J'ai adoré ce film qui est à la fois une comédie, on rit beaucoup et porteur de sens politiquement. Vraiment on rit de nos sociétés qui se croit si supérieur avec leurs grands principes qui sont en réalité bien souvent pas appliqué mais de l'ordre du récit. Très bien jusqu'à la fin où on ne s'attend vraiment pas à la chute !
En 2006, un pays ne connaissait ni Internet, ni les téléphones portables, ni même les élections démocratiques. Les dirigeants ne ressentaient nullement le besoin de calculer un Produit Intérieur Brut puisqu’en lieu et place ils utilisaient un indice unique au monde, le Bonheur Intérieur Brut. Vous l’avez deviné, Le moine et le fusil, le dernier film de Pawo Choyning Dorji (auteur du remarquable film : L’école du bout du monde) nous transporte au Bhoutan ! Un dépaysement total. D’abord par les paysages, magnifiquement filmés avec une qualité photographique hors du commun, mais surtout un voyage spirituel, car l’âme bhoutanaise flotte gaiement au-dessus de notre monde contemporain mercantile. Le scénario est habile, faussement naïf, il nous plonge directement dans les coutumes et les modes de vie locaux, mais l’introduction d’une énigme, fil rouge du film, va nous intriguer jusqu’à la merveilleuse scène finale : pourquoi un moine bouddhiste veut-il se procurer un fusil ? L’intrigue divulguera progressivement des pistes au gré de scènes pleines de suspense et d’ironie. Mais assurément sous ses airs de film candide, un autre niveau de lecture du film renvoie à des thématiques intemporelles et universelles : comment accepter l’imposition de valeurs venues d’en haut quand elles s’opposent aux traditions locales ? Est-ce que les campagnes doivent accepter les modes de vie des villes ? Est-ce que les élites des capitales sont à même de diriger le peuple des provinces ? Ce conte ironique et tendre, cet ode à la paix, est à conseiller à nos plus jeunes, à nos plus anciens, et … à tous les autres ! Les valeurs qu’il véhicule et la vision du monde qu’il déploie réchauffent les cœurs et peuvent nous rendre meilleurs.
En ces temps d'élections troubles, ce charmant film à la symbolique forte tombe à point nommé. Ce petit pays du bout du monde passe de la royauté à un régime parlementaire démocratique, sans révolution et sans vraiment que le peuple ne le demande. Prévoyant de grands changements, un lama lucide va entamer une action qui aura de belles répercussions dans son village et autour de lui.
Original, inattendu, cocasse. Un film rafraîchissant et surtout pas stupide ! Tout public. Et en plus d'une belle histoire, il y a les paysages superbes...
Au début, ce film m’est apparu ennuyeux . Progressivement, le sujet décalé et la trajectoire des 2 composantes de l’histoire (l’apprentissage de la démocratie pour un peuple qui révère son roi et la course mercantile d’un américain à la recherche d’un fusil rarissime qui a atterri au Bhoutan) s’installe et une petite mécanique s’installe qui accapare l’attention jusqu’à l’issue de l’histoire. À noter des situations très amusantes qui témoignent des biais de perception sur cet idéal démocratique que nous avons, nous spectateurs qui ne connaissons rien d’autres … de mieux. Un film simple mais dont le(s) message(s) revient à l’esprit bien après le générique de fin .
A la fois conte et documentaire ce film bien réalisé nous mėne dans une histoire très drôle sur un sujet on ne peut plus actuel du choix entre la sagesse, les vraies valeurs et la corruption, les traditions et le monde materialiste. J'ai adoré ce film qui fait un bien fou et vous surprend.
Délicieusement bienveillant et malicieux, et qui épingle nos incohérences, ce film a la fraicheur des enfants. On sourit, tout au long du film, se laissant prendre par la candeur et le recul à la fois. La fin est merveilleuse! Allez voir le moine et le fusil, 1h40 de douceur, une jolie fable, dont on se prend à la rêver réalité.
Je prends toujours énormément de plaisir à découvrir une cinématographie inédite et dans le cas du Bhoutan, il s’agit justement de la première production cinématographique à être parvenue à franchir les frontières d’un pays encore très reclus, qui a autorisé et introduit la télévision il y a seulement une vingtaine d’années. Jusqu’à présent, parmi les films vus en provenance de pays peu présents à l’international, comme les Philippines ou la Mongolie, la plupart étaient des drames sociaux assez standardisés, tout juste adaptés au contexte local, avec maman/enfant/conjoint malade, rêves inaccessibles et résilience partout. ‘Le moine et le fusil’ est différent, plus positif, parfois même drôle puisqu’on y observe l’arrivée de la démocratie dans ce pays (en même temps que la télévision) et l’envoi de fonctionnaires dans les vallées les plus reculées pour expliquer aux gens du coin, qui n’en avaient foncièrement pas grand chose à foutre, le concept de “voter pour ses représentants”. Parallèlement à cette toile de fond, on suit un moine à la recherche d’un fusil pour son vieux maître, qui souhaite organiser une mystérieuse cérémonie à l’occasion de l’arrivée des fonctionnaires gouvernementaux, et les péripéties d’un riche américain associé à un petit malfrat pour trouver un fusil très ancien pour sa collection personnelle. C’est de ces dernières séquences que naissent la plupart des touches humoristiques, l’Américain estimant qu’il suffit d’y mettre le prix pour obtenir quelque chose mais se retrouve face à des Bouthanais qui n’ont pas vraiment de notions des grosses sommes, ni énormément d’attrait envers la richesse matérielle. Les trames se croisent et se recroisent avec fluidité, leur résolution a un petit côté naïf mais foncièrement feel-good…et puis, les paysages sont magnifiques et découvrir, fut-ce par la fiction, ce peuple qui semble vivre paisiblement dans sa propre et paisible réalité alternative et se montre donc assez circonspect quant à la possibilité que s’engueuler entre voisins pour choisir ses représentants puisse foncièrement améliorer son quotidien, est une expérience extrêmement enrichissante.