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Un arbre, trois personnages et trois époques différentes. Voici le pitch - en très bref - de ce dernier film réalisé par Ildikó Enyedi. Et malgré les près de deux heures et demi d'un film qui semblait presque expérimental, je me suis quand même lancé dans l'aventure, très curieux au vu des images de la bande-annonce. Et je ne me suis pas trompé sur un point : c'est pratiquement de l'expérimentation.
Et on le sait dès le début avec ce gros plan sur un bulbe donnant naissance à une plante. C'est relativement lent, contemplatif et ce plan fait appel à plusieurs de nos sens : la vue (évidemment !) et l'ouïe. Ces deux éléments vont être très essentiels à la suite du film car ce dernier ne nous apprend pas à voir mais à regarder, ainsi qu'il ne nous apprend pas à entendre mais à écouter. Alors certes, c'est de l'analyse de comptoir et j'en ai bien conscience mais c'est de cette manière que j'ai perçu ce film ; comme une expérience purement sensorielle, nous apprenant à être un peu attentif à l'espace qui nous entoure, comme ces plantes que nous considérons davantage comme des meubles que des êtres vivants à part entière.
Et pour exprimer son propos, la réalisatrice ne fait pas appel qu'à des plans macroscopiques de plantes bien-sûr mais à trois personnages dont la trajectoire est réunie par un arbre particulièrement résistant au temps mais pas seulement. En effet, ces trois personnages sont également uni par un certain ostracisme dépendant du contexte de leur époque respectif.
Tout d'abord, une étudiante qui est la première à être acceptée à l'université en tant que femme. Eh oui, nous sommes au début du siècle dernier, elle subit donc le sexisme ambiant, régi par un patriarcat encore très présent. Le deuxième, un étudiant de cette même université mais dans les années 70, préférant s'intéresser à un géranium qu'aux combats pseudo-militants de ses camarades qui ne le comprennent pas. Enfin, un neuroscientifique isolé à cause du COVID et dont personne ne comprend vraiment la démarche suivante : est-ce que les plantes réagissent, comme les humains ou presque, aux mêmes stimuli (ou quelque-chose dans le genre).
Bref, un film passionnant sur le papier mais qui, à l'écran, demande beaucoup d'implication de la part du spectateur. Comme je l'ai dit, c'est plus de deux heures et le rythme en pâti forcément au bout d'un moment. Même si la réalisatrice m'a directement happé dans son délire, j'avoue, au bout d'un moment, avoir ressenti une certaine lassitude.
Malgré tout, on pourra néanmoins souligner une excellente mise en scène qui épouse le rythme du film mais également les époques avec ces formats d'images, ce noir et blanc et ce grain qui nous transportent littéralement dans le temps. On en est même presque déçu lorsqu'on revient à l'image numérique à l'étalonnage un peu grisâtre du présent diégétique !
Bref, "Silent Friend" et loin d'être mauvais et vaut clairement le coup d’œil mais vise quand même un public de niche auquel je ne fais visiblement pas complètement partie.
Et on le sait dès le début avec ce gros plan sur un bulbe donnant naissance à une plante. C'est relativement lent, contemplatif et ce plan fait appel à plusieurs de nos sens : la vue (évidemment !) et l'ouïe. Ces deux éléments vont être très essentiels à la suite du film car ce dernier ne nous apprend pas à voir mais à regarder, ainsi qu'il ne nous apprend pas à entendre mais à écouter. Alors certes, c'est de l'analyse de comptoir et j'en ai bien conscience mais c'est de cette manière que j'ai perçu ce film ; comme une expérience purement sensorielle, nous apprenant à être un peu attentif à l'espace qui nous entoure, comme ces plantes que nous considérons davantage comme des meubles que des êtres vivants à part entière.
Et pour exprimer son propos, la réalisatrice ne fait pas appel qu'à des plans macroscopiques de plantes bien-sûr mais à trois personnages dont la trajectoire est réunie par un arbre particulièrement résistant au temps mais pas seulement. En effet, ces trois personnages sont également uni par un certain ostracisme dépendant du contexte de leur époque respectif.
Tout d'abord, une étudiante qui est la première à être acceptée à l'université en tant que femme. Eh oui, nous sommes au début du siècle dernier, elle subit donc le sexisme ambiant, régi par un patriarcat encore très présent. Le deuxième, un étudiant de cette même université mais dans les années 70, préférant s'intéresser à un géranium qu'aux combats pseudo-militants de ses camarades qui ne le comprennent pas. Enfin, un neuroscientifique isolé à cause du COVID et dont personne ne comprend vraiment la démarche suivante : est-ce que les plantes réagissent, comme les humains ou presque, aux mêmes stimuli (ou quelque-chose dans le genre).
Bref, un film passionnant sur le papier mais qui, à l'écran, demande beaucoup d'implication de la part du spectateur. Comme je l'ai dit, c'est plus de deux heures et le rythme en pâti forcément au bout d'un moment. Même si la réalisatrice m'a directement happé dans son délire, j'avoue, au bout d'un moment, avoir ressenti une certaine lassitude.
Malgré tout, on pourra néanmoins souligner une excellente mise en scène qui épouse le rythme du film mais également les époques avec ces formats d'images, ce noir et blanc et ce grain qui nous transportent littéralement dans le temps. On en est même presque déçu lorsqu'on revient à l'image numérique à l'étalonnage un peu grisâtre du présent diégétique !
Bref, "Silent Friend" et loin d'être mauvais et vaut clairement le coup d’œil mais vise quand même un public de niche auquel je ne fais visiblement pas complètement partie.
Malgré des idées originales et une réalisation soignée, le film peine à intéresser vraiment et on s'ennuie fermement et régulièrement à de longs plans fixes sur la végétation et l'arbre qui fait le lien et dont on décortique l'écorce sous tous les angles... Dommage car les acteurs sont plutot bons et le propos sur la sexualité des plantes pertinent.
J'attendais ce "Silent Friend" avec grande impatience tant les trois films d'Ildikó Enyedi que j'avais vus ("Mon XXe siècle", "Corps et Âme" et "L'Histoire de ma femme") m'avaient paru stimulants, exigeants sans être élitistes. Et la réalisatrice hongroise nous refait le coup avec ce récit qui réclame au spectateur de lui faire confiance *, de franchir avec lui les portes de la science, de la philosophie, mais aussi du temps car l'ami silencieux, du haut de son âge respectable, a pu observer l'émancipation de Grete en 1908, l'éveil aux passions du jeune Hannes dans les années 70, et est toujours là aujourd'hui pour "converser" avec Tony. Comme toujours chez la cinéaste hongroise le fond très riche va avec une forme qui l'est tout autant, alors elle ne se contente pas d'alterner noir et blanc et couleur, non elle travaille chaque récit dans un format d'image différent, argentique 16 et 35mm, numérique. L'objet est donc d'une beauté saisissante, ce récit parfois onirique sur le sentir et le ressentir, sur la communion du vivant, est accompagné par tout ce que le septième art permet, sans oublier le bonheur d'y retrouver Tony Leung, et le tout donne 2h27 de vrai cinéma.
* Visiblement ce fut le cas des spectateurs du festival où je me trouvais car "Silent Friend" est reparti avec le Prix du public.
Vu en avant-première (Festival)
* Visiblement ce fut le cas des spectateurs du festival où je me trouvais car "Silent Friend" est reparti avec le Prix du public.
Vu en avant-première (Festival)
vu en avp au festival Premiers Plans d'Angers 2026. Ce film a un charme certain. Il faut se laisser embarquer par l'expérience presque sensorielle. Le côté lent et contemplatif pourra en rebuter certains par contre.
Magnifiqe, poétique, original, un très beau film qui fait réfléchir autrement à notre avenir obligatoirement commun avec le reste du monde vivant. Méritait le Lion d'or !
vu à Venise1
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