Crasse
Note moyenne
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2025
La syllogomanie (syndrome de Diogène) est-elle héréditaire ? Vous avez 4 heures ! Luna Carmoon, cinéaste londonienne pas encore trentenaire, en utilise deux de moins, dans un premier long métrage éprouvant, et même davantage, à certains moments. Le titre français de Crasse est en lui-même un parti-pris, pas exactement la traduction de l'anglais Hoard, et il tend à fausser l'idée de l'atmosphère du film, qui recèle pas mal de tendresse, enfouie sous des remugles sur lesquels, heureusement, la réalisatrice n'insiste pas outre mesure quant à leur caractère repoussant. Entre l'enfance puis l'adolescence, le film capte plutôt les désordres d'une héroïne instable et provocante, digne de susciter toutes sortes de réactions épidermiques. Un film inconfortable donc, dans la lignée d'un cinéma social britannique, quand celui-ci abandonne son humour pour une manière de radicalité, teintée d'onirisme, tout de même. Le récit, qui évite la linéarité, abandonne parfois certaines pistes sans cesser de se cogner à une dose de folie douce, qui pousse l'interprétation sur une ligne de crête, pas exempte d'excès. Si le temps de la projection de Crasse est parfois pénible, c'est une fois le film terminé et ses esprits retrouvés, que l'on mesure à quel point il possède une cohérence, en dépit du chaos qu'il montre, à l'écran, et qui se répercute dans nos têtes. Là où il y a Diogène, y a t-il du plaisir ?
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2025
Elle entre en silence… dans son royaume de crasse. Ce film. Cette chose. Dont l’intrigue — se dérobe.

Maria, sept ans. Tisse un amour grouillant. D’objets piégés dans la boue… et la folie.

La tension — se glisse — entre les jouets entassés… et les morceaux de vie.

Le ton ? Déréglé. Suspendu. Déjà.

Luna Carmoon… réalisateur — ou autrice de séisme ? Figure inédite du traumatisme domestique. Elle recouvre son drame, ce suspense… ces rebondissements… d’un voile sensoriel éruptif. Ce film clame. Haut. Et fort. L’osmose entre amour — et horreur.

Le public attendait — quoi ? Un drame social à la Andrea Arnold ? Une tranche de Fish Tank passée au vitriol ?

Ils reçoivent — une came étrange. Une entaille dans le genre. Hoard n’épouse pas le genre, il le perfore.

Et d’un coup… The Cement Garden surgit. Ian McEwan plane au-dessus du tas. L’innovation tangue, le cliché menace. Et pourtant, on continue. L’expérience devient… vertige.

Le scénario — cette chose qui respire par à-coups — se bâtit en deux temps.

Temps un : quarante-cinq minutes. Plongée sensorielle. Le nid maternel. Étrange. Doux. Moisi.

Plans serrés. Sons collants. Lumière tachée.

Temps deux : Michael. Étranger, prédateur, souvenir vivant. Il pénètre la cellule adoptive. Il rouvre les plaies.

Le rythme ? Heurté. Sinusoïdal. On vacille. Entre incantation muette et explosion nerveuse.

Originalité ? Oui. Et pourtant. Quelque chose — trop propre — se glisse dans la sortie.

La mise en scène… gluante. Nanu Segal enferme ses corps dans des cadres trop petits, trop près. La lumière est un poison orange. La poussière devient personnage.

L’éclairage… raconte. Il serre, étouffe, puis caresse. Chaque ombre a son rôle. Chaque tache, une mémoire.

Les acteurs… creusent la pellicule. Hayley Squires, mère sublime et infecte. Saura Lightfoot-Leon, adolescent chat, nerveux, brûlé. Joseph Quinn, Michael… dérangeant, dérangé.

Le jeu… ce n’est pas jouer. C’est se livrer. Corps tremblants, regards captifs. Silences pleins de cris. Morsures — qui disent tout.

Et la musique ? Rachel Durance signe un monde. La bande originale devient insecte. Grattements, chuchotements, craquements. Rien n’est propre. Rien n’est neutre.

Chaque son — vibre. Ravive. Manipule.

Et les émotions ? Hoard frappe. Par en-dessous. Il ne hurle pas. Il ronge. Une gifle douce-amère. Un puzzle sans mode d’emploi.

Le message ? Peut-être qu’il n’y en a pas. Ou alors — trop.

Un cri sans forme. Une autopsie sans scalpel. On cherche. On trébuche.

Et en fin de compte ?

C’est une architecture fêlée. Fascinant. Dérangeant. Incomplet. C’est aussi sa force.

Note : quinze sur vingt.

Public visé : les radicaux du sensible. Les amants du discontinu. Ceux qui cherchent la peau sous l’image.

Pourquoi ça fonctionne — ou pas ?

Parce que Carmoon n’a pas peur. Elle arrache le film de la norme. Elle le rend poisseux. Sensuel. Malade. Mais vivant.

Parce qu’elle ose — jusqu’au bout. Ou presque.

Et c’est là… que la dernière secousse — manque un peu.

Mais l’écho, lui, reste.
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juillet 2024
« Le chagrin ne guérit jamais avec le temps. Il prend simplement une autre apparence. » Élevée par une mère souffrant de syllogomanie, Maria n'est pas sortie sans séquelles de cette période malgré l'amour qui les unissait. Désormais avec une mère adoptive, l'adolescente semble avoir trouvé un certain équilibre, mais plusieurs chamboulements dans sa vie la font peu à peu vaciller... Une stabilité qui explose, une relation toxique, des personnages dysfonctionnels qui cèdent à des pulsions primitives aussi réconfortantes qu'étouffantes, "Hoard" est un film chaotique, crade, absurde et déconcertant sur le deuil, la santé mentale, l'éveil sexuel, la maternité ou les traumatismes intergénérationnels. Après une introduction sur fond de réalisme magique en phase avec l'âge de la petite fille, Luna Carmoon fait ensuite son maximum pour mettre mal à l'aise, ce qui est en partie réussi, mais j'aurais aimé davantage de fond et de ressenti pour m'attacher un peu plus aux personnages. Son premier long-métrage ne m'a pas entièrement convaincu, mais c'est suffisamment glauque et intrigant pour donner un intérêt à ce qui se passe d'autant plus que c'est bien joué et bien mis en scène. Bref, c'est spécial, mais pas mal.
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juin 2025
Très intéressant film de Luna Carmoon qui se révèle éprouvant à regarder car on plonge littéralement dans les ordures en compagnie d’une petite fille élevée par une mère malade mentale, atteinte d’un syndrome de Diogène carabiné que l'on retrouve dans une famille d’accueil, toute belle, toute propre, sauvée des détritus, croit-on mais en fait ... et c'est là où c'est intéressant puisque c'est une jolie réflexion sur la transmission ! ...
Alexy L
Alexy L

20 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2025
Film très perturbant et réaliste, j’ai accroché dès les premières minutes. Il m’a fait réfléchir sur plusieurs plans : accompagnement du trauma d’un enfant, relation toxique, place de la famille d’accueil, résilience. Et le travail de la mise en scène et des acteurs : wouah ! C’est puissant.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juin 2025
Univers bariolé et aussi déjanté que ses personnages, CARMOON ne parvient pas pour autant à faire tenir toutes ses thématiques jusqu'au bout de sa narration, explosive mais explosée, qui donne lieu à un moment intense, mais très bancal, sublimé tout de même par la performance de LIGHTFOOT LEON
Hugues L
Hugues L

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2025
Une claque, tout simplement. Difficile à décrire ce que j’ai ressenti. C’est un film d’une impressionnante maîtrise pour un premier long. On en ressort fasciné et chamboulé.
B M
B M

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2025
La faible surface d’écrans destinée à Crasse est dommage pour les cinéphiles car ce n’est pas un 1er film indépendant qui manque de peaufinage professionnel.
Un propos homogène et cohérent nous est servi, avec une structure quasi scolaire, début milieu fin cathartique, sans aucun dérapage formel vers un flou évanescent, sauf à avoir soi-même une imperméabilité aux errances émotionnelles du trio principal de « fous » pour peu qu’on est une vie si lisse que le hasard n’a jamais vraiment cognée à sa porte.
Si l’impossibilité d’échapper à soi-même est une évidence, non pas qu’on le veuille obstinément mais par mémoire sélective de sauvegarde psychique pure et simple, en revanche les pathologies mentales spécifiques des personnages offrent une originalité qui n’est gâchée par aucune emphase exagérée de scénario, au rythme bien cadencé, sans écueil lacrymal, lui-même habité avec efficacité par les acteurs.
(Attendre un peu après le défilement du générique de fin : une dernière bouchée de film apparaît. Spoiler alert, ce n’est pas un énième teaser Marvel)
Clairebrn
Clairebrn

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mars 2025
Bien qu'au début l'intrigue soit un peu longue à démarrer, j'ai été à fond dedans jusqu'à la fin.
Luna Carmoon a une façon (pour ma part) de transmettre les émotions, lieux, ect. de son scénario parfaitement à l'écran, ce qui me fait envie de voir ses prochains projets.

Les acteurs dans l'ensemble sont incroyables; surtout Saura Lightfoot-Leon (une belle découverte pour ma part) ainsi que Hayley Squirres. Joseph Quinn interprète son personnage à la perfection (comme d'habitude, je dirais).

J'ai eu la chance de voir le film 3 fois à Londres en Mai 2024, dont une fois avec un Q&A à la fin de séance avec la présence de Luna Carmoon.
Celine Dn
Celine Dn

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2025
Crasse est une expérience à part. Un film sensible et déroutant, qui explore le deuil et l’attachement à travers les yeux d’une jeune fille marquée par la disparition de sa mère. Pas de narration classique ici, mais des sensations, des silences, des objets qui disent l’indicible. Un film qui reste en tête, et qui montre une vraie voix à suivre.
GarenneL
GarenneL

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2025
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un film aussi fort au cinéma. Il ne cherche pas à plaire, il est brut, dérangeant, mais c’est un véritable choc visuel et sensoriel. Un film sur la santé mentale, la gestion d’un trauma d’enfance, qui restera longtemps en moi.
Association Syndrome Diogène Solutions
Association Syndrome Diogène Solutions

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 juin 2025
Film juste et très interessant sur ces invibilisés de la société.
Il existe en France une association qui traite du sujet du film :
Syndrome Diogène Solutions.
Ce n'est ni une maladie honteuse ni une marginalisation volontaire.
Mais une réelle soufrance
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