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Leela.V
1 critique
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4,5
Publiée le 6 avril 2026
Ildikó Enyedi propose un geste de cinéma singulier, presque expérimental, en faisant d’un arbre le point de convergence de plusieurs trajectoires humaines. Le film déploie une beauté visuelle et sonore indéniable, cherchant à capter une forme de dialogue invisible entre l’homme et le vivant.
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2,0
Publiée le 25 mai 2026
« Et s'ils nous observaient comme nous nous les observons. » "Stille Freundin" se déroule à trois époques différentes qui ont comme personnage central un ginkgo géant qui se situe dans le jardin botanique de l’université de Marbourg. On suit une étudiante en botanique confrontée à la misogynie de son milieu, un étudiant qui noue une relation particulière avec un géranium et un neuroscientifique à la recherche d'une conscience végétale en plein confinement. "Stille Freundin" ne suit pas une intrigue linéaire classique, mais explore la connexion entre tous les êtres vivants. Une histoire riche en symboles, mais qui aborde aussi des choses concrètes comme notamment le rôle et la place des femmes à chaque époque. Cependant, on en revient toujours à ce rapport avec la nature. C'est le point charnière et celui avec lequel j'ai eu du mal puisque tout est plus ou moins contemplatif, méditatif et philosophique. Je n'ai pas réussi à m'intéresser aux histoires ou à m'attacher aux personnages. Si j'avais apprécié "Teströl és lélekröl" et "A feleségem története", je dois dire que je suis passé complètement à côté du nouveau film d'Ildikó Enyedi
Faut il voir dans ce dernier opus de la cinéaste hongroise Idilko Enyedi un regard sur les plantes, leurs ressentis ou s'agit il d'une nouvelle réflexion sur la difficulté de communiquer, de se comprendre ( c'est peut-être les deux à la fois ) ?
Plusieurs pistes laissent entendre que la difficulté de communication, de se comprendre, de se connecter émotionnellement ( seule connexion qui vaille réellement, derrière les discussions de surface reposant sur les faux semblants matériels ) est au cœur des interrogations de la cinéaste.
Ses deux opus précédents ( " Corps et âmes " et " l'histoire de ma femme" ) et certains éléments tirés du scénario de " The silent friend " le laissent supposer.
Traductrice qui ne parle pas le cantonais, logiciel pour permettre de se comprendre, évocation de la solitude des personnages principaux ( H ou F ) dans les trois histoires, le gingko biloba mâle est lui aussi seul dans son jardin et l'arbre féminin trop éloigné pour permettre la reproduction naturelle.
A l'écran après une première heure qui laisse entrevoir le meilleur, " the silent friend" se fige dans un essai contemplatif qui manque de substance jusqu'à son terme ( à mon goût du moins ).
J' ai, pour ma part, préféré ( et de loin ) les deux opus antérieurs de la réalisatrice cités plus haut. " The silent friend " reste à voir - malgré ma petite déception.
Tree of life « Et si les plantes nous observaient, tout comme nous les observons ? » Le personnage principal du film est un arbre bicentenaire trônant dans le parc d’un campus universitaire allemand. Témoin de la vie du lieu, à travers lui, on suivra trois personnes à trois époques différentes, mais trois personnes fascinées par le lien entre l’homme et la nature. 1908, Grete la première femme a intégré l’université, passionnée de botanique comme Hannes en 1972 et pour finir par un neurologue de renom enfermé seul dans l’université lors du confinement de 2020 qui creusera à cette occasion les modes de communication avec le monde végétal. La réalisatrice hongroise repartie avec le Lion d’Or à Berlin pour ce film en profite déjà de manière formelle pour jouer avec ces trois époques : netteté froide du numérique (les scènes en 2020), les contrastes du 35mm en noir et blanc (les scènes en 1908) et un 16mm granuleux, strié de teintes chaudes et ensoleillées (les scènes dans les années 70). Et la beauté esthétique qui contamine tout le film ne se limite pas à cela ; par ses plans, on ressent le regard de cet arbre sur ces humains qui grouillent à ses pieds, on adhère au message métaphysique de la communication Homme-Végétaux ; par son fond sonore et musicale, on a bien conscience de vivre une expérience bien particulière ; une sorte de fable animiste et poétique autour de ce qui nous lie. L’Homme ne peut que prendre conscience de son passage éphémère en ce bas monde ; ce film appelle à l’humilité envers d’autres formes de vie et envers notre qualité de mortels à l’existence si courte sur Terre. Attention tout de même, on peut facilement rester en dehors d’un film contemplatif durant 2h30 et parsemé de théories scientifiques parfois touffus et abscons. Même si la séquence dans l’amphithéâtre avec le professeur de neurologie et la lanterne est d’une écriture stupéfiante mais le film avançant ce n’est pas toujours comme cela et cela peut se révéler conceptuel. J’aurais bien un peu raccourci pour éviter de sortir du film à intervalles réguliers dans sa seconde moitié. Une expérience sensorielle métaphysique
"« Eloge de la lenteur » J’ai crû que ce film avait duré 4 heures tant il prend son temps, sans que cela m’ait pesé. Et bien non, il ne dure « que » 2h27, comme quoi la théorie de la relativité est une réalité ! On parle ici de la communication et du ressenti des plantes et arbres (et au détour, aussi entre humains) à travers trois histoires de scientifiques à 3 périodes différentes. Certaines images sont splendides, la musique à l’unisson. spoiler: Voir un géranium ouvrir un portillon à distance grâce à des signaux électriques relève de la magie !"
Cette relation entre cet arbre immobile mais témoin discret de la vie des scientifiques qui travaillent à côté de lui. Quelle belle leçon de vie écologique !
Un film somptueux, organique, aux acteurs magnifiques (ginkgo compris). Excellent montage entre les 3 époques qui s'entremêlent. Photo superbe. J'ai vu ce film comme un film initiatique, sur les découvertes, les premières fois. Initiation de la jeune étudiante du XIX à la photographie, initiation du jeune étudiant à l'amour et à la botanique, initiation du prof, expert en neurologiedu cerveau, à l'intimité des végétaux et a leurs communications. Un film bienvenue dans cette période de violences sociale et politique.
J'avais été enchanté par "l'histoire de ma femme" et on retrouve la même touche ici : une réalisation ultra-léchée, des images magnifiques, un art de faire passer des sentiments juste par des regards ou des plans. C'est une des rares réalisatrices qui peut se permettre de faire des films longs avec des scénarios courts (mais très cohérents) tant elle injecte de beauté, d'intelligence et une communication intense au delà des dialogues. On ne voit pas passer les 2 heures 30 même si on ne sait pas expliquer complétement ce que l'on a vu on en ressort comblé. Une réalisatrice qui mériterait une diffusion bien plus large..
Trois histoires se succèdent, dans trois temporalités différentes. Elles ont en commun de graviter autour d’un être central : un immense ginkgo biloba planté en 1832 dans le jardin botanique de l’université de Marbourg. Grete, jeune étudiante en botanique, est en 1908 l’une des premières femmes scientifiques à s’émanciper dans sa discipline grâce à la photographie. Hannes, étudiant lui aussi, explore dans les années 70 les ondes ondulatoires émises par les plantes, tout en découvrant la passion amoureuse dans un contexte de liberté. Enfin, à l’époque actuelle du confinement, le Dr Tony Wong, éminent professeur chinois, cherche à entrer en connexion avec l’arbre par le biais d’ondes cérébrales. Le film est hors norme : c’est un film de sensations. Dès les premières images, nous embarquons en immersion aux côtés des personnages, dont les histoires finissent par s’entrelacer, comme une mémoire qui passerait du coq à l’âne. La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi filme à hauteur d’arbre à travers des images somptueuses. C’est lui qui semble raconter, témoin silencieux traversant le temps. Et, étrangement, ce voyage en lévitation captive : aucune longueur malgré ses 2h30. La beauté saisissante des images confère au film un onirisme métaphysique troublant. À chaque époque, Ildikó Enyedi utilise une esthétique différente : un noir et blanc aux nuances très douces pour Grete, des couleurs chaudes pour les années 70, et un numérique plus froid qui sublime l’élégance de Tony Leung, dont la présence n’a rien perdu de sa beauté avec l’âge. Chacune des histoires est profonde et nous happe par l’intensité émotionnelle que chaque protagoniste met à être pleinement là, présent au monde, au pied du grand arbre.
Silent Friend est une pépite, un film magnifique et enchanteur qui laisse une empreinte. Le film esquisse une réflexion sur notre rapport au vivant qui nous échappe et invite le spectateur à percevoir l’imperceptible, à tendre l’oreille à l’invisible.
Le film explore avec ce majestueux ginkgo comme témoin ayant traversé les siècles plusieurs destins au fil des époques tous animés par cette obsession de comprendre les plantes, décrypter leurs signaux, entrer en communication avec un monde invisible. À l’image de cet arbre solitaire dans son parc, les scientifiques que l’on suit sont souvent perçus comme marginaux, solitaires mais embrassent tous cette quête presque mystique de connexion avec leurs pairs et la nature.
Le message est fort, essentiel même, il nous invite à ralentir, observer, écouter, comprendre que la nature est un tout dont nous faisons partie.
La réalisation est originale avec un réel travail sur l’image et les textures notamment un très beau portrait de femme en noir et blanc à l’atmosphère nostalgique qui évoque l’entrée des femmes dans le monde scientifique. L’ensemble dégage une ambiance envoûtante, contemplative, parfois hypnotique.
Un film volontairement lent, contemplatif, poétique qui marquera les spectateurs sensibles à la beauté de la nature et au cycle de la vie et qui invite à prendre le temps, observer, ressentir et chercher une forme d’harmonie avec le monde qui nous entoure.
Film un tantinet déroutant, et certainement voulu comme tel... Hors même du propos, on est submergé d'images, de plans cinémaphotographiques, caractérisant un très grand travail artistique quant aux formes, aux couleurs, aux lumières, aux ambiances, aux perspectives...et passant de microscopiques cellules éphémères au géant Gingko bicentenaire, du noir et blanc au polychrome, de la pénombre crépusculaire à l'éblouissement magnésique, de la profonde et originelle nature à la technologie de pointe, de la technique à la posésie... On est "baladés"... S'ajoute à ce ballet d'images subtilement soutenu par des musiques elles aussi diversifiées, le voyage dans le temps entre trois espaces de vécus humains, de jeunes et de bien moins jeunes, complété par les sonotités de plusieurs langues issues de trois continents !!! On sent la recherche d'une universalité du discours scénique, et peut-être l'idée que tout un chacun s'identifiera à l'un ou l'une des figures actives et s'appropriera au moins une partie du scénario. Mais on ne peut passer à côté de la mise en valeur du monde végétal, ni de cette idée qu'il faut rester conscient des risques de l'anthropomorphisme dans toute étude biologique ou physiologique voire psychologique tournée vers les autres espèces que la nôtre, quel que soit le règne concerné. Rester très ouvert quant aux différences en sus des similarités qu'elles soient réelles ou seulement apparentes. Cet aspect du jugement porté sur les choses, les gens et les événements, souvent insuffisamment ou mal fondé, voire infondé, ressort à divers moments et à divers niveaux, et donne à réfléchir. En conclusion (provisoire !) un film fort intéressant susceptible d'amener un changement de regard autour de soi...
Film certes un peu lent mais qui évolue au rythme du jardin de cette université allemande - progressivement une épaisse s'installe - une véritable colonne vertébrale - les trois époques sont bien différentes - la prise de vue, l'histoire et le jeu d'acteur, les thèmes et les couleurs - les questionnements sur le monde végétale ajoutent une couche supplémentaire - les relations restent toujours un mystère - avec les plantes mais entre êtres humains
Belles images. Des techniques cinématrographiques réunies de façon intéressante. Puis, si on aime les contacts avec la nature, il y a de quoi se faire plaisir. Pour moi l'aspect sexuel était présenté de manière un peu trop appuyée, sauf le jeune homme (années 70 ?) qui avait une interprétation de son béguin pour la jeune femme, tout à fait originale.
Je reconnais que c’est un film original et que les images sont belles mais je n’ai pas été touchée par ces histoires et donc j’ai trouvé le film interminable.