marginaux, solitaires mais embrassent tous cette quête presque mystique de connexion avec leurs pairs et la nature.

Le message est fort, essentiel même, il nous invite à ralentir, observer, écouter, comprendre que la nature est un tout dont nous faisons partie.

La réalisation est originale avec un réel travail sur l’image et les textures notamment un très beau portrait de femme en noir et blanc à l’atmosphère nostalgique qui évoque l’entrée des femmes dans le monde scientifique. L’ensemble dégage une ambiance envoûtante, contemplative, parfois hypnotique.

Un film volontairement lent, contemplatif, poétique qui marquera les spectateurs sensibles à la beauté de la nature et au cycle de la vie et qui invite à prendre le temps, observer, ressentir et chercher une forme d’harmonie avec le monde qui nous entoure.
JacquesTati
JacquesTati

30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2026
Film un tantinet déroutant, et certainement voulu comme tel...
Hors même du propos, on est submergé d'images, de plans cinémaphotographiques, caractérisant un très grand travail artistique quant aux formes, aux couleurs, aux lumières, aux ambiances, aux perspectives...et passant de microscopiques cellules éphémères au géant Gingko bicentenaire, du noir et blanc au polychrome, de la pénombre crépusculaire à l'éblouissement magnésique, de la profonde et originelle nature à la technologie de pointe, de la technique à la posésie...
On est "baladés"...
S'ajoute à ce ballet d'images subtilement soutenu par des musiques elles aussi diversifiées, le voyage dans le temps entre trois espaces de vécus humains, de jeunes et de bien moins jeunes, complété par les sonotités de plusieurs langues issues de trois continents !!!
On sent la recherche d'une universalité du discours scénique, et peut-être l'idée que tout un chacun s'identifiera à l'un ou l'une des figures actives et s'appropriera au moins une partie du scénario.
Mais on ne peut passer à côté de la mise en valeur du monde végétal, ni de cette idée qu'il faut rester conscient des risques de l'anthropomorphisme dans toute étude biologique ou physiologique voire psychologique tournée vers les autres espèces que la nôtre, quel que soit le règne concerné. Rester très ouvert quant aux différences en sus des similarités qu'elles soient réelles ou seulement apparentes.
Cet aspect du jugement porté sur les choses, les gens et les événements, souvent insuffisamment ou mal fondé, voire infondé, ressort à divers moments et à divers niveaux, et donne à réfléchir.
En conclusion (provisoire !) un film fort intéressant susceptible d'amener un changement de regard autour de soi...
Sly F.
Sly F.

21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mai 2026
Film certes un peu lent mais qui évolue au rythme du jardin de cette université allemande - progressivement une épaisse s'installe - une véritable colonne vertébrale - les trois époques sont bien différentes - la prise de vue, l'histoire et le jeu d'acteur, les thèmes et les couleurs - les questionnements sur le monde végétale ajoutent une couche supplémentaire - les relations restent toujours un mystère - avec les plantes mais entre êtres humains
Mumuse777
Mumuse777

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3,5
Publiée le 13 avril 2026
Belles images. Des techniques cinématrographiques réunies de façon intéressante. Puis, si on aime les contacts avec la nature, il y a de quoi se faire plaisir. Pour moi l'aspect sexuel était présenté de manière un peu trop appuyée, sauf le jeune homme (années 70 ?) qui avait une interprétation de son béguin pour la jeune femme, tout à fait originale.
Srohmer
Srohmer

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2,0
Publiée le 13 mai 2026
film long, il y a de belles pistes mais pas abouties, ce qui rend l ensemble un peu décousu et décevant malgré de très belles images
Marion
Marion

8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 avril 2026
Je reconnais que c’est un film original et que les images sont belles mais je n’ai pas été touchée par ces histoires et donc j’ai trouvé le film interminable.
Tasnime Labiedh
Tasnime Labiedh

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 avril 2026
1 étoile pour la qualité de l’image et des photos. L’idée est bonne, mais je n’ai jamais vu une telle lenteur, pourtant je vais au cinéma 2 fois par semaine.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 avril 2026
Au début du 20ème siècle, un photographe engage comme assistante Grete, une jeune scientifique réprouvée de son milieu universitaire encore peu enclin à la présence féminine. Il lui explique que la plupart des personnes considèrent la photographie comme un reflet de notre réalité alors qu'elle en révélerait davantage sa nature fragile. Cette réflexion pourrait présenter la ligne directrice du cinéma de Ildikó Enyedi : chercher à révéler la fragilité de la nature qui nous entoure, où naît notre réalité, au sens d'appréhender sa sensibilité, ses états-d'âme à la manière dont les humains ressentent des émotions.

Cette exploration des affects de la nature trouve une résonance à travers le temps dans un même espace : le jardin botanique de l'université allemande de Marbourg. Ainsi, trois époques s'entremêlent et tissent des liens étroits entre elles. Elles sont chacune dotées d'une identité propre par leur photographie significative dans l'imaginaire commun : le noir et blanc historique pour 1908 relatant donc l'histoire de Grete, première étudiante de l'université, qui trouve grâce à la photographie un rapport nouveau aux végétaux – l'image vintage du 16mm pour les années 70 dans lesquels un jeune homme rencontre à la fois l'amour d'une femme et celle des plantes – et enfin l'année confinée de 2020, lisse et à la netteté parfaite, où l'on suit la recherche du scientifique Tony Wong sur l'analogie entre l'homme et la nature par leur capacité à réagir. Enyedi nourrit ces trois histoires entre elles ; elles se répondent, semblent communier ensemble autour d'une sensualité liée à cet environnement fascinant du jardin botanique. Le raccord des époques et le mystère que représente cette nature, évoque alors un monde enchanté, transfiguré, renforcé par l'univers sonore envoûtant. Finalement, le vivant qui nous entoure est perçu à la fois comme un terrain de jeu et un reflet de soi, une amie comme une intériorité, la nature comme continuum à la vie humaine.

Les végétaux représentent donc une énigme captivant ces trois personnages ; la cinéaste s'intéresse autant à eux qu'à l'objet de leur obsession. C'est le jeu de mise en scène auquel elle se prête, filmer autant ces protagonistes que ce qui les entoure créant alors un rapport linéaire entre nature et humain dont le film explore leur lien intrinsèque. Ainsi, émerge une belle idée du film, laissant parfois la mise au point sur les plantes au premier plan, l'activité humaine devenant de ce fait une partie floutée en fond. Ceci prend son sens par les expérimentations de ces personnages dont la fascination se propage peu à peu, et sensiblement, à nous spectateurs. Le partage de cette passion est tant créé par les idées développées que par la beauté des images de la nature et celles plus abstraites, notamment de belles créations numériques inspirées de l'activité cérébrale humaine et les signes captés des réactions des plantes, tirées de la partie suivant les expériences du docteur Wong. Si le film explore les rapports entre les êtres vivants, c'est également par les interactions humaines où les liens se nouent et se coupent, les recherches des personnages chacune perturber, voire saboter, que ce soit par un gardien austère ou bien par la simple condition féminine de Grete.

En fin de compte, Silent Friend trouve sa puissance dans sa capacité à pouvoir questionner la perception du spectateur sur la nature. Si cela tient à sa rigueur des recherches expérimentales déjà établies, la richesse et l'intelligence du film réside dans sa manière d'en embrasser pleinement la poésie des doctrines théoriques scientifiques. Alors que dans nos sociétés modernes, la science est devenue une matière scolaire dictant des faits, Ildikó Enyedi revient à son essence première : celle de nous interroger sur le monde qui nous entoure. ■

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