11523 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
818 critiques spectateurs
5
93 critiques
4
340 critiques
3
178 critiques
2
92 critiques
1
62 critiques
0
53 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Cadreum
77 abonnés
830 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 16 juin 2024
Un Dupieux loin de l'absurde, pour se centrer, si l'on se permet de l'interpréter, sur ses peurs toutes issues du public mais dont l'un des spectateur va revendiquer son droit au divertissement d'abord à travers les mots, sans prise en compte, ensuite par un rapport de force, l'arme à la main. Ce microcosme éclectique sonde l'hypocrisie ambiante, la docilité et nos attendus face à toutes réceptions.
Partant d'un concept original, potentiellement riche en réflexions sur l'art ou le décalage sociétal, la narration se réduit ensuite à un one-man show inversé de Raphael Quenard dont le personnage odieux (égocentrique, méchant, grossier, brutal, inculte) attise la répugnance. Exploitant l'humour absurde, le décalage entre les situations et la légèreté que prétend y instiller Yannick ainsi que les bas instincts de l'homme (puisque les comédiens ne sont guère attachants non plus!), la réalisation se complaît dans une ambiance malaisante très dérangeante. Heureusement que Blanche Gardin se révèle hilarante et qu'une once de sincérité s'exprime dans le monologue limite hystérique de Pio Marmai; par ailleurs les personnages très passifs voire idiots (l'hôtesse de caisse) nous donnent envie de réagir comme le vieil élégant dissident tandis que la réécriture du héros n'attise pas le rire mais le dépit... Un moyen-métrage au potentiel maladroitement exploité!
On perd le compte des films de Quentin Dupieux, tant il est désormais passé à un rythme de tournage supersonique de films de plus en plus minimalistes. Il suffit apparemment qu’une idée plus ou moins amusante passe dans l’air ambiant pour que le cinéaste s’en empare et en exploite toutes les possibilités durant une petite heure. Ici, spectateurs et acteurs d’un mauvais vaudeville théâtral sont pris en otage par un certain Yannick, qui s’estime lésé par ce qu’il voit et souhaite que la pièce soit plus conforme à l’idée qu’il se fait d’un divertissement sensé lui mettre du baume au coeur. ‘Yannick’ dure une heure cinq tapante et il n’en faudrait pas plus : il ne se passe pas grand chose et l’absurdité de la situation fait sourire avant de se mettre à tourner à vide, quand bien même Raphaël Quenard, avec sa dégaine et son phrasé improbables, anime toute la séance. On pourrait y voir une forme de moquerie du “Grand” cinéma qui se pique d’ambitions et de réflexions inaccessibles au commun des mortels, fait se pâmer la critique et emmerde le spectateur normalement constitué…sauf que la théorie ne tient pas la route, Quentin Dupieux étant, au sens strict, un “auteur” mais qui ne correspond en rien à la caricature que tout le monde a à l’esprit.. Moins décousu que ‘Fumer fait tousser’ mais aussi moins absurde et réjouissant malgré une peinture admirable des petites mesquineries humaines, l’apport de ‘Yannick’ à la filmographie de Dupieux serait peut-être, pour la première fois, de considérer un de ces personnages autrement que comme un jouet à malmener et de parvenir à le rendre, d’une certain façon, attachant.
Un Dupieux court (1h) mais bon. Le film raconte une prise d'otage dans un théâtre. Le pitch paraît simpliste et pourtant il questionne et met en abyme le principe même de la prise d'otage d'être cloué sur son siège devant une mauvaise pièce. Qui sont finalement les preneurs d'otage ? Et puis la question de la création et du sens du divertissement. Bref c'est un film assez malin et puis Raphaël Quenard explose de présence. Son jeu est insolite et extraordinaire. Il porte le film à lui tout seul. Mon bémol est que ce film bien qu'il est de petites longueurs, aurait mérité malgré tout d'être plus long et d'exploiter d'avantage son propos. En fait il court un peu trop net.
Durieux a fait un merveilleux travail. Les acteurs, dont, évidemment, le majestueux Raphaël Quenard sont également brillants. De manière générale, ce court film mêle l'humour et l'absurde et tisse à travers les interventions peu communes et culottées de Yannick une histoire finalement touchante.
Petit film de bonne facture, comme toujours quand ça vient de Quentin Dupieux ! Scénario simple mais captivant, mise en scène sobre mais efficace, acteurs et actrices excellents, très à l'aise dans leurs rôles. J'ai beaucoup aimé ce huis-clos.
J’ai ri tout le long et versé ma petite larme à la fin. Les personnages secondaires sont à la fois drôles et gênants. Yannick est lui d’abord dépeint comme un beauf puis vers le dénouement, comme un beauf mal aimé. Bravo M. Dupieux.
Ce "Yannick" de Quentin Dupieux est un petit bijou avec un Raphaël Quenard (et sa gouaille habituelle) en pleine forme. On aurait juste souhaité un plus d'adversité avec le reste de la troupe pour rendre le film encore plus jouissif. Il y a bien la scène de rébellion de Pio Marmaï, mais elle a un goût de "trop peu" ( (elle est malheureusement curieusement court circuitée...)...et il y a aussi un gros temps mort au milieu du récit. Malgré celà, le film ne durant qu'une heure, le rythme est assez soutenu pour maintenir l'attention jusqu'à un final presque émouvant.
Sous une apparence dingue, ce film est très cohérent. Dans le comportement des comédiens, la manière dont ils s'approprient la pièce écrite par Yannik qui pourtant les a humiliés. L'invertion des rôles lorsqu'un des comédien devient tortionnaire. Tout cela renvoie à des situations qui sont envisageables.
J'avais eu du mal avec "Incroyable mais vrai" du même réalisateur (le fameux Quentin Dupieux que je vois partout dans la presse en ce moment), mais celui-là est une réussite à mes yeux. J'avais rarement autant ri devant un film depuis plusieurs mois. Alors oui, c'est extraordinaire, oui, on se demande ce qu'on fait là, mais oui, on prend le temps de regarder en entier. Le film est aléatoire, on a l'impression d'être pris en otage nous aussi... Performance extraordinaire de Raphaël Quenard, fidèle à lui-même, qui aura surement des difficultés à se détacher de ce rôle qui semble simple pour lui. Au fond, il nous questionne, le théâtre nous prend en otage à chaque instant. Ce personnage a le culot et semble être un rêve d'enfant, qui ne comprend pas pourquoi ses parents l'ont forcé à aller au théâtre. Merci et à bientôt !
3 intérêts dans film : 1)sa durée :1 h.Plus ce n’était pas possible. 2)on peut faire autre chose en même temps ,(c’est fortement recommandé),lire ses mails ou la presse sur son smartphone ,recoudre des boutons,faire sa déclaration d’impôts etc… 3)il n’a pas dû coûter grand chose avec 3 acteurs et demi et quelques figurants et juste la location de la salle quelques jours(quelques heures?)pour le tournage.
En conclusion :à voir seulement si vous avez autre chose à faire en même temps.
A part ça,Raphaël Quénard est excellent et mérite mieux que ça.Un mélange de Dewaere et Depardieu jeunes.Il faudrait qu’il trouve son Bertrand Blier pour faire de vrais films.
J'ai revu ce film récemment et j'avoue être moins dithyrambiques. On reste quand même sur une comédie de grande qualité. Un film où quasiment toutes les blagues font mouches et parfois même qui est émouvant. Cela repose essentiellement sur la performance de Raphaël Quenard qui joue un personnage lunaire, en décalage, drôle et qui parfois balance des vérités qui sont juste tristes. Je vois pas d'autres acteurs qui auraient pu jouer le rôle de Yannick. Avoir un phrasé aussi populaire tout en balançant des reflexions aussi profondes c'est pas à la portée de tout le monde. On sent qu'il y a beaucoup d'improvisation dans le film et c'est ce qui le rend honnête, on croit à ce personnage et les blagues fonctionnent pour la vaste majorité. J'ai plus de reserves en ce qui concerne Dupieux. Quenard est tellement fort que quand il n'est pas au centre de l'attention, on est en manque. Les parties moins improvisé se sentent : par exemple, les trois longs moments où Yannick tape à la machien à écrire, Dupieux fait durer ce gag beaucoup trop longtemps et tout ça pour que Yannick finisse d'écrire son script avec une ellipse. Une ellipse pas du tout crédible d'ailleurs parce que vu la vitesse à laquelle il tape et la longueur de la scène qu'il a écrite, il lui aurait fallu toute la nuit pour finir d'écrire. Ça reste un très bon film qui repose essentiellement sur Raphaël Quenard.