Film posthume du représentant majeur du cinéma tibétain, Pema Tseden, décédé en 2023, Le léopard des neiges a parfois des allures de documentaire animalier, autour de cette espèce protégée. Mais le réalisateur de Jinpa et Balloon ne se contente pas de cet aspect et invite à nous questionner sur les rapports entre l'animal et l'humain, avec plusieurs points de vue, dont celui d'un éleveur de béliers dont une partie du troupeau a été décimée par l'un de ces léopards. Les panoramas enneigés en haute altitude sont somptueux et, comme il l'a fait souvent dans sa vie trop courte, le cinéaste parvient à parler de la situation du Tibet, dont la population reste asservie sous l'implacable joug chinois. spoiler: En filmant un léopard de synthèse, assez réussi, Pema Tseden introduit aussi un lien surnaturel dans son long-métrage, mystique, même, avec la présence d'un moine au milieu de protagonistes divers : l'éleveur, les représentants de la "province" tibétaine, une équipe de télévision et la police chinoise, entre autres. Cela donne un film fascinant, bien qu'un peu hétéroclite et peut-être trop pédagogique, mais parfois poétique et souvent réaliste, qui semble prôner une meilleure compréhension entre humains, dans le respect fondamental des lois de la nature.
Une équipe de télévision locale vient filmer un fait divers dans une ferme retirée des hauts plateaux tibétains. Un léopard des neiges a pénétré nuitamment dans un enclos et y a tué neuf béliers castrés. Le fermier, furieux, refuse de le relâcher, en violation de la législation sur les espèces protégées, et réclame de l’administration d’être indemnisé pour la perte de ses bêtes.
Les amateurs de grands espaces et d’exotisme avaient vu les précédents films de Pema Tseden (1969-2023) : "Tharlo "(2015), "Jinpa" (2018), "Balloon" (2019). J’avais reproché aux deux premiers films de Pema Tseden leur maniérisme et leur esthétisme un peu vain. Je leur avais mis une étoile seulement. J’avais été plus indulgent avec "Balloon" qui s’inscrivait dans une veine plus naturaliste et lui avais mis deux étoiles.
"Le Léopard des neiges" s’inscrit dans la même veine du conte naturaliste sur fond de sublimes paysages désertiques. Il raconte simplement une histoire simple. Il a le mérite, sans sombrer dans le mysticisme qui souvent nimbe l’image qu’on se fait ou qu’on donne du Tibet, de décrire les relations au jour le jour qui s’y tissent. Les éleveurs tibétains, les journalistes de la capitale, les policiers Han y coexistent en bonne intelligence, maniant plus ou moins aisément le mandarin comme le tibétain et essayant tant bien que mal de construire un « vivre-ensemble ».
La principale qualité de ce film est aussi son principal défaut. Sa simplicité en épuise vite le motif. Un motif universel qui aurait pu, au plan près, mettre en scène un fier éleveur pyrénéen, révolté contre les exactions commises par les ours ou son cousin bas-alpin face à des loups. Chacun a ses raisons : l’éleveur qui entend légitimement défendre son troupeau et vivre du commerce de sa viande, comme l’écologiste qui s’enthousiasme pour la beauté et l’élégance racée de ces espèces protégées.
Le léopard des neiges est malheureusement le dernier film de Pema Tseden, décédé brutalement lors de la post-production de sa dernière oeuvre. Nous n'aurons donc plus de nouvelles du Tibet de sitôt : le réalisateur tibétain était en effet le seul qui trouvait avec régularité le chemin des écrans français.
Son dernier opus est centré sur une situation étrange : un léopard des neiges est retenu prisonnier dans un enclos de cultivateur, après avoir causé une hécatombe dans le cheptel de ce dernier. L'éleveur souhaite être dédommagé, mais le léopard est une espèce protégée : qui gagnera ?
Ce dilemme donne lieu à toute une série de digression de natures très diverses : onirique avec le moine qui semble entrer en communication avec l'animal, administrativo-burlesque avec le défilé d'officiels et de policiers qui font le (long) déplacement, distancié et parfois caustique avec le regard d'une équipe de télévision qui vient faire un reportage, tendre et intime quand tout ce petit monde se regroupe pour manger.
L'ensemble est tout à fait charmant et intéressant, donne à voir le Tibet reculé d'aujourd'hui (sans évidemment aller sur le terrain polémique de l'action destructrice de la Chine) et permet de s'émerveiller devant le spectacle de la nature (même si l'animal est le résultat d'un prodigieux travail de synthèse numérique).
Un moment très agréable, même si la réalisation et la tenue du scénario dans la durée sont un peu inégales.
Il faut prendre ce film comme un conte de fées avec une subtile manière de communiquer entre le jeune moine et le Léopard des Neiges. Car le jeune moine fait sa retraite spirituelle dans les montagnes et a un moment il franchit un pas. Bien entendu c'est dans la vision du réalisateur, car c'est franchement idéalisé ! Dommage que l'on ait pas les "secrets de tournage" de ce film. Car ce n'est pas un film animalier, loin de là !
On assiste bien entendu au choc de la vision de la "Nature" entre le berger et les "autorités" chinoises.Cela rappelle la cause du Loup et de la re-introduction de l'Ours chez nous.
Un hommage poétique, avec quelques images de synthèse pour des scènes poétiques, qui nous montre qu’il faut sauver les espèces en voie d’extinction, et qui en montre l’enjeu, malgré la réticence des paysans et de leurs troupeaux ? Les paysages sont magnifiques, les acteurs déterminés et sincères, c’’est la deuxième fois que je le regarde et il me touche davantage….En version originale cela résonne et nous immerge dans un univers que nous ignorons…..Le film est réalisé parfaitement, avec esthétisme , et il laisse une empreinte, c’est sûr….Je conseille ce film entre poésie et réalisme…..Des moments assez lumineux…..
Un conte tibétain dépaysant et spirituel mais terni par un rythme trop contemplatif et la numérisation parfois peu réaliste de l’animal, qui explore le conflit entre l’homme et la nature. 2,25
Un joli film dépaysant dans les montagnes enneigées du Tibet, malgré des apparitions plus ou moins réussies en synthèse du léopard des neiges. Le scénario nous renvoie souvent au problème identique en France entre bergers et loups, autre espèce protégée. A voir en vostfr comme tous les films étrangers pour mieux s'imprégner de l'ambiance.
Pffff quelle barbe ! J'avais déjà tenté le docu 'La panthère des neiges' et j'avais tellement détesté ça que je me suis dit que j'allais retenter ma chance mais cette fois ci avec un film mais j'aurais mieux fait de m'abstenir... et oui car c'est tout aussi lourd et tout aussi soporifique si ce n'est plus... et oui car on dirait pas un film mais bel & bien un docu pénible mais c'est surtout que la chose qui me fout le plus en colère c'est que le léopard des neiges est en... image de synthèse pis bien vilaine à part de ça et ça c'est la goutte qu'a fait déborder le vase !! Pauvre Pei Chi... lui qui voulait voir un beau félin et bah c'est raté pis bien !
Curieux mélange de conte fantastique et de documentaire animalièr. C'est mal filmé et mal joué (le spoiler: berger colérique est insupportable).Le scénario n'est pas crédible (spoiler: le léopard sauterait facilement au dessus de l'enclos ridicule ). Seul intérêt : les paysages du Tibet et la poésie des images de synthèse (qui rappellent l'Odyssée de Pi de Ang Lee). Chinoiserie ennuyeuse pleine de bruit et de fureur, comme les débats entre écolos pro-ours ou pro-loups et les bergers à indemniser.
De Pema Tseden, disparu en 2023, j'avais pu voir "Old Dog", "Tharlo, le Berger Tibétain", "Jinpa, un conte Tibétain", et "Balloon" ... Il devait sûrement être le seul réalisateur Tibétain connu en dehors de sa province natale et de Chine. Je suis resté quelque peu sur ma faim, même si le film a de nombreux atouts pour plaire à un public occidental. Le léopard, créé par l'IA, ne m'a pas dérangé, même si l'on constate assez rapidement que c'est un trucage numérique. Différents sujets sont abordés à travers l'histoire, mais c'est un peu une sorte de fourre tout hétéroclite. Il est possible que Pema Tseden ait milité pour une réelle amitié Sino-Tibétaine, vu que parmi les techniciens de la chaîne TV, il y a un Chinois.
C'est une fiction, mais avec un aspect documentaire. Je pense que les problèmes rencontrés par les éleveurs de moutons et de yaks tibétains sont bien réels. Chez eux, ce n'est pas le loup mais le léopard des neiges qui incarne la prédation malfaisante.
La vie quotidienne (pas très fortunée) de ces éleveurs est mise en scène avec soin, tout comme le fonctionnement bureaucratique de ce coin de Chine... qui fut jadis tibétain.
Le film prend une autre tournure avec l'intervention d'un moine bouddhiste, qui entretient une relation particulière avec ce genre de félins. Le film devient mystique, voire fantastique.
On prend un bon bol d'air, mais sous contrôle chinois... et attention : les léopards spoiler: sont tout aussi fictifs que cette histoire .
Merci et adieu Pema Tseden Le léopard des neiges sera l’ultime film de Pema Tseden, le réalisateur de Jinpa, un conte tibétain : à cinquante-trois ans, le cinéaste a succombé au mal de l’altitude pendant le tournage. L’argument est simplissime : dans une petite ferme reculée, un léopard des neiges s’est jeté dans l’enclos censé protéger le bétail, a dévoré cinq mâles mais n’a pas pu ensuite s’extraire de sa prison. Terriblement affecté, le propriétaire des bêtes veut s’en débarrasser, une polémique s’enclenche qui finit par mobiliser la police. Les dialogues sont en chinois et en tibétain, les sous-titres de deux couleurs permettent de visualiser la capacité des personnages à passer d’une langue à l’autre, sous-entendu, le monde tibétain est définitivement assimilé à la grande Chine. Le léopard des neiges est aussi l’autre nom de la panthère des neiges saisie par l’objectif de Vincent Munier filmant Sylvain Tesson sur le traces du fauve dans son film La panthère des neiges. Mais, cette fois, elle est entièrement digitale et c’est cent pour cent bluffant. Du début à la fin de la projection, j’étais en pensée avec l’équipe de tournage au bord de ce lac du Qinghai à plus de quatre milles mètres d’altitude : il ressemblait à celui dans lequel j’avais rêvé de plonger au Tibet en 1987. Je retournerai là-bas, pousserai jusqu’à Kangnichumike. #leleoparddesneiges #pematseden #jinpauncontetibetain www.ericdugelay.com
Dans le très bon, citons la qualité du jeu d'acteurs. En particulier le berger. Il est sublime. Citons aussi la beauté des paysages désertiques d'altitude. Le dépaysement. Et aussi le mérite de traiter un vrai sujet. Sujet qui reste très d'actualité.
Dans le mauvais: le léopard. Plutôt bien dessiné, mais très mal animé. Il bouge de façon dégingandée. I'IA a raté son coup. Aux antipodes de l'impression ressentie quand on voit la majesté du mouvement d'un vrai léopard. De plus, son comportement très humanisé est complètement impossible pour un léopard sauvage: se frotter aux inconnus aux lieu de s'enfuir. Sauver des inconnus en les transportant sur son dos. Et son incapacité à escalader un petit muret fait de grosses pierres, alors ques les léopards des neiges son les rois des falaises! Bref, ce léopard nest pas convainquant du tout.
j'ai beaucoup aimé ce film, empreint d'une forme de spiritualité subtile et apaisante: il se refuse à prendre parti, il nous fait vivre une situation complexe, actuelle, omniprésente, laissant le spectateur entièrement libre dans ses réflexions, dans son opinion face au problème posé. Et de plus, le film est beau !